‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 57 sur 108 · TR · texte numérisé non relu

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d'une riche verdure et ornées de plantes et de fleurs variées. Il nous fallut aussi un jour entier pour descendre cette chaine. Nous arrivâmes ensuite à une forêt, sœur jumelle, si je puis m'exprimer ainsi, de celle que je viens de décrire. Ici, la rivière Saint-François- Régis fait mille circuits à travers d'innombrables cèdres chenus, de pins et d’impénétrables buissons de toute espèce. Enfin nous campâmes avec le plus grand bonheur sur les bords de la rivière Sainte-Marie, dans la vallée des Tôtes-Plates, théâtre de nos premières opérations de missions dans les contrées occidentales.

Dans na prochaine lettre, je me propose de vou donner queiques détails sur la condition actuell de nos premiers enfants en Jésus-Christ, les bon et obligeants Têtes-Plates. Je me recommande à vo bonnes prières, et suis avec un profond respect, ré: vérend et cher Père, votre très humble serviteur et frère en Jésus-Christ.

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Lettre du R. P. Point, missionnaire de l'Orégon.

Village du Sacré-Cœur de Jésus, 1845. ©

Notre Révérend Père,

J'ai appris, par des lettres venues d'Europe. que vous portiez toujours le plus vif intérêt à la mission des Rocky-Mountains, d’où j'ai conclu que vous ne seriez pas fâché que je vous misse au courant de ce qui regarde la peuplade dont j'ai été spécialement chargé, ce que je ferai d'autant plus volontiers qu’en vous faisant part des détails édifiants que je connais. je vous mettrai entre les mains une nouvelle preuve } de la vérité que vous aimez tant à répandre. Oui, aujourd’hui peut-être plus que jamais, c’est à la dévo- | tion au saint cœur de Jésus et au cœur immaculé de : Marie que les pasteurs des âmes doivent leurs plus | douces consolations ; du moins, ce qui est bien sûr, , nous leur devons les nôtres. Tous les jours nos | sauvages invoquent ces trésors de bonté, et voilà ce qui explique les merveilles dont nous sommes témoins.

Mon Révérend Père, vous connaissez l’histoire des

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Têtes-Plates; assurément leur conversion a bien de quoi faire ressortir les richesses infinies de la divine miséricorde ; cependant je ne crains pas de dire que celle des-Cœurs d’Alène y est plus propre encore. Qu’étaient ces pauvres sauvages il n’y a pas un quart de siècle? Des cœurs si durs, que, pour les peindre au naturel, le bon sens de leurs premiers visiteurs n'a pu trouver d’expression plus juste que le singulier nom qu'ils portent encore aujourd’hui; des intelligences si bornées, que tout en rendant un culte divin à tous les animaux qu’ils connaissaient, ils n’avaient aucune idée du vrai Dieu, ni de leur âme, ni à plus forte raison d’une vie à venir; enfin une race d’hommes si dégradée qu’il ne leur restait de la loi naturelle que deux ou trois notions fort obscures; encore presque tous s’en éloignaient-ils dans la pratique : car, si j'en crois la réputation qu’ils s'étaient faite chez les peuplades voisines, ils étaient loin d’être des modèles de droiture, de probité, encore moins de charité. Aujourd’hui quelle différence ! Je ne dirai pas, mon révérend Père, qu'ils soient parfaits sous tous les rapports; non, ce serait une exagération dont toute personne sensée relèverait la maladresse ; mais ce que je dirai sans craindre d’être démenti de mes confrères, c’est que, mettant de côté quelques défauts qui tiennent au caractère, et dont nul converti ne se défait jamais entièrement, ou à l'éducation, et qui n° se corrigent que par elle et à la longue, on peut dire que les Cœurs-d’Alène d’aujourd'hui sont de vrai croyants. des hommes craignant Dieu, et qu'avec ui

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peu plus d'amour ou d'habitude du travail, la docilité, l'humilité, la piété, la résignation, la patience, la charité, et même le zèle dont ils donnent tous les jours de nouvelles preuves, ils feraient des chrétiens dignes d’être comparés à ceux de la primitive Église. Il n’y à que deux ans que la croix a été plantée sur leur terre, et tous ceux qui sont en âge, à fort peu d'exception près, ont déjà eu le bonheur de faire leur première communion, cérémonie sainte qui à été précédée, accompagnée et suivie de tant de bénédictions, que <’est à vous en retracer les principales circonstances que je consacrerai cette lettre; mais avant d'entamer ce beau sujet, il ne sera pas inutile que je vous dise un mot de la manière admirable dont ils ont été tirés de l’abime de misère où ils étaient plongés.

Vers le temps où de nombreux missionnaires tournaient leurs regards vers les régions occidentales du nouveau monde, il y a de cela environ quinze ans, un jour chez les Cœurs-d’Alène la nouvelle se répandit « qu’il y avait un Dieu, que ce Dieu, auteur de « {out ce qui est, outre la terre que nous voyons, « avait fait deux choses que nous ne voyons pas : une « bonne place pour les bons, appelée le ciel; une « mauvaise place pour les méchants, appelée l'enfer; « que le fils de ce même Dieu, en tout semblable à « Son père, voyant que les hommes couraient tous « dans le mauvais chemin, était descendu du ciel pour « les remettre dans le bon; mais que, pour le faire, ik « avait fallu qu’il mourût sur une croix. » Ces vérités,

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