‹ Missions d'Amérique, d'Océanie et d'Afrique [microforme]Chapitre 6 sur 41 · TEST · texte numérisé non relu

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retour à leur couvent, furent frappées de la maladie épidémique et en devinrent les victimes. Leur mort jeta la terreur dans toute la communauté; dix autres. religieuses et huit de leurs esclaves tombèrent malades la même nuit, Deux jeunes pensionnaires, vers le même temps, éprouvèrent le même sort. Quatre des esclaves malades succombèrent à la violence du mal et moururent. Les deux élèves, nées de parents protestants , expirèrent aussi ; mais par une providence bien extraordinaire ces deux jeunes filles, âgées d'environ treize ou quatorze aus, quelque temps avant que le choléra parût dans le pays, avaient obtenu de leurs parents la permission de se faire catholiques. A peine se sentirent-elles frappées de ce fléau, qu'elles sollicitèrent le baptême avec beaucoup d'instance. L’aumônier du couvent, qui savait qu’elles étaient bien instruites, se rendit à leurs justes désirs. Elles eurent le bonheur de recevoir ce sacrement en parfaite connaissance , et vécurent encore un ou deux jours, manifestant les plus beaux sentiments de piété, el surtout de soumission à la sainte volonté de Dieu, qui les retirait de ce monde à la fleur de leur âge.

» Les sœurs de Lorette ne se sont pas moins distinguées que les filles de Saint-Vincent , dans cette épidémie. Plus de vingt-cinq sœurs de cette communauté, pendant huit à neuf semaines, se répandirent deux à deux, à plus de deux lieues à la ronde, aux environs de leur couvent , dans les différentes maisons infectées du choléra. Le jour et la nuit elles étaient occupées auprès des malades à leur administrer , avec une charité sans pareille et une précision admirable, tous les remèdes qui étaient prescrits par lcs médecins, Comme

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elles se trouvaient le plus communément dans les maisons des pauvres, non-seulement elles prenaient soin des malades ; mais elles lavaient leurs habits et leur linge , nettoyaient les appartements plusieurs fois par jour , coupaient le bois pour faire la cuisine ; et, ce dont

j'ai été moi-même le témoin, souvent elles allaient à la

maison-mère , pour y prendre les provisions nécessaires à ces pauvres gens qui manquaient de tout.

» Parmi les lorettaines qui s'étaient dévouées à ces œuvres de miséricorde, deux ont été atteintes de la maladie épidémique ; elles l’ont supportée avec une sainte joie, et munies des sacrements de l'Eglise, elles ont élé, nous l'espérons , se reposer dans le sein de la divine charité. Presque toutes les autres, épuisées de fatigue, sont tombées malades, et'plusieurs d’entre elles sont encore à recouvrer leurs forces. Tous les esclaves des sœurs de Lorette ont aussi été visités du choléra ; mais un seul à la fleur de l’âge, d'une santé robuste, ayant été employé à transporter et à ensevelir des personnes mortes de cette maladie, en a été frappé luimême, et en est mort au bout de quelques heures.

» Les sœurs du tiers-ordre de Saint-Dominique ont autant de droit à la reconnaissance du public, que les sœurs de la charité et celles de Lorette : n'étant que dix ou onze dans la communauté du Kentucky , elles usèrent d'une sainte industrie pour multiplier leurs forces, et rendre plus de services aux personnes malades, dans le canton où est situé leur monastère. Elles déterminèrent des personnes de leur sexe, d’un âge fait et d’une vertu bien connu, à s'associer à leurs travaux de charité. Pendant plusieurs semaines on les a toujours vues , et la

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