‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 35 sur 108 · TERRE · texte numérisé non relu

TERRE

habitent la même région. Le porc-épics, ainsi que le castor, a une double peau ou fourrure; celle du premier est longue et douce; celle du second est encore plus douce et ressemble beaucoup au duvet ou au feutre. Ils ont tous deux à l’extrémité de l'os de la machoire deux défenses longues et aiguës. Les Têtes- Platesaflirmentquele porc-épics et lecastorsont frères. et racontent qu'anciennement ils demeuraient ensemble; mais qu'ayant été découverts fréquemment par leurs ennemis à cause de l’indolence, de la paresse et de l’'aversion des porcs-épics pour l’eau, les castors tinrent conseil, et décidèrent unanimement qu’ils se sépareraient des premiers. Ils profitèrent d’un beau jour, et invitèrent leurs frères piquants à une longue course au milieu des cyprès et des genévriers de la forêt, Les indolents et imprudents porcs-épics s’étant copieusement régalés des savoureux bourgeons des uns et de l’écorce tendre des autres, étendirent leurs membres fatigués sur la mousse verdoyante, et s’endormirent d’un profond sommeil.

1e fut en ce moment que les rusés castors dirent un dernier adieu à leurs parents porc-épics.

Les Assiniboins qui habitent les plaines sont beaucoup plus nombreux que leurs frères des montagnes : ils comptent à peu près six cents loges. Ils ont un grand nombre de chevaux, et les hommes en général sont plus robustes et d’une plus belle stature. Ils sont plus habiles au vol, plus grands buveurs, et sont perpétuellement en guerre. Ils chassent le buffle dans les grandes plaines situées entre le Sascatchawin, lt

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Les Crows, les Pieds-Noirs, les Arikaras et les Sioux sont leurs ennemis les plus acharnés. Ils parlent à peu près la même langue que les Sioux et ils ont la même origine.

J'ai l'honneur d’être avec le plus profond respect, Monseigneur, votre très humble et obéissant serviteur en Jésus-Christ.

P. J. DE SMET, S. J.

A. NE. D. G Fort des Montagnes, 5 octobre 1845.

MONSEIGNEUR

L'aspect du pays n'’offrit rien de bien intéressant pendant les quelques jours que nous voyageâmes avec le petit camp des Assiniboins. Nous traversâmes plusieurs vallées situées entre deux hautes chaînes de montagnes de diamant, dont les versants sont çà et là défendus par des remparts d’une neige éternelle. Une belle source limpide sort du centre d’un rocher perpendiculaire qui a environ cinq cents pieds de haut, et répand ensuite ses eaux écumantes dans la plaine qu’elle couvre de vapeurs.

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Le 29, nous nous séparâmes des Assiniboins; le sentier nous conduisit à travers une épaisse forêt de cyprès. On m'a dit que c’était la dernière. Deo gratias! Ces ceintures d'énormes sapins sont très nombreuses et présentent de grands obstacles aux communications du pays entre l’est et l’ouest des montagnes. J’ai un petit avertissement à donner à ceux qui désirent visiter ces latitudes. En entrant dans une forêt épaisse, il faut tâcher de se rendre aussi mince, aussi court et aussi resserré que possible, et imiter, dans toutes les circonstances, mais avec adresse et présence d'esprit, les différentes évolutions d’un cavalier pris de vin. Je dois ajouter qu’il importe qu'il sache comment il faut se balancer et se coller à la selle pour ne pas être arrêté par les nombreuses

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reraient ses vêtements et écorcheraient son visage et ses mains. Malgré toutes ces précautions, il est rare de sortir d’une forêt sans lui payer son tribut d’une façon ou d’une autre. Je me trouvai un jour dans une position singulière et critique. En essayant de passer sous un arbre, qui était incliné sur le sentier, j’aperçus une petite branche en forme de crochet qui me menaçait. Mon premier mouvement fut de me coucher sur le cou de mon cheval; mais la précaution fut inutile; la branche me saisit par le collet de mon surtout, et m'arrêta pendant que mon cheval continuait sa route. Me voyez-vous suspendu en l'air et me débattant comme un poisson pris à l’hameçon ! Plusieurs parties respectables de mon vêtement flottèrent pro-

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bablement longtemps dans la forêt, et témoignèrent d'une manière irrécusable que j'avais acquitté le péage en la traversant. Un chapeau froissé et déchiré., un œil poché et deux profondes égratignures à la joue, m’auraient plutôéi donné l'apparence, dans un pays civilisé, d'un bretteur sortant de la Forêt- Noire que d’un missionnaire.

C'est surtout lorsqu'il tombe une grande quantité de neige qu’une forêt devient difficile à traversers Nous eûmes ce bonheur narticulier dans notre dernier passage. Malheur aux piétons qui passent les premiers. Les branches s’affaissent sous le poids de leur fardeau et semblent répéter cette devise : .$2 tangas frangas ! Et pour peu que votre chapeau, votre bras ou votre jambe les touchent, une avalanche tombe sur le cavalier morfondu et sur le cheval. Aussitôt la branche se relève avec fierté et semble se moquer de vous. Dans de pareilles circonstances, ce qu'il y a de mieux à faire c’est de former une arrière garde, et de suivre les traces de celui qui ouvre la marche,

Le 27, en poursuivant notre route sur une des branches de la rivière à la Biche, (les cartes l’indiquent sous le nom de Red Deer) nous remarquâmes plusieurs sources sulfureuses qui fournissent une grande quantité de soufre , et une mine de charbon qui paraissait très abondante.

Je demande la permission de faire ici une petite digression. Le charbon abonde dans la partie orientale des Montagnes-Rocheuses , sur les bords du Mis-

souri et du l'ellow-Rock, du Sascatshawin et de l’Athabaska. Le salpêtre se trouve partout, et le fer dans plusieurs parties des montagnes. J'ai déjà parlé du plomb que fournit le pays des Kætenays; le nom de la rivière indique la richesse de la mine de cuivre qui se trouve au nord; on rencontre des barres de ce précieux métal parmi les rochers qui bordent la rivière. Le sel de roche est en poudre et abondant

dans le Pays-Serpent.

La vallée offre des sites variés et pittoresques qu'animent des troupeaux de moutons et de chèvres.

Nous trouvons plusieurs traces d'ours et de buffles ; à la vue de celles-ci, mes compagnons s’animèrent , car la chair de buffle cest sans contredit le mets le plus délicat que fournissent ces contrées. On nes’en fa-

tigue jamais. Jusqu'ici les animaux des montagnes

avaient largement pourvu à nos besoins, car les chasseurs ne tuèrent pas moins de dix-huit pièces, sans compter la volaille et le poisson qu’on trouve à foison dans ce pays. Le même soir vit finir nos provisions, et une chasse au buffle fut proposée pour le lendemain. Un des chasseurs partit de grand matin, et nous le vimes revenir à l'heure du déjeuner avec une vache grasse ; aussitôt les côtes, les tripes, etc., honorèrent le feu de leur présence. Le reste de la journée fut consacré à chercher des provisions fraîches.

Le 30, nous continuâmes notre route à travers la vallée où serpente un petit ruisseau limpide. Elle ressemble à toutes les autres vallées occidentales des montagnes, où les prairies, les lacs et les forêts n'en-

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tre-mêlent agréablement. La vallée s’élargit à mesure qu’on s’avance ; les rochers qui la bordent disparaissent, les montagnes décroissent et semblent se confondre insensiblement les unes avec les autres. Quelques-unes sont couvertes de forêts jusqu’à leursommet, d'autres sont d’une forme conique, ou ressemblent à des remparts élevés qu’orne une riche verdure.

Après avoir mis dix-neuf jours à traverser la grande chaîne des montagnes, pour aller à la poursuite des Pieds-Noirs, nous entrâmes le 4 octobre dans la grande plaine , cet océan de prairies qu'habitent une multitude de sauvages nomades plongés dans la plus profonde superstition. Les Pieds-Noirs, les Crows, les Serpents (Arikaras), les Assiniboins des plaines, les Sheyennes, les Camanches, les Sioux, les Omahas, les Ottos, Les Pawnees, les Kants, les Saucs, les Ajouas, etc. , etc. , sont sans pasteurs. Nous espérons que la divine Providence ne différera pas le moment où les ténèbres qui enveloppent ces immenses régions feront place à la bienfaisante lumière de l'Evangile ; que de dignes et zélés prêtres viendront guider dans les chemins du salut ces pauvres et malheureux enfants du désert, qui pendant tant de siècles ont gémi sous l’empire du démon, et parmi lesquels les cris de guerre et de carnage n’ont cessé de retentir. Ici, nous l’espérons, régneront à leur tour la paix et la charité chrétienne; et le parfum de l'amour divin et les hymnes de reconnaissance s’élèveront vers le vrai Dieu.

Le digne évêque de Juliopolis a établi son siége sur la rivière Rouge, tributaire du Winnepeg , parmi les 6*

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possessions des Anglo-Indiens. Déjà deux de ses zélés missionnaires, les révérends MM. Thibault et Bourassa, ont pénétré jusqu'aux pieds des Montagnes-Rocheuses, pendant que d’autres prêtres infatigables s'efforcent depuis plusieurs années d'étendre le royaume de Dieu dans cet immense diocèse. La population de Red-River, (Rivière Rouge), est d’environ cinq mille cinq cents âmes, dont trois mille cent soixante-quinze sont catholiques. IL y a sept cent trente feux. J’eus l'honneur de recevoir à mon arrivée dans ce pays une lettre du R. M. Thibault, qui me dit:

« Depuis le mois de mars jusqu’au mois de septembre dernier j'ai travaillé parmi les peuplades des montagnes qui sont bien disposées à embrasser la foi, Je ne puis vous donner une meilleure idée de ces peuples

qu’en les comparant aux Têtes-Plates. J’ai baptisé plus -

de cinq cents enfants et adultes Gars le cours de cette mission. Aussitôt que ie trouverai un convoi d’eau, je continuerai mes travaux Jarmi les bons sauvages et je m'étendrai jusqu’à la rivière Mckensie. Il ya ici uneriche mission pour plusieurs ouvriers évangéliques. car cette nation est populeuse, et occupe une vaste étenaue de territoire; je ne parle pas de plusieursautres peuplades que j'ai visitées cet été. Venez à nous, nous disent-ils; nous aussi nous serons heureux d'apprendre les bonnes nouvelles que vous avez portées à nos frères des montagnes, ayez pitié de nous, car nous ne connaissons pas la parole du Grand-Esprit; soyez charitables, et venez nous apprendre le chemin du salut : nou s écouterons docilement vos enseignements.

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« Mon collaborateur Bourassa partit au mois de septembre pour annoncer l'Evangile aux Indiens qui résident près de la rivière de la Paix. »

C'est à partir du lac Sainte Anne ou Manitou, qui est la résidence ordinaire de ces deux messieurs, que ceux-ci dirigent leur course apostolique vers les différentes tribus situées sur les rivières Athabaska et Mikensce, la rivière de la Paix et le lac Esclave.

C'est dans l'étendue de ces limites parcourues par les missionnaires que se trouvent les Pieds-Noirs , les crees, les Assiniboins de la forêt et des montagnes , les Chasseurs de castor, les Chiens à ventre plat, les Esclaves et les Peaux de daim. (C’est sous ces noms que les différentes tribus d’Indiens sont connues des blancs et des voyageurs. )

Le grand &istrici indien des États-Unis est le seul {s'il m'est permis de le dire) qui soit privé de secours spirituels et de moyens de salut. Il contient plusieurs centaines de mille de sauvages. Ce vaste territoire est borné au nord-ouest par les possessions anglo-indiennes, à l’est par les États de l’ouest, au midi par le Texas et Mexico, à l’ouest par les Montagnes-Rocheuses. Il possède plusieurs forts ou maisons de commerce dont le plus grand nombre des employés sont des catho'iques canadiens ou des créoles français. Les principaux de ces forts sont : le fort des Corbeaux ou Alexandre, sur le Yellow-Stone; le fort la Ramée, sur une branche de la rivière Plate; le fort Osage, sur la rivière du même nom; le fort Pied-Noir ou Louis , à l'embouchure de ia rivière Maria; le fort de

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l’Union près de l'embouchure du Yellow-Rock (Roche

Jaune), le fort Berthold, le fort Mandan ou Clark, près

de l'embouchure du petit Missouri; le fort Pierre, le fort Look-Out et le fort Vermillion, à l’'embouchure de cette rivière. Les autres maisons ou comptoirs se trouvent chez les Pottowatomies de Council- Bluffs et de Belle-Vue, dans le pays des Ottos et des Pawnees. Le grand dépôt qui fournit ces forts et recoit toutes les fourrures et les peaux de bufile est à Saint-Louis.

Monseigneur Loras, évêque de Dubuque, a envoyé deux prêtres chez les Sioux qui habitent les bords de la rivière de Saint-Pierre, tributaire du Mississipi.

La Société de Jésus a une mission parmi les Pottowatomies du Sugar-Creek, qui verse le torrent de

ses eaux dans la rivière Osage. Les dames du Sacré--

Cœur ont un établissement ici. Pendant l’été de 1841, la noble madame de Galitzin, provinciale de l’ordre en Amérique, visita cette partie de la contrée, dans le but de fonder , parmi ces rudes sauvages, une maison d'éducation. Les pauvres enfants du désert ont le bonheur d’y être instruits des vérités de la foi , d’être formés aux habitudes de travail et de propreté, et acquièrent des connaissances convenables à leur état; ces deux missions sont établies près des frontières des Etats, et sont les seules qu’on trouve dans cet immense territoire.

Le Haut Missouri et tous ses affluents jusqu'aux Montagnes-Rocheuses sont dénués de tout secours spirituel. Partout où un prêtre a passé en traversant

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Roche Mie désert, il a été reçu à bras ouverts par les tribus K; près : qui errent dans ce pays ; hélas! trop longtemps ou- Pierre, Li blié et négligé.

mbou- À | J'arrivai le soir du 4 octobre au fort des Monta-

cOMpPp- ÀÆ g ‘mes , appartenant à la compagnie d’Hudson-Bay, uncil- sans avoir rempli le but de mes voyages et de mes et des .œ œux, particulièrement en ce qui concerne les Piedsrecoit “ \oirs. Le respectable et digne commandant du fort, esta LE \w. Harriot, anglais d’origine, est un des plus aima- Lbles gentilshhommes que j'aie jamais rencontrés. Il

nvoYyÉ P invita et recut sous son toit hospitalier un pauvre bords P#missionnaire catholique et étranger, avec une poli- Sissipi. 3 tesseetune cordialité vraiment fraternelle. Ces qualités s Pot- | fcaractérisent tous les Messieurs de la compagnie ent de | 4d'Hudson-Bay, et bien que M. Harriot soit un protes-

| Miant, il m'engagea à visiter les Pieds-Noirs qui devaient bientôt arriver au fort, me promettant d’user de toute son influence auprès de ces sauvages pour

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1841, ‘ordre

dans }n'obtenir une amicale réception. Il a demeuré plu- , une “sieurs années au milieu d'eux; cependant il ne me lésert |} ‘dissimula pas que je serais bientôt exposé à de grands a foi, dangers. 1 Nous sommes dans la main de Dieu ; que sa preté, sainte volonté soit faite.

à leur 1 Je suis avec le plus profond respect et une haute fron- considération, Monseigneur, votre très humble et bdans À jobéissant serviteur en Jésus-Christ. P. J. DE SMET, S. J. ,

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Fort des Montagnes. 30 octobre 1845, MONSEIGNEUR , Une bande d’environ vingt Crces, campés près di arrivée, La joie que ma présence semblait leur causer prouvait que je n'étais pas le premier prêtre qu'ik

avaient vu. De plus la piupart d’entre eux portaient! des médailles et des croix. fs m’apprirent qu'ils avaiert |

été assezheureux pour avoir une Robe noire (le révi-} :

rend M. Thibault), qui leur apprit à connaître eti servir le Grand-Esprit, et baptisa tous leurs petit] enfants, à l'exception de trois qui ne se trouvaient px là. Ceux-ci me furent amenés, et je leur administrai le! baptême, ainsi qu'à un de mes guides, qui était ur Kœætenay. Je leur donnai chaque soir des instruction pendant leur séjour au fort.

Deux Crees, de la même bande et de la même fmille, le père cet le fils. avaient été tués dans un querelle, il y a deux ans. La présence du parti vair: queur, qui avait lieu pour la première fois depuis li! perpétration du meurtre , ralluma dans les autres ct!

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Avec l’assentiment de M. Harriot, je les rassemblai

: tous dans le fort. Le gouverneur eut la bonté d’être ; lui-même mon interprète. Je fis un long discours sur . l'obligation et la nécessité d’en venir à une réconcilation sincère. Le sujet fut discuté dans les formes ; Î chaque Indien disait son avis à son tour, avec un bon “sens et une modération qui me surprirent. J’eus le plaisir et la satisfaction de voir le calumet faire le tour de l'assemblée. C’est l'assurance solennelle de | la paix, le gage de la fraternité indienne, la déclara- “tion la plus formelle de l’entier oubli et du pardon “sincère de l’injure. La nation Cree est considérée | comme très puissante, et compte plus de six cents Wigwams (1). Cette tribu est la plus redoutable enne- 2 mie des Pieds-Noirs, et empiète continuellement sur

le territoire de ses adversaires : l’année passée elle

+ emporta plus de six cents chevaux. Les limites actuelles du pays qu'ils traversent s'étendent depuis les

| Yiontagnes-Rocheuses , entre les deux fourches du } Sascatshawin , jusqu’à une petite distance au dessous

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