‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 55 sur 108 · LE · texte numérisé non relu

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commencèrent à bâtir dans le lieu destiné à être Réduction de Saint-Ignace, et à labourer les terres,

Le jour de l’Ascension de la même année, le P. He. cken administra le baptême à plus de cent adultes Dans la dernière visite que je leur fis au mois de juillet dernier, ils avaient déjà construit quatorze loges et une large grange où était préparé le bois pour l’érection d’une église, et entouré d’un fort rempart trois cents acres de champs de blé. Tout le monde dans le village, hommes, femmes et enfants, s'étaient mis joyeusement à l’œuvre. Je comptai trente bêtes à cornes. Les squaws (les femmes) avaient appris à traire les vaches et à faire le beurre. Ils avaient quelques pourceaux et quelques volatiles domestiques. Le nombre des chrétiens a doublé depuis la fête de Noel 1844. Un moulin à farine et une scierie, quelques charrues de plus avec d’autres instruments d’agriculinre et des outil de charpentier, seraient nécessaires dans le village de Saint-Ignace. Tout est à commencer chez ces pauvres et bons Indiens, qui implorent notre concours et notre assistance que nous leur accordons autant que nous le pouvons.

Déjà un appel à été fait aux chrétiens généreux cl charitables, et il m’est doux de dire que cet appela trouvé un écho dans le cœur des amis des Indiens, ce qui nous à mis à même d'élargir nos opérations de mission. Je ne dois pas omettre d’ajouter que les prières reconnaissantes des Indiens s'élèvent chaque jour vers le trône du Tout-Puissant pour appeler les bénédictions du ciel sur leurs bienfaiteurs. En 18/45

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Je suis, avec un profond respect et estime, Madame, » votre très humble et obéissant serviteur.

P. J. DE SMET, S. J.

— "tt A. M. D. G

Vallée de Sainte-Marie, 10 août 1846.

Très Révérend et cher Père Provincial,

Le 27 juillet, je fis mes adieux au P. Hæcken et à

» son intéressant petit troupeau, composé d’environ | cinq cents Indiens. Deux Kalispels et quelques Cœurs- » d’Alène, qui étaient venus à ma rencontre, m’accompagnèrent. Le temps était beau, et notre route tout à » fait libre de ces obstacles si incommodes aux voyageurs des. montagnes. Vers le milieu de la journée nous arrivâmes à un beau lac entouré de collines et à

L une épaisse forêt de mélèzes. Je l’ai nommé le lac de Nef, pour témoigner ma gratitude envers un des plus grands bienfaiteurs de la mission. Il unit ses eaux lim-

: pides à celles de la rivière Spokane, au moyen d’un » étroit passage qui forme un beau rapide, appelé le L torrent Tournhout.

Le lendemain, le soleil se leva majestueux et présageait une journée agréable; mais ces belles appa-

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rences disparurent graduellement sous d’épais nuage de mauvais augure, qui en peu de temps voilèrent | ciel, et versèrent de tels torrents de pluie que ton nos vêtements furent aussi complétement trempés qu si nous avions traversé une rivière à la nage. Arri au pied des grands rapides, nous traversâmes la rivière Spokane, puis nous arpentâmes une plaine étendu agréablement entrecoupée de bosquets de pins. À nous campânes vers le coucher du soleil près d'un fraiche fontaine. Une courte description de nos can:pements pendant les temps pluvieux ne sera pas di-b placée ici. On dresse la tente à la hâte et l'on jettele selles, les brides, le bagage, etc., dans un lieu couvert On coupe une grande quantité de branches de mélèz ou des broussailles dont on couvre le coin de terr qui doit vous servir de lit. On apporte pour la mi autant de bois sec qu’on en peut trouver, et l’on fai un feu à rôtir un bœuf, Lorsque ces préparatifs son terminés, on s’occupe du repas (qui sert à la fois de diner et de souper), et qui consiste en farine, racine de camash et graisse de buffle, qu’on jette dans ui grand chaudron presque rempli d’eau. L’énorme chàleur du brasier obligeant le cuisinier à se tenir à unt distance respectueuse, il se sert, en guise de cuiller i

pot, d’une longue perche pour remuer le content.

jusqu’à ce qu'il ait acquis la densité convenable. I

subit alors une vigoureuse attaque, qui est faite d’a-

près une coutume vraiment singulière. Nous étions at

nombre de six, et nous n’avions qu’une seule cuiller: mais la nécessité suppléa bientôt à ce qui manquail

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