VISÉE PAR L ARRANGEMENT FRANCO-ANGLAIS DE
Le traité du 3 octobre i8g3 en plaçant dans une situation spéciale les provinces de Battambang et de Siemréap (Angkor), et une bande de 25 kilomètres sur la rive droite du Mé-Khong, a fait du Mé-Khong un fleuve français, a assuré autant que possible la sécurité de notre territoire, et a garanti leur autonomie aux autorités laotiennes locales. Les territoires ainsi neutralisés constituent ce qu'on a appelé la zone réservée1.
L’arrangement franco-anglais du 1 5 janvier 1896 en plaçant, d’autre
1. Avant le traité, on s’était habitué en France à préciser l’étendue de nos réclamations dans la vallée du Mé-Khong sous la rubrique « Rive gauche du Mé-Khong », comme si la commode délimitation par un cours d’eau eût été de nature à écarter toute difficulté future. Le fleuve n’étant la limite d’aucune des provinces qu’il partage et dont les chefs-lieux sont tous sur sa rive droite, devenait une frontière d’autant plus difficile à faire respecter que le Laos est habité par une population tranquille qui avait désiré notre régime, et, que nous n’allions pas y entretenir de troupes, de même que nous n’en avions pas au Cambodge, jusqu’à la mer. Devant une pareille situation vis-à-vis du Siam, nous avions un intérêt capital à la création d’une zone neutre. D’autre part, la navigation du fleuve nous obligeant à avoir de nombreuses agences sur sa rive droite, non seulement au point de vue commercial, mais en raison des nécessités des approvisionnements et pour parer aux difficultés de toute sorte créées par le régime de ce cours d’eau, il avait été sage de ne pas laisser la possibilité au gouvernement de Bangkok de détruire l’autonomie des provinces laotiennes de la rive droite en substituant ses agents à leurs chefs habituels, et, de spécifier en conséquence, dans le traité, le maintien des autorités locales, les seules avec qui nous devions être en relations dans cette zone.
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part, également dans une situation spéciale les bassins des lleuves de Petchaburi, Mé-Klong, Mé-nam et de Pétriou, le littoral depuis Bang- Tapan jusqu’à Pasé, et, le territoire au nord du bassin du Mé-nam entre la frontière anglo-siamoise le Mé-Khong et la limite du bassin du Mé- Ing, a neutralisé ces régions vis-à-vis de la France et de l’Angleterre, sans toutefois, et ceci s’applique au dernier de ccs territoires, que les stipulations de cet acte comportent aucune dérogation aux clauses du traité de i8q3 relatives à la zone de 25 kilomètres sur la rive droite du Mé-Kbong et à la navigation de ce fleuve.
En ne neutralisant pas les autres dépendances du Siam, les deux Puissances intéressées ont paru admettre leur répartition en deux zones qui, ainsi visées, rentreraient chacune dans la sphère d influence de celui des deux Etats qui est voisin de son territoire.
Les provinces comprises dans la sphère d influence française appartiennent à l’ancien Cambodge et au Laos oriental. Les premières, situées au Sud, ont pour centres principaux : Kratt, Gbantaboun, Battambang, Siemréap, Sangkéa, Koukan Souren et Korat ; les secondes, situées au Nord, ont pour chefs-lieux : Bassac, Oubôn, Nongkay, Xieng-Kong et Xieng-Sen.
Pendant les luttes séculaires au cours desquelles Angkor, la grande capitale khmère, tomba de son piédestal, l’ensemble des provinces désignées sous le nom d’ancien Cambodge ne fut pas complètement annexé par le vainqueur. Les populations d'une partie de ses territoires conservèrent assez de vitalité pour se maintenir fidèles sous l’homogénéité de l’antique royaume. Ce fut à la fin du xviue siècle1 que Ben, gouverneur de Battambang et d" Angkor, revenu chez les Cambodgiens qui le considéraient comme un patriote, de Bangkok où il avait subi trois ans de captivité, accepta d’être sous la dépendance du roi de Siam et de recevoir ses ordres, donnant ainsi l'exemple de la trahison, suivi à intervalles par les chefs de Tchoukan, Melouprey2, etc., à ces moments difficiles