LES MONTAGNES ROCHEUSES
Extrait d’une lettre du R,. P. de Smet, de la compagnie de Jésus, à un Père de la même société.
Université de Saint-Louis, 4 février 1841.
« Nous arrivâmes au camp des Tétes-plates et des
Pandéras ou Pendants-d'oreilles. Je n’essayerai pas de
décr paré vérit voult qui milie abdic lui a me v a:nbi convi des-c convo » À étaien
faire quelques a-t-il. — Mon rier si souvent is. — Ma fille, Loi, » reprit le jours après, il ng-temps Conue , il était enque je le trouai sur-le-champ ain, j'allai avec évêque dire la e baptisai sous a secte presbynion ainsi qu'à possible de vous t si long-temps ine fille, qui, la là, contre l’atonvalescence. »
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décrire la réception que ces bons Indiens avaient préparée à leur Père ; mon entrée dans leur village fut un véritable triomphe , auquel hommes, femmes , enfants, voulurent concourir. Le grand chef , vénérable vieillard qui rappelle les anciens patriarches, m'attendait au milieu de ses principaux guerriers, et dès l’abord il eût
abdiqué en ma faveur son autorité souveraine , si je ne lui avais fait observer qu'il se méprenait sur le but de me visite, et. que le salut de sa peuplade suffisait à mon asnbition. Nous délibérâmes ensuite sur le temps qu'il conviendrait de consacrer aux exercices religieux. Un des-chcfs m’apporta une cloche qui devait me servir à convoquer la ui
» À la chate Là jour, environ deux mille sauvages étaient réunis devant ma tente pour réciter en commun la prière du soir. Que ne puis-je vous peindre l'émotion dont je fus saisi, en entendant ces enfants des montagnes chanter à la louange du Créateur un cantique solennel qu'ils avaient eux-mêmes composé. Ces deux mille voix s’élevant en chœur du sein du désert, et, avec cet élan d'une foi naissante, qu’exaltait encore le calme religieux d'une belle nuit, demandant à Dieu la grace de mieux le connaître, afin de lui témoigner plus d'amour, formaient pour moi le plus sublime concert.
» Chaque matin, au point du jour, le vieux chef à cheval faisait le tour du camp, et s’arrêtant auprès de chaque cabane : « Allons, mes enfants, disait-il, il est temps de se lever. Que votre première pensée soit pour le Grand-Esprit! Debout, le Père va bientôt sonner la prière. » S'était-il aperçu de quelques désordres, les chefs lui avaient-ils fait un rapport défavorable, il adres-
sait au coupable une paternelle remontrance , et tout en se hâtant vers le lieu de l'assemblée, l’on s'empressait de promettre repentir et amendement.
» Souvent les forces du missionnaire s'épuisent ; maïs l'attention de ce bon peuple ne se lasse jamais. Quatre fois par jour je les réunis , pour leur expliquer la doetrine du divin Maître; et néanmoins , dans l'intervalle, ma loge est toujours remplie d’une foule avide d'instruction. « Père, me disent ils, si nous ne creignions pas de te fatiguer , nous passerions ici la nuit entière ; on oublie le sommeil, lorsque tu parles du Grand- Esprit. »
» Le Seigneur a béni leur religieux empressement: Dès la seconde réunion, je traduisis , à l'aide d’un interprète, le Pater, le Symbole des Apôtres et les Commandements de Dieu. Après les avoir récités pendant quelques jours, matin et soir , je promis une belle médaille d'argent à celui qui les saurait le premier. Aussitôt, l’un des chefs se leva en souriant : « Père, me dit-il, elle est à moi.» Et sans hésiter, sans se tromper d’un seul mot, il gagna sa médaille. Je l’embrassai, et sur-le-champ je le nommai mon catéchiste. Il se mit aussitôt à l’œuvre , et avec tant de zèle, qu'avant quinze jours toutes les Zétes-plates surent leur prière.
» Reçue avec tant d'avidité , la divine semence devait produire une abondante moisson ; six cents Indiens furent admis au baptême. On voyait à leur tête le grand chef des Tétes-plates el celui des Pandéras. Un jour que j'exhortais les catéchumènes au repentir de leurs fautes : « Père , me dit ce dernier chef, j'ai vécu long-
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D'AMÉRIQUE» 99 mal que je ne connaissais pas, et j'ai pu déplaire au Grand - Esprit; mais lorsque, mieux instruit, j'ai su qu'une chose était mauvaise, j'y ai renoncé, et depuis je ne me souviens pas d’avoir ofensé Dicu volontairement, » Est-il dans notre Europe beaucoup de chrétiens qui puissent se rendre un pareil témoignage ?
» Deus mois s'étaient écoulés dans l'exercice de ce consolant ministère. La saison , déjà fort avancée, me força de songer au départ. Après avoir désigné celui des chefs qui, pendant mon absence, devait me remplacer , le 7 du mois d’août je réunis pour la dernière fois nos pieux Indiens. La douleur était peinte sur tous les visages , les larmes coulaient de tous les yeux , et le vieux chef me dit en me serrant la main : « Père, que le Grand-Esprit l'accompagne dans ton long et périlleux voyage ! Chaque jour , matin et soir , nous prierons afin que tu arrives heureusement au milieu de tes frères. Nous sommes maintenant comme des arbres dépouillés de leur feuilicge par le souffle de l'hiver ; quand la neige aura disparu du sommet des montagnes et que nous verrons l’hcrbe croître dans nos vallées, la joie aussi renaîtra dans nos cœurs : mais lorsque les fleurs s'uniront à la verdure , notre allégresse sera complète car ce sera le temps du retour ; alors neus irons tous à la rencontre. Adieu, père, adieu! !»
1 Nous regrellons, à cause des hornes de ve volume, de ne pouvoir donner ici qu'un court extrait des inissions du R. P. de Smet dans les Montagnes rocheuses ; le lecteur désireux de connailre les récits pleins d’intérét de ce missionnaire , les trouvera dans l'ouvrage publié sous ce titre : loyages aux Montagnes rocheuses , chez les tribus indiennes du vaste territoire de l'Oregon dépendant des Etats-Unis dfmérique, LUE, € Vol, in=t2,