NOT 22772 D
a = - Le FRÉ======---------- PAR = PRES Eee
D rt La 1 op .
710072120100] PN0P 289071 2179 710P 24IUV]Q 270 A 27727
Eee Eee ne sn EE Se ) RENE CHEB I CENT CHEN CENEENTEEEEI CEENEE BESSITANSEE CENSEI CHERS CHENE EEE CEEEET TENEE
868 100Y ZG Ne }N0ÿ 6} np (YNINYONVL NG GNS] NOILVIS-OHITON & FN0IHIHASOWIV NOISSIHd V1 10 JNNVYOVIQ
Î WII | l Î PAWPALT PNNT,T M0 PIMW ©
FIOSS8I AUIB] PJ SNOS 229e/d 2.178 JI0D SYOUE]Q SLI 29727
entre autres la constatation de relèvement de la température pendant la nuit, relèvement ayant atteint jusqu'à 3°,5, dans la nuit d'hier à aujourd’hui.
Pression atmosphérique maxima de la semaine : 696 millimètres; minima : 960%%,8, soit 5,2 d'écart maximum.
Température maxima de la semaine : 29,5; minima : 17°,2. Remarquons bien qu’il s’agit ici des indications du thermographe, lesquelles diffèrent de celles des thermomètres à mercure, d’une quantité allant de 0° à 1°.
Les moyennes de la semaine sont : pour la pression : 693"",4; pour la température : 25°,5.
Ces derniers chiffres coincident presque intégralement avec ceux trouvés le dimanche 14 août, et employés ce jour-là pour le calcul de l'altitude.
Nous garderons done la valeur trouvée pour laltitude, ce dimanche 14 août.
Les caleuls définitifs effectués en Europe donnent comme altitude du Tanganika : 854 mètres.
Voir à ce sujet notre mémoire N° 16, entièrement consacré à la question des altitudes.
On à apporté aujourd'hui 24 kilogrammes de poissons.
Une promenade aux alentours immédiats du poste me révèle que celui-ci occupe l'emplacement d'un ancien village indigène; il en est resté un superbe bouquet de grands arbres, parmi lesquels plusieurs ficus à étoffes, donnant un abondant latex caoutchouteux; j'en fais recueillir une certaine quantité qui est mise à coaguler dans une soucoupe. Après dessiccation, on obtient une gomme très élastique mais qui, lavée à l'eau chaude, laisse un produit cireux, semblant avoir perdu toute nervosité.
C’est sous le beau bouquet d'arbres que je viens de signaler qu’il eût fallu mettre le quartier européen du poste; on y eut trouvé, dès le premier jour, une ombre propice, étendue, rafraichissante, en même temps qu'une meilleure vue sur le lac.
Mardi, 23 août 1898.
La nuit a été meilleure.
Minima nocturne : 17°,2. Côte orientale du lac invisible.
Les pêcheurs apportent 22 1/2 kilogrammes de poisson.
Après le déjeuner, nous partons en excursion au village du chef Moliro, à une petite heure au nord de la station. La route serait fort bonne s’il ne fallait, pendant plus d’un kilomètre, palauger dans du sable semi-fluide, rendant la marche très désagréable.
Le village est de pauvre allure, manquant de verdure et d'ombre; environ 10 huttes circulaires misérables, formant
une seule et longue rue, large d’une
di ma HULL
vingtaine de mètres; derrière chaque hutte, un petit grenier et quelques parcs
légumiers ; bananiers rares et chétifs ;
nombreux jeunes « miroumba » (ficus à Le { étoffe). RSA Pa Cultures : manioc, maïs, sorgho, FF mil, arachide, patate douce, aubergines, Le village du chef Moliro (Dessin de Dardenne).
courges, ricin, tabac, coton.
Les huttes et les greniers sont à parois en pisé, toitures en herbes.
La population paraît abrutie dans le fort soleil; une femme exhibe un cas de maladie lépreuse repoussant.
Seul le chef Moliro a une certaine allure, ainsi que son second, Mocholo; ce dernier surtout est de bonne figure, les yeux vifs, intelligents.
A ses qualités de ministre du chef, Mocholo joint le métier de forgeron et de fabricant de filigrane de laiton et de cuivre.
Bien entendu, il ne travaille qu’à ses jours et à ses heures.
Toutefois, sur nos instances, il veut bien se mettre à la besogne et étirer sous nos yeux une baguette de cuivre.
Le matériel de ce tréfileur primitif comprend :
1° Une masse en fer F, ayant la forme des oiseaux piqués sur les perches de nos tirs à l’are, pesant environ 1/2 kilogramme et percée suivant son axe d’un trou légèrement conique; nous l’appellerons « masse de filière » ;
90 Un poinçon P, identique à notre outil de même nom ;
3° Une pince en fer p, formée d’une bande de fer repliée sur elle-même en forme de V allongé, ayant action de ressort et qu'on ferme plus où moins, grâce à un anneau en fer; l’intérieur de cette pince est dentelé, afin de la faire bien mordre;
4° Un poteau en bois résistant, haut de 1,95, ayant environ 15 centimètres de diamètre, solidement planté en terre. Comme le montre la photographie ei-dessous, ce poteau est creusé en encoche rectangulaire à sa partie supérieure; il est enjolivé de quelques dentelures.
Enfin, le tréfileur emploie naturellement l'ordinaire matériel des forgerons noirs.
Voici son travail :
Première opération : la masse filière F est chauffée à blane au feu de forge et disposée sur deux pavés; au moyen du poinçon P, on agrandit le trou de filière, ainsi que le montre le croquis, Jusqu'à lui donner le diamètre du fil à étirer.
Deuxième opération : on chaufe légèrement ce fil en le flambant simplement au moyen d’une poignée d'herbes sèches.
Troisième opération : l'extrémité du fil à étirer est légèrement martelce de manière à lui donner un diamètre lant soit peu inférieur au diamètre du trou de la masse filière ; cette extrémité ainsi amincie est alors forcée dans le trou de filière jusqu'à ce qu'elle dépasse d’environ 1 bon centimètre; on à d’abord huilé le trou de filière.
Quatrième opération : avec la pince dentelée, saisir ce bout de fil aminci, serrer l’anneau énergiquement; huiler à l'huile d’arachide le fil à étirer.
Cinquième opération : disposer la masse filière contre l’encoche du poteau
planté en terre; enrouler autour de là pince une solide corde indigène que Tréfilerie de cuivre rouge à Moliro-Village. trois hommes empoignent, faisant effort progressivement de manière à entrainer la pince et avec elle le fil que les mâchoires de la pince ont bien mordu.
Le fil ayant été étiré, la même série d’opéralions recommence, mais après une précaution des plus curieuse, consistant à réduire légèrement le trou de la masse filière: pour ce faire, cette masse est martelée à
froid, longuement et prudemment, par petits coups appliqués autour du trou de filière jusqu’à ce que celui-ci soit légèrement réduit en diamètre; c’est en cette opération que se montre toute l’habileté du tréfileur : s’il dépasse une certaine limite dans la diminution du diamètre à réaliser, il est presque certain de provoquer la rupture du fil au passage suivant.
La réduction convenable du diamètre étant obtenue, la série des opérations 2, 3, #4, 5 recommence.
Une tige de 67,5 centimètres s’allongea, au troisième passage, de 5 centimètres.
Si le fil se brise, les morceaux sont étirés à part, puis raccordés à la fin de l'opération par une simple torsion des extrémités.
Enfin, pour achever l'opération, la masse filière est remplacée par un écrou dont le trou de filière peut plus facilement être rendu très petit.
Il est assez remarquable que cet ingénieux et relativement délicat travail n'ait pas encore amené le tréfileur à remplacer l’unique masse filière par un jeu de masses à trous de plus en plus petits, mais invariables.
Il est intéressant de décrire le soufflet de forge qu’employait le tréfileur de Moliro; nous ne l’avons pas vu avant ce jour.
Une peau de bouc, chèvre, antilope, etc., est disposée en sac, dont un des petits côtés, ab, reste ouvert, à l’opposite de la tuyère.
Les deux bords de l'ouverture ab sont garnis chacun d'une latte fixée par une lanière en euir formant poignée P..
Tenant les deux poignées dans une seule main — ce qui maintient la fente ab fermée —, le forgeron insuffle de l’air dans le foyer; la poussée achevée, il lâche une des poignées tout en décomprimant le soufflet qui se remplit d'air à nouveau ; l’homme rattrape alors la poignée qu'il avait lâchée, ce qui referme le soufflet plein d'air, et le mouvement recommence régulièrement, l'air séchappant avec
force vers le foyer. La tuyère est, comme d'habitude, maintenue en place par des fiches en bois, plantées en terre, et des bouts de ficelle.
Tout le matériel du tréfileur de Moliro a été acheté par nous et peut se voir au Musée colonial de Tervueren.
Le retour à Ja station se fait en grande partie par la plage du Tanganika. Le temps est superbe; tout au plus fait-il un peu trop chaud; le Hot déferle aujourd'hui tout en caresses, nous lançant sa frange d’écume sur les
pieds; c’est fort agréable pour les noirs, tandis que nous devons à tout moment Forgeron à Moliro-Village. sauter de côté.
Un ourlet continu de coquillages variés est promené par le flot capricieux ; à nous les voir ramasser pour nos collections, on nous preudrait pour des écoliers faisant l'école buissonnière.
Mais nous voici à la mare aux crocodiles, petite lagune où l’eau du lac pénètre, j'allais dire à marée haute,
== fo —
en réalité lorsque le lac est démonté et que ses flots pressés, houleux, se précipitent au rivage et s’y brisent éeumants et rebondissants; dans le sable, des coulées fraiches disent que les hideux sauriens viennent de traverser.
J'avais commencé à dresser des déterminations journalières de l’hygrométricité. Je renonce à continuer cette fastidieuse et absorbante besogne, dont les résultats ne me seraient, d’ailleurs, d'aucun usage immédiat. Ces déterminations seront réservées pour l’Europe.
A 16 h. 30 m. (temps moyen), observation du passage de la lune au méridien; après quoi, il nous faut attendre une heure et demie avant de pouvoir prendre les premières étoiles
Aussi, bien que l’observation soit complète, je n’en établirais les calculs que pour déterminer l'heure; la longitude n’en sera déduite qu'à titre d'exercice.
Maxima diurne : 29°,8.
Mercredi, 24 août 1898.
Nuit peu reposante ; il fait lourd dans les chambres que nous occupons.
Le thermographe accuse, dans la nuit écoulée, deux relèvements de température très marqués : de minuit à 1 h. 30 m., la température remonte de 2°, puis redescend de 3° jusqu'à 3 h. 30 m.; à ce moment, elle remonte de 1°,5, pour redescendre ensuite de 3°,5, n’atteignant son minimum qu’à 7 heures.
Soleil dès 6 h. 15 m. Vers 10 heures, vent d'intensité 3 à 4, soufllant par rafales à longues périodes; ce vent, caractéristique de ce moment de l’année, souffle de la zone S.-E. — S.-W,.
La côte orientale est difficilement perceptible.
Poids de la pêche du jour : 25 kilogrammes.
Effectué les calculs de l'observation d'hier; après toute une matinée de travail, les résultats discordants auxquels j'arrive me font constater que l’aide-observateur à mal lu ou mal noté les heures ; obligé de refaire tout le travail, après correction des heures; J'en gagne un énervement fiévreux très compréhensible.
Pour être digne de servir d’aide-observateur, il faut absolument se fourrer dans la tête que l’on ne peut pas se tromper de gaieté de cœur. Il faut se dire, en effet, que l’on ne devra pas supporter soi-même les conséquences de ses erreurs; en revanche, celles-ei vaudront, à l'observateur, un gros travail inutile et à recommencer, pendant que l’aide-observateur pourra se contenter de dire : « C’est bien triste que je me sois trompé, mais cela peut arriver à tout le monde!»
Certes, on peut se tromper, à condition que ce ne soit pas par légèreté d'esprit où manque d’attention ou de réflexion; on peut surtout se tromper, — on ne saurait assez y insister, — quand on doit pâtir soi-même de ses erreurs, en souffrir et en supporter les responsabilités.
Mais une expérience déjà longue m'a prouvé, et me prouve chaque jour, que les erreurs dont pâtit celui qui les commet sont infiniment plus rares que les autres.
Maxima diurne : 28°,2.
Bonne soirée d'observation : pris le premier bord de la lune et seize étoiles. Observation terminée à 20 heures.
Il est 20 h. 30 m. quand nous pouvons diner.
Je me couche éreinté; mon diner s’entète à me rester sur l'estomac.