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DÉLIMITATION DE LA FRONTIÈRE AVEC LA CHINE 3i7
Tao Pié Vang était précisément l'agent chinois, mandarin militaire, avec qui j'avais fait connaissance en 1891, lorsqu'avec M. Lefèvre- Pontalis et Déovantri, je visitais les cantons des Sip-song Palm na de la rive droite du Mé-Khong1. Par son action, dans les circonstances délicates où nous nous étions trouvés l'un et l'autre, je m'étais rendu compte que très au courant des questions de politique locale du pays, il avait été choisi, avec beaucoup de raison, par les autorités du Yunnan pour aplanir les difficultés. Dans les circonstances actuelles, les mêmes considérations, et nos rapports antérieurs, l'avaient fait adjoindre au Commissaire principal.
De leur côté tous deux savaient mon rôle sur les frontières, et ils connaissaient la persévérance avec laquelle j'en avais poursuivi la pacification. Leurs instructions établies suivant le désir de M. Gérard, notre Ministre à Pékin, étaient précises.
Notre bonne volonté étant commune et la confiance réciproque, nous fûmes vite d'accord sur la marche du travail. Assurés par moi qu'ils ne tarderaient pas à recevoir de Pékin une carte semblable à celle que j'avais établie, ils acceptèrent, pour la marche, une copie de la mienne. La leur comportait, en effet, des erreurs vraiment fabuleuses que du reste ils reconnaissaient : le Mé-Khong, par exemple, y recevait la Rivière Noire, se jetait ensuite dans le golfe du Tonkin !
Sauf pour la fraction du territoire de Déovantri, qu'ils auraient voulu voir revenir à la Chine, surtout par rancune contre ce chef à qui, ainsi que la plupart des fonctionnaires yunnannais du moment, ils ne pouvaient pardonner d'être volontairement devenu Français ; et pour le territoire du haut Nam-Hou revendiqué faiblement, aucune objection au tracé projeté ne fut soulevée par eux.
Il fut convenu que voyageant avec MM. Mailluchet et Oum, ils me rejoindraient deux mois plus tard, pour le règlement définitif du travail, à l'extrémité sud de la frontière, à Muong Poung.