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Après un heureux voyage de cinq jours, je m’embarquai à Vancouver, où j’eus le bonheur de rencontrer le P. Nobili qui, pendant huit mois, s’appliqua à étudier la langue des Indiens au milieu de l’exercice du sacré ministère parmi les catholiques du fort et les Indiens du voisinage. Ceux-ci furent décimés par uné maladie mortelle. mais heureusement ils eurent tous le bonheur de recevoir le baptême avant de mourir.
En remontant la belle rivière de Multonomat ou de Willamette dans un canot Tchinouk, je fusaccompagné par le P. Nobili jusqu’au village de Champois, qui est à soixante milles du lieu de notre embarcationet à trois milles de notre résidence de Saint-François Xavier.
Lorsque les Pères apprirent notre arrivée, ils vinrent tous au devant de nous. Nous fûmes heureux de nous trouver réunis après une longue saison d'hiver. Les pères italiens s'étaient narticulièrement appliqués à l’étude des langues. Le P. Rivalli, versé dans là médecine, rendit de très grands services aux habitants de la mission de Saint-Paul, car dans chaque demeure il y avait plusieurs malades. Le P, Vercruysse, à li demande de Monseigneur l’évêque Blanchet, ouvrit une mission chez les Canadiens qui étaient éloignés de Saint-Paul, et il réussit à leur faire élever une nouvelle église dans un lieu central. Le P, de Vos est ie seul de nos pères de Wiliamette qui parle l'anglais. fl consacre tous ses soins aux Américains dont le nom- “bre excède déjà quatre mille. I! y a là plusieurs familles catholiques, et nos frères dissidents semblent bie!
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Tee disposés; un bon nombre d’entre eux désirent vivement être instruits des vérités de la foi.
La religion n’a fait nulle part de plus grands proorès, et ne présente de plus brillantes espérances que dans le territoire de lOrégon. Le R. M. Demers, vicaire-général et administrateur du diocèse en l'absence de l'évêque, se dispose à bâtir une cathédrale en briques. Ilafait construire unejolie église aux Cascades de Wiliamette, où furent jetés il y a trois ans les fondements de la première ville de l’Orégon. Ce village naissant compte plus de cent maisons. Plusieurs terrains ont été choisis pour la fondation d’un couvent et de deux écoles. Une église catholique a été érigée à Vancouver.
Le couvent des sœurs de Notre-Dame avance, et sera le plus bel édifice de Willamette. L'église a quatre-Vingts pieds de long sur une largeur proportionnelle ; elle est sous l’invocation de la sainte Vierge. Les religieuses ont déjà cinquante pensionnaires. Le collége de l’évêque, dirigé par le T. R. M. Bolduc, est ci pleine prospérité, Le nombre des élèves s’est augmenté; quarante jeunes gens, la plupart métis, y recoivent une éducation chrétienne. Il y a quelques années une église fut élevée à Cowlitz;s les habitants se préparent maintenant à construire un couvent sous ia direction Gu R, M. Langlois.
Notre résidence de Saint-François-Xavier est ter- Huce; elle servira dorénavant de noviciat et de séminaire pour préparer les jeunes gens aux missions.
Des mesures, qui je l'espère s’exécuteront, ont été
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en prises par nos Pères pour que cette année soit consacrée à la visite des nombreuses tgus qui habitent la côte septentrionale de l'Océan Pacifique et le midi de la Colombia, La mission de l’évêque et de son grand vicaire a été suivie du résultat le plus fécond et le plus heureux. Mgr Blanchet écrivait en ces termes le 47 février 1822 à l’évêque de Québec. « Dieu a daigné bénir nos travaux et notre parole. Le nom adorable de Jésus a été annoncé aux nouvelles nations du monde. M. Demers dirige ses pas vers le fort Langley, sur la rivière du Frazer, où il administre le baptême à environ sept cents enfants. Plusieurs d’entre eux recueillent déjà les fruits précieux de la grâce régénératrice. »
Dans mes précédentes lettres, je vous ai donné les détails de nos missions dans les montagnes du Haut-Orégon ; de la conversion de deux tribus, les Têtes-Plates ei les Cœurs-d’Alène où Cœurs-Pointus ; de la première communion de ces derniers et de la Conversion de plusieurs Kalispels de la baie, qui eut lieu à ia fête de Noel.
Depuis l’année 1839, où la mission fut établie, jusqu'au mois de juillet 1845, les missionnaires du Canada ont baptisé trois mille personnes. Le nombre des catholiques qui résident dans les différentes stations de la compagnie de la baie d'Hudson, y compris les colons, s'élève à plusieurs centaines. Si nous y ajoutons les deux mille huit cent cinquante-sept personnes baptisées depuis 1841 dans les différentes missions des montagnes, nous aurions dans l'Orégon une
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Telsont été la ferveur et le zèle de ces pauvres Indiens que bien que privés de prêtres, ils ont bâti trois églises dans l'espérance qu'un nepapayattok ou père viendrait s'établir parmi eux.
I y a plusieurs catholiques dans les différents forts de ce pays. Les honorables messieurs de la compaguie de la baie d'Hudson, quoique protestants, s’intéressaient vivement à ces sauvages, et firent tout ce qui était en leur pouvoir pour faciliter l'entrée d'un prêtre dans ces domaines soumis à leur juridiction.
J'ai l'honneur d'être, Monseigneur, avec une prsfonde et respectueuse considération,
Votre très humble et obéissant serviteur en Jésus-Christ, P, J. DE SMET, S, J.
nr 4 — —
Baie de Kalispe', 7 août 1845, MONSEIGNEUR ,
Peu de jours après le départ du P. Nobili, qui obtint passage à bord d’une embarcation appartenant à la Compagnie de la baie d'Hudson, je quittai Saint- François-Xavier avec onze chevaux chargés de charrues, de bêches, de pioches, de faux et d’outils de charpentier. Mes compagnons étaient le bon frère Mcgil et deux métis ou créoles. Nous rencontrimes beaucoup d'obstacles et de difficultés dans les monlagnes, à cause des cascades et des torrents qui, dans cette saison, sont nombreux et tombent avec une indomptable furie sur les rochers que nous étions obliœés de traverser. Dans les étroites vallées situées entre ces montagnes le rhododendron déploie toute sa vigueur et sa beauté; il s'élève à une hauteur de quinze ou vingt pieds. Cet arbrisseau s'y trouve en telle quantité qu'on dirait d’une forêt dont les branches touflues, en s’entrelacant, forment de magnifiques arceaux verts, ornés d'une quantité innombrable de fleurs ravissantes, dont les couleurs varient depuis le blanc le plus pur jusqu'à lateinte la plus foncée du rose cramoisi.
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