‹ Mission scientifique du Ka-TangaChapitre 9 sur 47 · TE LOR FE · texte numérisé non relu

TE LOR FE

Je fais peser la pêche de ce matin : 32 kilogrammes de beau poisson, dont nous prenons la part des Européens, le reste étant ensuite distribué au personnel noir.

Outre les ordinaires préparations au beurre, à la friture, au curry, ou simplement à l’eau, nous réussissons à fabriquer du poisson à la daube, et Michel sale et sèche à l’air quelques poissons qui nous rappellent presque les scholes de savoureuse mémoire.

D'autre part, des chasseurs indigènes apportent aujourd’hui une antilope.

Préparé les calculs de l’observation de la lune, qui pourra commencer dans quatre jours.

Trouvé au jardin de Moliro une vigne sauvage, de 20 centimètres de hauteur, poussant vigoureusement. Reçu un courrier d'Europe, arrivé par la voie anglaise.

Maxima diurne : 26,1.

Superbe soirée d'observation : pas de vent ni de nuages; atmosphère limpide.

Dimanche, 21 août 1898.

Nuit passable.

Minima nocturne : 15°,8. Soleil dès 6 h. 15 m. jusqu’à 18 heures. Côte orientale vaguement visible. Poids du poisson apporté ce matin : 21 kilogrammes.

Écrit au chef de poste de M’pwéto d'envoyer si possible 125 porteurs à Moliro.

Travaillé toute la journée à l’établissement de la feuille de latitude et de la feuille d’heure par l'observation d'hier.

Le chef de poste de Moliro me fait connaître qu’un chasseur européen, établi en territoire anglais, lui écrit pour obtenir d'aller chasser au lac Souzi. Ce nom, me tombant pour la première fois dans l’oreille, éveille mon attention ; tout ce que M. Helaers peut me dire, c’est qu'il s’agit d’un petit lac à trois jours d’ici, non encore connu des Européens, dans lequel tomberait une rivière à chutes; les environs du lac seraient très giboyeux.

Justement, des indigènes viennent aujourd’hui nous apporter des bananes, de la farine de mais et des pigeons domestiques.

Je les fais interroger à propos du lac Souzi; ils le connaissent, disant que ses eaux s’écoulent par le ruisseau « Moukondjé », qui passe par le village N'tambala pour entrer ensuite en territoire anglais.

Il faut trois jours de Moliro au « Souzi ».

Je songe que je pourrais bien pousser une pointe jusque-là, après la série des culminations lunaires.

Je me sens fatigué. Michel manque d’appétit et éprouve une gène aux articulations, indice de fièvre. Maffei est atteint de diarrhée; enfin Helaers est sujet chaque soir à de légers accès de fièvre.

Seul, Dardenne se porte à merveille.

Renoncé à l'observation pour aujourd’hui.

Maxima diurne : 289,5.

Lundi, 22 août 1898.

Mauvaise nuit : levé la tête lourde.

Minima nocturne : 16°. Soleil dès 6 h. 15 m. La côte orientale est un peu visible; vent de 0 à 2; nébulosité de 0 à 1.

Changé les feuilles des enregistreurs de pression et de température.

Les feuilles de la semaine écoulée appellent les mêmes remarques que celles faites lundi dernier,

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