L'INDO CHINE ORIENTALE
sont généralement confondues dans leur ensemble sous les noms de Mois par les Annamites, de Stiengs ou de Penongs par les Cambodgiens et de Kbas par les Thaïs, dénominations qui indiquent simplement les les populations les plus rapprochées de chacun d’eux, et que nous traduisons par celle, cependant rarement justifiée, de « Sauvages ». C/est donc entre les trois grandes divisions annamite, khmère-thaïe et sauvage, que se répartissent, au point de vue de l’éducation, les habitants de l’Indo-Chine orientale.
La première pratique le boudhisme de la Chine, ladeuxième, celui de Ceylan, la troisième est fétichiste. Le mélange des races est partout extrême ; en de nombreux points les peuples des deux premières divisions, absorbent ceux de la troisième dont l'assimilation ne semble plus qu’une question de temps.
Ces trois divisions comptent dans leur ensemble une vingtaine de millions de représentants dont plus de la moitié sont annamites ’.
Si l’on jette un regard sur la carte on observe que Y unité géographique que forme la presqu’île orientale de l’Indo-Chine a trois parties naturelles principales : i° l’ensemble, à l’Est, des bassins côtiers de la mer de Chine; 2° le bassin clu Mé-Khong ; 3° le bassin du Mé-nam. Ces trois parties relèvent de deux unités politiques, I’Indo-Chine française et le Siam.
L’Indo-Chine française comprend : les bassins côtiers de la mer de Chine (Tonkin et Annam), la partie méridionale du bassin du Mé- Khong (Cochinchine et Cambodge), et les territoires de la rive gauche de ce fleuve 1 2 (Est du Laos oriental).
Le Siam comprend, le bassin du Mé-nam (Siam proprement dit et
1. Annamites 1 1 8o8 334, Thaïs 4 millions, Khmers 2 028 685, Chinois i 5586~g, peuplades diverses 7io364, Malais el Pégouans 182000, Kiams i32ûoo. Indous 3 5oo, Européens 12000. Ces chiffres sont approximatifs, une seule région, la Cochinchine étant sous le régime de l’état civil et soumiseàdes recensements exacts et périodiques.
2. De plus, le territoire de Kouang-Tchéou, situé dans la presqu’île de Lei- Tcliéou (province chinoise du Kouang-Toung) fait partie de l’Indo-Chine française,
Laos occidental), cl la partie septentrionale du bassin du Mé-Khong située sur la rive droite de ce ileuve ' (ancien Cambodge et Ouest du Laos oriental). Cette dernière fraction du bassin du Mé-Khong est placée sous un régime spécial par rapport à l’Indo-Chine française ; le traité du 3 octobre i8q3 entre la France et le Siam, y a créé une zone réservée le long de la frontière, et, I arrangement franco-anglais du 1 5 janvier 1896 la laisse en totalité en dehors de la zone siamoise qu’il a neutralisée. D’autre part, la délimitation de la frontière entre le Cambodge et le Siam, entamée en 1868, encore inachevée, laisse en discussion une notable partie de ces territoires 1 2.
La presqu’île subit le régime de la mousson soufflant du Nord-Est de mi-octobre à mi-avril, puis du Sud-Ouest, et qui y divise t année en deux périodes appelées sèche et pluvieuse, ayant une moyenne annuelle de i/io jours de pluie presque tous dans la seconde période. Toutefois une perturbation, dans l’action de la mousson, est causée, semble-t-il, par la disposition de la chaîne annamitique qui retient en quelque sorte les nuages chargés d'eau sur son versant oriental pendant la première période et sur son versant occidental pendant la seconde; il en résulte pour la région côtière Est, c’est-à-dire l’Annam, une modification correspondant presque au renversement du régime du reste de la presqu’île. Celle-ci par sa configuration en un allongement de près de i5° offre des différences de climat assez sensibles : à Hanoi le thermomètre atteint 38° et descend à 5°, à Luang-Prabang il arrive à 38° et descend à 3°, à Tourane les extrêmes sont 38° et i4°, à Bangkok 36" et 12°, à Pnompenh 37° et i3°, à Saigon 34° et i5°; mais, tandis qu’au-dessus de 180 de latitude, on jouit d'un petit hiver de près de trois mois, le nombre des jours frais diminue à mesure qu’on descend vers le Sud pour n'arriver qu’à n ôtre que d’une semaine ou deux, dans le bas delta du Mé-Khong.