‹ Mission Pavie Indo-Chine: Atlas;Chapitre 18 sur 25 · SIAM · texte numérisé non relu

SIAM

Le Siam est composé cle quatre régions très différentes : i° Siam proprement dit, 2° Laos occidental, 3° parties du Laos oriental et de l’ancien Cambodge, 4° Etats malais.

Les Etats malais sont en dehors de la région siamoise neutralisée par la convention franco-anglaise de 1896. Ils ont une superficie de 109 1 85 kilomètres carrés et une population d’environ 900000 habitants. Situés dans la terre de Malacca c’est-à-dire dans la presqu'île occidentale de l'Indo-Chine, ils 11e font par suite, pas partie de l’ensemble examiné dans celte élude et n’y sont cités que pour mémoire.

La superficie des trois autres régions, que le gouvernement siamois emploie ses efforts à soumettre à un régime administratif commun, est de 4q3 43o kilomètres carrés; leur population, composée d’éléments très divers parmi lesquels l’élément siamois est en minorité, est d'environ 5 i5i 000 habitants dont: 3 176000 Thaïs1, 1 i55ooo Chinois, 600000 Cambodgiens, 182000 Pégouans, Malais, Birmans, etc., 2.0000 Annamites, 2000 Indous, 10000 Ivlias, etc.

Son commerce extérieur pour 1901 s’est élevé à 148071 172 francs dont 74 675000 francs pour les exportations.

Son budget pour la même année a été de 53 25o 000 francs.

Bangkok, sa capitale, est reliée aux cables électriques sous marins vers l’Europe par les lignes terrestres de Saïgon et de Kédah. Elle est en

1. Les Thaïs se répartissent en 1 706000 Siamois, 1 080000 Laos ou Laotiens orientaux, 390000 Youns ou Laotiens occidentaux.

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communications commerciales régulières par des lignes de navires à vapeur directes, avec Singapore, Hongkong et Saigon.

Limitrophe de l’Empire anglais des Indes et de 1 Indo-Chine française, le Siam a sa frontière exactement déterminée avec le premier; ainsi qu’on l’a vu page 12, sa délimitation n’est pas achevée avec la seconde.

Siam proprement dit. (PI. A 11). — La chronique du Siam, ancien Muong Lan-Piéya (Pays des millions de greniers), ne commence qu’en 1 35o de notre ère, c’est-à-dire à peu près à la même époque que celles du Cambodge et du Laos. Au temps où il était habité par les Sayams, race dont les Tchiongs paraissent être les derniers représentants, le Siam était une dépendance de l’Empire khmer. Peu à peu les migrations des Thaïs modifièrent la population primitive, et vers le vne siècle de notre ère, un de leurs chefs affranchit le pays, qui, entrant dès lors en lutte avec les Khmers, porta des coups mortels à leur puissance. Le Siam passa alors par une période heureuse, qui eut son apogée à la fin du xvue siècle, époque où son roi, sur les conseils du Vénitien Falcon, demanda à Louis XIV une protection militaire qui lui fut accordée ' Des forts avaient, en conséquence, été élevés par les Français sur les bords du Mé-nam, entre la mer et Ajuthia la capitale, et, l’armée Siamoise devait ensuite être organisée par eux, mais la bonne harmonie cessa, et les derniers soldats français durent quitter le pays quatre ans après leur arrivée.

Cet état de prospérité du Siam fut anéanti un peu plus tard \ L’armée des Birmans envahit la contrée qui fut incapable de la repousser. Le Siam fut dévasté, la capitale détruite, les trois quarts des habitants périrent, furent emmenés captifs ou disparurent, et le roi, fugitif dans les bois, y mourut de misère.

Un homme résolu, Talc, fils d'un immigré Chinois, rassembla des partisans et vint fonder autour des forts construits par les Français une nouvelle capitale, Bangkok. Quinze ans après, il fut massacré ; son premier ministre prit sa place1, el fut le fondateur de la dynastie dont

le roi actuel est le cinquième représentant. C’est dans ce même temps que le prince annamite qui devint l’empereur Gialong, réfugié alors au Siam, demanda et obtint l’aide d’une mission française pour conquérir son royaume

En soixante ans, le Siam retrouva assez de force pour tenter de refaire sa fortune par des expéditions et des incursions, au Laos2 et au Cambodge \ dans lesquelles il ruina ces pays dont il emmena, comme prisonniers de guerre, un grand nombre d’habitants qui contribuèrent, dès lors, à son relèvement dans une dure servitude dont ils ne sont pas encore libérés.

Le Siam proprement dit se trouve compris entre l’Empire anglais des Indes à l’Ouest, le Laos occidental au Nord, le Laos oriental et l ancien Cambodge à l'Est, et le golfe de Siam au Sud. Il est composé du bassin inférieur du Mé-nam Cliao-phaya limité par la région montagneuse au Nord, des bassins du Mé-nam klong, du Mé-nam de Pétriou et de ceux des petits cours d’eau descendant au golfe jusqu'à celui de Pasé inclus, au Sud-Est.

Sa superficie est de 169 3io kilomètres carrés.

Son climat ne diffère pas sensiblement de celui de la région indochinoise correspondante en latitude ; le voisinage de la mer dans le sud contribue à l’y rendre plus supportable.

Sa population annuellement augmentée d’une dizaine de mille immigrants Chinois, est d’environ 3 444 000 habitants dont 1 700 000 Siamois, 1 1 5o 000 Chinois,' 182 000 Pégouans, Malais, etc., 2 000 Européens, et, 200000 Cambodgiens , 180000 Laotiens, 20000 Annamites et 10000 Kiams transportés comme prisonniers de guerre.

Terre d’alluvion accrue de jour en jour, le Siam proprement dit, n’a, comme la Cocbinchine, pour ainsi dire, d’autre produit que le riz. Suivant la régularité et la durée des pluies, et, l’importance de l’inondation, la récolte y a des écarts qui peuvent porter sur le tiers de l’exportation de ce produit ainsi que cela s’est vu en i8q3 où elle a atteint

776000 tonnes, et. en 189G où elle est descendue à 467000 tonnes, variations considérables inconnues dans le delta du Mé-Khong, où cependant l'effort pour le développement des cultures est moins grand, grâce au merveilleux régulateur des crues qu’est pour lui le grand lac Tonlé Sap.

Les deux grandes industries du Siam, sont, celle du décortiquage du riz, représentée par une cinquantaine d’usines grandes et petites, et celle pour la préparation du bois de teck venu du Laos occidental, que les scieries de Bangkok débitent pour l’exportation dans une moyenne de 35 000 tonnes par an.

Une ligne de chemin de fer longe le Mé-nam, depuis son embouchure à Packnam, jusqu’à Ajuthia d’où elle se dirige, pour drainer le commerce de la vallée du Mé-Khong, vers Ixorat (ancien Cambodge) qui en est un des principaux entrepôts. Un tronçon s’en détache un peu au-dessus d’Ajuthia et remonte vers Prabat et Lop-Bouri 011 il rejoint le Mé-nam. En dehors de cette ligne, aucune route n’est entretenue et les communications n’existent en quelque sorte, que par les cours d’eau qui, au-delà de la région restreinte où la marée fait sentir son action, ne sont praticables aux vapeurs que pendant la saison des pluies. Les moyens de transport usités dans les campagnes dont les rivières sont inutilisables, sont les charrettes à bœufs, les chars à buffles et les éléphants.

Les éléphants vivent, en assez grand nombre, à l’état sauvage dans le pays, au pied des monts Dangreck, voisin de Pékim ; on ne les chasse que pour les domestiquer.

Le Siam proprement dit est réparti en huit gouvernements; Bangkok sa capitale a une population d environ 200000 habitants. Située sur le Mé-nam à vingt-six milles de la mer, elle a un port très actif, mais les navires ne peuvent franchir la barre de Paknam qu’à la haute mer et s’ils ont un tirant d’eau inférieur à 3 1,1 5o.

Parmi les autres centres, il faut citer les villes historiques de Sokho thaï, Kampeng, Louvo près de Lop Bouri et Ajuthia, anciennes capitales qui marquent les étapes de la race thaïe dans le delta du Mé-nam.

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