‹ Mission scientifique au Mexique et dans l'Amerique CentraleChapitre 39 sur 89 · VOYAGE DASS LA PHOVIXCE DK LOS ALTOS · texte numérisé non relu

VOYAGE DASS LA PHOVIXCE DK LOS ALTOS

(PL VI, (ig. |.)

La province de Los Altos, qui comprend, d'après les nouvelles divisions ail- iw«r minislratives, tout ou partie des trois départements de Totonikapam, Quezaltcnango et Solola, constitue une région naturelle assez franchement caractérisée. i-rt"-"'"''- Son nom, dont la traduction française littérale serait tries hauts pays.i est parfaitement approprié à la nature des choses, car elle comprend en effet, les parties les plus élevées de la république de Guatemala, depuis les territoires accidentés du nord jusqu'aux élargissements de la grande arête montagneuse qui atteignent, dans la partie la plus peuplée et la plus riche du pays, des altitudes comparables et supérieures même à celles des plateaux mexicains. Les caractères particuliers de celle région dépendent directement, pour la plupart, de ses allures orographiqtiea; tels sont ses champs de blé et d'orge, ses cultures d'arbres fruitiers européens, ses épaisses forêts de pins et de chênes; mais elle se distingue aussi par les races indigènes, qui sont presque seules à l'habiter, par leurs types, leurs mœurs et leurs costumes, qui se rapprochent plus que partout ailleurs des antiques traditions antérieures à la conquête espagnole. Les paysages des Altos ont un cachet de mâle beauté et de grandeur sauvage qui impressionne vivement le voyageur; ses hautes montagnes couvertes d'une puissante végétation, ses plaines herbeuses, ses lacs, qui reflètent l'admirable ciel des tropiques, ont un je ne sais quoi qui rappelle les aspects du nord au milieu des pays chauds; on y retrouve nos belles régions montagneuses des Alpes, colorées par le voisinage revivifiant de I equateur, et l'on ne saurait être taxé d'exagération en appelant cette pittoresque province la Suisse de l'Amérique centrale.

("est par la frontière du DOrd-est que nous avons abordé les Altos, pour traverser d'a^nil une des parties les moins connues et les plus pittoresqiiement sauvages de celte province, à une vingtaine de kilomètres tout au plus des terres vielles «pi habitent les tribus barbares des Lacaudons et îles Mavas, et que n'a point encore foulé le pied «l'un homme civilisé, <pt il soit blanc ou métis, eurojiéen ou indigène de l'Amérique centrale. Les immenses territoires que [wssèdeul ces peuplades sont censés faire partie des Altos et constituer le nord de la province; mais la suprématie du gouvernement <1<- Guatemala y est purement nominale, théorique, pour ainsi dire, car personne n'y a jamais pénétré, et le village de \cbak est le dernier, dans celle direction, où apparaisse tous les trois mois un agent de l'autorité et du lise qui sert de lien entre le pouvoir central et les municipalités indiennes, à peu près indépendantes de lait.

DireeUm La limite entre la \era Paz et les Altos est formée en ce point par le ltio Chi-

riiinPMiiT»

BOY , dont nous avons atteint les bords dans un précédent itinéraire et décrit sommairement la gigantesque vallée. \ partir de ce fleuve, nous avons marché, dans le voyage dont il est actuellement question, vers le sud-ouest, jusqu'à Quezaltcnango. capitale «le la province des Altos; mais, de celle ville, noire route se détourne au sud-esl pour regagner Guatemala, eu suivant à peu près la direction de la ligne «le faite dont elle s'écarte parfois, mais pour v revenir bientôt après. On p«»urra suivre cet itinéraire sur la figure t de la planche \| et h figure i de la planche VII, représentant des profils géologiques qui se rapportent, le premier presque en entier, à la partie du voyage qui va du ltio Chisoy à Quezallcnango, l<> second, dans une de ses extrémités seulement, à la mute de Quenltenangt» à Guatemala. Il n'est pas sans importance d'observer «pie, du Rio Chisoy à QuezahenangO, «m suit un chemin qui fait un angle «l'une quarantaine «le degrés tout au plus avec celui de Cobau à Guatemala, «>| recoupe ainsi le prolongement dits mêmes chaînes tout en s'éloigiianl beaucoup plus «pie lui de la normale à leur direct i«>n générale. Comme on jhmiI aisément le prévoir d'avance, les grands traits géologiques du pays resteront à peu prés semblables, mais il s'introduira des différences de détail «pielipiefois assez saillantes |>our donner un vivant intérêt à la comparaison. On remarquera surtout le déplacement et le singulier rétrécissement de l'anMe granitique ainsi «pie de son escorte «le schistes mela-

inorphiques, absorbées d'un côté par le système «les calcaires, de l'autre par celui des porphyres qui prennent un développement considérable.

Au point où Ion franchit le Rio Chisoy (56fi mètres), le fleuve court presque v,u«directement à l'est entre d'immenses montagnes à pentes excessivement roides. pw^bnTiLr presque des falaises, qui dominent de près d'un millier de mètres le fond de la . * . . vallée où il roule ses eaux profondes et rapides pendant la saison des pluies. On ' c,"u'1' se trouve «loue en présence de l'un de ces passages brusques de la terre tempérée à la terre chaude, où les végétations et les aspects subissent des modifications si rapides et si radicales, que l'on en est presque toujours étonné, bien cpie l'on puisse aisément les prévoir d'avance. Tandis que les palmiers entourent la misérable cabane où vit isolé le gardien du pont, on peut voir, en levant les yeux, les pins agiter leurs branches sur le haut des rochers qui couronnent les sommités environnantes.

Sur l'une et l'antre rive du fleuve, les calcaires compactes bleuâtres et les cal- ,ut,u«. « aires argileux d'une nuance un peu plus foncée constituent aussi bien le sol lui- ^" „!,Vv»Z même que les blocs et les cailloux roulés qui se mêlent aux sables blancs dé- (J^X^,,,. posés par les eaux sur les berges aux points où elles ne sont pas trop abruptes. «<«*«i""« La vallée, qui, d'un côté, court à perte de vue dans l'ouest avec des ondulations assez prononcées et, de l'autre, se détourne vers le sud après s'être prolongée nettement dans l'est pendant une quinzaine de kilomètres, semble être due bien moins à un ravinement qu'à un de cçs immenses plissements dont les traces se retrouvent à chaque instant dans les traits géologiques de cette région. Un ravinement aurait dù être trop gigantesque pour qu'on puisse aisément admettre son existence, et d'ailleurs rien ne viendrait à l'appui de celte hypothèse en montra ni une concordance quelconque dans les allures des couches sur les deux flancs de la vallée; un plissement, au contraire, est d'accord avec les faits généraux de la géologie des chaînes de montagnes parallèles qui sillonnent le versant de l'Atlantique. La vallée du Rio Chisoy est donc une véritable vallée de plissement, et diffère essentiellement des harrancas , qui doivent leur existence et leurs parois verticales h l'érosion directe produite par les eaux. Uitpmé»

Quoiqu'il en soit, le chemin par lequel on pénètre dans la province des Altos, iiiocbi»)

, Calcium

après avoir franchi le cours du Rio Chisoy, se continue pendant assez longtemps

Hà VOYAGE GÉOLOGIQl E

dans la direction de l est en suivant le cours du fleuve, mais en s élevant peu à peu sur le flanc des montagnes qui longent en la dominant sa profonde vallée. Les roches que recoupe le sentier se composent presque uniquement de calcaires {pis bleuâtres compactes, dans lesquels s'intercalent de temps en temps quelques lits peu puissants de schistes argileux gris jaunâtres assez analogues à ceux que nous avons vus dans la vallée de Tactic. Après avoir ainsi atteint une élévation assez considérable au-dessus du cours du Rio Chisov, dont on n'a cessé de longer la vallée pendant une douzaine de kilomètres, on la quitte brusquement pour se détourner vers le nord en s'enfonçant dans une petite gorge advenlive, où le chemin monte avec une grande rapidité, et rejoint bientôt une ligne de crêtes plus ou moins accidentées.

On se maintient toujours dans les calcaires, tout en s «levant doucement, jus- J^m't.ri. 4" à 'a lK>til(> plaine du Rancho de la Cnu, où ces roches sont souvent dissimulât» <u|»rfir»<k ^ ^ (inp coucj|c p|us m| inojlls puissante de terre végétale. Ce sont encore

les calcaires, entrecoupés de temps en temps par de petites assises de schistes argileux gris jaunâtres, et même parfois de schistes talqueux colorés en gris verdâlre, qui constituent toutes les ondulations suivantes jusqu'au pelil village de Chicaman, situé dans une sorte de haute vallée entourée de grandes crêtes montagneuses et comblée en partie par d'épais dépôts d'argiles jaunes. Le petit cours d'eau qui y circule se dirige assez nettement vers l'est et doit rejoindre le Rio Chisoy, en rachetant par d'innombrables .cascades la forte dénivellation qui l'eu sépare.

bmnw I n peu au delà du village de Chieaman, les accidents de terrain se prononcent

' si»!,"" de Pms f'n Pms' ,ou' 0,1 s élevant d'une manière assez franchement accusée, et l'on aborde bientôt une petite assise fortement inclinée de schistes gris et mugeâlres, auxquels succède bientôt un développement considérable de poudingues plus ou moins grossiers passant par points aux grès durs et compactes, colorés en jaune ou en rouge. Quoique l'ensemble ne soit pas très-facile à étudier sous les dépôts superficiels et les masses d'altération qui le masquent assez fréquemment, ou ne peut pas douter que l'on n'ait affaire à un svstème absolument semblable à celui que nous avons étudié à Santa Rosa et sur la rive droite du Rio Chisoy (voir au voyage dans la province de la Vera l'a/): mais, grâce à l'incertitude des

DANS LES RÉPUBLIQUES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 225 positions géographiques, il est assez difficile de décider si la présence de ces assises dans cette localité doit être attribuée à un nouveau plissement, ou si l'on est resté dans l'alignement naturel des couches rencontrées dans les falaises du Rio Chisoy. Au groupe des schistes, des grès et des poudiugues, succèdent des assises calcaires grises, qui ne sont visibles que peu de temps, car le tout disparaît bientôt sous une puissante formation superficielle.

Ces dépôts modernes commencent à recouvrir les dernières ondulations que i><:p*«» Hpiitddi I on doit franchir avant d'atteindre le petit plateau où est construit le village de ^LVnuT"' San Miguel Uspantan (i,84o mètres); mai» il» se développent surtout dans cette ^'«•J""1" plaine, qui n'est en réalité qu'un élargissement assez notable d'une haute vallée que l'on suit déjà depuis quelque temps et où court un ruisseau qui rejoint le Rio Chisoy en descendant rapidement vers l'est. Les argiles jaunes forment la couche supérieure, souvent assez épaisse, et laissent apparaître de temps eu temps, surtout dans les points où elles ont été entaillées par le cours de la petite rivière, des masses de sables blancs fins et purs, peut-être siliceux, qui ne sont probablement que le résultat de la destruction des magma» tufacés à ponces blanche» qui leur sont sul>ordonnés et se voient dans les lianes de quelques ravins. La vallée, au delà de San Miguel Uspantan, s'élève doucement, mais d'une manière continue, dans la direction de l'ouest, et, à mesure que les dépôts superficiels diminuent de puissance, on voit revenir par moments au jour les calcaires bleus et gris noirâtres, qui n'ont évidemment pas cessé de constituer le sous-sol à une profondeur plus ou moins considérable.

Ces mêmes calcaires sont remplacés progressivement, puis d'une manière presque absolue, par des schistes argileux gris jaunâtres, très-fissiles, souvent un peu décomposés à la surface; ces schistes forment le ressaut faiblement ondulé qui sépare le bassin du ruisseau de San Miguel Uspantan de celui d'une autre rivière un peu plus importante, dont le cours est sensiblement parallèle à celui de ce dernier, et qui va, comme lui, rejoindre le Rio Chisoy, du côté de l'est.

Au moment d'aborder la profonde vallée où se précipitent les eaux de cet important affluent du Rio Chisoy, on rencoutre une puissante assise de calcaire alai compacte bleu noirâtre, à laquelle succèdent, dans les flancs mêmes du ravin, des * alternances infinies de calcaires et de schistes argileux. La succession de ces

deux roches est trop souvent répétée pour ne pas amener à supposer que les choses sont, en réalité, plus simples qu'elles ne le paraissent, et que l'on recoupe plusieurs fois les mêmes couches, ramenées au jour à plusieurs reprises par les vigoureux plissements auxquels la vallée elle-même doit assurément son existence. Arrivé au fond du ravin, on franchit successivement deux cours d'eau qui se réunissent à une centaine de mètres plus has, mais qui sont encore séparés, au point où le chemin les traverse à gué, par une petite arête calcaire qui s'élève peu a peu et prend, dans la direction de l'ouest, un développement assez considérable. Celle des deux rivières qui descend de la vallée de Cuncn roule un volume d'eau assez imposant, et, dans l'endroit où elle vient barrer le sentier, au fond d'une gorge abrupte et sauvage, entre des rochers à pic, au-dessus d'une cascade bouillonnante, le passage à gué au milieu de ses flots profonds et rapides n'est pas sans inspirer au voyageur de légitimes appréhensions. En suivant la rive droite de ce torrent, on remonte sur les flancs fortement inclinés du ravin où il se précipite, et l'on retrouve les alternances de calcaires et de schistes que l'on avait observées sur la rive opposée.

Vaiiw ,it citmn. Tout à coup, après une pénihle ascension, ou débouche dans une plaine fer-

tlluviuiii

,«mhmr, tilf* où les roches ci-dessus mentionnées disparaissent sous des alluvions modernes et de la terre végétale, qui permettent d'étahlir les champs que cultivent les Indiens du village de Cunen (t,8i 1 mètres). Cette plaine, large de 5 ou G kilomètres et longue d'une vingtaine, n'est en réalité qu'une haute vallée dominée à droite et à gauche par de grandes montagnes qui se rejoignent vers l'ouest et la ferment ainsi complètement. La rivière, dont les eaux y circulent paisiblement, y pénètre au point où les sommités se rapprochent, en formant une imposante cascade, qui prouve qu'il existe en arrière une autre vallée plus élevée encore et de hautes régions assez étendues pour donner naissance à un cours d'eau d'une certaine importance.

uoougiK» Au sortir de la vallée de Cunen pour gagner Zacapulas, le chemin se dirige quelque temps vers le sud, et franchit la ligne de hauteurs qui la limite de ce coté. Les roches que l'on y observe se composent presque essentiellement de schistes argileux gris ou verdâlres, alternant de loin en loin, avec de puissantes assises de calcaires bleus très-compactes. Une fois arrivé au sommet de celte arête

DANS LKS RÉI'IBLIQLES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 227

montagneuse, un s'aperçoit quelle sépare du bassin de l'un de ses affluents, qui lui est à peu près parallèle pendant une partie de son cours, la vallée du Rio Chisoy lui-même, qui roule ses eaux à plus de mille mètres au-dessous de l'endroit d'où on le domine alors presque immédiatement. Du point culminant on jouit d'une admirable vue d'ensemble sur les régions environnantes, et l'on peut étudier en particulier, sur une assez grande étendue, le cours du Rio Chisoy, qui, descendant d'abord à peu près de l'ouest à l'est, se dévie brusquement vers le nord et reçoit alors, aussi bien d'un côté que de l'autre, une série d'affluents dont les vallées sont à peu près parallèles à la direction primitive du fleuve principal.

La descente de la grande rôle, qui, de la sommité que l'on vient d'atteindre, sd«ie. .r^ui conduit jusque dans le fond de la vallée du Rio Chisoy, est fort instructive au point îL*^! de vue géologique. On commence par marcher obliquement le long des flancs de la montagne, en recoupant des schistes argileux grisâtres alternant avec des calcaires, sensiblement analogues à ceux qui apparaissent sur le versant opposé, du côté de Cunen. Cela se prolonge pendant près de 5oo mètres dans la verticale, mais tout à coup, à peu près au milieu de la descente, la nature du sol change complètement, et l'on se trouve sur une puissante assise de poudingues grossiers à pâte jaune ou rougeàtre et à gros rognons de quartz blanc, laiteux. On a évidemment affaire à un des membres de la série de Santa Rusa; mais il ne nous est malheureusement pas possible de dire si les couches concomitantes de schistes et de grès sont simplement dissimulées par des masses d'altération superficielles, ou si elles ont été amincies et presque réduites à néant par les phénomènes de plissement et les dérangements considérables dont cette chaîne a certainement été le théâtre. Quoi qu'il en soit nous n'avons vu en ce point que les poudingues à gros galets de quartz, assez puissants, il est vrai, puisqu'ils . atteignent une épaisseur d'au moins 80 mètres dans la verticale, mais en contact immédiat par en bas avec des couches tout à fait différentes, sur lesquelles ils reposent.

Ce sont des schistes talqueux et chlorileux, tantôt verts, tantôt presque noi- ^u*< tak]««n ràlres, qui occupent tout le reste de la montagne jusqu'au fond de la vallée, avec une puissance qui est doue d'environ fioo mètres dans la verticale et une inclinaison moyenne d'environ vers le nord. 11 ne serait pas étonnant que ces

schistes, presque certainement sédhuentaires et fort anciens, aient subi une action métamorphique assez intense, à laquelle ils (lussent, au moins en partie, leur aspect actuel et les substances qui entrent dans leur composition; ils ne sont pas toujours absolument semblables à eux-mêmes, et si, dans certains cas, on les voit sous la forme de niasses noirâtres, assez compactes, ressemblant à des [prauwackes, dans d'autres, les couches (incluent stratifiées se composent d'une paie d'un blanc laiteux 'dans laquelle se disposent des feuillets de talc ou des paillettes de eblorite colorées en vert plus ou moins foncé, fod^linlfa. Tout à la base des parois presque verticales qui plongent leur pied dans le fleuve, les sebistes dont il vient d'être question sont brusquement arrêtés par des granits qui occupent le fond même de la vallée, et semblent avoir été mis à nu grâce aux érosions produites par les eaux du Rio Chisoy dans une profonde vallée due en grande partie à des phénomènes géologiques antérieurs. Ce granit forme des masses compactes mais un peu fissurées et altérées dans les points où elles ont été soumises à l'action des agents atmosphériques; il se compose de deux feldspalhs, dont aucun ne présente les stries caractéristiques de l'oligoclase, le plus abondant étant d'un blanc rosé, l'autre d'un vert tendre; le quartz, presque translucide, est d'un violet qui rappelle la nuance de l'améthyste; enfin le mica est d'un noir à reflets mordorés; l'ensemble de ces couleurs donne à la roclie une fort jolie teinte. Le granit n'apparaît que dans fort peu de points de la vallée, car il est presque partout recouvert par les énormes quantités d'alluvions, de sables et de cailloux roulés qu'amènent autour de Zacapulas (t,i(io mètres) les deux rivières, le Rio RIanco et le Rio Negro, qui se réunissent un peu au-dessus de cette ville pour former le Rio Chisoy proprement dit. Néanmoins, c'est encore cette roche qui, après avoir disparu pendant assez longtemps sous les dépôts superficiels de la rive gauche, forme, sur la rive droite, le petit mamelon surélevé où est construit le gros bourg de Zacapulas, à l'abri des eaux du fleuve, qui coule rapide et impétueux au pied de ses parois polies par les flots. VNirrm dwnrin Tout à côté de Zacapulas, on peut observer des sources thermales assez inté- "'^î-"^^^^* ressantes, dout la plupart s'épancbeiit directement du granit. Un premier groupe se compose au moins d'une vingtaine de sources réparties le long du Rio Chisoy, sur une longueur d une centaine de mètres environ, sortant des berges du fleuve.

et si près de lui , qu'il en recouvre quelques-unes lorsque ses eaux sonl hautes. Les températures sont assez variables, ainsi que l'attestent les chiffres suivants, résultats de nos observations en 7 points différents :

Ai*,8o. — S7",ïo. — Ag°,oo. — 5«*,8o. — 53*,»o. — 58*,oo. — 7o",io.

Les eaux de ces sources présentent un goût à la fois salé et amer, qui rappelle celui de l'eau de mer et semble dû à la présence .simultanée du chlorure de sodium et du sulfate de magnésie, ainsi que le prouve la manière dont elles se conduisent avec les divers réactifs suivants :

Précipite' blanc abondant, noircissant à la lumière, l'n Tij.it>' blanc abandnnt.

Précipité blanc assez nbonclnnl.

Léger précipité blanc.

Rien.

Un autre groupe de sources existe à l'est de la ville; mais elles sonl un peu moins nombreuses, et ne présentent pas des caractères aussi nettement accentués. Leur température n'est que de 33",5o, probablement parce qu'elles sont mêlées à des sources froides ordinaires, et leurs réactions sont moins énergiques, surtout en ce qui concerne la présence des chlorures. Ce sont pourtant ces dernières sources qui ont été choisies par les indigènes pour eu faire le siège d'une exploitation de sel, dont les procédés primitifs ne sont pas absolument dénués d'interct.

Autour de quatre ou cinq despoinLs où l'eau salée s'épanche hors du sol, 011 a E>Hk.ui«». creusé de main d'homme de petits bassins circulaires, d'environ iB,,5o de diamè- p,,,!',"!,,,. tre, grossièrement muraillés en pierres sèches et répartis indifféremment sur une sorte de petite plaine, longue de 3oo à 4oo mètres et large de 200 à s5o mètres, qui s'étend le long du Rio Chisoy. Cette plaine, probablement déjà préparée par la nature, a été artificiellement arrangée d'une façon plus complète et disposée de manière à ce que le sol en soit composé d'une couche assez épaisse de sable terreux, à travers laquelle circulent des rigoles qui divergent des bassins dont il a été question. L'eau salée est ainsi répartie dans les différents points de la plaiue, et imprègne le sable dont le sol est formé; lorsque l'ou juge que la quantité d'eau

Atolalc d'argent

Acétate de plomb

Chlorure de baryum . . .

Oialale d'ammoniaque.

doit être suffisante, on arrête l'arrivée de l'eau, et le terrain est soumis à l'influence des rajons solaires; on voit bientôt la couche supérieure se garnir d'efflorescences salines qui la couvrent d'une sorte de neige blanche et cristalline. On produit ainsi des terres riches en sel, qu'il est beaucoup plus aisé d'obtenir pendant la saison sèche que pendant la saison des pluies, ainsi qu'on le comprend facilement. Ces terres salées, après avoir été recueillies soigneusement à la surface de la plaine où elles se produisent et conservées en tas à l'abri de l'humidité, si l'on ne peut pas s'en occuper immédiatement, sont traitées de la manière sui\ suite. On eu remplit une sorte de claie prismatique en osier tressé, qui forme un filtre carré, de 80 centimètres de côté el profond de 60 centimètres. Celte claie est maintenue par un cadre de Imjis au-dessus d'une énorme jarre en terre cuite, destinée à recueillir les eaux, et le cadre lui-même est soutenu par des tas de terre qui environnent la jarre de trois côtés. Lorsque la claie a été bien remplie de terres salées comprimées, on y verse de l'eau recueillie aux sources dont il était question plus haut, et on laisse cette eau s'écouler lentement à travers la masse dont elle dissout progressivement les efflorescences salines; on répète le passage deux ou trois fois, si c'est nécessaire, pour enlever à la terre toutes les matières dont elle est imprégnée. Les terres pauvres sont rapjiorlécs dans la plaine voisine des sources, où elles sont soumises à un nouvel enrichissement; quant aux eaux salées, on les introduit dans une série de petits pots en terre cuite, hauts de 18 ceiilimèlres et larges de 8 centimètres, dans lesquels elles doivent être soumises à la concentration. A cet effet, on en empile plusieurs centaines le long des murs d'une petite maisonnette en pierres, dont la surface peut être de h mètres carrés et la hauteur de im,5o, en séparant les couches successives au moyen de planches, et Ton allume au milieu un bon feu de fagots, (pie l'on entretient pendant toute une journée. Au bout de ce temps, l'eau étant entièrement évaporée, les parois de chacun des petits vases en terre cuite sont recouvertes de croûtes salines d'une blancheur qui n'est pas absolument irréprochable. Les croûtes sont détachées par un grattage à la main, puis réduites en poudre entre deux pierres, et l'on obtient ainsi un sel grisâtre et impur qui est \endu aux tribus indiennes du voisinage. Ces procédés datent probablement d'un nombre considérable de siècles, et sont tellement enracinés dans l'esprit des

indigènes de Zaeapulas, que, malgré tous les efforts qui ont été faits par quelques personnes intelligentes pour introduire des perfectionnements aussi utiles qu'élémentaires, il leur a été impossible d'amener une modification quelconque dans les méthodes primitives, mais vénérées, (pie chaque Indien a reçues, par tradition, de ses pères, et qu'il doit laisser intactes et immuables à ses enfants.

A l'ouest de Zaeapulas, les granits rosés à deux feldspatbs, parfaitement sem- JWiimiu blables a ceux dont nous avons parlé plus haut, constituent pendant assez long- h*&t temps les berges du Rio Chisov, sur les deux rives; mais, si l'on s'élève un peu sur les flancs de la vallée, on les voit bientôt disparaître sous des conglomérats sableux à gros cailloux roulés granitiques, qui sont peut-être des alluvions propres du fleuve. En quelques points, ces conglomérats contiennent dans leurs couches supérieures un nombre considérable de blocs de schiste lalquo-chloriteux verdiUre, anguleux et non roulés, ce qui permet de supposer qu'ils proviennent d'un lambeau sous-jacenl de cette roche, masqué par les formations superficielles, ou plutôt, peut-être, d'un éboulement descendu des montagnes qui couronnent le flanc sud de la vallée. Quoi qu'il en soit, on ne voit pas les schistes talquo-chloriteux en place, et l'on se retrouve bientôt sur des granits qui émergent des conglomérats; mais ces granits ne sont pis les mêmes que ceux du fond de la vallée : ils ne renferment qu'un seul feldspath, et leur nuance générale jaunâtre rappelle ceux que nous avons observés à El Carri/al (voyage dans la Vera Paz). La présence, dans deux points extrêmement voisins, de deux granits différant complètement d'aspect et de composition, est un fait fort intéressant, qui mériterail d'être étudié avec plus de soin que nous n'avons pu le faire.

Le chemin continue à s'élever vers le sud-ouest, en montant progressivement le long du flanc de la vallée et sans quitter les granits jaunâtres à un seul feldspath, qui régnent jusqu'à une petite plaine où sont établies quelques petites huttes d'Indiens. Ce point est une sorte de nœud où l'on voit une chaîne adventive venir se souder, pour ainsi dire, sur la chaîne principale, et continuer, après un petit crochet , à suivre une direction parallèle à celle de la première. La chaîne adventive longe le cours du Rio Rlanco, l'une des branches du Rio Chisoy qui se dédouble près de là, et semble se composer de granits qui continuent la formation sur laquelle on a marché jusqu'alors. La chaîne principale, au contraire, s'en-

te piia,

et

Crut

fonce dans l'intérieur des terres eu dominant un vallon secondaire, et le chemin qui la recoupe y montre une série de roches assez mal définies en général et entremêlées de manière à rendre la détermination des limites à jh;u près impossible, sans un examen beaucoup plus prolongé que celui (pu: nous avons pu en faire. C'est un mélange de gneiss, de micaschistes et de talcschistes, blancs, jaunâtres, on lé|fèranenl colorés en vert, qui se succèdent el se remplacent à plusieurs reprises, et dont l'élude est de plus singulièrement compliquée par les éboulemcnts et les altérations superficielles rendus fréquents par la nature friable de ces roches.

l ue fois arrivé' au sommet de la côte, on s'aperçoit qu'au lieu d'une véritable chaîne de montagnes on vient de gravir le flanc d'une gigantesque entaille formant le bord extrême d'uu plateau fort étendu. En effet, après avoir franchi un petit ressaut dans lequel le granit se montre encore une fois avec des caractères assez nets, quoique fortement altéré à la surface, on voit se développer devant soi une plaine très-vaste, dont le sol est accidenté de uombreuses ondulations plus ou moins prononcées, et où la constitution géologique subit une nouvelle modification. Le remplacement des granits par les porphyres se fait assez brusquement, et, dans la seconde colline que l'on rencontre, on voit nettement la nouvelle roche; c'est une paie feldspalhiqne assez compacte, d'un gris violacé caractéristique, renfermant des cristaux à peu près définis d'orthose blanc et de nombreuses mouches noires, probablement d'amphibole. Mais ces porphyres n'apparaissent au jour que pour fort peu de temps, et ils sont presque immédiatement recouverts par d'épaisses masses d'argiles jaunes qui enveloppent toutes les ondulations suivantes; mais on peut néanmoins affirmer qu'ils continuent à constituer les couches inférieures du terrain, car ils percent le sommet de quelques collines el se montrent notamment avec une grande puissance dans la profonde entaille creusée, non loin de Santa Cruz del Quiché, par la cascade d'une petite rivière. Argii« juin». Les argiles jaunes prennent un développement énorme dans la belle plaine de Santa Cruz del Quiché (2,018 mètres), et persistent dans les environs avec une telle intensité, qu'elles opposent un obstacle sérieux aux investigations géologiques dans le puissant ressaut montagneux qui sépare ce plateau de celui de Totonikapam. Pourtant, dans le profond ravin que l'on doit franchir quelque temps

DANS LES RÉPUBLIQUES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 233 après avoir dopasse le village de Patsite, on atteint les assises inférieures, que Ton trouve composées d'un porphyre gris, tantôt nuancé de rose, tantôt violacé, parfaitement analogue a celui que l'on avait rencontré précédemment. Cette même roche se distingue encore en quelques points de la grande cote qui suit, mais ce n'est en quelque sorte que par accident, et les argiles jaunes déposées sur le sol se retrouvent avec une grande épaisseur jusqu'au point culminant de la crête montagneuse à 2,854 mètres d'altitude.

Cette hauteur correspond à un col environné de tous côtés de sommités bien plus élevées encore; c'est qu'en effet on vient d'atteindre la ligne de partage des eaux, représentée par la gigantesque chaîne de montagnes qui constitue l'arête principale du pays et atteint, dans cette région, ses altitudes les plus considérables. Il est étrange de voir la roche constituante masquée par des dépôts superficiels d'origine mystérieuse, dans les points mêmes où elle a été soulevée aux plus grandes hauteurs et où il semble que les porphyres, qui sont l'ossature de tout le système montagneux, eussent dû se dégager aisément de ce manteau d'argiles jaunes que l'action destructive des agent» atmosphériques et en particulier des averses terribles de la saison des pluies sufliseut à peine pour entamer en quelques endroits. En descendant sur le versant opposé, on voit les porphyres assez nettement mis au jour dans les ravins creusés par quelques torrents, qui se précipitent entre la chaîne montagneuse principale et une autre ligne de crétes parallèle à la précédente et presque aussi élevée, qui se soude à elle à quelque dislance dans l'est. On passe ce second ressaut à une altitude considérable, mais encore dans les argiles jaunes qui recouvrent même, comme on peut le voir dans la descente suivante, une forte épaisseur de conglomérats porphyriques, interposés par points entre elles et la roche solide, sur des pentes où il semblerait que le porphjre compacte puisse seul résister à la dénudation. Il n'en est pourtant pas partout ainsi, et en bien des endroits le porphyre grisâtre ou violacé apparaît au jour, le long du chemin qui serpente sur les flancs de la montagne pour descendre à Totonikapam.

La vallée de Totonikapam (2,68/1 mètres) est profondément entaillée, dans le v0i»^ voisinage de la ville, par le cours d'une rivière qui s'y est creusé une vaste bar- 'jJSpNwT ranca, dans les parois de laquelle ou peut étudier la composition du sol. On y

\ 'nvage gwtojiijuï. ïo

voit, sur une épaisseur d'environ i3o mètres, des niasses énormes de ponces Manches accumulées en petits fragments et reliés jwr une sorte de sédiment sablonneux; au-dessus vient une assise assez puissante d'un magma argilo-iufacé blanchâtre, que recouvrent des argiles jaunes supportant elles-mêmes directement une terre végétale plus ou moins abondante. Les argiles jaunes continuent d'ailleurs à être l'élément principal des portions apparentes du sol; ce .sont elles qui recouvrent la majeure partie «les collines, dont est accidenté le plateau ondulé qui s'étend entre Totonikapam et Quezaltenango, aussi bien que les plaines plus basses et les larges vallées où circulent lentement quelques rivières. Dans les falaises qui tardent ces petits cours d'eau, on voit qu'elles sont superposées à de puissants dépôts de magmas ponceux, qui ont en quelque sorte nivelé et comblé les creux plus ou moins profonds existant entre les sommités porphyriques, dont les pointes rocheuses percent parfois encore les argiles jaunes dans les endroits les plus accidentés.

H«ian ittrififai La belle et vaste plaine de Quezaltenango (n, 3 A(> mètres), dont le sol a la même b QwnSiMMD composition et sans doute la même origine que celui de la large vallée de Totonikapam, à laquelle elle se relie d'ailleurs insensiblement par une série d'ondulations plus ou moins prononcées, vient s'appuyer, vers le sud, sur îles crêtes montagneuses qui servent en quelque sorte de base à la ligne volcanique arrivée à se rapprocher sensiblement de l'arête principale de l'Amérique centrale et à se confondre presque avec elle. U majeure partie de ces sommités se composent d'un porphyre trachytique toujours parfaitement reconnaissable, quoique parfois un peu altéré dans divers sens; tuais dans les contre-forts rocheux qui forment la base de la montagne volcanique, connue sous le nom de Cerro Quemado, on rencontre en abondance des masses assez singulières exploitées près de la ville pour ses constructions. C'est une roche se rapprochant plus de la phonolite «pie de toute autre chose, composée d'une pâle feldspathique du blanc le plus pur, percée d'une multitude de cavités qui lui donnent l'apparence boursouflée des pierres ponces, mais beaucoup plus dure et sensiblement plus \ilrifiée que ces dernières, renfermant de nombreuses mouches noires d'amphibole, s'écrasant avec difficulté, mais sans se rompre , sous le choc du marteau. Il semble que l'on ait affaire à la surfusion en masse d'une montagne porphyrique. tout entière, ramollie par le voisinage

d'une puissante éruption volcanique, modifiée dans sa composition minéralogique et traversée dans tous les sens par des bulles de gaz qui lui ont donné l'apparence caverneuse qu'elle a conservée.

Il existe autour de Quezaltenango . dans un rayon assez étendu, un groupe de sources minérales dont nous devous dire quelques mots. Les plus importantes se trouvent dans, la vallée d'Almolonga , à environ 5 kilomètres au sud-sud-ouest de Quezaltenango. Il y en a deux seulement, et elles ont respectivement pour température Si et lih degrés; l'eau esta peu près insipide et inodore, mais comme grasse et onctueuse au toucher; les réactions chimiques de ces sources sont les suivantes :

AioUte d'argent Précipité blanr-jaunàtre. asseï abondant, noircissant à la lumière.

Acétate de plomb. . . Précipité blanc »i»

Cblorure de baryum Trouble téger.

Oxalate d'ammoniaque Trouble léger-

Aminonianue Rien.

A San Cristobal, au nord-est de Quezaltenango, il y a une source puissante dont la température ne dépasse pas 3i*,3o. L'eau présente un goùl acidulé et comme savonneux et se conduit avec les réactifs d'une façon analogue à la précédente. Il parait qu'il existe une source du même genre à un kilomètre de Totoiiikapam: nous n'avons pas pu aller la visiter, mais il est probable qu'elle doit être alcalino-chlorurée comme celles que nous venons d'énumérer.

Si, de Quezaltenango, nous reprenons notre itinéraire pour nous diriger sur cm^^^mu Guatemala , nous avons à revenir sur nos pas jusqu'à Totonikapam , par le chemin ,J™ '!!*t~ qui traverse le grand plateau recouvert de dépôts modernes dont nous avons déjà parlé. C'est près de là que doit se trouver une localité indiquée dans la collection des R. I*. jésuites de Guatemala pour des échantillons assez intéressants que nous n'avons malheureusement* pas pu voir en place par nous-mêmes. Il s'agit d'une masse argilo-sableuse renfermant une proportion très-considérable de petits cristaux de quartz bi-pyramidés, longs tout au plus de a à 3 millimètres, larges à peine de i ou i i/a, parfaitement hyalins, brillants comme des diamants, et s'isolant très-facilement par le lessivage méthodique de la pâte qui les englobe. Il eût été intéressant de voir si les cristaux de quartz ont pu être produits directement

:io.

296 VOYAGE GÉOLOGIQIE

dans l'argile, comme on on connaît des exemples, on si l'ensemble n'est que le prodoit de l'altération d'une autre roche préexistante. BimiJmi— ii^w» \u sortir de Totonikapam, la roule, car c'est une véritable route carrossable T.*iniU|»in construite à grands frais sous l'inspiration et pendant le gouvernement du prési- mgLihmIi dent Carrera, s'élève par d'interminables lacets jusqu'au haut des montagnes qui r*f*y|u dominent la ville du côté du nord, et atteint ainsi la crête même du massif qui

nu inoinf

r.-roi»eri«d'.nT>i<i« constitue la ligne de faite de l'Amérique centrale. Pendant longtemps on ne recoupe que les conglomérats porphyriques et les argiles jaunes ; mais enfin on arrive à une altitude suffisante pour voir les porphyres se dégager complètement, et ce sont eux seuls qui constituent les amas «le rochers au milieu desquels circule la route. Elle suit toujours, à très-peu de chose près, la série des points culminants, pour atteindre une élévation de 3, 169 mètres, tout près de la maison de refuge dite Casa «le Consuelo, où elle est encore dominée par des sommités plus hautes de quelques centaines de mètres. Les porphyres sont, en général, de belles roches assez compactes, grises ou colorées en rouge et en violet, semblant contenir dans quelques points une certaine proportion de quartz, mais toujours nettement caractérisées. Dans un endroit, on peut voir ces porphyres se diviser en feuillets épais de *< ou 3 centimètres et prendre, sur un espace long de près de un kilomètre, une apparence de stratification extrêmement remarquable, l'eu à peu la ligne de faite s'abaisse et la roule avec elle, de sorte que l'on retombe dans le domaine des argiles jaunes, qui reprennent un développement considérable.

\u Rancho de Chuchuben (3,677 mètiw), au lieu de continuer la roule qui se maintient sur le sommet de la ligne de partage des eaux et se dirige vers Tecpan Guatemala, nous avons obliqué vers le sud pour gagner la ville de Solola. On prend, à sa naissance même, la vallée d'une petite rivière qui va se jeter dans le lac d'Atitlan, et l'on pénètre avec elle dans un ravin assez profond, dont les parois laissent voir des masses puissantes de conglomérats à base argilo- terreuse et à cailloux porphyriques, mêlés de magmas tufacés à ponces blanches et recouverts le plus souvent d'argiles jaunes; mais, quittant bientôt ce vallon, on se maintient sur une sorte de plateau fortement ondulé, où la route ne recoupe guère que les argiles jaunes et parfois les couches à ponces. StUk. Solola ( ,>,i 46 mètres) est construit sur les bords extrêmes de cette espèce de

tufs i

DANS LES RÉPl BLIQUES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. 237 table qui, se reliant progressivement vers le nord aux montagnes de l'intérieur, est bornée, à l'est et à l'ouest , par les profonds ravina où courent le Rio de Panaja- , "',vjimn/a»: chel et le Rio Iboy, tandis qu'elle se termine brusquement, au midi, par les immenses falaises à pic qui dominent le niveau du lac d'Atitlan d'une hauteur verticale de près de 600 mètres. Si l'on s'avance un peu au delà des dernières maisons de Solola du côté du sud, on peut jouir du point de vue tout à la fois le plus étrange et le plus beau peut-être qui se puisse rencontrer; on se trouve sur une pointe avancée limitée de tous côtés par de gigantesques murailles à pic, formées de rochers et de blocs empilés, maintenus par un ciment argileux qui semble à peine pouvoir les retenir et donner à ce chaos assez de consistance pour qu'il ne se précipite pas dans le lac d'Atitlan, dont les eaux limpides paraissent dormir à vos pieds à une profondeur incommensurable au-dessous de vous. A droite, le Rio Iboy roule avec fracas ses eaux jaunâtres, dans le fond d'un effrayant ravin qui présente le plus étonnant exemple de destruction et de désolation; en avant, le magnifique lac d'Atitlan s'étend calme et bleu dans son bassin complètement fermé, limité d'un côté par les grandes falaises à pic nues et rocheuses, de l'autre par les pentes douces , herbeuses et boisées, qui descendent en courbes gracieuses des imposants massifs des volcans d'Alillan et de San Pedro.

De Solola nous avons rejoint le niveau du lac ( 1 ,558 mètres) en descendant le KakacduUc

a il'MiUaii-

long des falaises par un sentier entaillé dans des massés puissantes de conglomé- bgtta, ,„,„,., rats porphyriques, de magmas tufacés à ponces et d'argiles jaunes; mesurant ainsi l'épaisseur extraordinaire de ces dépôts superficiels, qui est, au minimum, de Goo mètm, puisqu'on ne rencontre en aucun point la roche solide en place. On arrive ainsi au bord du lac, et, après l'avoir longé pendant quelque temps, on atteint bientôt le gros village de Panajachel, construit à l'entrée de la vallée, ou plutôt du ravin, où coule le rio du même nom, sur une petite plaine de sables et d'aJIuvions qui n'est en réalité que le delta du torrent. On n'avait pour but en descendant ainsi que de franchir la grande coupure creusée par le Rio de Panajachel; car le chemin remonte immédiatement après avoir passé la rivière, et s'élève le long des falaises, dont la composition est toujours la même, pour arrivera Godines (2,1 5 1 mètres), hacienda située presque exactement à la môme altitude que Solola, sur un plateau qui ne serait en réalité que la continuation de ceiui

238 VOYAGE GÉOLOGIQIE

où s'élève cette ville, si l'on pouvait supprimer, par la pensée, les profondes barrancas entaillées par les flots des torrents, i , i.,-i.„. Mais, avant de continuer notre route, nous devons placer ici quelques détads sur une excursion que nous avons laite dans la direction du sud, pour aller étudier le volcan d'Atitlan. Nous nous sommes d'ahord embarqués à Panajacbel pour traverser le lac d'Atitlan, dans un canot conduit par des Indiens. Dans cette traversée, longue de iS à 16 kilomètres tout au plus, nous avons pu examiner avec quelque loisir la disposition des montagnes qui entourent le lac, et admirer à notre aise les paysages spleudides qui se déroulaient devant nos yeux, soit que nous fussions auprès des falaises abruptes, au pied desquelles se sont établis quelques villages d'Indiens , qui n'ont de communication avec le debors qu'au moyen de leurs embarcations, soit que notre barque longeât les derniers contre-forts des volcans, dont les pentes harmonieuses viennent mourir insensiblement dans les eaux.

C'est alors que nous avons pu nous exphquer aisément comment s'était formé le lac d'Atitlan, dù à l'accumulation des eaux de quelques rivières, arrêtées brusquement dans leur cours vers l'océan Pacifique par le soulèvement des massifs volcaniques d'Atitlan et de San Pedro. Quoique la présence des imposantes falaises qui s'élèvent au nord soit assez singulière, on peut, jusqu'à un certain point, comprendre qu'elles aient pris naissance grâce à une érosion progressive et prolongée: les eaux, poussées par le vent du sud-ouest, auront fini par avoir raison des espèces de triaugles aigus, interceptés entre les barrancas convergentes qui venaient se réunir en ce point, et composés de matériaux meubles, mal agglutines par un ciment argilo-terreux facile à désagréger. h. s.„ Um* Après avoir pris terre à San Lucas ( 1 ,503 mètres) , misérable village situé au «aMnrtdeji-rtioii» 'on<l (' 11,1 '"'"p'' lJ"'' sur ,,n Iw'>t plateau élevé de 5 ou G mètres tout au plus >otr»iiH|<K9 au-dessus du niveau des eaux, entre les derniers contre-forts du volcan d'Atitlan et les montagnes de San Gabriel, nous avons continué notre marche vers le sud. La plaine de San Lucas se prolonge ]M>ndanl 3 ou 3 kilomètres en arrière, et c'est évidemment par là que se déverserait le lac d'Atitlan, si le niveau «le ses eaux s'élevait un peu; mais ce barrage, quoique suffisant pour les retenir en apparence, doit plus que probablement les laisser filtrer en profondeur, à travers les maté-

riaux meubles dont il est composé, pour former ainsi les sources qui jaillissent en une multitude de points des premières pentes. On n'y voit guère, en effet , que des cailloux roules, disséminés au milieu de déjections volcaniques noirâtres, sables et matières terreuses, qui les recouvrent en partie, cl ainsi s'expliquerait le niveau presque constant du lac d'Atitlan, malgré les énormes volumes d'eau qu'il reçoit à certains moments de l'année. Après avoir traversé ce petit espace à peu près plane, on aborde presque tout à coup des pentes extrêmement abruptes , entremêlées de ressauts plus ou moins brusques, de ravins assez profonds et composées presque uniquement d'un chaos de roebers anguleux et de blocs roulés, accumulés presque toujours sans interposition d'autre matière qu'un peu de terre argilo- sableuse noirâtre. Ces rochers et ces blocs semblent formés d'un porphyre souvent altéré et même scorilié à la surface, et il ne serait pas impossible que la phq>art d'entre eux aient été amenés par des éboulcments du sommet du volcan d'Atitlan, ou même aient été projetés hors de son cratère pendant une violente éruption. Près de quelques huttes qui portent le nom de San Geromino, les pentes commencent à se régulariser, en même temps qu'elles sont recouvertes d'épaisses couches d'argiles jaunes et brunes qui masquent les formations sous-jarentes. Nous ne sommes pas descendus, dans cette direction, plus bas que les Ranchos de Lihoya (363 mètres), où se développent les plaines doucement inclinées qui se raccordent aux rivages de l'océan; mais nous sommes remontés vers le volcan d'Atitlan, jusqu'à l'hacien da de San Agustin, située presque au pied de la montagne, et c'est de là que nous sommes partis pour en faire l'ascension. Autour de San Agustin (G t o mètres), le sol se compose presque uniquement de déjections volcaniques, formées surtout de sables noirâtres plus ou moins lins, englobant des cailloux porphyro-trachy tiques, quelquefois seorifiésà la surface, et susceptibles de donner par leur décomposition une terre végétale extrêmement fertile, surtout quand la couche d'argiles jaunes qui les recouvre assez souvent n'est pas trop épaisse.

Mais entre San Agustin et les Ranchos de Liboya, sur une largeur déplus de HmiLmiW l iin;i n kilomètres, le cours des torrents met au jour une bande de roches primitives „ dont la présence en ce point est fort intéressante. Ce sont de beaux granits passant au gneiss dans la majorité des cas et quelquefois très-remarquablement feuilletés ;

la roche esl d'une nuance généralement grisâtre, composée do feldspath blanc, de (|uarlz blanc aussi, el de mica noir en petites paillettes. La présence de ces granits n'est d'ailleurs pas accidentelle en ce point, et ils doivent se montrer beaucoup plus nettement dans les endroits où le terrain esl plus accidenté, car nous avons vu dans la collection du collège des RR. HP. jésuites de Guatemala plusieurs échantillons d'un beau granit compacte, portant cette désignation, r Chaîne de collines entre le volcan d'Atitlan et la mer." Non loin de San Aguslin, on voit sortir de ces granits une source thermo-minérale dont la température ne dépasse pas 3ô degrés, et dont les eaux sont légèrement alcalino-chlorurées. w.i««i Pour revenir à notre itinéraire primitif, il nous faut reprendre le chemin qui

rniiiWiTir»i«i vient d'être décrit ci-dessus, et qui nous est donc connu à l'exception des quelques i*r^iTas"i)épèi« kilomètres qui séparent San Lucas de Godines; cet espace se compose d'une longue "*™ cote entaillée dans les conglomérats à cailloux porphyriques et à magmas ponceux,

suivie d'un plateau ondulé recouvert d'argiles jaunes, d'où l'on jouit par moments des plus charmantes échappées de vue sur l'ensemble du lac d'Atitlan et des montagnes qui l'environnent. A Godines ( 2,101 mètres), on se trouve, comme nous l'avons déjà dit en partie, sur un plateau, peu accidenté par lui-même mais coupé de profondes barrancas, qui s'étend du côté du sud, au pied de l'axe montagneux principal du Guatemala. Mais les sommités montagneuses s abaissant peu à peu après Teepan Guatemala, elles finissent par se confondre avec le plateau lui-même, qui devient la ligne de partage des eaux aux environs fie Pasesilla (9,1 1 4 mètres) el joue un rôle à peu près analogue à celui cpie nous avons indiqué pour la plaine de Guatemala (voir le voyage de San José au Rio Grande). Le sol se compose d'une épaisseur très-considérable de dépôts superficiels, réparlis de la manière suivante : à la surface quelques mètres d'argiles jaunes au-dessous desquelles se développent des magmas tufacés à ponces blanches, passant graduellement à des conglomérais à base argilo-torreuse jaunâtre et à cailloux roulés de porphyre devenant de plus en plus volumineux el grossiers à mesure que l'on gagne en profondeur. L'ensemble du système peut avoir 200 à 3 00 mètres de puissance el reposé directement sur les porphyres compactes que l'on ne peut voir que dans un très-petit nombre de points. Entre Godines et PaUum, on rencontre trois profondes Iwrrancas qui entaillent le sol jusqu'aux roches solides qui

DANS LES RÉPl BLIQLIES DE GUATEMALA ET DE SALVADOR. '2i\

en forment la base, et dans lesquelles on peut voir les porphyres en place sur une épaisseur de 5 à C mètres. La plaine de Patsum , complètement recouverte d'argiles, est sépare* de celle de I'asesilla par un ravin qui s'ouvre brusquement tout auprès du village, mais qui n'est pas encore assez profond pour atteindre les porphyres; c'est là que commence le cours du Rio Istacate, qui longe le massif du volcan de Fuego, dont on voit le groupe imposant paraissant soutenir les matériaux meubles dont sont formées les hautes plaines de ces régions.

La naissance des barrancas présente d'ailleurs, dans ces roches faciles à désagréger, des caractères tout à fait remarquables et particuliers. Rien n'annonce l'approche du cours d'un torrent; il n'y a ni vallée ni thalweg, mais les eaux, après avoir circulé quelque temps à la surface du plateau argileux, dans de petites rigoles qui n'entament pour ainsi dire pas le sol mais se bornent à le rendre lisse et brillant, se réunissent en un point où une fissure ou tout autre accident leur permet de traverser la couche supérieure argileuse et imperméable partout ailleurs. Il y a alors comme un effondrement subit, un énorme trou à parois verticales à peu près semi-circulaire, d'une douzaine de mètres de diamètre, profond de ôo mètres et plus, qui se continue par un ravin entaillé à pic, dans lequel les eaux se précipitent en cascades successives, creusant de plus en plus à mesure qu'elles avancent et jusqu'à ce qu'elles rencontrent la roche solide qui ne se laisse pas aussi aisément entamer. Il n'est pas rare de rencontrer de semblables enfoncements tout à côté des chemins qui, minés en dessous, ne tardent guère à s'y abîmer.

Après avoir suivi, sur un parcours d'une douzaine de kilomètres, la plaine de Pasesilla, qui tend à s'onduler sensiblement vers son extrémité, on tombe par un * assez brusque ressaut dans celle de Chimaltenango, dont la composition géologique est toujours exactement la même, et où l'on continue à suivre de très-près la ligne de partage des eaux. Le plateau de Chimaltenango se relie directement à celui de San Lucas, qui domine la vallée de Guatemala; on ne tarde pas d'ailleurs à rejoindre le chemin que nous avons déjà suivi pour descendre à Mixeo, par une côte très-ardue, qui relie ce que l'on pourrait appeler deux marches de cet escalier gigantesque. Il n'y a point à faire d'observations géologiques importantes dans ces dernières régions, qui n'ont de caractère saillant que par l'aspect assez

242 VOYAGE GÉOLOG1QI E

triste rt nu des hautes plaines argileuses enveloppant , pour ainsi dire, la ligne de laite du pays.

RBRSIK»nmtT8 SI B IJÎ DÉPARTEMENT I»K CHIQI IMILA.

iim.nioii Les observations nui vont suivre se rapportent à un voyage que nous n'avons

>iu h. p. CcmHin |,as 'Hl' nous-mêmes, mais qui a ete exécute, en io.)0, par un savant jésuite, le R. P. Cornette, dont il nous a été permis de consulter une note manuscrite, donnant une relation succincte des faits scientiliques étudiés dans les localités les plus importantes. Nous avons d'ailleurs corroboré l'exactitude des assertions par l'inspection d'une petite série d'échantillons déposés dans la collection du collège des RR. PP. jésuites à Guatemala et provenant du voyage en question. L'itinéraire suivi par le R. P. Cornette part de la ville de Zacapa, près des bords du Rio Motagua , pour s'enfoncer dans l'intérieur des terres en se dirigeant presque continue 1lement sers le sud. sauf quelques inflexions, et rejoindre, après avoir franchi la crête montagneuse principale de l'Amérique centrale, le chemin que nous avions suivi nous-mêmes des frontières du Salvador à Guatemala, non loin dos bords de l'océan Pacifique.

A Zacapa (i.ïo mètres), on trouve, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, une assez profonde et vaste vallée, qui se fraye un chemin au milieu d'un massif granitique d'une grande puissance, dont on retrouve la prolongation aussi bien à l'est qu'à l'ouest. Le chemin remonte jusqu'à Chiquimula (3jg mètres) la vallée du Rio de Zacapa, dont le thalweg est assez fortement incliné, et l'on quitte bientôt les granits pour atteindre des roches sédimenlaires; en effet, déjà avant d'arriver à Chiquimula, on a passé an pied du mont Chaluii (050 mètres), dont le sommet se compose de grès, et aux environs de cette ville on trouve une grande quantité de cailloux roulés de calcaire bleu dans le lit de la rivière et dans les ravins des torrents.

Dt i Liqmmuii Après Cl i ii 1 1 1 i m ii l.i , le chemin prend , pendant quelque temps, la direction de l'est

1 Cop»n. . . n.

pour rejoindre le Rio de Copan et remonter avec lui jusqu'à cette ville; on pénètre alors dans une région <pii est entièrement formée de roches sédiinentaires, plus ou moins masquées dans les points bas par des dépôts superlicicls, mais apparaissant au jour dès que le terrain s'accidente. Il doit y avoir là plusieurs chaînons parai -

IMes.de composition probablement à peu près identique, dont les principaux seraient celui qui règne au sud de San Juan Ermita, et dont le point le plus élevé est le mont Ticanlu (77.^ mètres), au pied duquel se trouvent des sources ferrugineuses; celui qui, passant a Jocotan et à Camolau, limite au sud le Rio de Gopan; enfin celui qui le borne au nord, et dont le point culminant se trouve au mont Tipacay (63s mètres). Pour ce qui est de la constitution géologique, tout nous porte à croire que les couches inférieures sont formées de schistes argileux, tandis que les parties plus élevées sont couronnées de masses de grès. Ainsi, près de San Juan Ermita ( 5 1 5 mètres), il y a des schistes argileux, traversés par quelques bancs de calcaire siliceux, pomme en font foi des échantillons de la collection de Guatemala; à la rivière de Jocotan (33a mètres), ces mêmes schistes argileux se retrouvent , pénétrés de veines métallifères, et on les voit encore à la rivière de Camotan. Les grès, au contraire, existent dans la chaîne de collines de Joc otan. au Paso del Obraje sur le Hio de Gopan (h 19 mètres), où ils contiennent des bandes de silex pyromaque jaspé; on les retrouve enfin à Llano Grande (795 mètres), au-dessus de Gopan, d'où ils semblent se continuer dans les plateaux du Honduras, comme paraissent le confirmer certaines assertions de M. Squiers < The xtatex 0/ central America , etc.). Quoi qu'il eu soit, à Gopan même (55o mètres), où il existe des ruines célèbres, la plaine est recouverte par des dépôts superficiels abondants, qui sont peut-être quelquefois des masses tufacées à ponces blanches; il continue à en être de même vers le sud jusqu'à la chaîne de montagnes assez élevée que l'on franchit à Los Horcones (1,108 mètres), et où il parait que les grès reviennent à jour. Mais, dans les ondulations suivantes, on ne voit plus, de nouveau, que des formations alluvionnaires modernes.

Dans les sommités qui dominent, du coté du sud, la ville d'Esquipulas (910 mètres), une des plus importantes du département, on atteint la chaîne iw^! de montagnes qui forme à la fois la ligne de faite et la ligne de partage des eaux dans cette partie du Guatemala. Elle se compose de porphyre) qui arrivent au jour pour la première fois dans le col de Los A pan tes (1,100 mètres), où ils sont noirs et partiellement décomposés à la surface. Ges porphvres se développent plus complètement encore dans les montagnes des environs d'Alotepeque ( 1 ,3 8 '1 mètres), où ils constituent à eux seuls presque toutes les roches apparentes; près de la ville

m ihi iiwin-*

Ili» Val, ,1» ru* ni' wtiranv

ÎM VOYAGE GÉOLOGIQI K

d'Alotepeque, ils sont verdàtres, et ils se montrent très-nettement dans la sommité connue sous ie nom de Dcrrumbadero , où ils s élèvent jusqu'à 1 ,630 mètres. Il existe dans ces porphyres des veines métallifères qui sont exploitées, en particulier aux environs d'Alotepeque, dans les mines de San Pantaleon et de Carlos, où elles renferment surtout de la galène très-argentifère, accidentellement mélangée, à ce qu'il parait, de minerais de zinc, de fer et d'antimoine.

La chaîne de montagnes qui s'étend à l'ouest d'Alotepeque, jusqu'au delà de Jutiapa, près de la Laguna d'Ayarces, doit prohahlemenl être composée de roches sédimentaires et métamorphiques. Déjà près d'Alotepeque, on trouve des calcaires ( un échantillon dans la collection de Guatemala) et des schistes argileux qui existent

aussi au nord de Jutiapa. Ces assises, relativement i lernes, seraient appuyées

sur un soulèvement de micaschistes qui, Irès-développés près de Jutiapa, viendraient passer sous les déjections des volcans de Monte Rico et d'Ipala, pour se perdre enfin à la hase des montagnes d'Alotepeque.

Au sud-ouest d'Alotepeque le sol est presque partout recouvert de couches plus ou moins épaisses de déjections volcaniques, sahles, roches scorifiées ou argiles, qui proviennent d'une série de cônes, tous complètement éteints, alignés suivant une direction sud '10" ouest, c'est-à-dire sensiblement normale à la direction volcanique principale du Salvador et du Guatemala. La présence de cette ligne volcanique adventive serait excessivement intéressante et elle mériterait d'être étudiée avec h' plus grand soin; malheureusement les détails renfermés dans les notes manuscrites «huit nous avons parié ne sont que bien peu explicites, quoique suffisants cependant pour ne pas laisser de doutes sur la véritable nature des sommités dont il s'agit, car les mots de volcan, de cratère, de laves, etc. sont répétés trop souvent pour que l'on ne doive pas y voir une intention hien marquée et une observation attentive des faits. Les volcans d'Ipala ( l,66l mètres) et de Monte Rico seraient environnés d'une grande quantité de laves plus ou moins poreuses, remplacées peu après, dans la direction du sud, par des sédiments volcaniques divers, des sables, des tufs à ponces qui prennent surtout un grand développement près d'Agua Rlanca (810 mètres). D'immenses coulées de laves, recouvertes en beaucoup de points d'argiles, viendraient jusqu'aux villages de Santa Catarina ( 708 mètres) et de Suchitan (i,j5<j mètres) en descendant du volcan

de Santa Catarina, dont le gigantesque cratère serait entouré de laves brisées et de roches scorifiées. Ces mêmes laves, mêlées d argiles et de cendres, atteindraient aussi, dans le sens opposé, le village d'Achuapa (966 mètres). Plus au sud vient une plaine dont le sol se compose de sédiments arénacés contenant des cailloux de granit, ce qui prouverait la présence de cette roche dans les montagnes qui s'élèvent au nord-ouest. Non loin de là seraient encore deux cônes volcaniques éteints et peu élevés, ceux de Cuma et d'Amayo.

Lin peu après, on franchit le Hio Paz (961 mètres), qui n'est encore qu'un petit » Ju v.>ww ruisseau, mais qui devient , plus bas, une rivière assez importante et lorine la Iron- j„ tière entre les républiques de Salvador et de Guatemala. On travers»' une plaine couverte de dépôts superliriels, et, par une montée de plus de hoo mètres, ou s'élève jusqu'au village d'Aracualpa < i,.Viy mètres) eu uiarchaiii presque toujours sur des c onglomérats porphyriques. (I en est de même dans la grande côte dite El Voladero, par laquelle on redescend pour rejoindre, entre El Oratorio et Los Eschnos, le chemin que nous avons décrit dans notre premier itinéraire de La Lnion a (iuatemala.

■Ihf, VOYAGE GÉOLOGIQUE

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