‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 77 sur 125 · Voir même série, vol. I, page · texte numérisé non relu

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tions à leur égard, le bruit ayant été perfidement répandu que les Français mettraient fin à leurs recherches. Je n'avais que des encouragements à leur donner. Ainsi en nous éloignant pour gagner Luang-Prabang, nous laissions partout nos nouveaux sujets contents et pleins d'espoir. De Xieng Kong à Luang-Prabang, la marche est rapide sur le Mé- Khong, nous sommes très vite dans le territoire de cette principauté bien

Le Mé-lvliong aux basses eaux entre Xieng Sen et Xieng Kong.

administrée je le sais de longue date, par ses chefs, les seuls du pays qui recevront de moi l'investiture française, et qui déjà, ont auprès d'eux M. Lugan, détaché à Luang-Prabang depuis le départ de MM. Massie et Counillon, et M. Vacle, récemment arrivé comme Commissaire du Gouvernement pour prendre la direction de l'administration. Nous ne sommes donc plus dans la nécessité d'organiser les cantons de la rive gauche tant que nous n'aurons pas franchi les limites du petit royaume. Nous dépassons le confluent du Nam-Ing dont M. Caillât a relevé la

vallée que nous voyons s'ouvrir, droite dans le prolongement du lleuve et comme la continuation de son lit, qui au contraire, par un coude brusque, va aussitôt entre des hauteurs qu'il semble avoir ouvertes ; disposition singulière qui ferait penser que les eaux du Mé-Khong ont pu, à une époque lointaine, prendre cette direction, tout au moins, faire de la vallée très basse et qu'aux crues elles noient encore jusqu'à Ban Tak, un vaste réservoir.

Viennent ensuite le confluent du Nam-Ta. dont M. Lefèvre-Pontalis doit relever le cours, puis Pak-IIène, où en 1887, avec M. Gauthier, j'avais atteint le Mé-Khong1.

Entre ces deux points, à Pak Hop. terminus de deux chemins venant de Nan, nous avons le plaisir de rencontrer M. Lugan. Une lettre que j'ai envoyée de MuongNan a annoncé, il y a sept jours, notre arrivée prochaine à Luang-Prabang, mais le télégramme expédié au départ de Bangkok n'est pas parvenu, et M. Vacle et le Boi, dans l'incertitude sur la voie que nous suivions, ont envoyé à Paclay, un des princes du pays au devant de moi. Le voyage de celui-ci allait du moins avoir l'avantage d'y faire recevoir convenablement les trente-deux jeunes gens de la famille royale en otage à Bangkok et que j'avais réussi à faire renvoyer vers leur pays 2.

Ce que nous dit M. Lugan de la situation politique du pays, nous confirme dans la pensée que le retard, qui nous a été imposé à Bangkok, a eu surtout pour but de permettre au Gouvernement siamois de préparer, dans la partie du territoire de Luang-Prabang située sur la rive droite, en particulier, et au delà du royaume dans la zone de 25 kilomètres, une organisation, administrative et militaire, destinée à m'être présentée comme le nouveau régime résultant du Traité. Ces dispositions nouvelles, qui constituaient une violation absolue de l'acte du 3 octobre, j en avais eu avis avant mon départ de la capitale thaie. et j'avais eu l'occasion de les signaler au Gouvernement siamois qui les avait niées et m'avait laissé dans l'espoir qu'à mon passage tout s'arrangerait suivant nos vues. En présence d'un pareil état de choses, le Boi de Luang-Prabang avait hâte de me voir arriver.

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