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26 MISSIONS gion catholique, répondit-on. Voilà la vraie religion, continua le voyageur; elle inspire de trop beaux sentiments pour n'être pas divine... »
BL CORRESPONDANCE TOUCHANTE D'UN JEUNE MISSIONNAIRE CHEZ LES POTOWATTOMIES.
M. Bevjamin-Marie Petit noquit à Rennes , le 8 avril 1811. [1 fut de bonne heure , par sa piété et par sa charîté, la joie et la consolation d’une mère chrétienne. Après de brillantes études au collège de Rennes , il suivit les cours de la faculté de droit; et depuis quelques années il avait pris place au barreau, lorsqu’à la fin de 1835 , il se sentit appelé au ministère apostolique. Mgr Bruté, évêque de Vincennes, qui se trouvait à Rennes, sa ville natale, accucillit cette vocation naissante, qui fut dès lors une des plus chères espérances de son clergé futur.
En attendant le moment du départ , M. Petit se rendit au séminaire de Saint-Sulpice , où il resta jusqu'à la fin de mai 1836. Dans les premiers jours de juin, il s’embarquait pour New-York, d'où il devait être dirigé sur Vincennes. Ce fut là qu’il continua ses études théologiques. Il était diacre lorsque, au mois d'octobre 1837,
une circonstance imprévue hâta son ordination. Voici ce qu'il écrivait à sa mère, à la date dun 15 octobre :
« Je suis prêtre, et cetie main qui vous écrit a porté ce matin Jesus-Christ ! Comment exprimer tout ce que je voudrais vous dire, et comment ne pas vouloir dire
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pourtant quelque chose de ce que nulle langue ne peut rendre? Ma main est consacrée à Dieu; ma voix a main-
tenant un pouvoir auquel Dieu lui-même est docile. Comme ce matin, à ma première messe, ma voix tremblait, lorsque, arrivé à l'endroit du Memento, j'avais à vous rappeler tous à mon Dieu! mon Dieu! et demain enccre, et après-demain , et tous les jours de ma vie jusqu'au dernier jour! Quand je pense que dans deux jours je partirai d'ici tout seul, allant à près de trois cents milles répandre parmi des peuples que je ne connais point, mais auxquels Dieu m'envoie, des sau -ents, des graces ratifiées au ciel , je tremble à la vue de mon néant. Quand je me vois d'avance voyager en compagnie de mon Dieu reposant sur ma poitrine nuit et jour , comme il nous arrive souvent ici, portant sur mon cheval les instruments du grand Sacrifice, m’arrêtant de temps à autre au fond du bois, et faisant de la chaumière d'un obscur catholique le palais du Roi du ciel; combien je me sens plus pénétré de cette pensée de saint Paul, que Dieu aime, pour faire de grandes choses , à se servir de ce qui n’est rien : £a quæ non sunt ! Oh! alors je m’abandonne volontiers, et je dois le dire, à cette heure si importante de ma vie , je n'ai rien encore ressenti de pénible ; tout a été le doux entraînement de la volonté de Dieu, qui ordonne et exécute lui-même par sa grace. Oh! comme je me fie avec délices en lui! Priez beaucoup pour moi; voici le temps... J'étais diacre depuis le 24 septembre, lorsqu'un soir arrive une lettre cachetée de noir , annonçant que M. Desseilles, depuis sept ans missionnaire chez les Indiens, était mort, Il avait averti à temps, à Chi-