‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 74 sur 125 · Voir même série, vol. I, page · texte numérisé non relu

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a66 MISSION PAVIE

Sen que nous atteignons le 2^ mai par la voie du Mé-khok, dont j'ai relevé le cours en 1887, puis en remontant deux heures le Mé-Khong.

Une escorte d'honneur, siamoise, nous avait accompagnés dans notre voyage jusqu'à Xieng Haï ; son chef, qui avait en même temps les fonctions de Commissaire pour l'exécution des clauses du Traité et de la Convention, désirait aussi me faire suivre, par les soldats qui la composaient, dans la zone de 25 kilomètres ; devant mon refus de les laisser y pénétrer, basé sur l'observation du Traité, il dut se résigner à leur faire faire retraite.

La tentative pour relever Xieng Sen de ses ruines, entreprise depuis dix ans, avait donné des résultats marqués, mais maintenant que son territoire se trouvait placé dans la zone réservée, et que nous y établissions une agence commerciale, il semblait que le Siam avait regret de ses premiers efforts. Un officier avec sa troupe venait de s'installer à Ban Mé-Ky, sur la limite de la zone; il circulait à sa fantaisie avec ses soldats dans le territoire réservé, comme si sa conduite résultait du Traité du 3 octobre, alors qu'il avait pour unique but d'en amoindrir, sinon d'en annuler la portée, en venant exercer sur les chefs de la zone une autoritaire action, et en leur faisant prévoir le transport à Mé-Ky du centre administratif de Xieng Sen. Pressenti par le Commissaire sur l'accueil (pie je ferais à cet officier s'il venait me voir à Xieng Sen, je lui fis connaître que je ne pouvais admettre la présence d'aucun militaire ou fonctionnaire siamois dans la zone de 25 kilomètres, et je l'invitai à lui en interdire l'accès. Il était nécessaire en effet de montrer, dès mon entrée sur ces territoires, que nous nous attacherions à la stricte exécution du Traité et de la Convention, la plus petite tolérance pouvant avoir pour conséquence de servir d'excuse à d'audacieux abus.

Après que, le Commissaire siamois et moi, nous eûmes fait connaître aux autorités locales, seules reconnues par le Traité, les clauses de cet acte et celles de la Convention, et le régime sous lequel la rive droite se trouvait placée, j eus toute facilité pour prendre les dispositions nécessaires pour la construction d'une agence au bord du fleuve. Puis, le 26 mai, le Commissaire siamois, sa mission achevée dans le pays de

Xieng Sen, étant parti vers Xieng Haï, je me rendis sur la rive gauche avec M. Lefèvre-Pontalis. Les autorités de Xieng Sen m'y remirent successivement les différents cantons jusqu'au territoire de Xieng Kong, sauf ceux du Nord vers Tang Ho, qu'il nous aurait fallu trop de temps pour atteindre, et où je décidai d'envoyer M. Lefèvre-Pontalis après notre arrivée à Luang-Prabang.

Sans aucune suite imposante mais bien connu, j'étais partout reçu avec une joie empressée, et les chefs et les populations me donnaient 1 assurance qu'en attendant les agents de l'administration française, les pays que j'organisais provisoirement se maintiendraient dans un calme absolu.

Le lendemain 27, nous étions à Xieng Kong où nous retrouvions M. Caillât.

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