LAOS OCCIDENTAL
Le Laos occidental, ancien Muong Lan-Na (Pays des millions de rizières), comprend : i" le bassin supérieur du Mé-nam ; 2° ceux de deux affluents du Mé-Khong, le Mé-Kok et le Mé-Ing, et, une petite fraction du bassin de la Salouen, qui par sa situation géographique, rentre dans la catégorie des parties du Siam non neutralisées par l’arrangement franco-anglais de 1896. Il est formé de huit anciennes principautés héréditaires occupant généralement chacune le haut bassin d’une des rivières nées dans le pays, ce sont les muongs : Nan, Pré, Laklion, Lampoun, Xieng-Maï, Xieng-Haï, Xieng-Kong et Xieng-Sen.
Chacun de ces petits pays a son histoire et a eu un rôle indépendant, quelquefois considérable, dans le passé. La première date citée dans leurs chroniques correspond à i3og de notre ère. De nombreuses inscriptions y ont été relevées ; la plus ancienne date de 1195.
Aujourd’hui, tout en ayant conservé leur autonomie, ils se trouvent réunis en un faisceau, sous la direction du Siam, qui, quoiqu’ils ne soient que ses tributaires, a une tendance à les assimiler au régime administratif du Siam proprement dit. Les cinq premiers, dont les chefs-lieux sont établis dans le bassin du Mé-nam, au centre de plateaux cultivés en rizières, ont, en quelque sorte, leur accès défendu du côté du sud par la pente d environ 2Ôo mètres qui les sépare du delta ; sur les cours d’eau, voies les plus usitées, les barques, à l’époque la plus favorable de l’année, mettent six jours à franchir les cent kilomètres que ce passage comporte, tant il est semé de rapides.
Le Laos occidental est limité au Nord et à l’Est par la frontière birmane de l'Empire anglais des Indes, au Sud par le Siam proprement dit
MISSION P AV TE
el à l’Est par la ligne de partage des eaux du Mé-nam et du Mé-Khong qui le sépare du royaume de Luang-Prabang 1 .
Sa superficie est de q4 5oo kilomètres carrés.
Son climat est rendu très supportable par un petit hiver de trois mois pendant lequel le thermomètre descend fréquemment à io° ou 120.
Sa population appartient à la famille des Thaïs Youns ; elle est d’environ 096 200 habitants dont 5 000 Khas et 1 200 Chinois.
En dehors du riz cultivé sur les plateaux et dans les vallées, et des divers produits communs à toute lTndo-Chine qui fournissent un gros appoint à l’exportation du Siam. on recueille, dans le Laos occidental, une variété de thé qui pourra sans doute devenir une ressource mais qui jusqu’à présent y est entièrement consommée et sous une forme tout à fait particulière : amollie à la vapeur d’eau, les feuilles sont mises en boulettes que les indigènes chiquent, fermentées, sous le nom de miang.
Mais sa principale cause de richesse consiste dans de très importantes forêts de teck qui ont fait la fortune des principautés situées dans le bassin du Mé-nam et dont la production annuelle est de près de 35 000 tonnes. La partie du pays située dans le bassin du Mé-Khong possède également des forêts importantes, mais comme les bois ne peuvent être acheminés que par ce fleuve qui n’est reconnu propre à leur transport que depuis 1 occupation française, l’exploitation en est à peine commencée. Si elles sont sagement entretenues, si leurs réserves sont méthodiquement coupées, elles viendront fournir au marché de Saïgon un nouvel élément sérieux d’exportation.
Cette exploitation du teck est l’industrie du pays, elle emploie un nombre considérable d’hommes ; les bûcherons sont pour la plupart des Khas Moucks du Haut-Laos, sujets français. Ils viennent par milliers se livrer au travail de la coupe, pour amasser le petit pécul avec lequel ils retourneront au bout de plusieurs années s établir dans leurs villages. La confection et la conduite des radeaux de teck sont entre les mains des