‹ Missions de l'Orégon et voyages aux Montagnes Rocheuses aux sources de la Colombie, de l'Athabasca et du Sascatshawin en 1845-46 [microforme]Chapitre 39 sur 85 · MAR · texte numérisé non relu

MAR

mes

‘ Après bien des misères et des fatigues, nous traversimes ces forêts serrées et massives; pour passer sous les branches touffues des saules, des épinettes et des génévriers, il fallait nous tenir presque continuellement courbés sur le cou de notre cheval. On arrive enfin au pied de la grande chaîne des montagnes, et il faut une journée pour la gravir, par un sentier étroit et serpentant , à l'ombre d’une des plus belles forêts de l’Orégon. Vers le coucher du soleil, nous atteignimes le sommet, où nous dressimes notre tente, à quelques pas d’un de ces immenses amas de neige, qui ”enveloppent perpétuellement les parties de

* cette haute chaîne, les moins exposées aux rayons ardents du soleil. Ici, une vue des plus magnifiques se déploya devant nous: l’horison s’étendait aussi loin que l'œil pouvait se porter... Une longue succession de montagnes et de rochers élevés déployaient à notre vue étonnée, leurs sommets étincelants et couverts de neiges. Le silence de ce vaste désert remplit le spectateur de sentiments indéfinissables ; la brise même se taisait, pour ne rien ôter aux charmes de cette perspective ravissante. Je n'oublierai jamais le magnifique spectacle qui s'offrit à moi , lorsque les derniers rayons du soleil couchant versaient tout leur éclat sur les splendides tableaux qui se suceédaient et se perdaient au loin dans l'horizon. Qui pourrait contempler cette sublime et belle nature, sans éprouver dans son cœur des sentiments de reconnaissance et d’adoration envers Celui, qui nous donne l'être, le mouvement et la vie! Toute la nature proclame le Seigneur, et choque créature se repôse à l'ombre de sa sainte Providence! |

Le versant Sud-Est de cette montagne est moine esearpé, et présente des pentes et des plateaux d'une riche verdure, ornés d’une grande variété de plantes et de fleurs, dont quelques-unes sont d’une rare beauté. Nous fûmes une journée entière à descendre. Ici comme sur le versant de l'Ouest, s'étend une forêt épaisse, dans laquelle sèr-

| — ‘209 — traversimes | pente la rivière de S' François Régis, bordée par des

us les bran- cèdres et des pins séculaires, et par des bosquets impéné-

génévriers, trables d’arbustes de toute espèce. Pleins des souvenirs les

courbés sur plus heureux, nous campâmes enfin sur les bords de la

a pied de la Rivière S* Marie; la pépinière de nos premiers travaux

ournée pour dansle Far-West.

it, à l'ombre Dans ma prochaine lettre, je me propose de vous don-

» le coucher ner des détails sur l’état actuel de nos premiers enfants en

us dressèmes Dieu : nos bons et chers Têtes-Plates. Je me recommande

nses amañde LS dans vos saintes prières.

é Later Fons Je suis avec un profond respect,

y se déploya Mon rév. et très-cher Père,

que l'œil pou- sit Votre très-humble et très-obéissant # | serviteur et frère en J.-C.

tonnée, leurs

P. J. DE SMET, S. 4.

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