‹ Missions de l'Orégon et voyages aux Montagnes Rocheuses aux sources de la Colombie, de l'Athabasca et du Sascatshawin en 1845-46 [microforme]Chapitre 11 sur 85 · M TT · texte numérisé non relu

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donnés dans la Religion. ime la plus MONSEIGNEUR , s et prières, M Au commencement de Février, je me suis mis en route, Lu pour visiter nos différents établissements et nos stations, able e #

et pour er ouvrir d’autres pari les tribus voisines de os réductions. Quatre à cinq pieds de neige couvraient alors toute la surface du pays; et je dus me résoudre à me rendre en canot d’écorce, de la Baie des Pends-d’oreilles jusqu’à la Prairie des chevaux, distante d'environ 250 milles.

Au temps pascal, j'étais parmi mes chers Têtes-Plates ct Kalispels des Montagnes; ce fut pour moi une grande consolation, de les trouver remplis de zèle et de ferveur, dans l’accomplissement de tous les devoirs des vrais enfants de la prière. Au grand jour de Pôques, tous les Têtes-Plates, qui se trouvaient à S'° Marie, s’approchérent dévotement de la S'° table pendant ma Messe, et environ trois cents E Kalispels, la plupart adultes, de la station de S' François de Borgia, vinrent se présenter aux fonds baptismaux. Cinq chefs se trouvaient dans leurs rangs; les trois principaux sont: Skiettiedidodsho, ou le chef des braves; Selpisto, le grand chef, et Chalax, c'est-à-dire, le vétement blanc, surnommé le jongleur ou le grand homme de médecine, (Médecine est ici synonyme de jonglerie.)

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Qu'il est doux, de verser l’eau Sainte du Baptème sur les fronts ridés et cicatricés de ces guerriers du désert! Qu'il est consolant , de voir ces enfants des plaines et des forèts secouer la poussière, qui les a couverts si longtemps, cette profonde ignorance et ces superstitions absurdes, triste héritage que leur avaient laissé leurs ancêtres , après se l’être transmis pendant tant de siècles! Qu'il est beau, de les voir embrasser la Foi et toutes ses saintes pratiques , avec un empressement et un zèle vraiment dignes des premiers jours du christianisme !

Vous faire l’histoire de ces trois chefs, dépasserait les

bornes que je me suis proposées. Qu'il me suffise de dire, ! que ces Héros des Montagnes Rocheuses ont été depuis | des années la terreur de leurs ennemis. Chalax avait ! acquis une grande renommée comme jongleur, et souvent |

il avait prédit l’avenir; s’il faut en croire les Kalispels et les Blancs qui ont voyagé dans son camp, ses prédictions se sont toujours vérifiées. Il indiquait le jour, l'endroit, le nombre de Pieds-Noirs, qui venaient à l'attaque du camp. Interrogé relativement à cette affaire, il me dit avec beaucoup de franchise et de simplicité : « On m'appelle l’Homme de Médecine ; cependant je n'ai jamais aimé ni la jonglerie, ni la pratique trompeuse des jongleurs; je reçois toute ma force de la prière. Lorsque je me trouve dans les pays dângereux, je m'adresse au Maître de la Vie; je lui offre mon cœur et mon âme, le suppliant de nous prendre en pitié et de nous protéger contre nos ennemis. Quand une voix m'avait déjà averti de l'approche du danger, je recommandais la prudence et la vigilance dans le camp; car cette voix ne m’a jamais trompé. Aujourd'hui j'ai une faveur à vous demander: la voix mystérieuse m'appelle par le nom de Chalax, et, si vous le permettez, je désire porter ce nom jusqu’à la mort. » J'y consentis volontiers, et lui is l'explication de la belle cérémonie

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du vétement blanc qu’il allait recevoir dans e S' Sacrement du Baptème. Au beau nom de Chalax, j'ajoutai celui du Prince des Apôtres. C'est ce même chef, qui, à ma première visite aux Montagnes (visite dont je vous ai entretenu déjà ailleurs), aidé de soixante hommes seulement, avait soutenu des combats réitérés, durant cinq jours de suite, contre deux eents loges des Pieds-Noirs. Ceux-ci furent mis en fuite, laissant 80 morts sur le champ de bataille, tandisque parmi les Tètes-Plates, un seul homme reçut un blessure mortelle, dont il mourut trois mois après, le lendemain de son baptème,

Je quittai avec regret ces bons fndiens et mes chers confrères en Jésus-Christ: les Rév.# Pères Mengarini et iZerbinati; ainsi que quatre Frères coadjuteurs, qui tra- Availlent avec un zèle infatigable dans cette portion de la vigne du Seigneur, | Comme les neiges avaient commencé à disparaitre, les Kalispels de la Baie attendaient mon retour. Je repris mon fragile canot, conduit par deux Indiens, et je me hâtai de redescendre la rivière à Clark. Jugez de son impétuosité: j'avais mis seize jours pour la remonter, je n’en mis que quatre au retour. Revenu à la Baie avec le Rév. Père Adrien Hoeken et plusieurs chefs, je m'empressai d'examiner les terres de cette partie de la tribu des Kalispels, afin de choisir un site convenable, à l’éta- Iblissement de la nouvelle réduction de St Ignace. Une grande prairie d’un sol riche et fertile, s'étendant à plus d’une lieue et entourée de cèdres et de pins; le voisinage de la caverne de la Nouvelle Manrèse avec ses belles carrières; une longue suite de pâturages et une chute de plus de deux cents pieds, fort propre à l'érection de plusieurs moulins, semblaient réunis tout exprès. J'abattis les premiers arbres, et, après avoir pris toutes les mesures nécessaires pour hâter les travaux, je partis pour Walla-Walla, où je m’embarquai en esquif sur le

fleuve Colombie, pour descendre jusqu'au Fort Vancouver. Le fleuve avait grossi considérablement par la fonte des neiges et notre course était rapide. On m'indiqua l'endroit, où, quelques mois auparavant, quatre voyageurs des États-Unis avaient misérablement péri, victimes de leur imprudence et de leur présomption. Avertis de prendre un guide, ils répondirent « qu'ils n’en avaient pas besoin. » « Prenez garde, » ajouta-t-on, « car le fleuve est dangereux et traître. » Le pilote, grand fanfaron, répliqua avec un rire moqueur : « Je suis capable de diriger ma barque, fût-ce à travers le gouffre infernal. » On leur souhaita uw heureux voyage, mais on n’était

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pas sans inquiétude ; ce pilote, se disait-on, n’est pas 1

un Indien du pays; ce n’est pas un Iroquois, ce n’est pas même un Canadien! Le fleuve reçut ces passagers téméraires. Ils poussèrent au large ; le canot glissait, avec la rapiditéd’une flèche, laissant après lui une longue trace d'écume, excitée sous les coups redoublés de la pagaie.…. Le premier rapide se présente: ils s'y élancent sans crainte; hélas! c'est sans retour ! Arrêtés soudain par un tournant, ils font d’impuissants efforts pour léviter : l'abime se creuse devant eux; en vain luttent-ils pour échapper à cette spirale menaçante, qui les réclame comme sa proie. Tout est perdu; les voilà, lancés sur les bords du gouffre tournoyant : ils y pirouettent quelques instants, avec le roseau et la paille; la proue s’enfonce, et un cri de désespoir, que le mugissement des ondes rend encore plus lugubre, sortant de l’abime, annonce au loin, répété par les échos, le nouveau désastre de la Colombie. Le gouffre se referme aussitôt, sans laisser aucune trace de ses malheureuses victimes. Lecon terrible pour ceux qui voudraient à l'avenir se risquer sans guide, sur le redoutable fleuve de l'Ouest.

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ort Vancou- Après une heureuse navigation de cinq jours, nous par la fonte 1 débarquâmes à Vancouver, où j'eus le bonheur de renn m’indiqua contrer le Père Nobili, qui, pendant huit mois, tout en re voyageurs s'appliquant à l'étude des langues du pays, avait exercé

victimes de le S.t Ministère avec grand succès parmi les employés

Avertis de catholiques du Fort et les Indiens du voisinage. Une n’en avaient maladie mortelle avait plus que décimé ces derniers, car le fleuve mais touseurent le bonheur de recevoir le Baptème avant d fanfaron, de mourir.

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rivière du Multonomak ou Wallamette jusqu’au village de Champois, à une lieue de distance de notre résidence de S.t François Xavier. Tous les Pères étaient venus à Bnotre rencontre et se trouvaient au débarquement; la joie Me se revoir ct de se trouver réunis après une absence

Pd’un long hiver, était bien grande: Les Rév. Pères Italiens s'étaient principalement appliqués à l'étude des langues. Le Rév. Père Ravalli, par ses connaissances en Médecine, rendit dans l'exercice du Saint ministère de grands services à tous les habitants de la mission de S! Paul, car chaque habitation contenait plusieurs malades... Le Rév. P. Vercruysse, à la demande de Monseigneur Blanchet, avait commencé une nouvelle mission parmi les Canadiens éloignés de S' Paul, et avait réussi à es fairecontribuer à l'érection d’une nouvelle Eglise, dans n endroit central et peu éloigné de leurs habitations. Le P. De Vos, le seul de nos Pères du Wallamette qui parle ’Anglais, donne tous ses soins aux Américains, qui sont déjà au-delà de quatre mille. 11 y a parmi eux plusieurs amilles catholiques, et d’autres disposées à embrasser a foi.

À voir l'Orégon en ce moment, personne ne saurait douter des grands progrès, que notre S'° Religion y a faits t de ceux qui s'y préparent pour l'avenir. Le Très-Rév. M" De Mers, Grand-Vicaire et Administrateur du diocèse

tent-ils pour lame comme

s guide, sur

pendant l'absence de Monseigneur , fait préparer tous les matériaux pour une cathédrale en briques. Il fait construire une belle Église à la chute du Wallamette, site choisi pour la première ville de l’Orégon, qui ne date que de trois ans, et où déjà l’on compte au-delà de cent maisons. Plusieurs terrains y ont été assignés par le

respectable M° Mac Laughlin, Gouverneur de la Baie

d'Hudson, à l’ouest des Montagnes Rocheuses, à l'usage d’un couvent et de deux écoles. Une Église catholique est en construction au fort Vancouver. Le couvent des Sœurs de Notre-Dame est trés-avancé, et sera sans contredit le plus beau bâtiment du Wallamette. On y joint une

Église d'environ quatre-vingts pieds de long et d’une lar- |

geur proportionnée, sous l’invocation de la S'° Vierge. Ces religieusesont déjà cinquante pensionnaires. Le petit collége de St Joseph, sous la présidence du Très-Digne et Très- Rév. M: Bolduc, prospère et s’'augmente ; quarante jeunes gens, la plupart Métis, y reçoivent une instruction soignée et chrétienne. Une Église en bois a été bâtie depuis plusieurs années au Cowlitz, et l’on y prépare les matériaux pour la construction d’un couvent, sous la direction du Rév. M" Langlois. Notre résidence de S' François Xavier est achevée; elle pourra servir plus tard de Noviciat et de Séminaire aux jeunes missionnaires, pour s'y préparer aux travaux apostoliques. J'espère, que cette année (et les mesures ont été prises à cet effet) nos Pères du Wallamette visiteront plusieurs peuplades, qui habitent les côtes de la mer Pacifique, au nord et au sud de la Colombie, où déjà les visites. de Monseigneur et de son Grand-Vicaire ont eu de si heureux résultats. En date du 17 Février 1842, Monseigneur Blanchet écrivait à l'Evèque de Québec: « Dieu a daigné bénir nos travaux et » donner de l’accroissement au pain de la parole de la » vie. Le nom adorable de Jésus a été annoncé à de » nouvelles peuplades vers le Nord. M" De Mers a porté

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» ses pas jusqu’au fort Langley, sur la rivière Fraser, ct » il a conféré le baptême à plus de sept cents enfants, » dont plusieurs jouissent déjà du fruit de la grâce qui » les a régénérés. »

Dans mes lettres précédentes, je vous ai donné les détails de nos Missions: je vous ai parlé de la conversion de deux peuplades , les Têtes-Plates et les Cœurs-d’Alène ; de la première communion de ces derniers et d’un grand nombre de conversions parmi les Kalispels de la Baie, à la dernière fête de Noël. De 1839, date de l'établissement de la première Mission dans l’Orégon, jusqu’en Juillet 1845, les Révi* Mess. du Canada avaient baptisé environ trois mille personnes. — Le nombre d'employés catholiques aux différents postes de l'Honorable Compagnie de la Baie d'Hudson dans l'Orégon, avec les colons du même

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gne et Très- pays, monte à plusieurs centaines; ce qui, joint aux rante jeunes 2857 baptêmes, administrés depuis 1841 dans nos difféction soignée rentes missions des Montagnes, donne un total d’au-delà depuis plu- de six mille catholiques pour l’Orégon.… Le grain de es matériaux sénevé croît admirablement bien et grandit sur cette terre, direction du autrefois si stérile et si longtemps négligée.

ancois Xavier foviciat et de s'y préparer te année (et os Pères du qui habitent au sud de la ur et de son ats. En date et écrivait à 1os travaux. et parole de la

Au mois de juin, le Rév. Père Nobili, accompagné d’un frère Novice, quitta le Wallamette, pour aller visiter les différentes tribus de la Nouvelle-Calédonie, déjà visitées en 1842-45, par le Rév. M° De Mers, savoir: les Kameloups, les Ainans ou Shouwapemoh, les Porteurs ou Ltaoten. Leurnom varie suivantles divers lieux, que leurs camps occupent, etaveclaterminaison ten, qui signifie gens, devient DE ouStélaoten, ou Nashkoten, ou Tchilkoten, ou Nakazètéoten. Le P. Nobili baptisa 436 enfants. Telle a été la ferveur et le zèle de ces pauvres Indiens, que malgré l'absence de tout Prêtre, ils ont bâti trois Églises en bois, dans le doux espoir qu’un Népapayattok ou Père, viendrait s’établir au milieu d'eux... Le nombre des employés catholiques est grand dans les différents forts de ce pays. Les Messieurs

de l’Honorable Compagnie de la Baie d'Hudson, quoique protestants, se sont fortement intéressés en faveur de ces sauvages, pour obtenir et faciliter l'entrée d'un Prêtre sur les terres de cette partie de leur jurisdiction.

J'ai l'honneur d’être avec le plus profond respect. Monseigneur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur et fils en J.-C.

P, J. DE SMET S. J.

son, quoique faveur de ces d'un Prêtre ion.

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