MISSION DC CAP HOU
Le jeu (le halle se pratique avec une pelotte en membrane de patte •le goéland, bourrée de duvet bien serré; les joueurs forment un cercle et se lancent la balle de l'un à l'autre.
Quels que soient les jeux usités, les Kuégiens y apportent un très vil intérêt; ils en parlent beaucoup le soir dans les buttes; là ils prennent aussi grand plaisir à contrefaire les cris d'animaux, ou à inventer des scènes burlesques qui occasionnent chez les spectateurs des éclats de rire interminables.
r. Rixes.
Il n'y a jamais chez lesYahgan d'expéditions de guerre, mais ils sont très susceptibles, et par conséquent enclins aux querelles, aux rixes.
Celles-ci n'cnlrainent pas une mortalité considérable, carde 1871 à 1 88 | il n'y a pas eu plus de vingt-deux cas de meurtres (' ), ce qui constitue une moyenne au-dessous de deux par année, et cela dans un pays où chacun est redresseur de torts et se fait justice soi-même, sans connaître aucune loi. L'explication du petit nombre d'homicides dans l'archipel du cap llorn se trouverait dans la coutume invétérée des indigènes de considérer la vie humaine comme sacrée (Bridges, Mémoire inédit). Aussi s'occupenl-ils de leur mieux d'empêcher les querelles, les injures : les amis de l'insulte ur cherchent à le calmer, lui enlèvent ses armes, et l'emportent même de force s'ils ne parviennent pasà l'apaiser. .Mais quand, malgré tout, une rixe a éclaté entre deux individus, elle devient bientôt plus ou moins générale, les parents ou les amis de chaque combattant accourant à son secours. Toutes les armes sont alors bonnes pour se battre : coups de poing, coups de pierre ou de bâton, frondes, harpons, flèches. l T ne coutume très répandue consisterait à prendre l'adversaire par les cheveux et par la tête, et à chercher à lui tordre le cou.
Les causes ordinaires des rixes sont les insultes, le vol, l'adultère, la vengeance pour n'importe quel motif, et surtout pour le décès d'un parent ou d'un ami, homme ou femme, dont on attribue la mort à de mauvais traitements.
< 1 ) Hl'ADE*, Bul'etin de la Société- d'Anthropologie de Pari*, p. 711 ; 1884.
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L'offense qui donne lieu à la rixe est quelquefois ancienne, ce qui prouverait que les Fuégiens sont vindicatifs.
Les rixes les plus graves ont pour origine un meurtre dont on veut punir l'auteur réfugié chez un groupe de parents ou d'amis. Les Fuégiens partent alors en grand nombre à la recherche des familles qui ont donné asile au coupable; ils tâchent d'entourer les huttes par surprise pendant la nuit, pour tomber sur des adversaires endormis. Plus souvent, toutefois, le comhat a lieu de jour : les deux partis en présence sont couverts de peintures; les individus directement en cause se placent en avant de chaque camp.
On cherche à atteindre le meurtrier à coups de pierre ou de fronde, pour l'achever ensuite à coups de harpon. Les corps des ennemis tués sont souvent mutilés, mais, en définitive, on les enterre ou on les brûle.
Quelquefois ces grandes rixes éclatent par suite d'une fausse information. Par exemple, un Yahgan se trouvait à la Mission anglaise des Malouines lorsque le bruit se répandit que le navire de la Mission avait fait naufrage, et que ce Fuégien avait été tué par un groupe d'indigènes «le l'Est. Là-dessus, son parti se mit en route pour l'Est, afin de venger sa mort, tua un homme et blessa nombre de personnes ; l'erreur ne fut reconnue que plus lard.