‹ Missions de l'Orégon et voyages aux Montagnes Rocheuses aux sources de la Colombie, de l'Athabasca et du Sascatshawin en 1845-46 [microforme]Chapitre 18 sur 85 · CRE DE · texte numérisé non relu

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majestueuses et pittoresques; elles me rappelaient les C'est montagnes Mapocho, qui entourent la belle capitale du élevés Chili (Santiago). De leurs cimes, d'innombrables petits caillou ruisseaux descendent dans la plaine, et l’arrosent dans dessécl toute son étendue. La belle rivière la Chute la traverse, LR cette p et à sa base coule tranquillement la Rivière des Arcs-à- Jen Plats... Les forêts et les carrières y sont inépuisables; des la dis monceaux de charbon de terre, que j'ai vus le long du travers rivage, indiquent, que ce précieux minéral n’y manque s'appre pas. Que ne deviendrait pas cette immense solitude nal, le aujourd’hui si triste, sous l'influence d’une civilisation reçurel bienfaisante, dirigée par le christianisme. Le pays. des ment, Skalzi n'attend que le travail et l’industrie de l’homme sincère laborieux et industrieux. Le plomb y est si abondant, que c'est-àdans plusieurs endroits il. se trouve en monceaux sur la les jour

surface du sol même, et d’une qualité si belle, qu'il y a dans le peu de doute, qu'il ne soitmélé avec une certaine quantité i d'argent. Pauvres et malheureux Indiens! ils foulent aux pieds, sans les connaître, en les méprisant même, tant de trésors cachés! Ils se contentent de la pêche; ils vivent de racines et de frufts; ils poursuivent paisiblement les animaux de la forêt ; ils regardent avec surprise, mais sans inquiétude, l’avidité avec laquelle, l’homme à peau blanche, la pâle figure vient examiner ces pierres luisantes de leur territoire. Ah ! ils trembleraient, les pauvres innocents, s'ils connaissaient l’histoire de cette longue liste de peuplades, qui ont disparu de la terre et dont les noms survivent à peine; s'ils savaient, que toutes les provinces, qui recélaient autrefois ces richesses dans leur sein, ont été envahies par la cupidité et désolées par une civilisation cruelle, qui n’a apporté aux Indiens que des vices, et en a fait partout les tristes victimes de l'égoïsme et des passions mauvaises. péné

Nous arrivêmes, après quelques jours de morche, à la prairie de Tabse, la résidence ordinaire des Koetenais.

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C'est une belle et vaste plaine, entourée de deux plateaux ‘ élevés, dont les pentes douces et régulières, couvertes de cailloux arrondis par les eaux, paraissent être les rives desséchées d'un immense lac, qui aurait couvert toute cette plaine, à une époque plus reculée.

Je n’y trouvai qu’une trentaine de loges de Koetenais: la disette avait forcé un grand nombre de familles à traverser la grande montagne, avant mon arrivée, pour s'approcher des grandsanimaux, tels que le Bufile, l'Orignal, le Caribou et la Biche, Ceux qui restaient me reçurent au bruit d’une longue fusillade et avec l’empressement, la joie et toutes les démonstrations d’une affection sincère et filiale. Plusieurs me montrèrent leur journal, c'est-à-dire un bâton carré, sur lequel ils avaient marqué les jours.et les semaines, depuis que je les avais visités dans le voisinage du grand lac Tète-plate. Hs comptaient déjà quarante-un mois et quelques jours.

M" Berland s'est donné parmi les Koetenais, comme parmi leurs confrères les Arcs-à-Plats, beaucoup de soins, pour entretenir les bonnes dispositions, dans lesquelles ces braves gens se trouvent. Tout ce que je leur avais. recommandé dans ma première visite, autant qu'ils avaient pu s’en souvenir, se pratiquait à la lettre, et avec la plus grande exactitude. C'était le moment de décider quelques points de controverse, mal compris ou mal interprétés par quelques-uns dans ma première visite. Ils chantent des cantiques en français et en Tête-Plate, font en commun les prières du soir et du matin, et observent strictement le Dimanche.

Le jour qu’on célèbre la Fête du Cœur oué de Marie, j'y chantai la grand’ Messe et je pris possession, au nom de Dieu, de cette nouvelle terre, où le. Prêtre pénétrait pour la première fois. J'administrai ensuite le baptème à 105 personnes, dont vingt adultes. Ce beau jour, comme parmi les Arcs-à-Plats, se termina par les

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cérémonies de la plantation de la croix, qui s'éleva dans les airs, saluée par une décharge de tous les fusils du camp. Puis tous les chefs, à la tête de la peuplade, vinrent se prosterner au pied de ce touchant symbole du consolant et sublime mystère de la mort du Dieu Sauveur, et firent à haute voix l’offrande de leurs cœurs à celui, qui s’en déclare le Pasteur et le Maître...

Cette station a reçu le nom de l’Immaculé Cœur de Marie. Un de nosPères visitera bientôt les deux branches de cette peuplade. Une mission de quelques semaines, donnée avec zèle et persévérance, procurerait à plus de sept cents adultes le bonheur de devenir les dignes enfants de l'Eglise.

Le jeûne les pressait fortement à mon arrivée; ils me prièrent néanmoins de rester plusieurs jours parmi eux et de leur donner de bons avis et de salutaires conseils, avant qu'ils se divisassent en petites bandes, pour aller chercher de quoi vivre dans les défilés des montagnes... Le 30 août, je fis mes adieux aux Koetenais. Deux jeunes gens de la tribu se présentérent, pour m'accompagner et pour me servir de guides jusque dans le pays des Pieds-Noirs; un troisième Indien, adroit chasseur et mon interprète, complétait ma petite escorte. Je continuai ainsi ma route vers les sources, appelées la Tête de la Colombie. Le pays que nous traversâmes est très-pittoresque; il est agréablement diversifié par des belles prairies, émaillées de fleurs et d’arbustes de différentes espèces ; par des vallées riantes et des lacs, entourés de ces nobles forêts vierges, où n'a jamais encore retenti le bruit de la hache, et qui conservent dans la solitude toute leur vigueur et toute leur magnificence. Elles sont entreeoupées par un grand nombre de fourches et de ruisseaux, descendant avec impétuosité des chaînes des montagnes, qui se présentaient à notre droite, comme autant de barrièresimpénétrables. De la prairie de Tabac jusqu'aux

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sources de la Colombie, nous trouvâmes le sentier beau et praticable.

Je suis avec le plus profond respect, en union de vos prières et SS. Sacrifices,

Monseigneur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur en J. C.

*P. J. DE SMET. S. J.

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Aux sources de la Colombie, Septembre 1845.

Salut, roche majestueuse,

Futur asile du bonheur;

De ses trésors le Divin Cœur

T'ouvre aujourd'hui la source heureuse.

(Cawnique Tére-PLars.)

MONSEIGNEUR

Le 4 de septembre, vers midi, je me trouvai aux sources de la Colombie. Je contemplai avec admiration ces montagnes pierreuses et gigantesques, d’où le grand fleuve s'échappe majestueux mais turbulent, même à sa source, pour devenir dans sa course vagabonde le plus dangereux des fleuves de l'Ouest de l'hémisphère Américain. Deux beaux petits lacs de quatre à cinq milles de longueur, formés par une infinité de ruisseaux et de sources, reçoivent ses premières eaux.

Ma tente fut placée sur le bord de la première fourche, qui vient lui payer son tribut, et qu'on voit descendre de cascade en cascade, des rochers inaccessibles qui s'élèvent à ladroite. Quels rochers! Quelle variété defigores ils vous offrent ! Le fantastique sous toutes ses formes; l'agréable, le plaisant et le sublime s’y présentent tout à-la-fois, dans un même coup-d'œil, et, pour peu que l'imagination vienne aider l'illusion, on y découvre aussitôt des châteaux de l'ancienne chevalerie errante avec leurs nombreuses tourelles,

Colombie ,

ir ce heureuse.

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