‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 87 sur 125 · Voir page · texte numérisé non relu

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3io MISSION PAVIE

Parti en reconnaissance topographique une heure environ avant l'arrivée des pirates, il avait été prévenu par un habitant, fuyant devant eux, qu'ils étaient maîtres de la position et que sa petite escorte de dix miliciens avait été dispersée. Il avait alors pris le parti de rejoindre la Commission.

Dans la soirée et le lendemain arrivèrent des renseignements du commandant chinois de Van Pou-ten, prévenant qu'il prenait les mesures nécessaires, et des nouvelles des délégués chinois disant, entre autres détails, que la bande comptait environ quatre-vingts fusils.

Comme l'effectif de l'escorte était maintenant suffisant pour qu'on n'eût pas à craindre une nouvelle attaque, il fut convenu que toute la Commission se rendrait à Si-lu-lao pour continuer le travail interrompu.

Le 28 janvier, cinq miliciens envoyés en reconnaissance la rejoignirent à Ban Leing. Ils firent connaître que les pirates avaient quitté Silu-lao après le coup fait, et étaient rentrés en Chine par le même chemin qu'ils avaient suivi à l'aller.

La Commission se mit en route le lendemain à l'exception de M. Lugan qui, encore imparfaitement remis, et fatigué par la route parcourue, resta à Ban Leing avec vingt miliciens.

Après trois jours, employés par M. Sandre à des reconnaissances et à la détermination du col de Pienn Ngaï, la commission revint à Ban Leing en longeant la chaîne et les cours des trois cours d'eau : Nam-ki-ho, Nam- Leut et Nam-Khoum qui forment la frontière entre Si-lu-lao et le Nam-Na.

Le 6 février elle retournait à Muong La où elle séjourna jusqu'au i!\.

Le 20, M. Sandre était parti par le chemin de Xieng-Mi et Kimapa, pour lever la frontière telle que nous la revendiquions.

Son itinéraire était à rebours, celui que j'avais relevé en 1 89 1 de Muong Léo à Muong La. Je n'y reviendrai donc pas ici. Après avoir accompli son étude M. Sandre s'embarqua sur la Rivière Noire pour Muong Boum où il arriva le l3 mars.

Les autres membres de la commission, moins le premier des Commissaires chinois, qui suffisamment éclairé, était allé à Manhao pour y attendre ses compagnons, se mirent en route le i!\ pour Muong Boum

DÉLIMITATION DE LA FRONTIÈRE AVEC LA CHINE 3n

en examinant, pour donner satisfaction aux délégués chinois, la ligne précédemment revendiquée par la Chine.

Le chemin suivi par eux est la seule voie de communication entre Muong La et la Rivière Noire à l'Ouest du Nam-Na. Quoique assez bien tracé, il est si peu fréquenté qu'il est par endroits nombreux, très mauvais, particulièrement dans le massif de la chaîne de partage des eaux. L'existence de ce chemin unique était bien évidemment la cause qui avait conduit les Agents chinois locaux à faire de si longs efforts pour obtenir que les cantons qu'elle parcourt fussent attribués au Yunnan.

Grâce aux études faites sur ce terrain par les topographes de la précédente commission, il fut facile de déterminer très rapidement la chaîne limitant le bassin du Nam-Boum que les Agents chinois avaient indiquée comme frontière, et le 5 mars, le travail étant terminé, les délégués partirent pour Manhao.

Le i avril, M. Tournier m'écrivit de Muong Theng (Dien bien phu), à Luang-Prabang, une lettre me faisant connaître que M. Sandre était parti pour Hanoï le 29 mars pour y établir, au net, le résultat de son travail. M. Sainson devait le suivre de près, enfin quelques jours plus lard, lui-même et M. Lugan, devaient partir pour Luang-Prabang, il m'y rendrait compte de sa mission et prendrait mes instructions pour celle que je devais ensuite lui confier.

Fi^

I-Hou, le centre, après l-Pang, le plus important pour le commerce du llié sur la rive gauche du Mé-Khong. (Altitude i 700 mètres.)

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