‹ Missions de l'Orégon et voyages aux Montagnes Rocheuses aux sources de la Colombie, de l'Athabasca et du Sascatshawin en 1845-46 [microforme]Chapitre 49 sur 85 · LYS · texte numérisé non relu

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duisait aux pieds des autels, et lorsque plus tard ils pratiquaient régulièrement leurs devoirs religieux.

fs ont pris en cette occasion de bonnes et de pieuses résolutions, et les sentiments de dévotion qu’ils manifestaient pendant le service divin, témoignaieht quele germe de foi, si longtemps stérile an fond de leurs cœurs, y deviendrait fécond et produirait des fruits de salut, par la pratique des vertus chrétiennes. Vers le soir, j'ai baptisé trente enfants, avec toutes les cérémonies du Rituel.

De tout ce que ÿ ai vu et entendu des Pieds-Noirs, pendant les cinq semaines , que j'ai séjourné parmi eux, j'ai la ferme conviction, qu’une mission chez cette tribu aurait des résultats très-heureux et très-consolants pour la Religion. Assurément, c’est une œuvre remplie de difficultés et d'obstacles, et qui demande le zèle et le courage d'un apôtre; on doit s'attendre à une vie de croix, de privation et de patience : ce sont des sauvages dans toute l force du terme, accoutumés à décharger leur vengeance sur leurs ennemis et à se repaître de sang et de carnage ; ils sont plongés dans des superstitions grossières, qui abrutissent leurs âmes: ils adorent le soleil, la lune, et leur offrent des sacrifices de propitiation et de reconnaissance, Tantôt ils se font de profondes incisions et en recueillent le sang; tantôt ils se coupent des phalanges des doigts, et les présentent à leurs divinités en s’écriant: « Je te fais la charité, Apistotokio (Dieu, esprit), » en te donnant mon sang; fais-moi aussi la charité dans » ma course de guerre; et, à mon retour, je te ferais » hommage des chevelures que j'aurais arrachées à » mes ennemis. »

Malgré leurs cruautés et leurs abominables superstitions, une lueur brillante semble commencer à dissiper les ombres, sous lesquelles ces pauvres païens ont vécu durent tant de siècles. Déjà, l'année passée, le P. Point

m'écrivait à leur sujet : « Aujourd'hui, il est bien peu de Pieds-Noirs, même dans les plus méchantes tribus, qui ne soient persuadés que les Robes-Noires ne leur veulent que du bien. En voici quelques preuves:

» 4° La bonne réception: ils portèrent en triomphe la Robe-Noire, tombée entre les mains de 60 de leurs guerriers. 2 L’attention, avec laquelle ils ont écouté le Rév. M' Thibault, prêtre Canadien, qui en rencontra un grand parti, au Fort Auguste sur le Sascatshawin. 3° Le renvoi à S'° Marie du cheval du Missionnaire Tête-Plate, tombé entre les mains des Pieds-Noirs. 4° La co , que plusieurs ont témoignéeaux missionnaires, en plusieurs occasions remarquables. 5° Les visites amicales faites par eux aux Têétes-Plates, à la persuasion du vieux chef Nicolas (baptisé), et la résidence habituelle de plusieurs d’entr'eux au village de S'° Marie.

» Un fait arrivé tout récemment à S'° Marie, contribuera beaucoup, je l'espère, à développer ce germe précieux, Dans la nuit du 9 au 3 février, les chiens aboient; un coup de fusil se fait entendre; un morne silence y succède! C'est un voleur qu'on vient de blesser. Le lendemain, une large trace de sang, qu'on suit jusqu’à la rivière et qu'on ne retrouve plus ensuite, fait conclure, que le voleur a péri dans les flots; cependant trois jours après, George Tapine, étant allé à la chasse aux canards, le trouva dans un buisson, épuisé par une grande perte de sang et n'ayant plus la force de se soutenir, Tapine eut pu l’achever sur le champ, selon la coutume des sauvages; mais il préfère revenir au village, pour demander ce qu'il y aurait de mieux à faire: sitôt la nouvelle reçue, sans réfléchir, un grand nombre d'Indiens, comme s'il s'agissait de combattre une armée de Pieds-Noirs, montent à cheval et courent, les armes à la main, au lieu indiqué : le Rév. Père Mengarini en est informé par. Pelchimo et Ambroise Schilshellemela, deux Tétes-Plates vraiment

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bien peu de 8 tribus, qui leur veulent

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1 braves, qui regardaient comme une action indigne d'eux de tuer un mourant. Le Missionnaire songe à sauver une A âme; il a à peine exprimé le désir qu'il a d’instruire et de beptiser le moribond, que Pelchimo part en toute hâte pour l’arracher à la mort; au moment où il arrive, les suvages, le fusil en joue, n’attendaient que le signal pour faire feu: il ordonne de suspendre l'exécution, et, une heure après, le Pied-Noir, voleur et ennemi, est signé dans la loge du grand chef, avec tous les égards qu'on aurait eus pour un noble infortuné.

» Le père Mengarini, après l'avoir pansé et soigné luimême, lui parla de Dieu et de ses jugements: le malade ] répondit que c'était la première fois, qu’il entendait parlerdeces grandes vérités; cequi fit concevoir au Père l’espérance de sauver son âme, et de contribuer par là à l’accomplissement des desseins, que la divine Miséricorde semble avoir sur la nation. « Mes frères, » dit-il en s'adressant aux chefs qui y étaient présents, « voilà bientôt quatre »* années que les Robes-Noires sont avec vous. Tous les » jours ils vous ont répété: que le fils de Dieu est non- » seulement mort sur la croix pour tous les hommes, mais » encore, qu’il a pardonné à ses ennemis”et prié pour ses LA : bourreaux, afin de nous apprendre ce que nous aurions » À faire en pareille circonstance. Aujourd’hui, un de vos + ennemisest tombé entre vos mains. Souvenez-vous, qu'il * à une âme semblable à la vôtre, une âme rachetée au » prix dusang de Jésus-Christ, comme la vôtre; une âme » destinéecomme la vôtre , à chanter éternellement dansle » ciel ses divines miséricordes. Que voulez-vous qu'on | » fasse de cet homme? Dites, voulez-vous qu’il meure ou s qu'il vive! » « Qu'il vive! » répondirent d’une voix unanime tous les chefs. Charmé de leur compassion , la Robe-Noire ne songeait plus qu'à en témoigner sa reconmissance devant toute la peuplade; mais il apprit que quelques sauvages, étrangers et obscurs, sont d'un avis

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LES RACINES Dee

différent de celui des chefs; à eux alors il adresse ces paroles : « Pardonner à un ennemi, c’est imitér la conduite Æ leu » ordinaire de Dieu. Qui de vous n’a pas péché pendant Æ bent » sa vie?.... et le Grand Esprit ne vous a-t-il pas par- qu'on » donné jusqu'à présent? Mais si, au lieu d'oublier tant l'obje: » de fois nos offenses, il eût remis votre sort entreles Æ hey » mains de l'ennemi de vos âmes, où seriez-vous aujour- JE éspr: » d’hui? Mais non, il n’a pas agj ainsi à votre égard; au EL p. ] » contraire, il vous a envoyé les ministres de sa parole, Æ , 17, » qui vous préparent à devenir les enfants de Diet; ila Æ , va » promis le ciel à votre fidélité, à votre compassion pour Æ , des: » les malheureux. Peut-être a-t-il fait dépendre cette Æ , » grâce de la générosité, que vous montrerez envers cet Æ 4; » poul » tin

» ennemi. Aujourd'hui le sang de Jésus-Christ implore » miséricorde en sa faveur... Déjà les chefs ont parlé, ne » suivrez-vous pas leur exemple? Si vous refusez, enfoncez- » lui lc couteau dans le cœur... Mais dès ce moment, » cessez d'appeler Dieu votre Père. Cessez de lui dire: » Pardonnez-nous, comme nous pardonnons à ceux qui » nous ont offensés ; car il pourrait exaucer votre prière, » et ce serait pour votre malheur éternel. »

» Cette courte mais viveallocution fit une telle sensation, que ce fut dans l'auditoire un mouvement unanime d'approbation. Dès-lors il n’y eut plus dans le village de S" Marie, que quelques Indiens Serpents, qui ne partageassent pas les sentiments généreux des Têtes-Plates. Selpisto, le grand chef des Pends-d'Oreilles, se trouvait dans ce moment à S* Marie; il prit le voleur sous sa protection, lui prêta un de ses chevaux, lorsqu'il fut en convalescence, pour l'aider à faire une partie de sa route et regagner son pays; il redoubla même d'attentions pour lui, au moment où il reçut la nouvelle, qu'un de ses fils venait de tomber sous les coups d’un parti de Pieds-Noirs. Lorsque ce jeune homme fut rencontré per ce parti, il revenait, comme en triomphe, avec les chevaux des Pends-d'Oreilles, récem-

ment volés à S'° Marie et qu'il avait reconquis sur les

adresse ces

+r la conduite Æ voleurs; circonstance qui devait rendre sa perte doublebéché pendant Æ ment sensible à sa famille. Le retour du blessé, la grâce ‘ +il pas per- D qu'on lui a accordée, les soins et les bontés dont il a été d'oublier tant Æ fobjet, tant de vertus dont il a été le témoin, ont dù sort entreles Æ shever d'établir la bonne réputation de S'° Marie dans

Z-vOus aujourotre égard ; au »s de sa parole, s de Dieÿ; ila pmpassion pour dépendre cette rez envers cet hrist implore Pis ont parlé, ne fusez, enfoncezdès ce moment, de lui dire:

nons à ceux qui cer votre prière, |,»

netelle sensation,

l'esprit des Pieds-Noirs. « Je suis bien content, » écrivait le P. Mengarini, « que toute cette affaire se soit terminée » à l’amiable, car la suite montrera, je l'espère, que Dieu » n’a pas sauvé de la mort ce malheureux, sans des » desseins particuliers sur lui et surtout sur sa tribu: le » temps n'est pas éloigné, où ces pauvres sauvages rece- » :vront aussi la lumière de l'Evangile, et je me tiendrais » pour heureux, d’être du nombre des Pères qu’on des- » tinerait à cette mission. »

» À quoi les Pieds-Noirs sont-ils redevables de cet état d'amélioration , si consolant aux yeux des amis de la Religion et de l'humanité? Après Dieu, on peut dire sans æainte de se tromper, que c’est à la conduite que les Têtes-Plates ont tenue à leur égard, surtout depuis qu'ils oùt des Missionnaires: en voici encore un exemple. Le amp Tête-Plate était en marche pour rentrer à S' Marie, brsque, le 12 Mars , le Grand Chef Victor, arrivé sur le smmet d’une montagne qui domine une grande plaine, rarrête, regarde et découvre, presqu'à l'extrémité de l'horizon, quelque chose qui se remue. Tous ceux qui regardent avec lui s'imaginent d'abord , que ce sont des baffles; ensuite on se persuade que ce sont des biches; püis, en y regardant encore mieux, on voit clairement que ce sont des hommes; enfin on n'en doute plus, c'est un parti de Pieds-Noirs, armés en guerre. Que fera-t-on? Aussi trénquille que s'il ne s'agissait que d’une chose tdinéire, Victor se détache de la tête du camp, fait fre quelques sigrags à son cheval; aussitôt les braves seourent, on fait le prière; Victor s'écrie: du

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que les Pieds-Noirs se montrent là-bas, » eten disant ces mots, il montre du doigt une seconde montagne, qui couvre les Tètes-Plates; jamais position n'avait offert plus d'avantages. Les Pieds-Noirs étaient à gravir le versant opposé. Entre la montagne ei la chaine qui couronnait l'horizon, s’étendait une plaine immense et dans cette plaine, ni arbre, ni ravin, ni rivière, qui pût leur offrir le moindre rempart ; ils n'étaient que trente-sept, la plupart de nouvelle levée et tous à pied ; les Tètes-Plates au contraire, étaient à cheval et au nombrede cinquante, tous dans la force de l’âge, la plupart armés de fusils et conduits par des chefs, dont l’ombre seule eût mis en fuite plus d’ennemis, qu’ils n’en avaient en tête. Victor, leur commandant, n’a jamais été vaincu; et, chose vraiment prodigieuse, quoique six fois il se fût trouvé seul, environné de Pieds-Noirs, il n’a reçu aucune blessure; tant le ciel semble avoir pris plaisir à le protéger. Les Pieds- Noirs ne pouvaient donc pas leur échapper: tous les yeux étaient fixés vers l’endroit indiqué par le Grand-Chef; à chaque instant, chacuns’attendait à foir paraître l'ennemi.

« Victor juge qu'il y a periculum in mord : {l regarde le Missionnaire, montre un visage gai, lève son arme, pousse un cri, lance son cheval, vole au combat et tous ses braves à sa suite se précipitent comme un torrent. Les Pieds-Noirs les ont aperçus; à leur aspect ils jettent ce qui les embarrasse , et prennent la fuite; mais il n’est plus temps: se voyant serrés de près, ils cherchent à se rallier; les Tétes-Plates précipitent leur course; le cheval de Victor, blessé récemment, ne peut seconder l’ardeur de son maître, qui se voit devancé par plusieurs de ses compegnons. Fidèle, Ambroise, Isaac, Manuel, Ferdinand arrivent les premiers.

« Fidèle ne ditrien: maisson gard api signil la foudre (Teltella), parle pour lui. Shilshellem (Ambroise) se nomme, et à ce nom, qui fait pélir les Pie

» eten disantces Æ Noirs; il ajoute d'une voix terrible: « Ve tirez ‘pas; si e montagne, qui D ous tirez, vous éles morts. » Dieu parlait par sa bouche; n'avait offert plus D au lieu de tirer, lun des Pieds-Noirs pose son fusil'à gravir le versant terre : plusieurs lui tendent les bras. Le brave Ambroise e qui couronnait M ne peut leur refuser la marque de pardon qu'ils sollicinse et dans cette Æ tent: car il répugnait à son courage de se baigner dans le qui pôt leur offrir D sang d'un ennemi faible et vaincu, qui demandait grâce; rente-sept, la plu- Æ d'un ennemi, dont il avait si souvent demandé à Dieu la les Tètes-Platesau Æ conversion; d'un ennemi enfin, que Dieu ne livrait entre de cinquante, tous D leurs mains, que dans des vues de miséricorde : illeurtend ts de fusils et con- D la main à tous, et le ciel en ce moment, agissant sur le

ile eût mis en fuite n tête. Victor, leur

et, chose vraiment trouvé seul, envi eune blessure; tant

courage des autres, :l ne vint plus à la pensée de personne, de vaincre autrement que par la clémence. C'est au moment où un sentiment si chrétien remplissait tous les cœurs, que la Robe-Noire arrive, et tous les Pieds-Noirs à l'envi s'empressent de venir lui présenter la main. Les

rotéger. Les Pieds Æ chefs Pieds-Noirs étendent une peau sur la neige, l'in. pper: tous les yeux D vitent à s'y asseoir et se placent à ses côtés, pour lui faire r le Grand-Chef; à D tous les honneurs du calumet. Pendant que la fumée ir paraître l'ennemi. pecifique monte vers le ciel qu’elle réjouit, des présents,

mord: il regarde le E en harmonie avec les dispositions des cœurs, se font de ve son arme, pousst Æ part et d'autre. Le Missionnaire reçoit pour sa part de la

combat et tous 56 me un torrent. Les

ile jettent cœ te; mais il n'est plus \erchent à se rallier; se; le cheval de Viender l'ardeur de son urs de ses compt- Manuel, Ferdinand

main du plus vieux chef, qui s’est assis à sa gauche , une chaussure Indienne, remarquable en ce que la bordure environne une croix bleue en relief. Le pauvre idolâtre, pénse-t-il dans ce moment au quam speciosi pedes de l'Écriture ? Assurément non ; mais ce qui est bien certain, c'est que le plaisir du Missionnaire, en le recevant, disait sses pour être compris de tous, que leurs cœurs ne devaient plus en faire qu'un seul.

* « Le camp des Têtes-Plates s'étant remis en route, les Pieds-Noirs les suivirent, et, vu le mauvais état du chiemin causé par le dégel, les bons Têtes-Plates, pleins de compassion pour leurs nouveaux amis, leur prétèrent des x ou les prirent en croupe. Avant de quitter ‘le

camp, Victor les amena avec les principaux de leurs. gens dans la loge du Missionnaire, pour lui montrer, que, si l'on se quittait, c'était en bons amis; en effet, pendant une demie heure qu'on parla ensemble, il:ne fut question que des choses, les plus capables d’affermir l’amitié, dont on s'était donné des preuves. Les Pieds-Noirs dirent , que depuis longtemps ils attendaient une Robe-Noire; que, lorsqu'elle se présenterait chez eux, elle serait la bienvenue; que désormais eux et les Têtes-Plates ne feraient plus qu'un peuple de frères; « que la prière des Tétes-Plaies serait la leur, » ete.; et, bien que le soleil ‘fût déjà | couché, ils assistèrent à la prière; après quoi ils demandèrent à faire et firent à l'amiable de nouveaux échanges; enfin ils partirent, en disant qu'ils allaient engager leur village à faire comme eux. :

« Sept jours après le pardon si généreusement accordé aux Pieds-Noirs, le Ciel nous en montra clairement:les fruits, dans la visite amicale du Grand-Chef de la Petite: Robe, Pied-Noir, nommé Tchéttchétles Mélakax ou les trois Corbeaux. Tous les chefs fumèrent avec lui, sous la tente du Missionnaire. Ambroise, qui lui explique les principes de la religion chrétienne; Victor, qui l’invite à passer la nuit dans sa loge, achèvent de gagner son cœur, et le lendemain, le Pied-Noir en personne apprend au Missionnaire, que sa résolution arrêtée est de solliciter l'admission de ses vingt-huit loges dans la peuplade des Têtes-Plates ; ce qu’il exécutera, lorsque Le circonstances le permettront. »

Si l'on ajoute au recit du P. Point ce qui vost passé, depuis que je me trouve parmi eux, assurément il’est permis de concevoir les plus belles espérances, relativement à la conquête re de cette nombreuse peuplade (4). Pendant

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Les Pieds-Noirs sont divisés en cinq tribus principales NUL savoir : les Pégans, les Gens du so

ux de leurs gens

les cinq semaines, que j'ai séjourné parmi eux, ils ont été, aontrer, -que, si ça ne peut plus assidus et attentifs aux instructions que je n effet, pendant leur faisais , et ils semblaient écouter avec plaisir les vérités l'ne fut question D consolantes de l'Évangile. Permettez-moi, mon rév. Père,

nir l'amitié, dont oirs dirent, que obe-Noire; que, » serait la bienve- 8 ne feraient plus des Tétes-Plates e soleil fût déjà quoi ils demanuveaux échanges; ient engager leur

devous exprimer: mes inquiétudes sur . le sort futur :et probable de ces malheureuses tribus; il devient de jour en'jour plus alarmant. Quel avenir paraît les attendre? Les plaines où paissent les buffles, deviennent de plus:en plus désertes ; et à chaque saison de chasse, les différentes tribus indiennes se trouvent de plus en plus rapprochées. Il est probable, que les plaines de la Roche-Jaune, du Missouri jusqu'aux fourches du Sascatshawin, habitées aujourd'hui par les Pieds-Noirs, seront le. dernier refuge des-bufiles, avant dix ou douze années. Trouvere-t-on assez d'animaux sauvages, pour nourrir les eent mille :

eusement accordé | Indiens de cette région? Les Cries, les Assiniboins, les tra clairement-les % Serpents, les Banax, les Arikaras, les Sioux se rapprochent Chef de la Petite: D chaque année de ces plaines; ils se font à chaque ren-

Mélakazx ou les À contre une guerre à mort. Ces rencontres doivent se mul-

at avec lui, sous la i lui explique les tor, qui l'invite à

tiplier naturellement, et il est à craindre que le dernier des buffles ne soit disputé, dans un dernier combat, entre les restes infortunés de ces malheureuses tribus! ! Que faire pour prévenir de si grands malheurs? 1] faudrait une protection sincère et efficace de la part du gouvernement des États-Unis, contre tout ce qui peut être nuisible aux indigènes; des lois très-sévères ont été portées contre cux: qui débitent des liqueurs fortes parmi les Indiens :

Direots,. les. Surcies et les Gros-Ventres des Plaines. La tribe des Surcies’et celle ges rer tente, rlent chacune une langue à part &'éntièrement différente de ne ren Pisds-Nuirs.

il est à souhaiter , qu’on y tienne avee fermeté; c'est ‘un grand pas de fait en faveur des sauvages. Oh! ce serait le comble du bonheur spirituel et temporel de ces tribus, que de. leur accorder quelques missionnaires zélés, fervents, courageux : ils leur apprendraient à connaître et à servir Dieu, en même temps, qu'ils les initieraient. aux travaux ct aux arts , qui leur procureraient le nécessaire, l’utile:et l’agréable. Et leur haine mortelle contre la race, qui n’a cessé de les refouler et de les dépouiller, se changerait en des sentiments de bienveillance et de reconnaissance, .

:-En finissant cette lettre, permettez, mon rév: Père, de vous recommander d’une manière toute spéciale le salut des Indiens, dans vos Saints Sacrifices, et croyez-moi, avec le plus profond respect et l'estime la plus ps

Mon rév. et très-cher Père,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur et frère en J.-C.

P. J. DE SMET, S. 3.

Note tirée du journal d’un chasseur. On considère les Pieds-Noirs comme braves; cepéndant il y a eu .des rencontres, où quelquefois trois ou quatre blanes ont défait un grand parti Indien. Les Pieds-Noirs en grand nombre surprirent un jour trois chasseurs À castors, dont deux tombèrent morts , atteints de flèches; ils avaient manquéletroisième, qui, donnant de l'éperon à son coursier; perça les rangs sauvages et fut bientôt hors d'attéinte..... Quatre Indiens montés le poursuivirent à furent bientôt à la portée du chasseur; lui, avec.son fusil

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fermeté; c'est ‘un s. Oh! ce serait el de ces tribus, naires zélés, fert-à connaître et à s initieraient aux jent le nécessaire, lle contre la race, pouiller, se channce et de recon-

mon rév. Père, de le spéciale le salut es, et croyez-moi, la plus sincère,

de et très-obéissent

frère en J.-C.

SMET, S. 3.

- à deux coups, en mit deux par terre et continua sa fuite, Certains de prendre leur victime, maintenant que son arme à feu était déchargée, les deux survivants hâtèrent leur poursuite et, quelques instants après, ils se trouvèrent à la portée du pistolet. Le chasseur s'arrêta encore, déchargea son pistolet et tua le troisième. Prenant le second pistolet de sa ceinture, il allait renverser de même son quatrième adversaire; mais le sauvage effrayé s'enfuit avec la plus grande précipitation. Le chasseur le poursuivit; mais il était encore trop éloigné pour tirer, lorsque le Pied-Noir rejoignant ses camarades, leur criait: « Vite donc, fuyez! C’est la grande Médecine que nous avons poursuivie; déjà trois de nos guerriers sont morts, De quatre, j'ai échappé seul! Son seul fer à médecine a parlé deux fois, et ce fut la parole de mort; ensuite, avec son marche de pipe, il aenvoyé le troisième au pays desâmes; et, comme il ôtait son couteau de sa ceinture, pour mb tirer, j'ai précipité ma fuite, afin de venir vous dire de vous sauver! Fuyez done! C'est la grande médecine, qui vient de loin ! Fuyez, de peur qu’il nenous massacre tous! »

Suivant ce conseil, les sauvages effrayés s'enfuirent immédiatement dans la plus grande consternation, pour échapper aux mains de la grande Médecine!

Université de S' Louis, 4 Janvier 1847.

Mon RÉv. ET TRÈS-CHER PÈèRE EN J.-C. ;

Après avoir longuement délibéré sur les divers plans, qui pourraient être les plus utiles à la conversion et à la civilisation de ces tribus, il fut résolu, que, tandis que le rév. P. Point resterait parmi les Pieds-Noirs, pour y préparer les voies à un établissement et pour y continuer l'instruction et la conversion de ce peuple, je descendrais le fleuve jusqu’à S' Louis, afin d'informer nos supérieurs de l’état des Missions, de la nécessité d'augmenter le nombre des Missionnaires, et afin de plaider près d'eux la cause des Pieds-Noirs. Ce fut le 28 septembre que : je fis mes adieux à mon digne et zélécompagnon,, aux Messieurs du Fort et à leurs bons employés, qui tous m'avaient comblé de politesses et de bienfaits, ainsi qu'à ceux des Pieds-Noirs, qui étaient présents et n'avaient cessé de me donner des témoignages sincères de leur attachement. Notre départ fut salué par la décharge des canons du Fort

‘et d’un grand nombre de fusils. Au milieu de mille souhaits de bon voyage et de succès, nous lançames notre barque dans le courant rapide du Missouri, à neuf cents lieues flamandes environ de l'embouchure de ce fleuve. était midi lorsque nous perdimes le Fort de vue. Nous passämes bientôt la Rivière du Chantier et nous allèmes camper vingt-cinq milles plus bas, près de l'Ile à Bird. Le

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r les divers plans, conversion et à la que, tandis que le ieds-Noirs, pour y t pour y continuer ple, je descendrais mer nos supérieurs ité d'augmenter le ptembre que : je fis NON, AUX Messieurs qui tous m'’avaient ainsi qu'à ceux des n'avaient cessé de e leur attachement.

des canons du Fort milieu de mille goupus lançames notre ssouri, à neuf cents hure de ce fleuve. ll

jour suivant, tandis que nous passions entre deux.

de côteaux élevés et escarpés, où broutaient paisiblement plusieurs bandes nombreuses de Grosses-Cornesou Moutons suyages, un vieux daim, gros et gras, qui était venu boire sur le bord du fleuve, se laissa surprendre. Il tomba sous les coups du chasseur, première victime sacrifée à nos besoins sur le Missouri, Ses cornes avaient environ trois pieds de long et dix-huit pouces de circonférence ileurs bases. Les habitudes du mouton sauvage ne ressæmblent à celles d’aucun autre animal. Il choisit pour sa demeure favorite les-endroits les plus rudes des montagnes inaccessibles. Dans le froid de l’hiver, il descend dans une des nombreuses vallées, où la verdure du printemps se fane rarement, et, à mesure que la bonne saison favance, il remonte jusqu'aux sommets des monts, cou-: verts de neiges. Après avoir passé la. Rivière Maria et la Sableuse, d’où nous vimes, dans d'immenses plaines , dés troupeaux innombrables de bufiles, et où plusieurs :fois ksours gris se présentérent à la portée de nos balles; nous entrâmes dans une région très-remarquable, où les .formations de pierres jaunes à sablon se présentent sur les deux bords du fleuve, sous les formes et les crevasses les lus fantastiques, et fournissent aux imaginations, étonnées de tant de variétés, un vaste sujet de comparaisons. Figurez-vous des urnes de toutes les figures et de toutes ormes;.des tables rondes et carrées de toutes les dimenions; des tribunes entourées de piliers, le tout fantastiquement travaillé; des milliers d’excroissances de rochers, is les formes de gros et de petits champignons ; viennent msuite des autels avec leurs candelabres, des forts, des hâteaux et des villes en miniature. C’est parmi ces étranpes figures, que les rivières de l’Aigle, de Judith et du rien font leurs entrées dans le fleuve.

Le 4+ octobre, nous nous trouvâmes de grand matin lns l'endroit, appelé les Mauvaises Terres, d'où nous

sortimes vers le soir, pour aller camper dans la Grande Ile. Pour notre souper , nous eùmes les morceaux choisis d’un beau chevreuil à queue noire. Le lendemain, un grand . mâle de la même espèce fournit notre table rustique, dans l'endroit appelé la Mauvaise Anse, où nous passämes la nuit. Toute la région, parcourue aujourd’hui le long de la rivière, est rude, stérile et entrecoupée de ravins, Dens le courant du 5, #, 5, 6 et 7, nous passâmes successivement les Rivières Beauchamp, la Coquille, Puchet, la Grande Fourche sèche et la Rivière au Lait.

Pendant ces cinq jours, mes hommes ont tué sept belles biches, quatre vaches de buffle très-grasses, cinq outardes, un chevreuil à queue noire, un carcajou par amusement, car sa chair ne vaut rien ; et un ours gris par pure malice. Celui-ci nous en voulait pourtant; car ayant été frappé de deux balles, il s’élanca furieux d’une hauteur de vingt pieds , pour tomber dans notre esquif même et nous déchirer par représailles; heureusement, il manqua son coup et roula dans le fleuve, sans toutefois renoncer à « vengeance. Comme il nous suivait à la nage. mes deux hommes rechergèrent leurs fusils et le tuèrent à bout portant. L'ours gris est ici le roi des animaux ; tous reconnaissent sa suprématie. Le loup et le jaguar n'osent ni l'approcher, ni toucher à ce qui lui appartient , pas même à la carcasse de sa proie, qu'il a couverte de pierres et de terre. Il s’enfuit pourtant toujours, à la vue ou à l'odeur de l'homme: l'œil de l’homme exerce sur lui, comme sur tous les autres animaux, un pouvoir magique : rarement il attaque quelqu'un , à moins qu'il ne soit blessé, Lorsqu'il a été frappé d'une balle, il se précipite avec rage ven l'endroit d'où le coup est parti. Malheur alors au chasse qu'il rencontre, à moins que celui-ci ne soit bien préparé pour un combat à mort! Le carcajou est un animal qu ne se trouve qu'aux Montagnes-Rocheuses, au moins je

pense. Il paraît d’un genre particulier et participe de

æ eat dé mi uw qu cer leu cos l'al ten ss Al déi du ul

dans la Grande lle. À neture du loup et de celle de l'ours. 11 est d’une forces pro- >rceaux choisis d'un D digieuse

ndemain, un grand Les grands troupeaux de buffles sont invariablement

otre table rustique, D accompagnés ou suivis par des bandes de loups de diffée, où nous passämes JE rentes espèces. Les blancs et les fauves sont les plus jourd’hui le long de LE communs. Ils dévorent les carcasses des buffles qui

meurent de maladie, ou par suite de blessures ou d’acci-

recoupée de ravins, st dents; à leur défaut, ils en tuent à mesure que leurs

nous passâmes suc-

la Coquille, Puchet, JE besoins le demandent. Ils mettent beaucoup d'audace et de e au Lait. sagacité dans ces opérations rapaces et paraissent s’enten- Les ont tué sept belles D dre et.se concerter sur les moyens. D'abord, ils se postent

en file de distance en distance dans les endroits, où la victime est supposée devoir courir ; puis deux ou trois loups æ rendent au milieu du troupeau des buffles , en écartent leplus gras, et le chassent vers l'endroit où leurs compagoons l’attendent. La victime court alors entre deux rangées de loups. À mesure qu’elle s'éloigne, de nouvelles bendes joignent la chasse , jusqu’à ce qu’enfin fatigué ct épuisé, le buffle s'arrête et devient leur proie. Ils lui cssent d’abord le jarret pour prévenir son évasion, et le dévorent ensuite tout vivant.

D'eutres fois, ils ont recours à un stratagème encore plus wtucieux : ils poussent leur proie vers un endroit escarpé, w-delà duquel se trouve quelque profond ravin ou quelque précipice. Là, ils forment autour d'elle un demiœærcle, qu'ils resserreut continuellement ra redoublant leurs menaces et leurs hurlements. Le pauvre bufile, placé comme entre deux feux, hésite un instant à l’aspeet de l'abime; mais bientôt, étourdi par les cris et aux abois, il tente le seul moyen d'échapper à l'importunité de ses saillants, se précipite et tombe brisé au fond du ravin. Alors nos larrons y descendent à leur tour par des voies I détournées, et partagent ensemble le fruit de leur in-

… Le 8 octobre, nous nous trouvâmes en vue d'une tour

-grasses , cinq outarcarcajou par amusein ours gris par pure yrtant; car ayant été eux d’une hauteur de esquif même et nous ent, il manqua son utefois renoncer à st la nage. mes deux t le tuèrent à bout animaux ; tous recotr le jaguar n'osent ni appartient, pas même verte de pierres et de à la vue où à l'odeur percé sur lui, comm ir magique ; rarement » soit blessé. Lorsqu'il

cipite avec rage ven

bien remarquable, au milieu d’une belle plaine, dans le voisinage de la Rivière aux Pores-Epics. Plusieurs milliers de cornes de cerfs, entassées les unes sur les autres, forment cette bizarre construction. Je n'ai pu savoir, ce qui a donné lieu à l'érection de cet étrange monument, ni quandet par qui il a été érigé. Les bandes de cerfs et de biches sont ici très-nombreuses.

Le 9 et le 40, nous passimes la Rivière aux Trembles et la Grande Bourbeuse. Mes chasseurs continuent leurs ravages parmi les animaux. Ils ont tué un bœuf, seulement pour en avoir la langue, la bosse et les os pleins de moëlle, un ours noir fort gras (c’est le plus délicat de son espèce), un chevreuil à queue rouge, plusieurs canards et outardes, qui passent par milliers, se dirigeant vers ke Sud-Est et nous annoncent l'approche de l'hiver. Depuis notre départ du Fort Lewis, nous avons remarqué partout sur la rivière les travaux des castors. Ces animaux intéres sants et laborieux se multiplient beaucoup dans ces pareges, où les chasseurs les laissent tranquilles, pour éviter les partis de guerre, qui ne cessent d'y roder.

Le 44, nous arrivâmes au Fort Union, près de l’embouchure de la Roche-Jaune, à six cents milles du Fort Lewis: nous avons par conséquent fait environ cinquante milles per jour. Les messieurs du Fort nous recurent avec beaucoup de politesse et d'affabilité. Nous acceptâmes avec plaisir et reconnaissance l'hospitalité qu'ils «nous offrirent et nous nous reposâmes un jour, durant lequel j'ai baptisé cinq enfants Métis. Je partis le 43, avec mes deux compagnons. Les buffles se montraient de tous côtés en bandes; nous voyions des ours, des biches, des chevreuils, des cabris, à chaque détour de la rivière; il y a donc peu à craindre d’être exposé à jeüner, dans cette saison de l'année. Le 45,

notre désir d'avancer, malgré un vent violent, se troun tout-à-coup calmé par une vague qui remplit notre esquif,

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