‹ Missions d'Amérique, d'Océanie et d'Afrique [microforme]Chapitre 11 sur 41 · M LE · texte numérisé non relu

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arbre, Le lendemain je partis pour aller chercher mon petit bagage à Southbend, et aujourd’hui me voilà en

route pour aller, à quatre cents milles de l’autre côté du Mississipi, établir parmi mes sauvages une mission plus durable , qu’ensuite je dois laisser aux mains des pères jésuites. Priez beaucoup pour que, dans cette

1 Mgr Brulté a retracé lui-mème quelques souvenirs de celte touchante journée dans une lettre en date du 9 septembre , adressée à l’éditeur des Annales.

« On invita M. Petit à leur dire Ja messe le dimanche, au milieu du camp, sous une grande tenture qui, suspendue à un arbre élevé , ombrageait l'autel... Après-midi, je me rendis mai-mème parmi nos bons sauvages. Une foule de personnes de la ville, catholiques et protestants , s’élait portée sur les lieux, et ne se lassait pas d'admirer la piété, le recucillement et Ja résignation de ces vrais chrétiens. Quand j’approchai, M. Petit vint le premier demander à genoux la bénédiction ; puis tons Ja reçurent , prosternés sur le chemin qui conduisait à la tente, Ensuite ils se rangèrent sans tumulte dans Jeur ordre habituel; et, les uns par cœur, et les autres avec des livres, ils chantèrent les Vèpres, l'hymne et le Magnificat en langue ottowas. Je dis l’oraison et prononçai le discours qu'un jeune interprète traduisait avec beaucoup d’intelligence et de piété; d’abord les caractères de l'Eglise, l’ordre qu’elle établit par toute la terre, cette autorité si écletante et si paternelle, si bien faite pour la simplicité de ces pauvres enfants des forèls, si préférable pour eux aux égarements sans fin du protcstantisme ; en second lieu , le sacrement de Confirmation , le divin Esprit, troisième personne de la très-sainte Trinité, descendant sur eux avec l’abondance de ses grâces, et leur apportant cette force plus qu'humaine qui les assisterait dans leurs peines présentes et leurs dangers futuïs. Ils entonnèrent le Feni Creator en ottowas; et après le premier verset je procédai à l'administration du sacrement, Les confirmés furent au nombre de vingt, préparés de la veille, Combien nous regrettämes que beaucoup demeurassent privés de la même grâce, à cause de ce brusque enlèvement! Je terminai on dounant Ja bénédictions et pendant qu'on récitait le chapelet en commun, je suizis M. Petit dans les tentes des malades; l’un d’eux reçut l’Extrème-Onction, un autre le Baptème; ils moururent celle nuit, »

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hi course lointaine , le bon Dieu me soutienne et ne permette pas que je heurte le pied contre la pierre. »

‘M. Petit arriva le 15 novembre au lieu que le gou-

À vernement destinait aux Indiens sur le bord de la ri-

vière des Osages, à soixante milles de Westport, le ! dernier village de l’état du Missouri. [l eut la consolation d'y trouver un confrère, le père Hoëken, qui atten-

dait les sauvages et qui en prit aussitôt la conduite. La fatigue et la fièvre avaient considérablement affaibli le

jeune missionnaire: et, pendant les six semaines qu'il séjourna dans cette contrée, il ent à souffrir d’une

cruelle maladie, couché à terre sur une natte, sans autre abri qu'une tente, environné sans doute des soins du bon père Hoëken, qui joint au titre de prêtre celui de médecin, mais qui manquait dans ce désert des moyens matériels les plus indispensables. Enfin il n’était pas encore rétabli, lorsqu'il crut devoir reprendre la route de Vincennes, le 2 janvier 1839. . . . . . . «+ + Mgr Bruté espérait donc presser bientôt entre ses bras le missionnaire de retour , quand , le 16 février, il reçut à Vincennes la lettre suivante écrite de Saint-

Louis, par le père recteur du collège de la compagnie de Jésus.

« Quelle grande perte votre diocèse vient de faire en la personne de M. Petit! 11 arriva à Saint-Louis le

15 janvier, réduit par la fièvre à un état pitoyable... Onze plaies en différentes parties du corps, le teint de la jaunisse , une extrême débilité. Dieu lui à donné sans doute des forces que son corps ne possédait plus, pour qu’il eût la consolation de venir ici finir ses jours au milieu de ses confrères, et pour que nous eussions le !

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bonheur de nous édifer de ses vertus. Quelle patience, quelie résignation! quelle vive gratitude pour ceux qui À

le servaient! mais surtout quelle piété tendre envers la Mère du Sauveur! La veille de la Purification il me fit demander la permission de célébrer la sainte messe en l'Eonneur de cette Mère de bonté, qui l'avait protégé dès sa plus tendre jeunesse , et qu’il n'avait jamais cessé de chérir. Son désir était si grand, que, malgré mes inquiétudes, à cause de sa grande faiblesse , je lui accordai sa demande. Je fis donc dresser un autel dans la chambre M voisine de la sienne, on y fit du feu de bon matin , et il # y dit sa dernière messe, assisté d’un des nôtres. A dater I de ce moment il souffrit moins, dormit d’un sommeil 1

profond pendant trois nuits, et se sentit fort soulagé. ï Mais le 6, les symptômes de la maladie furent tels, qu'ils à ne laissèrent plus d'espoir. Le 8, M. Petit reçut les sa- . crements des mourants avec une piété angélique. Le 10, %

vers le soir, on vint me dire qu'il approchait de sa fin: je courus à son lit ; en me voyant, il leva la tête et l’inclina pour me saluer avec un doux sourire sur ses lèvres À : mourantes. Je lui demandai s'il souffrait beaucoup; il À me répondit seulement en jetant un regard expressif sur À le crucifix qui pendait à côté de son lit: « Vous voulez | dire, repris-je aussitôt, qu’il à souffert davantage pour à vous ! — Oh! oui! » fut sa réponse. J'approchai le crucifix ‘4 de ses lèvres ; il l'embrassa deux fois avec tendresse, Je M

le disposai de nouveau à recevoir l’absolution, que je # Jui donnai. À dix heures du soir on me rappea; il était W à l'agonic ; nous récitèmes les prières des agonisants À

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