‹ Mission Pavie Indo-Chine: Atlas;Chapitre 22 sur 25 · ZONE RÉSERVÉE · texte numérisé non relu

ZONE RÉSERVÉE

où le Cambodge, pris entre l’Annam et le Siam, se trouvait impuissant à maintenir sur eux son autorité.

Dans le traité du i5 juillet 1867 qui consacra la mainmise du Siam sur les provinces de Battambang et d’Angkor, il était dit que leurs frontières ainsi que celles des autres provinces siamoises limitrophes du Cambodge seraient déterminées dans le plus bref délai1. La commission constituée en 1868 n’aboutit qu'à délimiter la petite fraction comprise sur les rives du lac, entre Kompong-Cham et Kompong-Prak, les membres siamois n’ayant aucune disposition à discuter les revendications du Cambodge sur les provinces indûment occupées par le Siam. Le gouvernement siamois demanda la reprise des travaux en 1884, elle fut de nouveau convenue, de part et d’autre, en 1889, puis en 189/i, mais chaque fois, l’intention française s’étant manifestée de discuter la possession des territoires contestés, la question fut laissée de côté par le Siam.

La délimitation étant ainsi en suspens, la planche IX présente sous la même teinte que la zone réservée les territoires encore en discussion.

L’ensemble des deux zones (PL IX) est limité au Nord par le Luang- Prabang et le Mé-Khong, à 1 Est par ce même fleuve, à l’Ouest par la ligne de partage des eaux du Mé-nam et du Mé-Khong, au Sud par le Cambodge français et le golfe de Siam.

Les territoires de Xieng-Sen et Xieng-Kong, en zone réservée (PL VI), sont limités par le Mé-Khong et la frontière anglo-siamoise au Nord, le Luang-Prabang à l’Est, le Laos occidental au Sud.

Sa superficie est de 229760 kilomètres carrés.

Sa population est d’environ 1 32 1 000 habitants, dont 900000 Thaïs Lao (Laotiens), /iooooo Cambodgiens, 6000 Sao Thaïs (Siamois), 5 000 Tchiongs, 5 000 Annamites et 5 000 Chinois.

Son climat ne diffère pas de celui des autres régions de l’Indo-Chine à la même latitude.

1. Les plénipotentiaires siamois demandèrent, sans l’obtenir, qu’on substituât dans le traité aux mots : autres provinces siamoises, les mots : provinces cle Kong, Kratt, Chantaboun, Melouprey, etc.

MISSION PAYIE

Son produit principal est le riz dont une notable partie, destinée à l’exportation, transite par la Cochinchine. On recueille dans les forets une certaine quantité de cardamome, et Chantaboun exporte annuellement 800 à 900 tonnes de poivre.

Le sel est exploité sur de nombreux points du Laos oriental, notamment dans la vallée du Sé-Moun, entre Korat et Oubôn. Des gisements de saphirs et rubis sont bien connus à Pailinh près de Chantaboun ; comme dans toute l'Indo-Chine, l’or se trouve dans beaucoup d’endroits, mais les recherches n’ont pas encore eu de résultats rémunérateurs.

L'industrie de la pêche est surtout importante sur le Grand-Lac et ses affluents.

Les voies de communication qui, en outre des cours d’eau, et, du chemin de fer de Korat, sillonnent le pays, sont les pistes tracées par les piétons, les bœufs porteurs, les chars et les éléphants pour le transport aux marchés du Mé-Ixhong ou à Korat, Siemréap, Battambang et Chantaboun, des produits de l'intérieur.

Les centres principaux sontNongkay ( 1 1 5oo h.), Oubôn (2 1 000 h. ), qui acheminent leurs produits \ers Korat (9000 h.), ville dont le chemin de fer augmente l’importance ; Siemréap (4 000 h.), Battambang (i5oooh.), desservis par les vapeurs de Cochinchine; et Chantaboun (10000 b., dont 4 000 Annamites), dont la rade accessible aux navires de 4m,5o de tirant cl’eau, est, en toute saison, le meilleur abri des côtes du golfe de Siam.

La France occupe militairement Chantaboun depuis dix ans ; elle entretient un commissaire du gouvernement à Battambang, des agenls commerciaux sur le Mé-Khong à Xieng-Sen, Xieng-Ixong, Xieng-Khan, Nongkay, Outhen, Lakliôn, Ban-Mouc, Kemmarat et Bassac ; elle a des vice-consulats à Ban-Deua-Makeng (près de Nongkay), à Oubôn et à Korat.

. Gil'faùll , Del .

Page 1