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en cent, en mille. C'est une soupe composée d'ingrédiens qu’il est impossible de deviner.
Mais passons du matériel au personnel; quelles étranges figures! Des faces couvertes de couches épaisses de graisse et de saleté, des têtes qui n'ont jamais senti un peigne; des mains! mais quelles mains! une véritable paire « de tourne-broches qui font tout métier,» remplissant dans une succession rapide les fonctions variées de peigne, de mouchoir de poche, de couteau, de fourchettes et de cuiller, Pendant que les Indiens mangent, cette action est fortement indiquée par le craquement et par les sons discordants qui sortent du nez, de la bouche, du gosier, etc. ; le seul souvenir de ce spectacle est capable de rendre une personne malade. Ainsi, vous pouvez vous faire une idée de leurs misères personnelles, qui ne sont hélas! qu’une bien faible image de misères d’une autre espèce qui sont infiniment plus hideuses. Car que dirai-je pour essayer de vous dépeindre leur condition morale ! Il règne parmi la plupart d’entre eux une sorte d’idolâtrie superstitieuse (appelée médecine ou jonglerie), qui rend hommage aux plus vils animaux ; une dépravation de mœurs qui ne connaît d’autres liens dans le mariage que le caprice du moment; une passion véhémente et désordonnée pour la danse qui se prolonge jusqu'à la nuit; une fainéantise dont rien ne peut les tirer que l’amour du jeu ou les sollicitations énergiques de la faim; enfin ils sont adonnés aux plus viles habitudes de 13 gloutonnerie, de la dissimula-
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— A91 — bon. etc. Telle est la misérable condition des paues tribus sauvages disséminées le long du Colombia; ais au milieu de toutes ces misères, on trouve heueusement un trait de rédemption, un désir constant dc découvrir quelque puissance supérieure à l’homme. Cette disposition rend ces peuples très attentifs au bhoindre mot qui semble leur apporter la plus légère onnaissance de l’Être suprême; de là la facilité Mrec laquelle ils croient tout ce qui ressemble à la darole de Dieu.
À Je suis, trèsrévérend et cher Père, votre très hum- | le et obéissant serviteur.
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Fa P. J. DE SMET, S, J.
——"“pñp(——— A. M. D. G.
| j Saint-Ignace, près de la baie de Kalispel, 26 juillet 1846.
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é Très Révérend et cher Père Provincial,
. Le huitième jour après mon départ du fort de Van- Houver je débarquai sain et sauf à Walla-Walla, avec ks objets destinés aux différentes missions. En peu *e jours tout fut prêt, et après avoir remercié l’exfellent et dévoué M. Mecbride, le surintendant du dort, qui me rendit tous les bons offices possibles, nous Dous trouvâmes bientôt sur le chemin des montagnes.
Nous conduisions une bande de mulets et de chevau: à travers une plaine aride et sablonneuse, couverte de touffes d'herbe et d’absinthe. Nous fimes à peu pr seize milles, et campâmes la nuit dans une belle petite prairie arrosée par la rivière Walla-Walla, où nou trouvâmes de l'herbe en abondance pour nos ani. maux. On déchargea aussitôt ces pauvres bêtes, et on les laissa libres de paître à loisir; nous fimes ensuite un feu sur lequel nous posâmes le chaudron du camp, nous disposâmes le lit, qui consistait en une peau de buflle, et nous fumâmes ensemble et amicalement une pipe à la manière des Indiens, pendant que le souper se préparait. Nous nous trouvâmes chez nous et parfaitement à l’aise en moins d’un quart d'heure. La soirée était belle, et le ciel sans nuage; nous dormimes d’un sommeil profond et réparateur qui nous permit de partir dès l’aube & jour. Il nous fallut marcher un jour entier avec nos animaux bâtés dans une plaine ondulée, avant d'atteindre la rivière tranversale des Nez-Percés ou fourche de Lewis qui prend sa source dans l'angle des Montagnes-Rocheuses etneigeuses, entre le A2°et le Añ° degré, près des sources occidentales des rivières Rio-Colorado, la Plate, le Yellow-Stone et le Missouri. Son cours occidental jusqu'aux Montagnes- Bleues, et sa direction septentrionale jusqu’à ce quil rejoigne le Colombia avec ses principaux tributaires, vous sont suffisamment connus par les amples descriptions que j'en ai faites dans mes précédentes lettres, Nous trouvâmes environ une douzaine de
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| loges indiennes appelées les Palooses, qui forment une } portion de la tribu des Sapetan ou Nez-Percés. Nous ! nous procurâmes ici chez les Indiens quelques sau-
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pe” PE ! mons frais pour lesquels nous leur donnâmes en Lee petite | échange d’amples provisions de poudre et de plomb;
4 ani Ë | mais comme l’herbe était fanée et rare, et que nous
DOS A D ions quelque lieu de croire que ces Indiens étaient veies dE | LE nclins au vol, nous primes le parti de poursuivre ous fimes Ë notre route jusqu’à une distance de huit ou dix milles, cAUUr À et nous campâmes assez tard dans la soirée sur la ait en CR rivière Pavilion. La plaine des Nez-Percés et des Spo- CU D res est au moins à mille pieds au dessus du lit de s pensal hrivière. Elle est aride, pierreuse, inégale, couverte trouvàämes
de mamelons et d'herbe à fourrages, de poiriers . sauvages et d’absinthe. Les formations basaltiques et : volcaniques qu’on voit dans toute cette contrée sont
noins d’un »e ciel sans
sAPU à » réellement merveilleuses. Nous avons souvent passé l'aube UD des étangs et des petits lacs encaissés entre des WEC TO D remparts de roches basaltiques; ces immenses rancu dat: À gées de colonnes noires et brillantes sortent du sein cés ouh En plaine et s'étendent à une distance de plusieurs ps l'angle D Lines ; on dirait des forts, d’antiques cités et des châle 7 L teaux ruinés. Nous campâmes plusieurs fois près de a À petits mais jolis lacs que sillonnaient un grand nom-
‘bre de canards et d’oies, suivis de leurs couvées. Les | Indiens viennent dans ces régions pour y chercher des racines amères et le camash qui y abondent. [Dans chacun de leurs anciens campements nous : trouvions une grande quantité d’écailles de tortues de | prairie, ce qui prouve que ces animaux y sont en très
pntagnesce qui ix tribus amples scédentes aine de