VOVIGE GKOLOGItjUE
i|iu> dans certains endroits où elle est à pic; le plus souvent elle s'incline assez doucement et est recouverte d'un lin sable blanc, ou d'une boue vaseuse grisâtre apportés l'un et l'autre par les rivières qui descendent de l'intérieur du pays. Cami Nous avons l'ait de La l nion l'ascension d'un pâté montagneux, dit *Cerros de
Conch*;;iM . ...... ...
~ Conrbagua , » qui domine immédiatement la ville au sud. Les roclies du bord de lu mer existent encore dans l'intérieur des terres avec tous leurs caractères; mais ••Iles n'apparaissent que sur les bords des ravins ou dans les endroits dénudés, et sont recouvertes partout ailleurs d'une couche plus ou moins épaisse d'argile jaune ou rougeâtre. Ces argiles, dues probablement à la décomposition des matières sous-jaeentes, sont évidemment colorées par de l'oxyde de fer en proportion variable; elles deviennent liantes sous I action de l'eau, et constituent le plus souvent de véritables glaises. A partir du village de Conehagua, les pentes s'accuse»! de plus en plus, et la niche se montre presque toujours, noire, compacte et mouchetée de petits points blancs.
Des deux sommités dont se compose le massif montagneux, l'un, le Cerro de la Bandera (1,170 mètres), n'est qu'une pointe assez ardue formée unicpieuient de scories et de basaltes scoriliés passant par toutes les teintes depuis les noirs jusqu'aux rouges par les bruns. Les basaltes scoriliés présentent souvent un aspect de surfusion et ressemblent alors à des laves; les scories rouges sont souvent légères et huileuses, mais toujours mouchetées de points blancs. Malgré ces particularités dans la nature de la roclie, il est assez dillicile de s'associer complètement à l'opinion des habitants du pays, qui considèrent le Cent) de Conchagua comme un volcan éteint , car la montagne dont nous venons «le parler, quoique d'apparence à peu près conique, n'est qu'un pic isolé et sans aucune trace de cratère1'1. Quoique l'autre sommité, le Cerro del Ocote (t,a36 mètres), soit composée d'une roche beaucoup plus compacte et ne présentant que rarement des traces de scorilication, la forme en est toute différente et ne permet pas d'affirmer avec autant de probabilité qu'il n'y ait pas là les rudiments d'un très-ancien volcan éteint, ayant presque complètement perdu ses caractères distinctifs. Le sommet
j-rro ilel I >m4i>.
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l'i'iult'iirt-
tort ahéré.
On tramera ri-pprf». au chapitre eniMacre' filiale- environ un an après notre voyage. Il ni donc rertaui que nwtil au\ volcan», le récit d'une éruption i|ui »"i*t pru- le Orro de Coorhagua <s4 un volcan, cl <pin l'opinion |x>duite a peu jirm à mi-haulnir du Orra de la Bandera pulaire devait prévaloir mr nos Krnpuk» >cieulU'n)ucs
DANS LES RÉPUBLIQUES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 183 de la montagne, au lieu de se terminer en pointe, se développe sous la forme d'un petit plateau de âoo à 600 mètres de diamètre environ, environné de légères éminences rocheuses qui sont disposées circulairement alentour, au nombre de cinq ou six, et le dominent d'une cinquantaine de mètres. La plaine, parfaitement horizontale, se compose d'argiles jaunâtres, qui sont peut-être les dépôts d'une antique lagune formée jadis dans un cratère éteint et progressivement comblé. Au milieu du plateau se trouve un enfoncement circulaire d'environ loi» mètres de diamètre, et dont la profondeur ne dépasse pas 5 à 6 mètres: il est rempli d'une végétation touffue, tandis que le reste de la plaine ne nourril que quelques herbes. Les eaux s'y accumulent pendant ta saison des pluies, s'infiltrent à travers la montagne, et se déversent peu à peu en alimentant les sources qui coulent toute l'année au pied du Cerro del Ocote, sans qu'il soit besoin, pour expliquer le fait, d'invoquer, comme le font les Indiens deConchagua, l'existence d'une vaste et mystérieuse lagune souterraine dans le cœur de la montagne. Quoi qu'il en soit, l'ensemble des Cerros de Conchagua forme un massif aussi intéressant que difficile à bien comprendre, et il faut invoquer l'appui de quelque fait décisif, comme une éruption, pour pouvoir atlirmer d'une manière pérernploire qu'il constitue réellement une sommité volcanique.
Km partant de La L nion pour s'enfoncer dans l'intérieur des terres, on marche u« u Uum pendant longtemps sur une formation analogue à celle que I on voit au pied des montagnes de Conchagua. Le terrain est plutôt ondulé qu'accidenté, quoiqu'il s'élè\e progressivement jusqu'à atteindre i5o mètres à Los Almendros. La roche pseudo-basaltique, compacte, altérée, noire, mouchetée de points blancs, ne se montre que dans les flancs de quelques petits ravins. Le plus souvent elle est masquée par d'abondantes masses d'argiles ocreuses , jaunes ou noirâtres , qui s'étendent sur le pays en adoucissant les inégalités du sol sous-jacent.
Mais bientôt tout disparait sous une nouvelle formation, qui s'est déposée avec u«u> m»-»*»-
i San Miguol-
une telle égalité, qu'elle a complètement nivelé le terraiu et constitué une vaste s.i*» .oi,*,,^,,,, plaine. Ce sont les déjecGons du volcan de San Miguel qui commencent à se montrer à 8 kilomètres environ avant la ville du même nom et qui recouvrent au loin tous les environs dans un rayon assez étendu. Ces dépôts se couqMisenl de couches alternantes de lapilli et de cendres très-fines, grisâtres ou d'un noir
iLm>
m VOYAGE GÉOLOGIQUE
violacé; les lils de nuances différentes, d'une épaisseur très-faible, souvent de. quelques centimètres tout au plus, se succèdent en nombre infini et inscrivent en quelque sorte le registre des éruptions successives du volcan. La puissance de I ensemble est considérable, car des ravins de h à ô mètres de profondeur, formés par les eaux courantes de la saison des pluies, sont creusés tout entiers dans ces amas de déjections sans en atteindre la partie inférieure. ShM%wI La ville de San Miguel (1 1 o mètres) est construite au milieu de cette plaine de *nl^t*3T' cendres, à deux pas d'une immense coulée de lave qui, pendant l'éruption de i8ii, vint s'arrêter près des faubourgs après avoir jeté l'épouvante dans la cité, qu'elle menaçait d'une destruction complète. Près de la ville, au nord, oti voit se développer, et sortir du linceul de dépôts volcaniques qui recouvre les régions voisines, des masses de tufs calcaires blancs et jaunâtres, dus probablement aux concrétions accumulées des sources qui en jaillissent aujourd'hui encore, quoique avec une intensité et un degré de minéralisation bien moindres que ce qu'ils oui do être jadis. Au sortir des faubourgs, on voit de vastes bassins alimentés par quatre ou cinq sources assez, abondantes, donnant une eau claire et limpide, à une température de 28 ou 29 degrés, et dont les propriétés sont les mêmes que r elies de la grande source de La Cueva, qui se trouve à environ 2 kilomètres plus loin dans la même direction.
La Cueva est une assez (fraude voûte naturelle creusée dans un petit mamelon de tuf, et d'où sort un courant assez puissant d'une eau parfaitement claire et limpide, qui ne présente ni odeur ni saveur caractéristiques. La température de l'eau s'est trouvée être de :«8°,3o, celle de l'air étant de »6°,90. Traitée par différents réactifs, cette eau a donné les résultats suivants :
do Ijt Cll««.
Stotm d'iirp-nl Précipité blanc, abondant. iioirci->aril rapidement à I» lumière.
Azolate dp baryte Précipité blanc très-faible.
Acétate de plomb Préripité blanc abondant.
CKalale d'ammoniaque. . . Précipité blanc faible.
Elle est donc un peu calcaire et assez fortement alcaJino-chlorurée. Il ne se produisait aucun dégagement de gaz. Il est intéressant de faire observer que. malgré la température de cette eau et les substances salines qu'elle contient en assez grande abondance, il y vil un grand nombre de petits poissons, non-seule-
ment dans le petit ruisseau qui se forme à quelque dislance, mais encore sous la voûte même de La Cueva.
De San Miguel nous avons rayonné dans diverses directions, et notre première n^a. «.i™»
excursion a été entreprise en particulier dans le but de foire l'ascension du ma- ^ %Fj
gniOque volcan qui domine la ville. Les détails de l'ascension elle-même devant être donnés plus loin, qu'il nous suflise de dire que l'on traverse d'abord, pendant longtemps, une plaine doucement inclinée, presque entièrement recouverte de cendres volcaniques, et, en quelques points, de tufs jaunâtres. A mesure que les pentes s'accusent, les roches sous-jacentcs, laves anciennes et trapps basaltiques, se montrent par moments à travers les déjections rinéiïforines et les argiles jaunes. On traverse ensuite deux branches de la grande coulée de lave de i844, qui, se précipitant sur une pente fortement inclinée, est recouverte, à sa surface, d'une effrayante accumulation de blocs noirs, scorifiés, huileux, déchirés de toute façon, et entassés dans le plus pittoresque désordre; et l'on atteint enljn le pied du cône à la Casa de Chaves, à rendrait où il se soude en quelque sorte par sa base au commencement de la chaîne de montagnes qui forme l'axe anticlinal du Salvador.
lue autre excursion nous a conduit aux mines de Los Encuentras, situées à Min»
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une trentaine de kilomètres au nord de San Miguel. Le chemin est assez ondulé et recoupe plusieurs fois le cours du Rio de San Miguel, mais on ne s'élève en somme que fort peu, et Los Kncuentros sont à quelques mètres au plus au-dessus de San Miguel. On commence par traverser, pendant six kilomètres environ, la région recouverte de lapilli, mais on voit néanmoins apparaîtra de temps en temps, notamment dans le ravin profond que s'est creusé le Rio près de la ville, des trapps basaltiques noirs, bruns ou rougeâlres, assez huileux, mais pourtant trèscompacles. Ils se dégagent nettement pour former la première ligne de collines qui limitent la plaine, mais disparaissent bientôt après pour faire place à des trachytes porphyriques qui sortent de dessous eux et qui doivent constituer la couche inférieure du pays, car on les trouve relevés au sommet du volcan de San Miguel, (les roches, mal définies encore dans cette partie du Salvador, doivent probablement devenir plus nettes dans les ragions de l'intérieur, où elles semblent prendre un développement considérable, et il ne serait pas étonnant qu'elles fussent en
ln>rbylir|,i,,.
relation avec les porphyres du Honduras, où si; trouvent les beaux filons d opale d'Intibuca (département de Gracias). Près de Los Encuenlros les trarhylcs porphyriques sont généralement très-compartes, un peu altérés et désagrégés à la surface, à texture très-emmèléc, sans cristaux bien définis, mais à mouches blanches sans forme caractéristique noyées dans une pâte brune, violacée ou verdâtre. Audessus de ces roches on voit, en plusieurs points, des niasses blanchâtres à texture désagrégée qui ont une certaine ressemblance avec les tufs des plateaux du Mexique, ii. i«r..r«. Ces mêmes dépôts atteignent, près des mines de Tabanro, jusqu'à iô mètres de puissance (M. Lâchât), et présentent une texture dure et compacte englobant des cristaux assez nets de feldspath. Leur liaison intime avec les conglomérats porphyriques, auxquels ils passent insensiblement, comme à San Antonio par exemple, fait penser qu ils ne doivent être que des masses superficielles formées par la destruction lente des porphyres, attaqués peut-être par des eaux minérales. Il se présente néanmoins un fait singulier et qui complique la question, c'est qu'à Los Encuenlros aussi bien qu'à Tabanco, ces roches sont traversées par les filons métallifères qui se développent dans les porphyres trarhyliques sous-jaeenls. v.uir.dwsiac». Les filons sont presque toujours dirigés du nord-ouest au sud-est (ils varient du nord 30 degrés ouest au nord ~-i degrés ouesl ), et présentent une inclinaison variable. Elle esl, en moyenne, de degrés à Los Encuenlros, mais, à Tabanco, elle atteint jusqu'à 7") degrés et même davantage. La gangue est toujours du quartz; plus il est compacte et tend à devenir hyalin, moins le filon esl riche; souvent même ce sont des masses quartzeuses, grenues, sans aucune trace apparente de minerai, qui donnent les meilleurs résultats; tel est le filon de Virginia à Los Encuenlros. A Tabanco, le minerai esl répandu dans tout le filou; à Los Enctientros, au contraire, on a affaire à des espèce» de clous riches, qui ne dépassent pas'io mètres dans la direction du filon, mais qui sont indéfinis en profondeur, et qui se répartissent à des intervalles indéterminés.
Les minerais sont de deux classes : on nomme melales les sulfures d'argent riches qui dépassent une teneur de ."> millièmes et qui sont envoyés en Europe pour être traités, après enrichissement par préparation mécanique sur place. Sous le nom de brozn, on réunit les minerais pauvres d'une teneur inovcnno de 'j millièmes, composés de sulfures d'argent . souvent peu ou point apparents à l'o il
UrlaU» ri
uu, et de chloro-brouio-iodures d'argent (plata noble), qui sont assez abondants. Les brozas sonl traitées sur place, aux usines de Los Eneuentros et de Tabanoo, |tar la méthode des barils. Tous ces minerais contiennent une certaine proportion d'or, soit en moyenne 3o grammes par kilogramme d'argent fin, et l'on a remarqué que l'or est surtout abondant dans les matières qui proviennent du voisinage de l'a(11eurement des liions. Des faits analogues ont, d'ailleurs, été déjà observés plusieurs fois au Mexique. Par la distillation de l'amalgame, on obtient un arpent brut qui, à Los Eneuentros, contient 90 p. 0/0 d'argent lin, mais seulement 55 p. 0/0 à Tabaneo, où il y a une forte proportion de cuivre et de plomb.
On a reconnu, à Los Eneuentros, cinq on six liions principaux plus ou inoins riebes et uu beau filon de calcaire cristallin de 3 ou A mètres de puissance, exploité pour la fabrication de la ebaux. Les filons de Tabaneo sont à peu près du même genre que ceux de Los Eneuentros et se trouvent dans des conditions géologiques sensiblement identiques. Dans les deux localités, on a observé des sources tbermales calcaires et alcalines, en connexion avec le système des filons et situées dans le prolongement de l'un d'eux. A Los Eneuentros, la température d'une de ces sources s'est trouvée de 3(> degrés.
Si l'on part de San Miguel par la route qui mène à la capitale, on marebe vers le nord-ouest en longeant d'abord pendant quelque temps la grande coulée de lave de i844, puis en traversant jusqu'à Moncagua une vaste plaine où les dépots cinériformes et les lapilli rejetés par le volcan sonl accumulés, sur une *ia°' i™"*épaisseur qui dépasse k ou 5 mètres, en lits minces et alternants de couleur grisâtre et violacée. Après Moncagua, on s'élève progressivement j>our rejoindre un chaînon transversal qui diverge de la ligne secondaire du Salvador. L« sol, de plus en plus accidenté, se compose le plus souvent d'argiles jaunâtres recouvrant des roches porphyroïdes, qui ne se dégagent nettement que dans la partie la plus élevée de l'arête montagneuse. De l'autre coté se trouve la petite ville de (îhinameca, non loin d'un volcan éteint dont la cime peu élevée se perd au milieu des autres sommités qui l'entourent. Au pied de la montagne, dans le fond d'un ravin uicmaiu et sur le flanc d'une côte, se trouvent des dégagements de gaz extrêmement remarquables, qui ont reçu les noms de Enedur et de Buqueroti; ils traversent, en les
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transformant on une masse argilo-sableuse de couleur grisâtre, les roches porphyroïdes noirâtres dont se compose le sol. Ces phénomènes se ratlachenl trop directement à l'action volcanique pour cpie nous ne reportions pas leur description détaillée au livre suivant.
\ partir de Chinameca (20G mètres), longeant à distance les montagnes qui renferment plusieurs cônes volcaniques éteints, entre autres celui de Tecapa, on franchit une série d'ondulations plus ou moins accusées, dans lesquelles des amas puissants et alternant d'une façon indéfinie de sahles, de cendres volcanique* et d'argiles jtUDes, englobant «les cailloux roulés de basalte et de porphyre traehytique. masquent partout les formations inférieures. A peine, à U mafia, peut-on voir un instant la roche porphyroïde foncée dans une petite falaise qui domine un ruisseau pittoresque; on retombe presque immédiatement dans un immense plateau d'argiles jaunes qui conduit jusqu'au bord de la vallée du Rio Lempa, dont les flancs sont composés de sables et d'argiles. Quoique à près de i oo kilomètres de son embouchure, le fleuve, large et profond, est franchi à 3 mètres seulement au-dessus «lu niveau de la mer.
Après une petite plaine de sable qm s'étend jusqu'au point où l'on passe le Rio Acahiiale, on s'élève progressivement, en suivant le cours de la rivière, par une st'-rie d'ondulations dans lesquelles la roche se dégage des dépôts Superficiels cha<pie fois que l'on monte sur les flancs des contre-forts. Cette roche est un porphyre trarhy tique, rougeAtre ou violacé, d'aspect un peu scoriacé parfois, et présentant, dans certains «>as, des cristaux de feldspath orthose assez bien délinis. A mesure que l'on s'élève, les couches superficielles deviennent plus fréquentes, et 1*011 arrive enfin à une plaine assez longue, formée uniquement d'un tuf argileux blanchâtre, auquel les indigènes donnent le nom de timte. Après avoir passé ou dernier ressaut porphyritpie assez accusé, on tombe enfin dans la plaine de San Vicente (356 mètres), où l'abondance de la végétation dissimule la nature du sol.
Non loin «le la ville de San Vicente, dans la direction du sud-ouest, se trouve un massif assez considérable, auquel les habitants donnent le nom de Volcan d«' San Vicente. C'est assurément un volcan éteint depuis fort longtemps déjà, car sa forme caractéristique a été notablement altérée; mais il n'en présente pas moins
un très-vif intérêt, car on peut observer à sa hase des dégagements de gaz à haute température assez analogues à ceux que nous avons déjà eu occasion de signaler à Chinameca. Sans nous occuper actuellement de la description détaillée de ce phénomène, qu'il nous suffise de dire qu'il prend naissance dans un ravin profond d'une trentaine de mètres, entaillé dans le liane de la montagne. Les jels de vapeurs acides accompagnés d'eau houillante s'échappent tantôt par des fissures ouvertes directement dans la roche porphyrique compacte, mais un peu altérée à sa surface, tantôt du milieu des masses argileuses grisâtres formées par la décomposition de ces mêmes roches.
En partant de San Vi rente et en se dirigeant vers l'ouest, on commence par Ira- u<*m Uni* verser, pendant une dizaine de kilomètres, un plateau plus ou moins ondulé, dans c**^. lequel la roche porphyroido sous-jacenle, presque continuellement masquée par '^""r*6** des dépôts superficiels de cendres volcaniques, d'argiles jaunes et de masses lufacées blanchâtres, n'apparaît que dans quelques coupures. Après Tepelitlan, on passe un assez fort ressaut porphyrique, puis on franchit le ravin du Rio de Jiboa (535 mètres), complètement recouvert, sur ses deux bords, de tufs hlancs contenant une assez notable proportion de ponces. Pour arriver à Cojutepeque (89 1 mètres), il faut remonter le long d'une pente assez prononcée, dans laquelle on aperçoit quelquefois le porphyre, dissimulé le plus souvent sous des argiles, auxquelles viennent se mêler des scories volcaniques rouges et brimes en assez grande abondance.
La ville de Cojutepeque est, en effet, dominée au sud par un joli petit volcan v<*.« d'une Centaine de mètres de hauteur, parfaitement conique, et qui semble reposer sur un massif doléritique dont on aperçoit quelques lambeaux à l'ouest de la ville. Du haut de ce volcan on jouit d'une vue admirable sur l'ensemble du pays, et, en particulier, sur le beau lac d'Ilopango, qui n'est point un ancien cratère rempli d'eau accumulée, comme le pensent certains voyageurs, mais bien plus probablement un simple repli de la ligne de partage des eaux qui, en se dédoublant, a permis au lac de s'y former. Le lac d'Ilopango n'est, du reste, pas complètement isolé, car il déverse son trop plein dans le Rio de Jiboa par une étroite et profonde coupure, creusée à l'est dans la ceinture de montagnes porphyriques qui l'entoure.
Kntre Cojutcpcque et San Martin, lo pays, formé «le roches porphyroïdes quées de Ifiups on temps par des argiles et des tufs blanchâtres, saisisse pro- Tnf.ipo.K- jrn'ssi veinent par ondulations successives; puis on entre dans une grande plaine couverte de masses tufaooes à ponces blanches dont on peul mesurer IVpaissenr dans la grande1 barranca du Rio Aselguate, profonde d'au moins une centaine de mètres, et dont le fond seulement est entaillé dans les porphyres. Ce ravin est situé a environ :>. kilomètres au sud de la ville de San Salvador, qui s'élève à (><)" mètres au-dessus du niveau de la mer. Kariwi» Les environs de San Salvador sont intéressants à plus d'un litre,- et d'abord
>!« Sait SaImiiIih
mùi. Pam* «|" >l* éveillent les tristes souvenirs du terrible tremblement de terre du l' l6 avril l 85/* , ipii produisit de si épouvantables ravages, et ensuite à cause du voisinage du grand volcan éteint qui domine la ville au nord. Nous y avons fait aussi quelques recherches dans le fond du ravin que parcourt le Rio Aselguate à peu de distance de la ville, et dans lequel on peul voir assez nettement, en certains points, les masses de roches porphyroïdes du sous-sol, masquées partout ailleurs sous une puissance considérable de tufs à ponces. La roche est tantôt parfaitement compacte, tantôt divisée en une infinité de petits lits contournés e| comme subslratiliés : elle est alors d'une teinte nuire violacée, rayée (le nombreuses bandes d'un blanc verdîilrc, el contient des facettes cristallines de feldspath ainsi «pie «piel<pics paillettes d<> pyroxèue. Dans d'autres cas, elle «>st huileuse, comme sroriliée, el d«' couleur noir»; ou brunâtre, ressemblant tellement alors à une lave ou à un basalte, «pi on éprouve quelque dillicullé à la réunir aux massifs voisins; on voit cependant (oui le système passer d'un type à l'autre par les transitions les plus insensibles, groupées à c«Mé les unes «les autres aussi bien dans la verticale que dans l'horizontale. On a évidemment affaire à des roches profondément ait*'— ■•«•<* par les phénomènes volcaniques «pii ont donné naissance au volcan de San Salvador, et il est difficile de les faire entrer dans une classification normale qui ne serait pas basée sur la ('«imposition chimique.
Les petites falaises abruptes «pie forment ces massifs rocheux au bord du Rio Aselguate sont tissu n'es dans divers sens, et de ces fentes s'épanchenl une série de sources plus ou moins volumineuses, f«jrmt;es d'une eau parfaitement claire el limpide sans aucune odeur ni aucun goût cararli-ristupies. Nous avons pris la
température d'un»' quinzaine do ces sources, et constaté qu'elle varie entre 3ittet 34°,5o; niais les essais chimiques n'ont donné aucun résultat, et c'est à peine si l'action des divers réactifs produit un trouble comparable à celui qui apparaît dans les eaux de source les plus pures. On est donc conduit à admettre qu'il y a là une nappe aquifère, nullement minéralisée, mais simplement portée à une température élevée par réchauffement préexistant du sous-sol, persistant encore malgré l'arrêt apparent des phénomènes volcaniques dans la montagne voisine.
\ l'ouest de San Salvador se développe une vaste plaine fertile et peuplée. Le i^,,,, sol se compose de tufs blancs épais de h à 5 mètres qui englobent de nombreux ^J^JSim, Fragments de ponces, el recouvrent, en s'amincissent progressivement , une courbe puissante de cendres violacées et de lapilli grisâtres, (le nouvel ensemble se dégage complètement près du vaste cratère éteint appelé Lalioya, qui s'ouvre brusquement à plus de îào mètres en coutre-bas du sol de la plaine; il se continue ensuite jusqu'au delà de Santa Tecla (90.'} mètres), où il prend une importance décisive en se mêlant à des débris de scories rougeâtres qui proviennent probablement d'un petit cône éteint posé au nord de la ville, à une certaine bailleur, sur les derniers contre-forts du massif du volcan de San Salvador. Les argiles jaunes reparaissent bientôt et deviennent prédominantes près du point où le plateau que l'on vient de traverser cesse brusquement, et où une chute presque soudaine sé- |«re les plaines de la terre chaude de celle de la terre tempérée.
Le chemin rachète cette dénivellation assez considérable en s'enfonçant dans o^/m le grand ravin dit Callejou del Guarumal, dont il suit le fond pendant h ou 5 kilo- ^31"! mètres; le sentier franchit au moins une cinquantaine de fois le cours d'un ruisseau p^w— qui le recouvre le plus souvent et le rend absolument impraticable en saison des pluies. Le Callejou del Guarumal est, en réalité, une véritable fente à parois absolument verticales, profonde de îôo à 100 mètres, large de 3 à h tout au plus, et qui présente au voyageur un des plus curieux exemples de barrancas qui s»; puisse voir. Malgré cela, les observations géologiques n'y sont pas très-aisées, car il y a dans ce point une assez grande complication; au moment où le ravin s'ouvre tout à coup, les argiles jaunes régnent avec une très-grande puissance et semblent s'être déversées jusqu'au fond, sauf en un point, à peu de distance du sommet, où l'on aperçoit un banc de roches noirâtres qui est peut-être du basalte, peut-
être l'extrémité d'une roulée de lave, masquée jusque-là dans la plaine de Santa Teela par des couches plus modernes. Au fond du Guarumal, mais au commencement du défilé, il semble que Ton voie pendant quelque temps le porphyre en place; mais il disparaît bientôt sous des amas de conglomérats porphyYiqucs et de sables volcaniques, mêlés comme s'il y avait eu plusieurs éboulements |>artiels; ce sont ensuite ces mêmes roches qui composent pendant presque tout le temps les parois de la coupure.
Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au sortir du Guarumal le porphyre apparaît Irès-nettemcnl pour constituer une série de collines qui s'élèvent dans toutes les directions. C'est alors une jolie roche de couleur claire, grise ou un peu lilas, contenant des cristaux blancs jaunâtres de feldspath orthose et quelques mouches de quartz et de pyroxène noir. Mais les collines, toujours formées du même porphyre, s'écartent de plus en plus et l'on entre progressivement dans une plaine dont le sol est composé de sables volcaniques gris violacés. A Guaimoco (Ô73 mètres), ou voit plusieurs mamelons assez prononcés où l'argile jaune domine, mais percée par le porphyre dans les points culminants. Ces argiles cessent tout à coup, un peu avant Kl Bevodero, et l'on aborde une immense coulée de lave ancienne, recouverte en quelques points de sables volcaniques en couches plus oit moins puissantes, et descendue probablement du volcan d'Izalco, qui s'élève au nord à peu de distance. Cette coulée s'étend sous le village d'Izalco et le dépasse même un peu au sud; si. delà, on marche au nord dans la direction du volcan, on ne trouve absolument que de la lave sur laquelle s'élèvent d'épaisses forêts, vieilles au moins d'une cinquantaine d'années. Mais en arrière se dresse un groupe montagneux porphyrique, connu sous le nom de Madré del Volcan, et sur lequel le volcan d'Izalco vient en effet se souder par son flanc nord.
La coulée de lave qui s'étend sous le village d'Izalco a peut-être été arrêtée par un petit ressaut porphyrique, peu saillant du reste, que rencontre bientôt le chcu.»,ni«im«K Imn Jmj r4mduil à Sousonate. Kn entrant dans l'admirable vallée qui s'ouvre alors pour descendre jusqu'à la mer, ou ne trouve plus que des argiles jaunes, qui constituent tout le sol inférieur et sont souvent recouvertes de terre végétale fertile et nourrissant d'ahoud antes cultures. A Sousonate même, ou peut voir une roche noire basaltique dans le fond du ravin où coule le Hio de Izalco; mais les argiles
•I la,.-, «il. inini,..
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■ II- Smiwmt"' Vr^iW-, JtIMM
jaunes forment des falaises de 5 à f» mètres de hauteur, el cette couche s'étend aussi sur le petit contre-fort qu'il faut franchir pour gagner San Antonio, où les hasaltes se montrent encore dans le lit du ruisseau qui passe à côté de ce village. Il en est de mérne jusqu'à la mer; mais là, dans les falaises d'Acajutla, on peut voir (pie les argiles n'ont plus qu'une épaisseur d'un ou deux mètres au plus et surmontent un hanc d'une douzaine de mètres de puissance, formé d'un conglomérat assez remarquante, qui doit avoir été déposé sous les eaux de la mer à en juger par la régularité de ses allures. Ce conglomérat se compose d'une succession découches d'un magma plus ou moins lin, à hase argilo-terreuse jaunâtre ou hrune, empâtant des hlocs plus ou moins volumineux de porphyre de toutes nuances, de basalte, de scories, etc. en un mot de toutes les niches qui se rencontrent dans l'intérieur du pays.
Reprenant à Sonsonate (197 mètres) la mute que nous avons suivie jusqu'ici, nous gagnons le liane ouest de la vallée pour franchir, par une série de contreforts étagés, les hauteurs qui terminent en ce point l'axe anticlinal montagneux du Salvador. Les argiles jaunes disputent toujours la place aux porphyres, qui ne se montrent guère avir netteté que dans le dernier ressaut succédant au petit plateau d'Apaneca (1/17'! mètres).
Une descente précipitée de 1,000 mètres amène alors dans la plaine d Ahua-
d'Ahuftchapaui.
cliapani (75ri mètres), où se trouvent les magnifiques \olrans de houe ou (iiixolex ut»»» dr imi»deuil nous nous occuperons plus loin avec détail. Le sol de la plaine d'Ahuarhapam est composé d'une sorte de tuf volcanique blanc jaunâtre ou franchement jaune, qui n'est pas sans avoir quelque analogie avec certaines assises de la formation vokanico-lacustre de la vallée de Mexico. C'est une paie assez fine, produite peut-être par la trituration des ponces ou des lapilli, el englobant de petits morceaux de ponce blanche, des blocs plus ou moins volumineux de scories noires, voire même quelques fragments d'obsidienne.
Le Hio Paz, frontière des républiques de Salvador et de Guatemala , coule dans lu™ du K, F*, une profonde vallée qui s'ouvre brusquement en limitant la plaine d'Ahuachapam. Les falaises, aussi bien d'un côté que de l'autre, se composent de porphyres; nettement caractérisés; ils sont, en général, à pâte grise ou plus souvent bien compactes, englobant de jolis cristaux de feldspath orthose. En un point de
Viillgr|;ùofegir|W. lj
la rive (fauche, ces porphyres sont altérés comme s'ils avaient été traversés par un dégagement gazeux acide, et quelques blocs sont recouverts, à leur surface, d'un enduit blanc de carbonate de chaux, épais de quelques millimètres.
Après avoir descendu une côte assez abrupte , on passe le fleuve à •>•]{) mètres
'V'Xw»"' d'altitude, et, après avoir remonté une paroi un peu moins élevée que la précédente, on s'engage dans une grande vallée entourée de hautes cimes porphvriques. Le sol s'élève progressivement et se compose presque cxclusiu'incnt «le conglomérats porphyriques à plus ou moins gros éléments reliés par un ciment terreux, alternant quelquefois avec des argiles jaunes ou des tufs semblables à ceux d'Ahuachapam, dont la couche supérieure blanche à grain très-fin est un véritable tisale peut-être siliceux. Ce n'est qu'après Jalpatagua (ôjS mètres) que Ion arrive au fond de celte vallée, qui est limitée par un vigoureux contre-fort, dit Cue»ta <te la Lrona, où les porphyres noirs compacte! se montrent en abondance. A El Oratorio (gôo mètres), on recommence à descendre dans une vallée du même genre que la précédente, mais mi peu moins large, dont les flancs sont également porphyriques et le sol composé d'alternances indéfinies de conglomérats et d'argiles.
A Los Ksclavos (7-I0 mètres), la nature de la roche se modifie tout à coup. Le lit de la rivière qui traverse le village est profondément encaissé entre des falaises d'un trapp basaltique noir, un (wu huileux en dessus, compacte en profondeur, à grandes cassures grossièrement prismatiques dans la verticale, mais dont la surface ressemble un peu, par ses contoumements, à celle d'une coulée de lave.
Le Rio de los Ksclavos roule quelques cailloux d'un beau diorite vert, trèscompacte, qui doit provenir di s hautes montagnes de l'intérieur du pays.
Quoique recouvert dans bien des cas par des matières superficielles, ce trapp basaltique continue néanmoins à constituer partout le sous-sol, mais il est susceptible de certaines variations : ainsi on le voit souvent moucheté de petits cristaux blancs informes, et à Berbcrena il devient une superbe dolérile très-cristalline, avec cristaux disséminés de pyroxène, de feldspath et de péridot.
A Cuajiniqiiilapa , on remarque des couches épaisses et alternantes de lapilli jaunâtres et de fragments scoriacés et cincriforines brunâtres ou noirs. Les argiles
jaunes se montrent souvent et en particulier dans la grande descente qui suit Berherena.
Les tufs volcaniques à ponces blanches constituent tout 1« sol de la plaine qui précède Cerro Redondo (1 ,080 mètres). Ce village doit son nom à un petit volcan tut * |mik«
éteint qui s'élève vers le nord, et au pied duquel passe le chemin; on en voit encore un autre un peu plus loin au sud.
A l'ouest de Cerro Redondo, ou trouve un conglomérat" contenant une forte pro- c*n|riom<«i portion de cailloux granitiques, de dimensions souvent fort considérables, et qui k™"""!'"doivent, par conséquent, provenir de montagnes assez voisines dans le nord. Ce granit est blanc ou un peu rosé, et contient de grandes paillettes de mica blanc OU noir, ainsi que d'assez volumineux cristaux d'amphibole.
La plaine de Cerro Redondo est limitée au nord-ouest par un puissant ressaut montagneux que le chemin franchit par la longue montée dite Cuesta Verdi-. Le trapp basaltique que l'on avait encore vu tout près de Cerro Redondo existe certainement aussi dans le sous-sol de la montagne sur laquelle s'élève la Cuesla Verde; mais il est presque continuellement masqué jtar de puissantes masses d'une argile jaune qui contient d'assez abondantes paillettes de fer oligisle cristallisé et brillant. Lorsqu'une forte pluie a lavé la surface du terrain, les gnmules de fer oligisle, enl rainés par les petits ruisseaux qui courent dans tous les sens, se déposent les premiers et forment des couches d'un ou deux millimètres d'épaisseur composées de paillettes noires à reflets métalliques, dont les dimensions ne dépassent pas celles du quart d'une tète d'épingle. Nous avons déjà remarqué des laits analogues dans diverses localités des plateaux du Mexique, et ils ne sont pas sans rendre plus intéressante encore la formation de ces argiles jaunes, dont l'origine est fort diflicile à saisir.
Après être arrivé au sommet de la Cuesta Verde, on a devant soi un vaste plateau très-ondulé, dont les couches inférieures sont certainement porphyriques . sans qu'il soit possible de saisir le moment où la nouvelle roche remplace les trapps basaltiques. Le porphyre, d'ailleurs, n'apparaît qu'en très-peu de points, car il est presque toujours recouvert par d'importantes assises dans lesquelles apparaissent des conglomérats porphyriques, des argiles jaunes et surtout des tufs blanchâtres contenant une forte proportion de pouces. La puissance de ce système
Tal» i pnntra.
196 VOYAGK GKtUOGIQCE
est très- considérable, car on le voit <]uclqiK>r«ns atteindre ou même i 5o mètres dans les ravins abruptes qui s'ouvrent au bord de la route.
Près de Pinula, on atteint un point cubniuant (1,909 mètres), et, après avoir vu un instant, au sommet de la côte, des porphyres grisâtres très-altérés à la surface, on tombe dans la vaste plaine de Guatemala (1 ,5q8 mètres), ou 8e développent des tufs à ponces, blancs, jaunâtres ou rosés, assez semblables à ceux de la vallée de Mexico. Quoique la position des deux capitales, assises Tune et l'autre au milieu de vastes bassins entourés de hautes montagnes, semble, à première vue, avoir une certaine analogie, il faut néanmoins constater une différence importante : c'est que l'une est environnée d'une ceinture continue, tandis que, près de l'autre, les eaux peuvent s'écouler dans deux sens différents, vers le Pacifique ou l'Atlantique, ce qui ne permet jws d'invoquer les mêmes faits pour expliquer l'étrange formation des tufs à pouces et leur origine un peu mystérieuse.
VOÏMJB DE K\y JOSÉ DE GUTEMM.* «BORDS Dt PACIFIQtE» AU RIO lilUVDE
■ VI, 6gorr 1.)
Le voyage qui fera l'objet des pages suivantes n'a pas été exécuté' tout à fait comme on pourrait le croire d'après la manière dont seront présentés les faits que nous avons observés et l'ordre dans lequel ils apparaîtront. Nous avons fait autour de Guatemala, de la Antigua, d'Escuinlla, un nombre considérable d'excursions, qui nous ont ramenés fréquemment dans les mêmes endroits; et nous avons pensé que toutes ces marches et ces contre-marches, très-utiles pour faire comprendre plus complètement les choses au voyageur, qui les voit à diverses reprises dans un état d'esprit différent et avec des idées plus ou moins modifiées par des recherche! ultérieures, ne l'étaient pas autant, au contraire, pour le lecteur, qui demande avant tout, dans une description, la suite et la liaison qui ne peuvent se trouver que dans un itinéraire continu et régulier.
Nous nous attacherons donc à grouper les faits de manière à partir de l'Océan Pacifique et à marcher vers le nord, de façon à recouper transversalement la grande arête montagneuse qui constitue la ligne de faite principale du pays, ainsi que les chaînons accessoires qui lui sont plus ou inoins exactement parallèles.
Arrivés à la vallée du Rio Grande, au lieu de continuer à nous enfoncer dans l'intérieur des terres, comme nous l'avons fait nous-mêmes, nous chercherons, par des renseignements que nous avons puisés à diverses sources, à compléter une coupe entière de San José de Guatemala à Izabal, c'est-à-dire de l'un à l'autre
océan.
Le profil géologique donné dans la planche VI (fig. 2) se rapporte en grande partie à l'itinéraire que nous allons suivre et pourra en faciliter l'intelligence, si l'on a soin de se rappeler que les hauteurs sont figurées à une échelle dix fois plus forte que celle des distances.
Les bords de la iner, à San José de Guatemala, offrant un cachet de nudité et Md,u. de désolation qui n'est pas sans frapper assez vivement l'esprit de l'observateur. 'sÏÏT La grève proprement dite, sur une largeur d'une vingtaine de mètres, se compose '* ">n^to,n",," d'un sable blanc et fin, pétri de coquilles brisées, sur lequel la vague déferle avec fureur. Ces mêmes sables se prolongent encore à un kilomètre au moins dans l'intérieur des terres, mais ils sont coupés de lagunes et d'esteros, et recouverts souvent d'épais taillis de mangliers et de palétuviers, qui recèlent des animaux venimeux et engendrent des fièvres malignes. C'est là que sont construites les quelques huttes malsaiues qui forment le village.
En quittant San José, on commence à s'élever progressivement sur une vaste plaine doucement inclinée, coupée de quelques ruisseaux, accidentée de quelques rares ondulations, animée par quelques petits villages indigènes semés au bord de la route. Une terre végétale, souvent assez fertile et nourrissant d'épaisses forêts, recouvre presque partout les argiles jaunes ou noires, les masses sableuses, les conglomérats qui constituent le sous-sol. Ces dépôts modernes peu déterminés, dus probablement à la destruction progressive par les eaux des abondantes déjections volcaniques qui existent dans les parties plus élevées du pays, semblent diminuer de puissance dans quelques points des environs d'Escuintla (64a mètres) et laissent voir les conglomérats porphyriques qui constituent les masses inférieures du terrain.
Non loin d'Escuintla , à la grande cascade de la Michatoya , on pourrait facilement mw étudier ces conglomérats, qui y présentent une épaisseur de 80 mètres au moins, et se relient, d'une façon assez difficile à saisir, à la roche en place dont les parties
supérieures sont tellement altérées, qu'elles ne se distinguent guère du conglomérai lui-même. Néanmoins, au-dessous de la cascade, les énormes blocs anguleux que lavent incessamment les eaux de la rivière doivent appartenir aux masses porphyriques compactes sur lesquelles reposent les autres formations. Près de là, il y a de hautes falaises composées d'une sorte de magma confus, gris foncé ou violacé, à base peut-être argileuse, empâtant des morceaux plus ou moins volumineux de porphyre et qui paraissent être un conglomérat. On y a creusé de vastes excavations à la recherche d'un H Ion métallifère dont nous devons avouer n'avoir vu que des traces bien fugitives, et l'on aflîrme avoir trouvé une certaine teneur en argent aux matières obtenues par ces travaux, sans qu'on ait pu nous en donner de preuves bien certaines.
Deux chemins permettent de monter d'Eseuinlla à la capitale, et, comme nous les avons parcourus l'un et l'autre, nous allons les décrire snceessi\emeiit. Le premier, qui est celui des voitures, suit à peu près le cours du Rio Michatoya el commence par s'élever sur des pentes qui n'ont rien d'exagéré jusqu'à San Pedro Martyr (503 mètres), laissant à gauche les grandes pentes qui se relient progressivement au volcan d'Agua, et à droite les hautes falaises porphvriques de la rivière, pointe extrême du massif montagneux sur lequel s'est formé le volcan de Pacaya. Le terrain que l'on foule est recouvert d'une épaisseur considérable de conglomérats porphvriques masqués eux-mêmes en quelques points par des argiles jaunes ou des cendres volcaniques. Après San Pedro Martyr, on monte assez brusquement jusqu'à Palin (1,1 4 4 mètres), toujours sur des conglomérat*, dont la profonde coupure de Barranca Honda permet d'apprécier la puissance. Après avoir franchi les gorges resserrées où la Michatoya ses! frayé un passage entre les falaises porphvriques qui dépendent des systèmes des volcans de Pacaya e! d'Agua, on débouche dans la plaine d'Amatitlan (1,1 Hy mètres), iw Cette plaine fut évidemment recouverte tout enlière autrefois, et la nature
des sédiments suffit pour le prouver, par un lac aux proportions plus restreintes aujourd'hui : c'est le lac d'Amatitlan formé par les eaux du Rio de Mllalobos. arrêtées dans leur écoulement par la barrière que leur opposa subitement le soulèvement de la ligne volcanique dont deux des principales sommités, le Pacaya et le volcan d'Agua, se touchent presque par leurs bases. Les alluvions
mi .m. -i. Iwmtm.
D\NS LES RÉPl BLIQUES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 199
propres de cet ancien lac ont une épaisseur indéterminé, mais qui doit être assez considérable; ce sont des masses argileuses grisâtres, recouvertes souvent de terre végétale, quelquefois de dépôts marécageux.
Dans la plaine d'Amatitlan, tout à côté de la ville et sur les Lords de la Miclut- w-iiiuu
». . Tuf,.
lova, on rencontre des masses tufacées jaunâtres assez compactes, dont la formation doit être attribuée à des sources thermo-minérales qui jaillissent encore en ce point. Ces sources constituent un groupe condensé sur un espace de 3oo mètres environ de longueur et jaillissent au nombre d'environ une douzaine, mais avec une abondance très-variable , les unes remplissant des bassins où l'eau se renouvelle à chaque instant, les autres formant à peine de petites flaques. Les températures ne sont pas toutes les mômes , probablement à cause du mélange des eaux «le la rivière qui s'infiltrent dans le sol ; nous avons trouvé: en divers points :
5o",3o. — J>9',75. — 65",7Ô. — 68".oo, etc.
L'eau est franchement alcalino-chlomrée, ainsi que le prouvent les réactions suivantes, qui sont exactement les mêmes pour toutes les sources :
Aiotalo d'argent Précipite' blanc abondant, noircissant » la lumière.
Acétate de plomb Précipité blanc «bombant.
Chlorure de baryum Trouble léger.
Oxalatv d'ammoniaque . .. Bien.
Ammoniaque. Rien.
Leur goût et leur odeur rappellent vaguement les caractères des eaux de Baréges. Il y a aussi probablement quelques sources dans le bassin même du lac, car ses eaux présentent, à un faible degré, les réactions des chlorures, et possèdent un léger goût saumàtre qui les rend un peu désagréables à boire , voire même malsaines et purgatives, s'il faut en croire les habitants d'Amatitlan.
Le lac d'AmaliUan n'a pu prendre autrefois une extension plus considérable
du lac d' Imatttlai
que du côté du sud-ouest et du nord-est, car il est borné au sud et au nord par d'assez hautes falaises rocheuses. Au sud ce sont les derniers contre-forts du massif montagneux sur lequel s'élève le volcan de Pacaya : toutes les parois abruptes en sont composées d'un beau porphyre trachytique gris, un peu fissile, tandis que le petit plateau où est bâti le village de Pacaya est entièrement recouvert de cendres
pulvérisées t'I de fins lapilli noirs. Au nord c'est un puissaul ressaut qui sépare le Imssin du lac d'Amatitlan de la vallée de Guatemala; on y voit de beaux porphyres pris à cassure columnaire tellement accusée, que de loin on serait presque tenté de les prendre pour des basaltes prismatiques , erreur qui d'ailleurs a élé commise jwr quelques voyageurs. Mais aussitôt qu'on arrive au sommet de la cote, ces roches disparaissent sous des amastufacés, recouverts eux-mêmes d'une croûte épaisse d'argiles jaunes, qui s'emparent de tout le terrain el régnent uniquement jusqu'à Yilla-Nueva. Un peu plus loin que celte petite ville, la roule se réunit à celle qui arrive de La Antigua, et dont nous allons à présent dire quelques mois.
En partant d'Escuintla par le second chemin , ou commence par longer la base du volcan d'Agua, en la contournant en quelque sorte, et en s élevant progressé vement au milieu de forêts épaisses qui dissimulent presque toujours la nature du sol, formé uniquement de déjections volcaniques altérées et décomposées par les eaux el le contact de l'air. Ce n'est qu'à Alotcnango que l'on aborde la belle vallée qui s'ouvre entre les massifs des volcans de Fuego et d'Agua, el où coule le Rio Guacalate. Le terrain est composé de détritus de déjections volcaniques qui disparaissent sous des argiles jaunes un peu marneuses, dont le [dus grand développement se manifeste au petit mamelon qui précède l'entré' du village de Ciudad-Yieja, où commence la belle plaine connue sous le nom de Vallée de la Antigua. La terre végétale y est extrêmement épaisse, et doit sa fécondité aux produits cinérifonnes décomposés dont elle esl principalement formée.
La ville de La Antigua (t,5AG mètres), ancienne capitale de ce pays, s'élève au milieu de cette belle et riche vallée, et le séjour que nous y avons fait nous a permis de rayonner dans divers sens, fctefft Dans une première excursion, qui avait pour but l'ascension de l'important
volcan de Fuego, nous mous sommes dirigés vers le sud-ouest en traversant la vallée de La Antigua jusqu'au village de San Antonio. Là se dresse un petit ressaut, complètement revêtu de tufs à ponces entamés profondément par un chemin creux, et qui limite un bassin particulier où les eaux se sont accumulées pour former le joli pelit lac l Via, adossé de l'autre eôlé aux derniers conlre-forls du puissant massif d'Aeatenango. Les bords du lac sont couverts de dépôts marécageux et de terre arable mêlés de détritus volcaniques; mais, au Mord-
is tllIlglM-
• lu ,1mm' du lnll.ni
ouest, Le porphyre, qui sert dé buse à tout t et ensemble, se montre dans quelques petites sommité» dénudées. Au sud du lue Uria, les déjections cinériformes sont surtout abondantes, et, quoique recouvertes, entre Duenas et Capetillos, par une terre végétale noire, argileuse, excessivement fertile, elles reparaissent dans les premières pentes du volcan de Fuego, où Ton ne voit bientôt [dus que de petits lapilli noirs très-fins, sur lesquels sont de temps en temps déposés des blocs plus ou moins volumineux d'un porphyre trachy tique légèrement altéré ou scorilié, tombés des régions supérieures de la montagne.
Pour faire l'ascension du volcan d'Agun, nous avons commencé par traverser Imiipoi la vallée de La Antigua, dans la direction de l'est, jusqu'à San Juan del Obispo. 4 u LiTToi™ Là commence la montée, et le chemin est entièrement entaillé dans de puissant» amas de cendres et de lapilli accumulés sous une épaisseur énorme. Les lits se succèdent, plus ou moins puissants, à éléments plus ou moins fins, noirs, jaunes ou violacés, et pourraient presque servir à compter les anciennes éruptions du volcan.
Santa Maria (2,081 mètres) est au pied du cône proprement dit, du côté nord, sur une sorte de vaste plateau très-ondulé, recouvert de dépôts volcaniques décomposés et mis à profit par l'agriculture. De ce village nous sommes descendus sur Arnatitlan, d'abord par une grande vallée peu inclinée, puis par une gigantesque pente abrupte, où l'on voit successivement des déjections cinériformes et ponceuses recouvrant des conglomérats porpbyriques, et enfin des porphyres en place, très-nettement indiqués à la base des montagnes qui font partie de la ceinture du bassin lacustre d'Amatitlan.
Entre autres intéressants sujets d'études, la vallée de La Antigua préseule snurmtbmwi.-, quelques sources thermales, qui sont probablement en rapport avec celles quti iluT" nous avons indiquées à Arnatitlan. Dans la vallée même et non loin de la ville sont les sources dites de Medina et (YEl Cubo, qui présentent des caractères presque absolument identiques. La température de la première est de a60io, et celle de la seconde de l'une et l'autre sont parfaitement claires et limpides, sans saveur ni odeur; de pejits poissons vivent dans les bassins où les eaux sont recueillies. A l'époque où nous avons visité ces sources, il ne s'y produisait aucun dégagement de gaz, et il est probable qu'il en est toujours de même.
1 ejaj.; jcolnpquc. *fi
Klles présentent, avec les réactifs chimiques, les actions suivantes :
\rol.itr d'argent I * i <:i- 1 1 1 1 1 <: blanc un peu jaunâtre, abondant, noircissant
lentement à la lumière.
Aiotate de baryte Précipité blanc très-léger, soluble dans un acide (car-
bonate de baryte).
Vcélate de |domb . Précipité blaDc abondant.
Oxalalc d'ammoniaque Rien.
Ammoniaque Bien.
Ce sont donc «les eaux alcalines carlxmalécs et un peu chlorurées.
Il eu est de même d'une autre source très-remarquable, qui prend naissance au fond d'un petit ravin excessivement pittoresque, divergeant du vallon de San Loronzo qui court à l'ouest de la vallée de La Antigua. l,es eaux s'échappent assez abondamment de la salbande d'un magnifique filou de résinite opaline, dirigé à peu près nord-sud, au milieu des porphyres qui constituent toutes les hauteurs av (usinantes. Klles sont aussi claires et limpides que possible, inodores, mais possédant une saveur légèrement alcaline. Il n'y a pas de dégagement de gaz. La température est de 37°. ta>s réactions sont les suivantes :
\iotali' d'argent Précipité blanc, un peu jaunâtre, abondant, noircis-
mi lentement a la lumière.
Viola le de baryte Rien.
Wétale de plomb Précipité blanc pur, un peu grenu, très-abondant.
Ammoniaque Rien.
Oxalnte d'aiumoniaque Précipité blanc, très-léger.
La nuance un peu jaunâtre du précipité obtenu par l'action de l'azotate d'argent indique iveul-èlre la présence d'un peu d'iode.
ijd thMlt Kn partant de La Antigua commence par suivre le fond de la vallée du
Rio PenMti YO, marchant toujours sur des dépôts alluvionnaires très-fertiles. Le ravin se resserre progressivement vers son extrémité, et l'on commence à apercevoir des porphyres qui percent le sol et se montrent des deux cotés à la base des montagnes. Mais , comme ils sont recouverts d'une immense é|«tisseur de roches advenlives. on cesse de les voir aussitôt que le thalweg n'est plus très-profondément entaillé. Il ne recoupe bientôt plus que des amas de cailloux roulés de porphyre, formant nue masse d'une cinquantaine de mètres de puissance, puis des couches
épaisses de lufs à ponces qui recouvrent tout le ressaut que l'on franchit d'Emhatiles à Barsenas. Même au point culminant (3,178 mètres), on ne voit que des dépôts superficiels auxquels se joignent même des argiles jaunes, qui recouvrent tout le plateau de San Lucas, plateau que Ton doit traverser quand on veut passer parMixco, comme nous l avons fait une fois. Que l'on descende par Mixco ou par Barsenas, on trouve, dans les deux cas, le versant entièrement garni de tufs à ponces.
Une fois que l'on est arrivé dans la vallée de Guatemala, on marche sur un sol horizontal, mais qui se trouve tout à coup profondément entaillé par les grandes Tnhi parois verticales de la Barranca de Villalobos. Ce ravin , profond au moins d'une centaine de mètres , est parcouru par une riv ière qui va se jeter dans le lac d'Amalitlan en contournant, par la plaine inclinée de Petapa, l'arête montagneuse qui domine Villa iNueva. On y (leulvoir unehelle coupe des matériaux dont se compose le terrain de la vallée de Guatemala. Tout au fond il y a quelques traces de conglomérat à cailloux roulés de porphyre, puis deux ou trois mètres de lapilli et de cendres jaunes et violacées en petites couches alternantes, mais tout le reste est formé presque uniquement de ponces hlanchâtres en morceaux de la grosseur d'une noix. Des assises successives les montrent tantôt complètement indépendants les uns des autres et seulement entassés par la compression; tantôt unis et comme cimentés par une line pâte jaunâtre qui les englobe et en forme une masse compacte; la couche supérieure en particulier, sur laquelle repose directement la terre végétale ou ce qui en tient lieu, prend presque une apparence massive et devient un véritable tuf. Au milieu des ponces il y a deux ou trois petits lits de cendres violettes, intercalés à peu près à mi-hauteur de la coupe.
La vallée de Guatemala n'est, en réalité, qu'un haut plateau installé de la façon la plus singulière , précisément sur la direction de la ligne de partage des eaux. 'R,!^™"' De hautes cimes la bordent à l'est et à l'ouest , mais, au sud et au nord , grâce à des lignes de faite interrompues, les eaux peuvent trouver leur écoulement, d'un côté, vers le Pacifique, de l'autre, vers l'Atlantique, en se creusant elles-mêmes de profonds ravins qui leur permettent de chercher leurs niveaux. Car il faut remarquer que ce vaste espace culminant redeviendrait peut-être un bassin assez analogue à celui de Mexico, si l'on supprimait tous les dépôts modernes qui l'ont progressive-
Mit.
J( GaalcnnU li;|Mriibnr At* «oui
•204 VOYAGE GEOLOGIQUE
meut comblé, en accumulant les uns au-dessus des autres les produits de chacune des éruptions des innombrables volcans du voisinage.
D'un anlre côté, si les eaux coulaient à la surface du sol au lieu d'être dirigées par de profondes tranchées, il est probable qu'elles ne suivraient pas les chemins qu'elles prennent aujourd'hui et se répartiraient d'une façon tout à fait différente. Cette ligne de partage des eaux, large de plusieurs kdomètres, hésitante, pour ainsi dire, n'existant telle qu'elle est aujourd'hui que par suite d'actions purement mécaniques attribuables au mouvement même des eaux, et grâce à la facile destruction des matériaux meubles qui forment le sol, est un des phénomènes les plus intéressants qui se puissent voir.
En sortant de la capitale par la route du nord, on rencontre presque immé- * JLkLi. diatement un petit lambeau de calcaire grisAtre, compacte, sans traces de fossiles. . .il™*-, ixn-dir.-! |ravors(', par quelques veines Je carbonate de chaux et formant un mamelon haut à peine d'une douzaine de mètres. On le nomme La Pedrera, et c'est probablement le fragment d'un système qui se dessine plus nettement à San Juan Zacatepeque et d'où proviennent presque tous les pavés calcaires de Guatemala , amenés sous la forme de cailloux roulés par les eaux d'une rivière qui, dans les environs de la capitale, atteint celle assise grAce à la profondeur du ravin qu'elle parcourt.
iu„ Maison n'aprcoil qu'un instant la colline calcaire, noyée par sa base dans des
' couches puissantes de dépots superficiels, dont on peut bientôt après évaluer un
j*lurIT,rX mmmu,m d'épaisseur dans les parois presque verticales de l'immense Barranca de Chinauta. Il y a là plus de 900 mètres d'amas ponceux plus ou moins complètement cimentés, qui occupent encore pendant quelque temps le fond du lit du Rio de Uis Vaccas, dont le chemin suit le cours. riHiti ii Tiini * Peu à peu on voit s'en dégager un sable granitique qui passe progressivement au granit décomposé dans les petits contre-forts qui avoisinent San Antonio, et enfin à la roche compacte et non altérée dans la grande côte de la Quesada. Les granits s'accusent de la façon la plus nette dans la série de fortes ondulations qui précèdent l'Hacienda de San Rafaël. C'est une roche à assez gros éléments, d'une couleur brune claire dans son ensemble, formée d'un seul feldspath orthose d'un brun ferrugineux, de mica noir et de quartz blanc; elle est traversée par un
DANS LES RÉPUBLIQUES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 205 grand nombre de filons do quartz plus ou moins puissants et peut-être métalli-
Près de San Rafarl , on voit un assez grand nombre de cailloux roulés d'une turimb belle roche verte, qui semble être un diorite et provient des sommités voisines. A
mi-chemin, à peu près, entre l'hacienda de San Rafaël et l'hacienda dcl Carrizal, (i,36i mètres), on rencontre une couche, puissante d'une dizaine de mètres environ, relevée presque verticalement et composée d'une matière schistoïde verdàtre, qui semble formée d une pâte feldspathique blanche un peu altérée, renfermant de petits cristaux verts de pyroxène. Peut-être est-ce un diorite en profondeur.
Quoi qu'il en soit , cette assise marque le point où les granités cessent brusquement pour faire place aux micaschistes bien caractérisés qui se développent avec une grande puissance. Leur nuance varie du blanc au brun par les jaunes, et ils forment parfois d'immenses dalles lisses et brillantes, qui scintillent de la façon la plus étrange sous les rayons du soleil, et sur lesquelles 1ns chevaux peuvent facilement glisser de la manière la plus dangereuse. Les micaschistes sont de temps en temps traversés par des filons de quartz blanc opaque, dans l'un desquels nous avons recueilli de petites baguettes noires que nous crevons pouvoir rapporter à de la tourmabne.
A la côte de Chiquin, les micaschistes sont brusquement remplacés par un CMqBa.Piujfcf!* épanchement de porphyre quartzifère , jolie roche très-compacte, d'un gris un peu ■i|"ri,,r*T* violacé, contenant quelques petites paillettes de mica noir brillant. L'éruption de ces porphyres semble avoir déterminé une large trouée dans le système des micaschistes et amené une certain*' perturbation dans la superposition des couches voisines; car. quoique cette roche se trouve encore plus loin parfaitement caractérisée, les diverses formations se mêlent entre Las Minas et San Buenaventura , de manière à dérouter l'observateur, qui ne peut consacrer un temps prolongé à l'élude d'une localité en particulier.
Près de Las Minas, dans la vallée que domine l'hacienda de Trapiche Grande. u, on voit les porphyres quartzifères disparaître sous de puissantes masses d'une tlt!^™"' argile d'un brun rougeatrc, dont la nuance varie quelquefois comme celle de nos marnes irisées d'Europe. Ces argiles, un peu marneuses, en effet , car elles se
partagent ftisétnenl en petits fragments prismatiques lorsqu'elles se dessèchent , se séparent complètement (les argiles jaunes que nous avons déjà rencontrées plus d'une fois, aussi bien par leur composition et leur aspect que par leur gisement et leur origine probable. Ensuite viennent des conglomérais de couleur lie de vin à petits galets roulés de composition variable, d'où se dégage un ensemble fort complexe.
JMmgt M min On y voit des sclusles argiln-lalqucux, d'un vert foncé ou quelquefois brunâtres, niM»iSr«trt> <'°" émergent quelques mamelons de calcaire compacte bleu grisâtre, et sur lesquels sont répandus des fragments de granwacke brune subschistoïde. Ces couches sont traversées par de nombreuses veines de quartz, probablement métallifères, car ou rencontre quelques blocs de couleur brune, imprégnés de carbonate de cuivre vert, et provenant sans nul doute du ebapeau de fer de l'un des , liions qui ont fait donner sou nom caractéristique au village de Las Minas,
lia- <).■ impimv. Non loin de là, on peut voir aussi une sorte de dyke fort remarquable, composé d'une l)elle roche très-compacte, à pâle feldspathique blanche, mouchetée de toutes petites aiguilles vertes d'amphibole et de gros cristaux de feldspath orthose d'un blanc laiteux. L'épanchcment de ces porphyres doit avoir contribué, jmjui' sa pari, au plissement complexe qui englobe ainsi des restes divers de coucbes sus-jacentcs presque entièrement détruites ou ravinées.
Les micaschistes reparaissent d'ailleurs avec un plongemcnl presque vertical et une direction sensiblement parallèle à celle du cours de la rivière dans les pentes abruptes qui conduisent au fond de la vallée «pie parcourt le Itio Grande ou Molagua. La roche, tantôt d'un blanc éblouissant, tantôt d'un jaune d'or ou d'un gris à reflets métalliques, forme d'immenses plaques régulièrement feuilletées, composées presque uniquement de mica pur cimente de loin en loin par une trosfaible proportion de pâte feldspat bique ou quartzeuse. el représente un des plus beaux types qui se puissent voir de la formation des micasebistes. Les >ariétés sont d'ailleurs infinies, et il serait presque impossible de les décrire toutes; mais il D6 faut pas oublier de signaler quelques érlianliilons que nous avons rencontrés à San Bernardo, a\ant le complet développement des micasebistes, dans le point où le mélange des roches est peut-être le plus complexe, et qui semblent manifester une tendance très-prononcée à passer au gneiss. L'un se compose d'une masse
lu lli» r.mmU-
DANS LES RÉPl BLIQl ES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 207
quartzeuse blanche, opaque, grenue, très-fine, renfermant des miras blancs brillants et nacrés, ainsi que des fragments vert foncé d'amphibole ou de pyroxène; un autre a pour pâte un quartz blanc laiteux translucide, séparant des lits presque continus de mica vert clair en paillettes orientées.
D'énormes blocs de micaschiste, empilés dans le désordre le plus pittoresque, forment une sorte de chaos enserré dans le fond d'une étroite vallée où, au milieu de forêts épaisses, le Rio Grande, large d'une soixantaine de mètres, roule ses eaux jusqu'au golfe de Honduras. Il sert de frontière à la province de la \era Paz, dont nous parlerons en détail dans un paragraphe suivant , mais ne limite pas le domaine de la formation des micaschistes , qui ne sont que fortement repliés sur eux-mêmes et reparaissent sur l'autre rive du fleuve (460 mètres) en vastes dalles, inclinées souvent d'une quarantaine de degrés, plongeant vers le sud i.V ouest, et dirigées de l'ouest l5* nord à l'esl 1 5° sud.
La roule que nous avons étudiée jusqu'à présent ne mène que dans la pro- tak, vincede laVera Paz, et l'on ne pourrait pas gagner l'océan Atlantique en suivant 4;uou^i«ia le cours du Rio Motagua, à partir du point où nous l'avons franchi. Pour arriver ' r*,hml"i'"' à Izabal et à Sanlo Thomas, il faut, de Guatemala même, obliquer un peu plus à l'est, en suivant un chemin que nous n'avons pas parcouru nous-mêmes, mais sur lequel des notes manuscrites du R. P. Cornette de la compagnie de Jésus nous ont fourni quelques données géologiques.
En partant de Guatemala par le nord-est, on marche pendant quelque temps hou*. c*ir,insur des tufs analogues à ceux qui constituent le sol de tout le reste de la vallée. Mais déjà, près d'EI Chato (î.asfi mètres), on rencontre de nombreux blocs de calcaire gris qui proviennent évidemment du massif que nous avons déjà eu occasion de signaler, et dont quelques pointes émergent seules au-dessus des dépots superficiels, tandis que l'ensemble de la formation resle masqué par cet épais revêtement. Les tufs volcaniques mêlés de ponces reprennent bientôt leur empire absolu, et à El Fiscal aussi bien qu'à San José on n'aperçoit que des dépiMs de cette nature. Près de Pontezuela (1,1 10 mètres), le chemin gagne un massif montagneux, dans lequel les couches sédimenlaires inférieures se dégagent d'une manière assez nette; ce sont des calcaires gris bleuâtres, passant quelquefois à des masses un ]k?u schisteuses, qui prennent un développement considérable, car
ils constituent encore toutes les roches que Ton aperçoit dans la profonde vallée où l'on doit descendre pour franchir le petit Rio de Los Platanos (535 mètres). A La Laguna (lioo mètres), les calcaires existent encore, mais reposent directement sur des schistes plus anciens. A partir de ce point, on est dominé, au sud, par une arête montagneuse dont toutes les sommités sont calcaires, tandis qu'à la hase, les roches, souvent masquées par les alluvions propres de la petite rivière que suit le chemin, sont, tantôt des schistes à aspect ferrugineux, tantôt des conglomérais à petits éléments, ou des poudingues couleur lie de vin, assez anavtaM^ logues à ceux que nous avons signalés près de Las Minas. Les schistes se voient surtout à la Savanela (700 mètres), et les poudingues autour de Guastatoya (43o mètres), où ils prennent une assez grande extension, à l'ouest jusqu'à El SubinaJ , et à l'est dans une partie du défilé connu sous le nom de Callrjon de (iuastaloya. Dans ce défilé, des granits à gros éléments, passant peut-être à la pegmatite, se montrent au-dessous des poudingues et se développent dans les montagnes qui existent au nord.
A El Jicaro, on rejoint le llio Motagua (175 mètres), dont on suit pendant quelques instants le cours, sur les bords d'une assez large vallée, dont le sol est formé surtout de sédiments de transport de natures diverses, sahles, argiles et cailloux roulés; mais les granits passant aux gneiss schisloïdes apparaissent déjà près du village. A El Chiote (170 mètres), où se trouve une intéressante source sulfureuse sortant des granits, à la température de 7'i°aG, on aborde un petit massif montagneux entièrement composé d'uu granit pouvant devenir gneissique comme à la Fragua , et dont le point culminant est te mont Tohan. Près de Zacapa (l4o mètres), on rencontre une vaste vallée remplie des alluvions propres de la grande rivière qui y coule, mais on retrouve presque immédiatement le granit dans les hauteurs qui dominent à l'est la ville de Zacapa. A Gualan, on re- Irome des poudingues lie de- vin, et, après avoir franchi le Rio Motagua à Rarhasco, on se trouve bientôt eu présence de la grande chaîne montagneuse d'El rnuktk Mico, «pii sépare les bassins du Motagua et du Polochir. Ces hauteurs sont formées de micaschistes qui se continuent jusque près de Santo Thomas, pour reparaître à Omoa dans le Honduras, et plus loin encore dans l'île de Roathau, dessinant ainsi un alignement d'une remarquable netteté.
DANS LKS RÉPUBLIQUES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 209 Au nord de la lagune d'Izabal, il y a, paraît-il , des calcaires dont feraient partie les couches à lignitcs de Lcvingslon, sur le bord de la baie de Honduras; mais le fait, quoique possible et même probable, demande à être vérifié par des investigations plus précises que celles auxquelles sont dus ces derniers renseignements.
VOYAGE DA>S W PROVINCE l>K U VtM PAZ.
(H.VI.Sg...)
La Vera Paz est administrai i veinent divisée en deux départements, qui correspondent assez exactement aux divisions formées par la nature elle-même, et dont les aspects physiques et les productions, aussi bien que la composition géologique, différent d'une manière assez remarquable. La Basse Yera Paz (Baja Vera Paz), dont la capitale est Salama, comprend toutes les parties sud de la province, et se compose de larges vallées, dont l'altitude correspond presque aux limites de la terre chaude, séparées par des arêtes montagneuses reclilignes et parallèles, souvent assez élevées. Le sol est formé de roches sédimentaires anciennes, peut-être métamorphiques dans certains cas, recouvertes d'alluvions modernes dans les thalwegs des vallées. La Haute Yera Paz ( Alta Vera Paz), qui a Coban pour cheflieu, est moins une succession de montagnes qu'une sorte de vaste plateau énergiquenienl ondulé, mais d'une façon plutôt molle que brusque, si l'on ose s'exprimer ainsi. Le sous-sol est presque partout calcaire, mais les argiles jaunes le recouvrent en abondance, et sont susceptibles de formera l'occasion une terre végétale d'une grande fertilité.
Le voyage que nous avons fait dans cette province, quoique susceptible d'être isolé par la nature des observations auxquelles il donne lieu, se relie pourtant d'une manière intime à celui qui précède, etd'on en trouvera les éléments condensés sous une forme graphique dans la partie extrême du prolil géologique qui est donné à la ligure '2 de la planche M. La direction que nous avons suivie est toujours celle du sud au nord, et ne s'arrête qu'au moment où, trouvant devant nous les immenses solitudes du Peten, où la saison des pluies ne nous permettait pas de nous enfoncer, nous avons dù nous détourner vers l'ouest pour
.1- |» Vm P»'
•210 VOYAGE GÉOLOGIQtE
pénétrer dans la province des Altos, dont la description fait par tie du paragraphe suivant.
('/est au bord du Ri» Motagua, près du village de la Canoa (466 mètres), ipie s'est arrêté notre précédent itinéraire, en un point où les micaschistes , parfois un peu gneissiques, couvraient le sol de gigantesques dalles, inclinées d'une quarantaine de degrés vers le sud 1 5° ouest, et faisaient briller au soleil les grandes lamelles de mica blanc ou jaunâtre qui les composent. Le chemin s'élève alors en suivant le thalweg d'un petit ruisseau, qui se jette dans le Hio Molagua à coté de la Canoa; et, non loin du village, à 5i i mètres d'altitude, on se trouve en présence d'un ensemble de sources thermales extrêmement remarquables, groupées en un endroit connu sons le nom iVAguas Calientn. \f/m vrfiwtw On a devant soi un vaste espace irrégulièrement circulaire, d'un diamètre de lôo mètres environ, d'où s'échappent de volumineuses colonnes de vapeur dont les inlluences acides ont repoussé complètement la végétation. Quelques troncs morts et dénudés s'élèvent encore au milieu des amas de pierres entassées qui garnissent cette plaine, et ajoutent à l'aspect de désolation qui est un des traits les plus saillants du paysage. L'eau brûlante, qui s'échappe de six à sept ouvertures plus ou moins béantes ouvertes entre les rochers, court dans tous les sens, forme de petits lwssins, s'infdtre entre les pierres et finit par se réunir en un courant assez abondant qui se jette dans le ruisseau voisin, qu'il attiédit et rend impropre aux usages domestiques.
Nous avons examiné successivement six de ces sources, qui présentent des caractères absolument identiques, et dont l'eau est toujours claire et limpide, mais qui offrent une odeur et un goût assez prononcés rappelant ceux des œufs pourris. I.,i température moyenne que nous avons trouvée oscille entre les limites de gS'et de i)3a ou : elle est donc la même pour toutes les sources; mais il n'est pas sans intérêt de remarquer que, dans ses notes manuscrites, relatives à un voyage exécuté en 1 856 , le IL P. Cornette de la compagnie de Jésus indique, pour ces mêmes sources, une température de 960 35. La différence est importante, et, comme l'observateur nommé ci-dessus n'indique pas s'il a examiné un seul des épanchements d'eau thermale ou plusieurs, on ne peut émettre que très-timidement l'hypothèse d'un refroidissement graduel, qui n'est d'ailleurs que fort peu probable.
DANS LES RÉPl BI.IQIES DE GU \TEM\LA ET DE SALVADOR. 211
Os oaux présentent les caractères suivants lorsqu'on les traite par les réactifs chimiques :
Atotate d'arjfi'Dl Précïpil*! noir abondant
Ac-étalp de plomb Prikipitc" noir abondant.
Chlorure de baryum PrfaipM blanc assei. abondant.
Owdate damn.oniauue . . . Rien.
Le soufre y existe donc à l'état de sulfures alcalins dissous et d'acide sulfurique. D'ailleurs les essais sulfhydrométriques, faits par la méthode de Dupasquier, donnent 3° 7 5 du suif hygromètre , ce qui correspond à 0^,080678 de soufre par litre. D'abondantes bulles de gaz se dégagent des points où l'eau s'épanche, et, en analysant ce gaz, on le trouve presque exclusivement composé d'acide carbonique mêlé d'une très-faible proportion d'azote. Il est probable que l'hydrogène sulfuré, dont on perçoit l'odeur et qui devait y être mêlé, est dissous presque en totalité par l'eau, où il se retrouve à l'état d'acide sulfurique.
Au-dessus des Aguas calientes, le chemin s'engage dans une forte montée, dont l'ascension est rendue plus ardue encore par la présence de vastes assises de micaschistes qui continuent à se montrer partout au-dessous de la terre végétale. Au petit village de Llano Grande, on atteint un point culminant qui correspond p1*»"-
<l? Liane Gratuit-.
au commencement d'une plaine ou plutôt d'une vallée extrêmement évasée, où Funo.iK.m court une petite rivière qui marche longtemps presque parallèlement au Rio Grande et le rejoint plus loin dans l'est. Entre Llano Grande et Chuacus (8oom), les roches anciennes sont généralement recouvertes par des formations superficielles plus ou moins argilo-lerreuses , souvent par de la terre végétale fertile qui produit de beaux pâturages et des champs bien cultivés. Mais elles reparaissent dans le lit du petit Rio de Chuacus, et se développent alors avec une puissance re- ta* t, cim»a«. marquable dans la grande arête montagneuse qui court à peu près de l'ouest à l'pst .imohwiwii et où elles sont portées jusqu'à une hauteur qui dépasse t ,63a mètres. La montée n"""'"*l>""'* est rude, et le chemin que l'on suit ne manque pas d'occasions pour entamer la roche, dont la surface, il faut l'avouer, est fréquemment altérée par l'action des agents atmosphériques. Néanmoins on peut observer un nombre infini de variétés, depuis les micaschistes parfaitement purs, formés uniquement de grandes lamelles
Tllf» • |HUK.-..
1 fol .1,
orientées «le mica blanc ou jaunâtre, jusqu'à ceux qui contiennent du quartz, et du mica eu proportions plus ou moins considérables et semblent passer aux gneiss, et à ceux qui deviennent des schistes amphiboliepics renfermant de grandes amphiboles vertes empâtées dans une masse blanche composée, de mica nacré et de feldspath grenu. La descente vers le nord est presque aussi escarpée que la montée, et permet aussi aisément d'observer la formation des micaschistes qui y régnent encore sans partage.
UU...I. suim,,.. \u petit village del Rincon les pentes s'adoucissent, et l'on gagne presque tout à coup une vaste plaine où les micaschistes disparaissent complètement sous des dépôts beaucoup plus modernes qui remplissent la vallée de Salama. Quelques coupures de 4 à mètres de profondeur, creusées par de petits ruisseaux , permettent de voir que le sol se compose de lits parfaitement horizontaux, dont le premier est une couche d'une sorte de tuf jaunâtre assez compacte, semblable à celui qui existe dans la vallée de Guatemala; au-dessous se trouve un magma blanchâtre assez régulièrement stratilié, absolument compost' de ponces blanches en morceaux de la grosseur d'une noix environ. La présence de ces tufs à pouces à une distance aussi considérable de la ligne principale des évenls volcaniques n'est pas sans mériter une mention spéciale. Quelques collines, hautes d'une cinquantaine de mètres tout au plus, émergent de cet ensemble au sud-est de la ville ( 87 1 mètres), fl semblent se composer d'une sorte de schiste ardoisé, noirâtre, tendant quelquefois à [tasser au calcaire; nous ne pouvons y voir qu'un lambeau isolé des formations qui se développent vers le nord, témoins peut-être de phénomènes de ravinement compliqués qui auraient accompagné la formation de la vaste ride dont il s'agit.
Quoique large d'une douzaine de kilomètres dans la direction du nord au sud et au point où nous la considérons, la vallée de Salama prend son grand développement dans le sens perpendiculaire. Vers l'ouest, elle se développe jusqu'au Hio Chisoy, dans lequel se jette la rivière qui la parcourt; mais, du côté' de l'est, elle ne se prolonge que d'une trentaine de kilomètres jusque vers San Geromino, hacienda renommée par ses belles plantations de canne à sucre. D'après les observations du l\. 1*. Cornette qui a fait le voyage de Salama au Rio Motagua par Tocoy et San Augustin Acazahuaslaii , on tborde à San Geromino une
chaîne composée de micaschistes et de gneiss analogues à ceux du massif de Chuacus, ce qui est parfaitement naturel, puisque l'on n'a très-probablement affaire qu'au prolongement d'une même arête montagneuse dont on trouve le point culminant à la Cumbre de Los Trozos. Les micaschistes, très-développés à San Clémente, seraient remplacés, un peu plus loin que Tocoy et jusqu'au Rio Motagua. par des schistes L'dqueux verdAlres, ce qui semblerait impliquer un dérangement assez remarquable dans la direction des chaînes telle que nous avons eu occasion de la relever en bien des points.
Au nord de Salama, la vallée est limitée par une haute arête montagneuse, UtefebcUl parfaitement reetiligne, à pentes très-accusées, et que l'on aborde par la grande sd"*^^'1""" montée dite Gueula de Kachil, qui la franchit à une hauteur de 1 ,57.3 mètres. On y voit se développer avec une grande puissance un ensemble de schistes, probablement sédiuientaires, en tous les cas fort anciens et qui ont probablement subi en bien des points une action métamorphique assez intense. Ce sont tantôt des masses schistoïdes bleues et noirâtres passant à la grauwacke, très-compactes quand elles sont respectées par les agents atmosphériques, mais devenant argileuses par l'altération; tantôt des schistes Irès-iinement stratifiés, d'une nuance verdatre plus ou moins caractérisée, composés d une sorte de pâte feldspathique blanchâtre, susceptible de disparaître presque absolument, cimentant d<» grands feuillets d'une matière talqueuse d'un gris verdatre, nacrée, douce au toucher, ou des lamelles de chlorite d'un vert sombre franchement accus*'.
Ces roches ne sont pas limitées à la localité dont nous venons de parler H s'étendent plus loin encore vers le nord, ou l'on voit, du point culminant de la côte de Kachil. une série très-remarquable de rides successives parallèles et affectant toutes une direction qui est sensiblement de l'est 20° sud à l'ouest t>5° nord. Les niasses schisteuses ne se voient qu'en quelques points de la haute vallée de Santo Thomas, dont le sol est formé d'alluvions terreuses et de conglomérats ravinés par le cours d'eau qui y circule; mais elles reparaissent, très-nettement dégagées, dans le ressaut suivant, pour disparaître de nouveau lorsqu'on aborde la petite vallée de Santa llosa ( 1,5 21 mètres), où une terre végétale noire, remarquablement épaisse, masque la formation sous-jacenle.
Un peu au nord de Santa llosa, à deux pas du village, on rencontre tout à coup smh iwb.
214 VOYAGE GÉOLOGIQl E
M«iir,«tx.n. une brusque iiindiGcaliun dans la nature dos roches qui composent le sous sol, et krip» r^,iui. I*0D assiste avec étonnement à la différence immédiate que ce changement imprime aux allures de la végétation. Jamais peut-être nous n'avons pu saisir d'une façon plus caractérisée, plus vivante pour ainsi dire, l'influence de la composition géologique sur la répartition des espères végétales; jamais nous n'avons aussi bien compris jusqu'à quel point tout est uni dans la nature par des liaisons profondes, <|ui uous échappent fréquemment, mais qui n'en sont pas moins les causes intimes, secrètes souvent, toujours existantes, des phénomènes les plus divers. Jusqu'à Santa Hosa le paysage a revêtu un aspect sévère, quelquefois presque morne et désolé; de hautes montagnes, des rochers ardus , une végétation souvent sombre et disséminée, des herbes rares et de grands arbres isolés, arrachés par le vent, en maint endroit , du sol trop pauvre en terre végétale pour leur permettre d'y fixer solidement leurs racines. Tout à coup, comme par une puissance magique, les pentes amollies se couvrent «le la plus riche verdure; un fouillis de plantes variées, d'arbustes feuillus, d'arbres puissants, de fougères gigantesques, de lianes pendantes entrelacent leurs branches et leurs fleurs; de clairs ruisseaux murmurent au fond des vallées herbeuses, et l'on se trouve dans celte belle région de la Haute Yera Paz qui a bien mérité d'être comparée à un jardin anglais créé par la nature.
lhlr CU|MII„ Mais revenons aux sujets moins poétiques, où se trouve pourtant la cause réelle ht mT" ',. ('*' œ 1m v'enl ""'exciter no,rt' admiration , et reprenons notre itinéraire géologiq ne. h ponde»*,», \„ sor|jr dp Santa Hosa, le chemin vient buter tout à roup contre une petite arête de calcaire grisâtre et compacte, qui forme en quelque sorte près du flanc de la vallée un mur vertical, un dyke large d une dizaine de mètres et émergeant de h ou 5 mètres du sol environnant. C'est le prélude d'un nom el ordre de faits qui se dessine plus nettement dans une ride montagneuse, courant dans la même direction que celles que nous avons signalées précédemment, et limitant au nord la vallée de Sauta Hosa. Les calcaires qui, momentanément du moins, n'existent que dans l'espèce de mur dont il vient d'être question, fout plan* à la série suivante. C'est d'abord un poudingue rougeatre, moucheté de granules jaunâtres et empâtant des galets arrondis assez volumineux d'un quartz blanc et opaque. A mesure que l'on gravit la côte, les galets deviennent de plus en plus petits, et l'on
DANS LES RÉPUBLIQUES DE Gl ATEMALA ET DE SALVADOR. 215
arrive progressivement à un véritable grès compacte et dur, composé de granules de quartz plutôt anguleux qu'arrondis, gros comme des œufs de poisson, et cimentés par une pâte argileuse rouge et jaune. Le grès lui-même se modifie progressivement : il devient de plus en plus lin, tend à se slralifier un peu, puis fortement, et finit par passer, avec des transitions infinies et insensibles, à une masse schisteuse, d'abord grossière, presque une grauwacke, grise jaunâtre veinée et mouchetée de ronge, puis à des schistes de plus en plus fins qui occupent le sommet de la montagne. A leur état complet de développement, ces schistes sont composés de feuillets excessivement minces, un peu contournés, très-visibles à l'œil nu, quoique adhérant énergiquemenl les uns aux autres; leur nuance passe du jaune au rouge vif et au rouge brun assez foncé, présentant des refiels brillants, presque un peu nacrés sur Jes plans de joint; la roche est d'un grain très-lin. douce et même onctueuse au toucher, offrant une odeur argileuse assez intense, et happant à la langue.
L'ensemble de ce système, surtout dans les points où la stratification est nettement accusée, est dirigé de l'est io" sud à l'ouest 4o° nord avec un pendage de 45° en moyenne vers le sud-ouest. Malheureusement ces chiffres ne signifient |>as grand'chose, car on a évidemment affaire à un vaste plissement dont nous retrouverons d'ailleurs les traces autre part. En effet, après avoir vu le schiste pur au point culminant, on rencontre, en descendant de l'autre côté, une série de passages absolument identiques à ceux que l'on avait observés pendant la montée, trouvant, à la limite inférieure des schistes, une première intercalation de grès formant un banc assez net d'environ ï» mètres d'épaisseur, puis de nouveau un peu de schistes et enfin la série des transformations qui conduisent au grès et au poudingue de plus en plus grossier. La puissance de l'ensemble est d'une centaine de mètres environ, les schistes parfaitement nets et purs occupant à peu près la moitié supérieure de la colline, aussi bien d'un côté que de l'autre, et le reste appartenant aux grès et aux poudingues, qui se le partagent en parties à peu près égales. Il est bon de noter que , malgré nos recherches, nous n'avons trouvé aucune trace de fossiles. Au pied delà côte du côté du nord, on trouve encore une assise de calcaire compacte et grisâtre, puissante d'une dizaine de mètres, qui complète l'analogie absolue des deux versants de la ride montagneuse; ce n'est probablement
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qui' la reproduction du dvkc de Sanla Rosa, et cela prouve (pic la chaîne qui nous occupe ne doit pas seulement son relief actuel à un soulèvement complique de plissement, mais encore à un ravinement considérable, qui a dénudé la plus (fraude partie des régions cirronvoisines et isolé un simple lambeau des formations qui accompagnent ici les calcaires.
Après avoir franchi la côte de Santa Rosa, on atteint une large vallée naissant plus a l'est, près du village d'el Patal, dirigée vers l'ouest 35 ou ûo" nord, et dominée par des rides montagneuses qui doivent être calcaires à en juger par les cailloux qu'amènent les ruisseaux qui en descendent. Les alluvions modernes, plus ou moins abondantes dans le fond de la vallée, laissent fréquemment apercevoir les couches sous-jacentes composées en majeure partie de schistes argileux gris jaunâtres, alternant avec quelques bancs compactes de calcaires bleuâtres, auxquels ils passent par modifications progressives. I n peu après le village de Tact ic ( i ,44 o mètres), où la rivière commence à dessiner un coude très-prononcé, la proportion des calcaires mêlés aux schistes argileux tend à s'augmenter de plus en plus, et l'on arrive cnliu dans une région où celte roche compose à elle seule, non-seulement les saillies un peu prononcées du terrain, mais aussi les rouches inférieures de toutes les parties planes.
Il faut reconnaître que, dans la majeure partie des ondulations en face desquelles on se trouve, le calcaire n'est que rarement visible, car il est presque toujours recouvert par des amas puissants d'argiles jaunes, qui reposent au-dessus de lui en couches épaisses, sans aucun passage et sans trace de ravinements; mais, chaque fois que les mouvements du terrain se prononcent, la roche solide émerge et forme des mamelons comme ceux qui existent entre Santa Cru/, et Coban , où l'on peut voir de petites grottes tapissées de dépôts de carbonate de chaux affectant parfois une disposition un peu stalactiliforme.
Les argiles jaunes apparaissent pour la première fois dans les croupes qui dominent Taclic; elles commit le plateau de Santa Cru/, et sont excessivement alnindantes autour de Cohau. Elles sont d'un jaune d'ocre parfaitement pur, à pâle line, liante, serrée, ne contiennent pas de galets roulés d'aucune roche avoisinante, et ne peuvent pas être attribuées à la destruction des couches de cette région, surtout pas des calcaires.
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Dans les environs de Caban (i,3a8 mètres), où nous avons séjourné quelque temps, nous avons pu observer le calcaire dans tous les ravins et dans toutes les collines, avec des directions et des pendages nécessairement très-variés suivant les accidents du terrain. La roche est toujours nettement stratifiée, bien compacte, d'un pris plus ou moins bleuâtre, mêlée de quelques assises jaunâtres, pénétrée dans tous les sens par des veinules blanches et cristalline* de carbonate de chaux.
Malgré toutes nos recherches , nous n'avons pu parvenir à y découvrir un seul R«n*reste de corps organisé fossile, et il est certain que, s'il y en a, ils doivent nécessairement être très-rares, puisque la roche calcaire compacte ne présente nulle part de. couches marneuses plus tendres. Les Indiens indigènes ignorent absolument ce «pie peut être une coquille fossile, une coquille transformée en pierre; et celte observation , quelque puérile qu'elle puisse paraître, n'est pas inutile , puisque , ilans nos pays où existent des couches fossilifères, on voit tous les enfants jouer avec ce qu'ils appellent des pétrifications; si donc il y avait des fossiles abondants, on en verrait évidemment entre les mains des enfants des villages indiens.
C'est ici le cas d'ajouter que, sur les bords du Rio Chisoy, à une cinquantaine de kilomètres dans le nord-ouest, nous avons trouvé nous-mêmes une trace de coquille fossile dans un des blocs calcaires accumulés le long de la rivière. Quoique l'échantillon fût très-fruste, et engagé dans une roche très-dure, nous avons cru pouvoir y reconnaître un mollusque gasléropode, probablement un Plérocère. Un peu plus tard, alors que nous étions déjà de retour à Guatemala, une personne à laquelle nous avions parlé de nos travaux, et dont nous avions dirigé les recherches dans ce sens, nous a fait parvenir un échantillon qu'elle avait recueilli près de Pansos, dans une vallée adventive du Rio Polochic, au pied de chaînes montagneuses qui prolongent celles de Coban; c'est un petit morceau de calcaire noir renfermant l'empreinte d'un mollusque acéphale appartenant certainement au genre Peclen, mais à pou près indéterminable spécifiquement. Pour épuiser celte question, disons encore (pie, dans la collection du Collegio Tridenlino de Guatemala, il y a quelques échantillons, malheureusement sans indication précise de localité, que l'on assure provenir des environs de la lagune d'izabal, ce qui serait encore sur la direction prolongée des montagnes calcaires de la Vera Paz. Il est
l»i«*n regrettable que l'on n'ait pas de renseignements certains sur la provenance «le ces fossilr-s, car ils seraient d'une importance décisive pour établir l'Age des COuehes qui les renferment.
L'ouvrage de M. Morelel" nous donne quelques renseignements sur ce qui existe au nord-est fie Coban, dans les régions que parcourt la nulle du Pelen, el nous allons les esquisser rapideinenl. Nous avons pu voir nous-mêmes, jusqu'au delà «le San Pedro Cardia, les calcaires exister uniquement dans les collines aussi bien que dans le lit de la rivière, mais abondamment recouverts d'argiles jaunes dans les parties planes du pays. Les calcaires prédominent encore à San \gusliii Laiiquin, et forment les montagnes dans lesquelles est creusée la vaste grotte à stalactites qui rend celle localité célèbre dans la Vera Paz. Ce sont eux qui constituent les ondulations successives qui s'abaissent jusque vers Cajabon. mais il parait qu'ils commencent à se mélanger avec des sebistes dans la série des grands ressauts qui se développent en avant du Rio de Santa Izabel. Les argiles jaunes, néanmoins, sont encore extrêmement abondantes, el constituent, pendant la saison des pluies, une des principales diflicultésdu cbemin. Le mélange •les calcaires et des sebistes argileux, se trouverait encore, d'après M. Morelet, dans les petites montagnes qui précèdent San Luis; mais c'est leur dernière ai>parition, et ils s'enfoncent bientôt sous les amas tufacés, les dépôts alluvionnaires, et les argiles qui, dans le Pelcn, après avoir formé les collines de Dolorès, s'étendent en immenses plaines qui préludent aux formations madréporiques modernes du Vucatan.
Continuant notre voyage, nous sommes partis de Coban en nous dirigeant vers le nord-ouest pour gagner San Cristobal, revenant d'abord sur nos pas jusqu'à ...i«ir-j*™«iw. j..mla £r|(Z ^ p.|rtjr (|0 cc vj||.,g(, on traverse une région très-doucement ondulée,
Manon* P"'!"^ dans laquelle les calcaires compactes gris bleuAlres existent partout en profondeur.
masqués très-fréquemment par des argiles jaunes. Ces dernières prennent surtout un développement considérable aux approebes de San Cristobal, dans une plaine bien cultivée, au milieu de laquelle un joli petit lac aux eaux bleues contribue à donner au paysage une grâce et une fraîcheur pleines de charme. Le lac
' l'oja/ff dtnw f limrww ctutralr, Me,
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de San Cristobal, assez régulièrement rircnlaire, peut avoir h ou 5 kilomètres de diamètre; il est entouré par une bande assez large d'alluvions propres, susceptibles de Fournil- une terre végétale très-fertile, sur laquelle croissent avec vigueur les plantes des cbamps et des jardins qui environnent le village. La plaine de San Cristobal est bornée, au sud-ouest , par une grande chaîne de montagnes qui court de l'ouest 20* nord à l est so" sud et la sépare de la profonde vallée du Rio Chisoy. Hien ne saurait rendre l'effet surprenant que produisit sur nous le paysage qui se déroulait à nos pieds, lorsque, dans une petite excursion, nous eûmes atteint le point culminant de celle arête : d'un côté, la ravissante plaine de San Crislobal, le lac, le village, les molles ondulations de la Vera Paz couvertes de verdure et respirant le calme et le repos; de l'autre, l'immense ravin où grondaient les eaux furieuses du fleuve, puis, sur le bord opposé, de gigantesques montagnes, des rochers ardus, quelques arbres suspendus aux flancs des ravins, en un mot les aspects après, sauvages et tout à la fois grandioses de la province des Altos.
Cette chaîne de montagnes, qui se compose, en ce (pie nous avons pu en voir, de calcaires gris bleuâtres mêlés d'une faible proportion de calcaires schisteux et *
de schistes argileux noirâtres, renferme, paraît-il, un nombre assez considérable .T"*"* " « «Aura,
de filons métallifères plombeux, dont la direction commune est à peu près du sud-ouest au nord-est. Deux seulement de ces filons sont exploités ou plutôt l'ont été, caries travaux, reconnus trop improductifs, ont été momentanément arrêtés : l'un, sur le versant qui regarde le Rio Chisoy, à 5oo mètres au-dessous du sommet, l'autre, non loin de San Cristobal, un peu au-dessus de la plaine dans la direction du sud-ouest. Le dernier, que nous avons surtout vu de près, se développe au milieu des calcaires compactes sur une puissance de o"',7o à 1 mètre environ; la gangue est formée de carbonate de chaux, mêlée peut-être d'un peu de quartz, qui se montre en petits cristaux brillants, presque microscopiques, interposés entre les plans de clivage des calcaires schisteux qui constituent les salbandes. Le minerai est une belle galène, compacte, très-pure, finement grenue et renfermant, paraît-il, une assez notable proportion d'argent. Ces gidènes, grâce à leur pureté, pouvaient être réduites directement par l'action du charbon dans de petits fours à dôme en briques, d'un diamètre de om,8o et d'une hauteur de o",5o, construits à peu près sur le type des fours gallois, mais avec une simpli-
cité «lui fait honneur à la métallurgie centro-arnériraine. Les plombs dœuvre étaient envoyés en Angleterre par voie de (erre jusqu'à Tcleman el «le là par le l'olochic jusqu'au port d'embarquement définitif. Des recherches rérentes ont permis de relier, par une série presque continue de gisements métallifères, le groupe des (lions de galène de San Cristobal à relui de Cliiantla, situé dans I alignement de la chaîne montagneuse un peu au nord de Gueguelenango, et exploité autrefois avec quelque profit par le président Carrera. Il y a donc là un système complet, qui sera fort intéressant à étudier de près quand la civilisation croissante du pays aura permis «l'établir des exploitations régulières, chose à peu près impossible aujourd'hui, surtout dans la province des Altos, si accidentée et encore si sauvage.
i». s-., cri.k.i»i Ce n'est pas auprès de San Cristobal que l'on passe le Rio Chisoy pour péné- Rioi'hi».. ,r<,r d<ins 'ps Altos : il faut d'abord franchir un petit col qui domine le village au
<*'Ti^,wî3U* '»f>rd-ouesl , puis marcher longtemps dans la direction du nord-nord-ouest, en suivant, jusqu'à l'Hacienda de Los Padres, les flancs d'une profonde vallée à peu n.|>p.4»Hi près parallèle à celle du Chisoy. Les roches auxquelles on a afi'airc sont uniquedt Saut» Rom. ment des calcaires grisâtres très-compactes, ou «les calcaires un peu schisteux d'un bleu noirâtre «pii <!omiii«>nt dans h' premier ressaut. Après rhacientla de Los Padres, les calcaires gris se poursuivent encore quehpie temps dans la montée «pie suit le chemin; puis, dans un petit plateau omlulé, «m atteint des couches puissantes de poudingues rougealres à gros galets de «piartz blanc. On se trouve ■km en haut d'une formidable descente dans laquelle ou recoupe successivement des schistes plus ou moins lins, gris ou rouges, puis des grès rouges et gris passant progressivement aux poudingue», et enfin des calcaires gris très-compactes. L'analogie de ce groupe avec celui de Santa Hosa est frappante aussi bien en «•«• qui concerne la nature des roches, qui sont tellement analogues que nous ne croyons pas devoir les décrire en détail une seconde fois, que pour ce qui touche à la siq>erp«>silion des assises. On pourrait pres«jue croire «pie les couches sont dans leur superposition normale et redress».^ verticalement; mais il faut remaroucr que les tranches des schistes ne se voient pas «lans la descente, et qu'à Santa llosa nous avons constaté qu'ils étaient inclinés «le /iô", ce qui ramène forcément à l'hypothèse du plissement «pie nous «lisrulerons en t«>mps et lieu. Ajoutons «pie le*
DANS LES RÉPUBLIQUES DK GUATEMALA ET DE SALVADOR. >>l
schistes sont ici beaucoup moins épais qu'à Santa Rosa, et les poudingues, par contre, beaucoup plus; et, encore, que la direction reconnue est telle, que les deux groupes ne peuvent pas faire partie du prolongement d'une même série.
Au bord du Hio Chisoy, on trouve des calcaires schisteux noirs en grande abondance, et quelques assises de calcaire compacte bleuâtre. C'est dans un bloc de celte dernière ruche que nous avons vu la trace de coquille fossile dont il a été question plus haut.