‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 9 sur 108 · IT · texte numérisé non relu

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A. M. D. Fe °

Sainte-Marie de Willamette, 9 octobre 1841.77

Mon cher Frère,

Nous aperçûmes les côtes de l’Orégon le 28 juillet, après une fastidieuse navigation d'environ huit mois. Avec quels transports de joie nous revimes ces bords si désirés ! Quelles actions de grâces s’échappaient de nos cœurs et de pos lèvres ! Nous entonnâmes tous la

i magnifique hymne de reconnaissance, le Te Deum. Mais ces moments de bonheur ne furent pas de longue

durée ; bientôt leur succéda une profonde inquiétude à l’idée des dangers qui nous attendaient ; nous approchions de la Colombia. L'entrée de cette rivière est difficile et périlleuse, même pour les marins munis de bonnes cartes ; et notre capitaine, qui n’avait pu s’en procurer aucune, ne connaissait, nous le savions. ni les rochers ni les brisants, qui rendent le fleuve impraticable dans cette saison.

Bientôt nous apercûmes le cap de Désappointement, qui semble indiquer aux voyageurs la route qu’ils ont à suivre. Comme le jour baissait, le capitaine résolut de regagner la haute mer afin d'éviter les côtes pendant la nuit. Pendant que le vaisseau s’éloignait lentement de la terre ferme, nous restâmes sur le pont pour contempler dans le lointain les hautes montagnes et les vastes forêts de l'Orégon. Gà et là nous pouvions distinguer les colonnes de fumée qui s’élevaient au dessus des huttes de nos pauvres Indiens. Geitc vue remplit mon âme d'une émotion que je ne puis exprimer, Il faudrait se trouver dans la même situation pour se rendre un compte exact de nos sentiments, Nos cœurs palpitaient de joie à l'aspect de ces contrées infinies où étaient dispersées tant d’âmes abandonnées, naissant, vicillissant et mourant dans les ombres de la mort, faute de missionnaires, et ce malheur nous pourrions l'épargner sinon à tous, du moins à un grand nombre, Le 29, tous les Pères offrirent Ie saint sacrifice pour faire une dernière violence au ciel et le forcer en quelque sorte de faire descendre ses béné: dictions sur notre mission, Le matin, le temps ct 205

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