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MISSIONS D'AMÉRIQUE. 65 fit le choix de ceux qui devaient être confirmés, et leur donna rendez-vous pour le lendemain à Notre-Dame du Lac. Un général du gouvernement amtricain s’avança alors pour leur demander s'ils voulaient partir. Aussitôt ils s'assemblent et délibèrent ; voici leur réponse : « Nous sommes venus jci pour accomplir un devoir religieux, et non pour traiter d’affaires; une autre fois nous nous en occuperons. » Comme on les pressait encore sur ce point : «Oui, nous partirons, dirent-ils ; mais la première condition de notre départ, c’est que nous ayons un prêtre qui nous accompagne. »
Le lendemain à onze heures, nous les vimes arriver à la file, au nombre d'à peu près quatre-vingts, montés sur de jolis chevaux. Les femmes tenaient leurs enfants dans leurs bras, et portaient en croupe derrière elles tout le bagage de la famille ; parmi eux la femme est encore la servante. Les hommes venaient ensuite, parés de leurs plus beaux vêtements ; ils traversèrent silencieusement la ville voisine, car le chef de la prière leur avait défendu de s’y arrêter, à cause des pièges tendus à leur simplicité; ils franchirent ensuite la belle rivière de Saint-Joseph, et arrivèrent à Notre-Dame, Là, on prit place autour du lac; chaque famille dressa sa tente et alluma son feu. Mais déjà le prêtre à la longue robe notre les attendait dans la chapelle pour les disposer à la solennité. Trois jours durant, il les exhorta, les instruisit, entendit leurs confessions ; et ces enfants dociles oublièrent tellement tout ce qui ne regardait pas le soin de leurs âmes, qu'une fois, au coucher du soleil, ils n'avaient pas encore pris la nourriture du matin. Il est vrai qu'un malentendu était la cause de ce jeûne rigou-
66 MISSIONS reux, mais pas un des [Indiens n'avait songé à se plaindre.
» Enfin, au jour désiré, on s’assemble de grand matin; la prière commence, et deux néophytes sont baptisés ; deux autres recevront le lendemain le sacrement de mariage. Pendant la messe solennelle, des sermons sont faits en trois langues ; car les habitants d’alentour , les uns par foi; les autres par curiosité, ont voulu être témoins de la cérémonie, et la chapelle s'est remplie d’assistants. Bientôt les chants graves de l'Eglise cessent, et les Indiens entonnent leurs hymnes pieux. Nous ne comprenions point leur langue ; mais il y avait dans leur accent quelque chose de si affectueux , le recueillement qui se retrouvait même dans leurs voix avait pour moi tant de charmes , que j'avais peine à contenir mon émotion. Quand on fut au moment de la communion, mes larmes coulèrent en abondance. Les hommes se présentèrent d’abord, les femmes vinrent ensuite enveloppées de leurs couvertures blanches, comme d'un voile religieux. Prosternés pendant la cérémonie, tous se trainaient à genoux jusqu’à la table sainte; on comprend que, s'ils avaient connu quelque autre moyen de s'humilier davantage , ils eussent voulu le pratiquer. Après avoir reçu leur Dicu, ils devinrent immobiles, et on les aurait crus morts, si ce n'étaient leurs lèvres qui remuaient lentement , et leurs faces qui paraissaient en- ‘flammées. Non, jamais je n'ai vu nulle part tant de recueillement et de piété.
» Peu de temps apiès, ces pauvres Indiens s’éloignaient, pour ne plus les revoir, de ces lieux qu'ils aimaient à tant de titres ; le jour de leur émigration était venu, Anciens maîtres de la forêt, ils avaient fini par
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D'AMÉRIQUE. ü7 en être dépossédés; leurs villages avaient disparu ; ils n'avaient plus de terres ; c'était une nécessité de partir ; il fallut abandonner tout, les cendres même de leurs pires,
» J'apprends aujourd'hui avec consolation , de la bouche du prêtre qui les a accompagués jusqu'au terme de leur bon voyage, qu'ils ont retrouvé au désert leurs frères, un autel et deux ecclésiastiques, auxquels ils ont été confiés. Que le bon Dieu les y protège !
» Durant cette visite pastorale, j'ai rencontré, sur plusieurs points de mon diocèse , environ six cents familles allemandes, et je me plais à leur rendre ce témoignage . qu'elles m'ont partout préparé le plus filial accueil; j'ai constamment reçu d'elles des marques signalées de respect, de confiance et d’attachement; je garde un précieux souvenir des sacrifices qu'elles s'imposent pour avoir au milieu d'elles des prêtres catholiques. Comme je ne puis mentionner toutes ces généreuses colonies, laissez-moi vous citer , comme exemple des réceptions qui m'ont été faites, celle dont j'ai été l'objet à Bluc- Creek. Arrivés à environ deux milles de l’église, nous rencontrâmes la congrégation tout entière; hommes. femmes, enfants, étaient venus avec leurs croix et leurs bannières pour recevoir le premier pasteur. Un bouquet
de fleurs lui fut offert avec simplicité, à lui et aux prêtres qui l’accompagnaient. Puis commença Ja procession au milieu de l’interminable forêt. C'était un beau soir d'automne ; le pays présentait le genre d'accidents heureux que les Allemands paraissent aimer; les échos des bois répétaient à l'envi ces cantiques pieux-par-lesquels le
peuple , d’un commun accord", bénissuil Dict dUiyos.
quait les saints. Cette multitude de voix chantant les louanges du Seigneur , sous des arbres séculaires, m'ont causé une impr::sion plus vive et plus douce que les plus belles compusitions des grands maîtres que j'aie jamais entendues. L’éclat brillant des bannières de soie, sur lesquelles étaient peintes les images de Jésus et de sa Mère, glissant à travers le feuillage ; les teintes si riches et si variées de la forêt, dorée par les derniers rayons du soleil couchant ; le solennel silence de ces profondes retraites , interrompu par l’accent des hymnes montant vers le trône du Tout-Puissant, pour le remercier de ce qu’au milieu de la solitude la plus reculée, sa bonté ménageait aussi les bienfaits de la religion: tout cela formait une scène aussi difficile à décrire, que les émotions qu’elle faisait naître. »
va'linté
Lettre de
« JE & l'Océani nos suc peines.
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nesse sui Les miss
tant les ss, m'ont , que les que j'aie s de soie, sus et de teintes si ; derniers ce de ces es hymnes le remerjs reculée, à religion :
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MISSIONS D'OCÉRANIE,