‹ Missions dans l'Inde: Le Rajputana; trois séancesChapitre 7 sur 14 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

leuse de l'Esprit, concluera-t-on qu'il n'est pas permis de suivre les traces de l'apôtre?

On pourrait aussi bien conclure de la conversion de Paul de Tarse sur le chemin de Damas , à la nécessité d'une intervention miraculeuse du Seigneur pour la conversion de tout incrédule.

Qu'une dispensation miraculeuse fût nécessaire pour envoyer au loin le premier missionnaire , la chose est aisée à concevoir. On ne s'était pas encore avisé de passer la mer pour aller fonder des Églises sur un continent voisin; il fallait créer un antécédent dont l'Église pût s'autoriser pour entreprendre la conquête dé l'univers. Une vision fut donnée à Pierre pour qu'il consentît à baptiser un Gentil; un songe fit partir Paul pour les régions lointaines. Dès lors, un deuxième, un troisième voyage s'effectuèrent sans que l'apôtre eût à consulter autre chose que le zèle ardent de son cœur, et le souvenir qu'il avait gardé des paroles de Jésus-Christ.

Si les premiers disciples avaient attendu, pour nous apporter la connaissance du grand mystère de piété, que leur patrie fût entièrement christianisée, pense-t-on que la nôtre fût ce qu'elle est aujourd'hui? fl fallait autant et plus de temps pour venir alors de Césarée à Rome qu'il ne nous en faut pour aller de Genève à Bombay. Si Paul n'avait écouté que son amour du pays natal, hélas 1 où en serait la civilisation européenne? Des siècles se seraient écoulés; nous sortirions à peine de ce qu'on est convenu d'appeler l'âge d'or de la société; la pierre à Niton serait encore arrosée du sang de malheureux immolés au dieu des ondes, et nos antiques forêts de chênes retentiraient peut-être des cris d'une multitude ivre de débauche, dansant des rondes infernales autour d'autels rougis par d'odieux sacrifices.

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