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Les conrlusions que Ton peut tirer de ces séries de chiffres paraîtront plus nettes encore, si l'on jette un coup d'œil sur les courbes graphiques (pl. H, lig. i . «an» j«.mJi-r> pj Hf ^ Jîjr. qui l(.s rendent en quelque sorte palpables.
Un premier groupe de courbes (pl. II, fig. i) se rapporte aux oscillations journalières de la température pendant des séries de t o jours choisies aux moments les plus intéressants de l'année. Ainsi nous voyons à côté les unes des autres les marches figurées du thermomètre, du premier au 10 janvier, période du refroidissement le plus intense; du ao au 3o mai, moment du premier maximum de chaleur qui est en même temps le maximum absolu; du 20 au 3o août, époque où la température s'abaisse sous l'influence de l'humidité constante que la saison des pluies introduit dans l'atmosphère: enfin du premier au 10 octobre, période voisine de celle où il y a presque toujours une légère recrudescence due au deuxième passage du soleil au zénith. Ces deux dernières courbes se tenant assez rapprochées de la moyenne, il n'y a pas grand'chose à eu dire; mais la comparaison des deux autres met en lumière un fait remarquable.
Nous avons eu déjà plus d'une fois l'occasion d'affirmer que les écarts de tem-
pérature (Tune saison à l'autre sont moins considérables que ceux qui se produisent entre le jour et la nuit dans un même moment de Tannée, et que c'est là le trait caractéristique des climats tropicaux. Or, si l'on suit la marche des courbes des mois de mai et de janvier, qui sont les époques la plus chaude et la plus froide de Tannée, on en voit immédiatement la continuation. En faisant abstraction des journées du h au 6 janvier, où la température s'est abaissée d'une manière tout à fait anomale, on remarquera que la courbe de janvier se maintient parallèlement à celle de mai, à une distance au-dessous d'elle qui correspond en moyenne à 8 degrés, tandis que les ondulations propres de ces mêmes courbes, prises isolément, présentent des dépressions correspondant au moins à 10 degrés en moyenne. H est donc évident que la différence entre les températures du jour et de la nuit, dans une même saison, est supérieure au moins de i/5 à la différence des températures d'une même heure de la journée ou de la nuit dans les époques de Tannée où les écarts sont les plus considérables. On ne saurait trop insister sur ce fait, dont les importantes conclusions ont apparu dans le chapitre précédent . et dont l'influence se retrouve, agissant d'une manière plus ou moins directe, sur presque tous les traits de la météorologie des climats tropicaux.
L'examen des chiffres renfermés dans le tableau n* 2 peut apporter une preuve de plus à ce qui vient d'être avancé. On y voit en effet que, pour plusieurs années consécutives, la différence aussi bien entre les minima de janvier et de mai, qu'entre les maxima correspondants à ces mêmes mois, est, en moyenne, de h à 5 degrés, tandis que les écarts entre le maximum et le minimum d'un même mois, qui se rapportent au milieu du jour et à la fin de la nuit, peuvont aller jusqu'à une moyenne d'une vingtaine de degrés.
Quoi qu'il en soit de ces oscillations, diurnes plutôt qu'annuelles, et du earac- Vmhnmv 1ère particulier qu'elles impriment à l'ensemble du climat de ces régions, il faut ^ u",!,all^.,un. remarquer pourtant que la marche de la température à Guatemala, comparée à 'GvMmitce qu'elle est dans nos pays, jouit d'une singulière uniformité relative. La température moyenne déduite de toutes les observations que nous avons pu recueillir étant de i7°79r les écarts les plus considérables en dessus et en dessous ne dépassent pas 12°6 et ce qui est remarquablement peu de chose. En effet, la tenqwralure la plus basse qui ait été observée pendant les années dont nous
avons eu connaissance est de 5"3, en janvier 1 803, et la plus élevée «le 3o04, en mai 1 85g, ce qui ne donne qu'un intervalle de 25°l entre les limites supérieure et inférieure des oscillations du thermomètre. Dans une même année, cet intervalle est toujours compris entre 22 et ihn, et l'on peut affirmer que cette absence singulière d'écarts importants dans la marche du thermomètre constitue aussi un des traits les plus saillants de la météorologie de l'Amérique centrale.
La figure 1 de la planche III réunit un groupe de courbes qui représentent les oscillations annuelles par moyennes mensuelles pour 5 années, de 1859 à i8G3. 11 s'en dégage aussi la confirmation d'un fait considérable, nettement indiqué d'ailleurs par les considérations théoriques. On sait que l'influence de la saison des pluies sur la température se l'ait sentir d'une manière très-directe, autant à cause du refroidissement que détermine la transformation en vapeur des grandes quantités d'eau qui vont pénétrer d'humidité les couches de l'atmosphère, que parce que les nuages, s'interposant entre la terre et le soleil, paralysent l'action des rayons calorifiques. Aussi faut-il chercher dans les actions combinées de la saison des pluies et de la marche du soleil les causes qui régissent les allures de la température; on doit admettre a priori qu'il y aura deux minima, au milieu de la saison sèche et au milieu de la saison des pluies, époques qui correspondent aux distances zénithales les plus fortes du soleil au midi et au nord, et deux maxima, l'un avant le dé-but, l'autre à la fin de la saison des pluies, moments où le soleil passe au zénith de Guatemala. Les courbes nous montrent en effet que la température, minimum en janvier, s'élève progressivement jusqu'à la fin d'avril, éj>oque du premier passage du soleil. Le commencement delà saison des pluies exerce un effet presque instantané, et détermine un abaissement brusque de la température, augmenté encore, en juillet, par l'obliquité des rayons du soleil, qui s'incline vers le nord. Le second passage du soleil amène, vers la fin de septembre, un relèvement qui ne s'accuse que faiblement, car l'influence des pluies, alors à leur maximum, agit en sens contraire. Enfin, avec le retour de la saison sèche, on voit le froid revenir en même temps que le1 soleil gagne en inclinaison vers le sud. Le peu d'intensité du second maximum de septembre est un fait caractéristique et qui se manifeste toutes les années, quoique d'une manière plus ou moins accentuée.