CHEZ LES SAUVAGES INDIENS
Extrait d’une lettre de M. Dufour, missionnaire apostolique à M. **.
La Havane, 10 février 1841.
«. Pendant mon séjour au détroit, je n’ai pu m'occuper que très-peu de la population sauvage, reléguée au fond de ce vaste diocèse; mais j'ai eu plusieurs fois, dans mes excursions , l'avantage de rencontrer de saints missionnaires vivant au milieu des Indiens, et c’est de leurs récits que je vais vous entretenir.
» Les sauvages qui habitent cette contrée appartiennent aux tribus des Huron, et des Iroquois; ils sont grands de taille, ont la figure bien faite et presque tous le nez aquilin. Leur peau serait aussi blanche que la nôtre si elle ne s’était brunie au contact de l’air et aux ardeurs du soleil. Depuis que le bruit de mon arrivée se fut répandu au sein de leurs forêts, j’apercevais chaque semaine au fond de l’église, à la fin de ma messe, une troupe de ces hommes à longue chevelure noire, qui, avec ces yeux brins et perçants qui les caractérisent, contemplaient à leur aise le nouveau Père arrivé, leur avait-on äit, du pas de leurs premiers Pères. Et quand, après les avoir introduits dans ma chambre , et leur avoir laissé baiser avec une religieuse avidité ma 7'obe noire, je leur demandais quel motif
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