‹ Missions de l'Orégon et voyages aux Montagnes Rocheuses aux sources de la Colombie, de l'Athabasca et du Sascatshawin en 1845-46 [microforme]Chapitre 37 sur 85 · FREE · texte numérisé non relu

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donner ainsi L instruite, je , fait le signe chasse, bien

avais, baptisé > fille va moués, n’ont rien sa mère. — — Tiens, en ieras comme meurt, fait de sa mère, demain, à la ni, (c'était le

e signe de la pes aveugle,

faire le signe de la croix. J'ai ététémoin d'une scène bien touchanté: un père et une mère inclinés devant leur petit Ignace, qui se mourait (il était leur fils unique et n'avait que trois ans); je les ai vus s’efforçant de sourire, pendant que les larmes roulaient dans leurs yeux ; recueillir toute l'énergie doni leur cœur était capable, pour lui suggérer de faire le signe de la croix ; et la main défaillante de leur pelit enfant chercher son front, pour accomplir ce dernier acle de foi et d’obéissance. C'est, pouren rappeler le souvenir si consolant, qu’on voit s'élever sur sa tombe une petite croix, un peu plus ornée que les autres,

Un jour que je me rendaisà l'endroit, où a été inhumé le pieux enfant, un spectacle peut-êtreplus religieux encore soffrit à {moi. C'était une jeune femme, assise près de la tombe de:sa fille unique; elle s’entretenait avec une autre enfant, qu’elle avait adoptée et qui venait de recevoir le beptême. Que lui disait-elle en lui montrant le ciel? Elle lui disait: Vois, mon enfant, comme on est heureuse de mourir, quand on a reçu le baptéme. À présent ma petite Clémence est au ciel, si tu mourais tu irais la revoir; et il y avait dans l'accent et la physionomie de la pieuse mére quelque chose de si calme, que vous eussies dit, qu'elle habitait déjà le séjour dont elle parlait.

Je m'arrête dans ces citations, mon R. Père , car il faut me borner. C'est ainsi, qu'en approchant du terme heureux après lequel leur foi soupirait, les enfants du désert donnent, sans le savoir, aux chrétiens civilisés, des exemples de tout ce que la Religion peut inspirer de plus pur et de plus sublime. Je vais maintenant vous les montrer SORaer Que vuw-dienist Que parte cette se-

P. Joset qui les faisait. Queles prières aient été plus fer ventes? Oui; l’on s’approchait de plus en plus du foyer. Que les confessions aient été mieux faites? Oui encore. Les mêmes avis, répétés cent fois, les avaient enfin amenécs à la forme voulue, Ce n’était pas sans une sorte d’appréhension, même avec toutes les raisons que je croyais avoir de le faire, que je mettais le pied au confessionnal, pour lesentendresans interprète. A cela se joignait une autre crainte, qui, au premier abord , ne paraitrait guère moins fondée;

j'avais peur d’avoir été un peu trop facile, à admettre à la participation des Saints Mystères certains sauvages, dont * l'intelligence était plus bornée et dont les antécédents bien connus, auraient pu faire douter des dispositions du cœur, Mais d’un côté, la clarté, la douleur et je dirai, pour queques-uns des moins disposée et des moins instruits, le scrupule des derniers aveux ; de l’autre, le calme , la piété,

le courage et la persévérance, dont ils ont été suivis, tout a contribué à me rassurer. Il est donc vrai, 6 mon Dieu, que toujours vous proportionnez la grandeur de voire secours à la faiblesse de vos enfants!

Les deux derniers jours, les jeunes gens rivalisant de zèle avec les jeunes filles, consacrèrent, à la décoration de l'Eglise, ce qui restait de temps libre, après les exercices spirituels. C'était une bien petite chapelle, puisqu'en y comprenant le chœur et l'autel, elle mesure à peine huit toises de long, sur quatre de large. Mais, mon rév. Père, ah! je n’en doute pas, si par la pensée vous élevant audessus des montagnes qui l'avoisinent, vous eussies vu, que depuis les limites de la civilisation Américaine jusqu'aux rivages de l'Océan pacifique, ce pays immense ne renferme que deux Maisons de Prière, semblables à celle-ci; si, à l'aspect de la vallée où elle s'élève, vous vous fussies rappelé, que :cette terre autrefois maudite, où, pour me servir des termes énergiques, appliqués à un plus grand ordre de choses, tout éinit Dion encepié

Dieu lui-même; que cette terre, dis-je, était devenue une terre sainte, dont les rivières avaient déjà vu leurs ondes servir à la sanctification des âmes; une terre sainte, dont les forêts avaient fait servir leurs plus beaux arbres à la construction d’un temple plus auguste que celui de Salomon; une terre féconde, dont les fruits, offerts sur l'autel, étaient devenus pour ses enfants la manne des élus; alors sans doute, dans les transports d’une sainte admiration, votre âme se serait écriée avec la foi des patriarches : vraiment, c’est ici la porte du ciel!

O Eglise du désert, nous voici arrivés au plus beau jour de tes triomphes. Les étoiles du firmament brillent encore de tous leurs feux, quels chants se font entendre ?.….

Lauda Sion Salvatorem... Qui ehante cet admirable cantique? — Des sauvages. Quels sauvages? — Des hommes, qui, naguère encore, n’adressaient leurs prières qu'aux

animaux de leurs forêts. Où vont-ils? que vont-ils faire?

Ah! c'est ici que je dois adorer. Joignez-vous, 0: mon me, à ces nouveaux adorateurs ; jamais hommages furentils plus agréables !.. ils ont pénétré dans le sanctuaire, ces fervents néophytes. Mais, ce n’est plus la pauvre petite chapelle aux yeux de leur foi , c'est le palais, c’est le trône du divin amour; le Cœur de Jésus est là; l'image qui le représente et l'image du Cœur Immaculé de Marie sont environnés de tout ce qui peut rappeler les biens, que le Seigneur prépare à ceux qui l’aiment. Loin de distraire leur esprit, ces pieuses représentations, ces ornements nouveaux, élèvent leur pensée jusqu'au séjour dela gloire.

aux mouvements les plus intimes de leurs âmes, ils éeoutent la voix intérieure qui leur parle. Comptant sur l'ez-

cellence de leurs dispositions, nous avions préféré les abandonner à leur propre dévotion; seulement, nous avions écarté avec sointoutcequi aurait pu y faire obstacle. Ainal les moments où l'on devait s'asseoir , se tenir debout

ou's'agenouiller , s'approcher de la sainte table; la manière de #’y présenter, de s’y tenir et de s’en éloigner, tout cela avait été réglé d'avance et tout cela se fit avec: un ordre, qui seul pourrait donner la plus haute idée de la piété de ces bons sauvages. Avant qu'ils se fussent approchés de la St Table, le R. P. Joset, qui avait le bonheur d'être prêtre officiant, Abur avait adressé quelques mots d’édifi. cation; mais la tendre piété qui respirait sur tous les visages au moment de la commranion ; lui fit craindre

ne gâtât l’œuvre de Dieu, s’il y mélait du sien; en

* séquence, pour l’action de grâce, chacun fut abandonné à ses propres sentiments. Quand on eut jugé qu'ils avaient suffisamment satisfait à leur dévotion , on récita, aux intentions del’Eglise, les prières accoutumées et le toutse termina par la répétition du Lauda Sion (1"° strophe):: Ce ‘chant grave et les paroles de cette prose avaient quelque chose de si conforme à la solemnité du jour, qu'on la répéta dans tous les autres offices.

La Grand'messe, qui eut lieu vers les dix heures, a consécration à la S* Vierge, qui se fit dans l'après-midi, n'eurent de remarquable que la permanence du sentiment, ” quiremplissaitlematin tous lesoœurs. Ce n’est pas d'aujour. d’hui qu'on a observé, que plus l’âme est pleine du senti: ment ineffable dont nous parlons, moins elle est portée à se répandre au dehors ; il en fut ainsi pour nos sauvages: j'ai vu les plus jeunes se retirer à l'écart, pour mieux jouir de leur bonheur.

Le soir, pour lerenouvellement des vœux , comme pour la messe de communion, illumination brillante, autant que le comportait notre pauvreté. Nous avions une doutaine d'adultes à baptiser. La cérémonie de leur baptême, qui pouvait aider à l'édification de tous et rappeler aux communiants les promésses, qu'ils avaient faites en pareille circonstance, fut placée immédiatement avant le renouvellement. Pour ce dernier acte, au lieu des for-

, la manière mules ordinaires, un peu difficiles à traduire en langue , tout cela sauvage, on se contenta dela triple récitation de l'acte

j d'amour, que tous savent. C'était comme la réponse à la > la piété de triple interpellation, que Notre Seigneur avait adressée à rochés de la S Pierre; en la prononçant, les yeux pieusement tournés

heur d’être vers l'autel, oùétait exposé le S. Sacrement, ils semblaient mots d’édifi- ajouter avée S' Augustin: © beauté toujours ancienne, ur tous les beauté toujours nouvelle; troptardnousvousavons connue, raindre qu'il trop tard nous vous avons aimée ; maïs nous vous aimerons ien; en toujours! La bénédiction du S' Sacrament vint mettre le ‘ abandonné à seau à ces promesses, et couronna dignement cette jour-

qu’ils avaient née, qu’à jamais on appellera la plus belle de la vie; mais, La, aux inten- hélas! au gré de tous, journée bien courte. On le sentit ; jutse termina les instants, qui précédèrent la sortie de l’église, furent des instants de regret; toutes ces bonnes âmes avaient peine à s’en arracher.

Je suis etc.

Mon rév.{ Père, Votre etc.

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