LE PERE GILLES HENRY A SES SUPERIEURS
[Extraits de plusieurs lettres en date des % et 29 juin. 4 3 juillet
et \Qaoût 4814.)
Mozdok, le 2 juin 1814.
Mon Révérend Père,
L'année dernière , au mois d'août , une femme
nommée MarieTomasof, enceinte de cinq mois, tomba malade. La sage-femme et le médecin jugeant au bout de quelque temps que l'enfant était mort, ils préparèrent une médecine pour délivrer la mère de son fruit. En étant prévenu , je me hâtai de lui donner mon reliquaire du B. François de Hieronimo qui déjà une fois l'avait fait accoucher heureusement , lorsque quelques minutes auparavant elle était désespérée. On ne tarda pas à lui apporter la médecine , et elle la prit ; mais comme elle ne pro-
duisit aucun effet , on convint de lui en donner une plus grande dose le lendemain. Il y avait un vase plein de cette médecine ; mais on eut beau le chercher, la médecine se trouva enlevée on ne sait comment , et malgré toutes les recherches , on n'en put trouver dans tout Mozdok. Au bout de neuf jours la mère sentit son enfant remuer dans son sein et quelques instants après elle accoucha heureusement. L'enfant fut appelé François de Hieronimo, et mourut aussitôt après le Baptême, allant luimême remercier au ciel son bienfaiteur dont le reliquaire l'avait préservé du malheur d'être privé éternellement de la vue de Dieu.
Il y a trois ans que , la veille d'une grande fête , j'étais monté au sommet de l'église que nous bâtissions; le pied me manqua et je tombai à la renverse de la hauteur d'environ trente pieds, me heurtant dans la chute à différentes pièces de bois ; et je me sentis de suite attaqué d'une rupture : à l'instant, je mis la main sur le reliquaire du B. de Hieronimo, le priant de cœur, car j'avais perdu la parole, de me rendre la santé pour le service du prochain ; et de suite la douleur et la lésion disparurent ; je me relevai guéri, et j'allai entendre les confessions jusqu'au soir.
Gilles Hesry.
Mozdok, le 29 juin 1814.
Mon Révérend Père,
On vient de publier ici l'ordre de renvoyer
tons les Polonais. Tout en entrant dans leur joie, je me sens le cœur singulièrement affligé de voir partir ces pauvres malheureux que nous avons comme régénérés en les transformant en agneaux, d'ours qu'ils étaient. Maintenant toutes mes dépenses, mes courses, mes soucis, mes crève-cœurs à leur égard me paraissent agréables, et je ne prévois qu'avec peine le moment où je ne devrai plus me priver de mon pain, de mon dîner pour en nourrir l'affamé, de mon manteau, de mes bottes et même de mes bas pour en revêtir les membres précieux, les frères bien-aimés de mon Sauveur; il me semble qu'il me manquera quelque chose quand je n'aurai plus l'occasion de revenir couvert de vermines. Si j'avais quelque chose à regretter, c'est de m'ètre trop délié de la divine Providence, c'est de n'avoir pas davantage retranché sur mes dépenses pour soulager ces malheureux , c'est de ne pas m'ètre privé davantage de mon repos pour alléger leurs travaux.
Le Seigneur, en vue du bien de la Société, nous a merveilleusement bien dirigés. Tous les Polonais, soit officiers, soit soldats, sont venus ici avec les
plus mauvaises dispositions, et ils partent tous en nous bénissant : aucun d'eux ne nous oubliera ; pas un ne se plaint de nous, beaucoup nous regrettent, et l'un d'eux, qui a vécu très-pauvrement avec moi pendant dix mois, me disait en pleurant à son départ, que c'était la première année qu'il avait vécu heureux. Il ne s'en trouve aucun qui ne soit habillé, tous ont été nourris par nos soins , tous sont devenus généralement l'exemple de Mozdok. Ils font bénir notre sainte religion , et ceux mêmes qui lui étaient le plus contraires disent hautement que la religion catholique est la seule vraie religion. On a été témoin de leur patience angélique dans les maladies, de leur résignation à la mort : on en a vu plusieurs et entre autres un, il y a deux jours, dont la ligure au dernier moment , dans les convulsions de la mort, avait quelque chose de hideux, et à l'instant de la mort elle devint une ligure de bienheureux et attira tous les malades qui ne pouvaient se lasser de la contempler. Beaucoup, après avoir reçu, ou la sainte communion en viatique, ou l'extrème-onction , se sont levés et ont été guéris; beaucoup retourneront raconter eux-mêmes dans leur patrie cet effet merveilleux des sacrements. Vendredi je courus au secours d'un malheureux abandonné depuis trois jours à deux versts d'ici , dans les campagnes. En l'abordant à genoux, je le trouve ap-
puve entre deux planches , j'ai cru voir le jeune Samuel; je le confessai, puis craignant qu'il ne fût attaqué de la peste , et ne pouvant lui donner l'extrèmeonction, je me contentai de l'exciter à la confiance envers la divine Providence. Quelle fut ma surprise le lendemain matin de le voir arriver à l'église et, sans aide, venir à la sainte Table. Samedi , un malade ne présentait plus aucun signe de vie après avoir reçu l'extrême-onction ; déjà j'avais donné son argent aux autres malades , une de ses chemises et ses bottes; mais hier il me fut bien doux de pouvoir lui restituer le tout après l'avoir vu communier avec vingt-deux autres malades arrivés la veille. Nonseulement ils reçoivent les faveurs de Dieu, mais ils les obtiennent encore pour leurs frères endurcis. Samedi , on m'appela dans un soi-disant quartier ; je trouvai le malade destitué de sentiment. Je demandai s'il m'avait fait appeler, et sur la réponse affirmative , après avoir inutilement employé différents remèdes pour le faire revenir à lui, je me hâtai de lui administrer l'extrème-onction. A peine avais-je fini que je vois entrer une femme, et je commence à m'apercevoir que cette maison n'était rien moins qu'un quartier, je m'informe, et on emploie tous les efforts pour me rassurer. Enfin le soir, nos bons Polonais m'annoncèrent que cette femme était une prostituée qui retenait ce jeune
malade. J'envoie Tordre de le porter à l'hôpital ; mais le diable gardait sa proie; enfin je double mon monde et mes bons Polonais l'emportent de force. Hier matin il avait recouvré le sentiment; je lui parlai une heure et demie , mais toujours il détournait la face de moi ; seulement il me regardait quand je me recueillais pour faire ma prière aux bons anges. Il avait les yeux égarés, et semblait voir le démon à sa droite. Fatigué , je substituai à ma place un Polonais que j'instruisis sur la manière de traiter avec cet endurci, dont la première et unique réponse fut qu'il n'y a point de Dieu. Chacun sait que l'impureté engendre la haine de Dieu. Enfin les malades me dirent que la prostituée était venue lui parler à l'hôpital; je les conjurai de ne plus permettre ce scandale. C'en fut assez, chaque malade s'arma de verges, et, lorsque vers midi cette malheureuse se présenta , tous tombèrent sur elle. Elle cria à la garde, mais la garde était composée de bons catholiques, qui l'arrêtèrent; elle envoya au chef de la garnison ; mais déjà on avait obtenu de lui la punition de l'infâme créature. Tous les malades et le peuple se mirent en prières ; moi j'ai passé cette nuit sans dormir. Enfin des soldats polonais, dont cet exemple désespérant avait touché le cœur, vinrent me trouver après que j'eus dit la messe; à peine les avais-je confessés que l'endurci
lui-même me iil appeler, demanda pardon à tous les malades et se confessa avec componction. Il lui reste seulement un tremblement dans tous ses membres , et les yeux égarés , comme il arrive à tous ceux qui viennent d'être délivrés du démon.
Gilles Heinry , de la Cie de Jésus.
Mozdok, le 13 juillet 1814.
....Mercredi dernier est arrivé ici le R. P. Supérieur, Suryn; il est reparti jeudi matin. Le Seigneur a couronné le courage avec lequel il a surmonté les obstacles qui l' écartaient de la mission du Caucase. Il a plus fait en trois mois que nous n'avons fait en sept ans : toute la ligne Ta accueilli , tous les chefs l'on fêté et honoré; il emporte les regrets et le respect de chacun. Par lui on connaît la Compagnie, on la révère et on la désire. Il a entendu de six à sept mille confessions; le nombre des impénitents ne monte pas à plus de trente personnes; encore étaient-ce des francs-macons ou des schismatiques. Il a fait cesser vingt-quatre concubinages en célébrant des mariages légitimes; il a ramené un diacre apostat, baptisé un juif et converti au moins vingt -huit pro testants. Il est gai et bien portant. Quant à nous, à la vue d'un tel exemple, nous sentons ranimer notre zèle. Vendredi passé, un luthé-
rien qui me résistait depuis huit jours, a demandé lui-même à se réconcilier. J'obtiens ce que je demande, par les prières de mes malades. On a été dans de grandes alarmes à Astrakhan ; on a cru que le R. P. Survn était tombé entre les mains des payens. Depuis sept ans, j'ai chaque jour de pareilles craintes sur le compte de notre P. Supérieur ; mais serait-ce donc un malheur si l'un de nous, en exerçant le saint ministère, était fait prisonnier? Heureuse captivité qui probablement briserait les chaînes par lesquelles l'enfer tient les montagnards en captivité ! Serait-ce un malheur si l'un de nous était dévoué à la rage des payens? Nous voulons arborer parmi eux l'étendard de la croix , et le sang des martyrs n'est-il pas la semence des chrétiens?
Gilles Hejnry.
Mozdok, le 10 août 1814.
Moin Révérend Père ,
Depuis quelques semaines, je n'ai pu vous
écrire; nous étions harassés de travaux. Il y a ici une mortalité épouvantable. La maison même de M. le commandant est infectée ainsi que toute la ville, mais le mal règne surtout parmi nos Polonais : depuis quatre mois nous n'avons pas eu de pluie, on ne trouverait pas un brin d'herbe aux environs
de Mozdok. Une multitude de sauterelles de la longueur de ma main ont consommé en un jour, foin, froment, roseaux, etc. Elles ont paru au-dessus de Mozdok et tellement offusqué le soleil, qu'on eût dit qu'il y avait une éclipse. J'ai fait réciter les litanies de tous les Saints et répandre de tout côté de l'eau bénite, et elles ont de suite disparu. Mais l'air en est, je crois, infecté. Tous nos Polonais sont malades; chaque jour nous en enterrons. Comme les hôpitaux étaient bien loin de suffire, M. le Général, par mon conseil , a fait évacuer des maisons de particuliers et y a mis des malades. Nous restions deux pour soigner cette multitude, le chirurgien, mon bon ami et moi ; nous remplissions les fonctions de médecin, cuisinier, chirurgiens, etc. Mes trois voitures et mes chevaux menaient aux hôpitaux les malades couchés dans les rues et dans les campagnes; ma cour, ma cuisine , mes conservatoires étaient pleins. J'ai employé mes eaux de menthe, de mille-feuilles, de mélisse et autres que j'avais distillées. Six Polonais qu'on m'avait donnés étaient nos coopérateurs. Enfin le chirurgien et moi et tous nos domestiques et ouvriers avons succombé, à l'exceplion d'un seul. Mes chevaux sont tombés malades, mes voitures se sont brisées, l'argent et le pain nous ont manqué. J'avais deux bubons qui annonçaient la peste; enfin m'apercevant que ce pouvait être une espèce
de febris piteika, j'ai demande a mon ami le chirurgien des remèdes contre cette fièvre, sans lui parler des bubons. Deux semaines j'ai été dans les transes, et la veille de saint Ignace j'ai été neuf heures sans connaissance; mais le jour de sa fête, au matin, j'ai commencé à me trouver mieux, et maintenant la fièvre m'a quitté. Il ne me reste que des éruptions sur la peau. Pendant ma maladie, il est mort neuf Polonais que j'avais confessés et communies auparavant. Mon retour à l'hôpital a été un triomphe; tous, Luthériens, Raskolniks, Mahométans, Russes, Polonais, Hongrois, Bohémiens, m'ont reçu avec la même joie. Deux Luthériens se sont convertis, l'un d'eux fait l'office d'apôtre; il préside au Rosaire, et prépare les malades à la communion. Un officier russe s'était expressément déguisé en soldat et pendant huit jours il m'a examiné le visage collé contre celui des moribonds, soutenant ceux qui vomissaient, etc. , distribuant du vinaigre, du tabac, des gouttes d'Hofman , conduisant des malades à l'hôpital , assis ou couchés auprès de moi dans ma voiture, etc.; le huitième jour, il mit sou uniforme et s'écria publiquement à l'hôpital : « Grâces à Dieu, je connais maintenant la vraie religion. » Tout cela me donna des embarras. Tous les officiers de l'hôpital pensent comme cet officier. Les soldats russes subornent les écrivains, on me
les amène , on proteste qu'ils sont Polonais , je le crois > je les administre, et quand je les ai administrés et enterrés, j'apprends qu'ils étaient Russes ! Je m'en suis expliqué avec le chef de la garnison, il en a ri : j'en ai écrit à M. le Général, il en a ri de même. Que faire? je ne les confesserais pas si je savais ce qui en est; mais on me trompe, et je n'ai pas le temps de faire des examens ultérieurs. D'ailleurs le prêtre russe n'ose point venir à l'hôpital, soit crainte de la contagion ou pour quelque autre raison. Je ne dis jamais aucun propos contre la religion russe ; je remplis mon devoir, je fais le plus de bien que je puis, et de suite je m'en vais. Mes boutades même me réussissent. Comme tous sont malades, on envoyait les infirmes aux travaux publics; leurs larmes m'ont attendri, je courus chez le chef de la garnison; ne le trouvant pas, je dis tout en feu à son épouse : « Madame, voulez- vous avancer la mort de ces chrétiens? dites à votre époux que le sang de ces malheureux crie vengeance au ciel contre son sang, et que s'il ne met ordre à ces cruautés , pas un de ses enfants ne restera en vie ! » Depuis ce temps, on laisse les infirmes à ma disposition. Les officiers subalternes ont voulu commencer encore à les molester, ils avaient dépouillé le fils de M. le comte colonel Potowski qui repassait par Mozdok ; je l'ai habillé , et quelques heures
après, un d'eux est encore revenu tourmenter quelqu'un dans ma cour; j'ai perdu patience et ordonné de le châtier. Les chefs sont venus me remercier, et depuis cette époque, personne n'ose toucher mes malades. Il vient de se passer une chose extraordinaire. Basile d'Obrewski, maréchal- ferrant, qui ne s'était pas confessé depuis vingt-cinq ans, fut si touché de mes procédés qu'il se convertit sincèrement et fit vœu que, s'il récupérait la santé, il travaillerait pour l'église. On lui donna à travailler pour le commandant; l'ouvrage fini, il dit à son chef: « Permettez-moi de travailler maintenant pour mon Dieu. » Il ferra les roues de mon droschky, et ne voulut pas permettre qu'on le traînât avec des chevaux, mais il le traîna lui-même dans ma cour. Après avoir ainsi travaillé pour l'église,, Dieu ne voulut pas sans doute qu'il s'employât à des ouvrages profanes; il me quitta le matin bien portant; à cinq heures du soir, entrant au lazaret, je le trouve mort. Le cœur me saignait de ne lui avoir pas au moins donné l'extrême-onction (il avait communié trois semaines auparavant) , j'ordonnai à tous les malades de prier pour lui, et moi-même je me mis à genoux vis-à-vis d'un crucifix. A peine commencions-nous à prier, on crie : « II vit! il vit! » Tous se rassemblent, il lève la tête, étend les bras, soupire, remue les lèvres, ouvre les yeux, verse des
larmes et me regarde. Je lui donne l'extrême-onction ; quand j'eus fini celle des pieds, il se coucha tranquillement et resta définitivement mort. Je ne mets pas trop d'importance à ces faits, mais ils font un effet merveilleux sur les malades.
Une grâce particulière que le Seigneur accorde ici aux Polonais à cause de la mortalité actuelle, c'est que ceux qui ont résisté au zèle des RR. PP. Supérieurs Suryn et Woyszwillo , et passent à Mosdok, y tombent malades. Entrant à l'hôpital, ils v trouvent des morts ou des moribonds et rencontrent des apôtres dans les autres malades, et ainsi ils se rendent à moi. De tels sujets, étant pour la plupart éclairés, une fois convertis , deviennent eux-mêmes apôtres. J'obtiens des médecins qu'on les retienne plus longtemps à l'hôpital. Quand ils en sortent , les chefs leur assignent ma maison pour quartier; par mes soins et ma conversation ils s'enflamment, et il est rare qu'en moins de huit jours ils ne m'amènent une vingtaine de pécheurs endurcis. J^es bons livres, les chapelets, les croix, tout opère des effets merveilleux. N'est-ce pas vraiment une chose digne d'admiration que des hommes qui ont parcouru toute l'Europe, en ont rapporté la quintessence de toutes les erreurs, en ont imité tous les travers , ont donné dans tous les vices, que des hommes qui ont profané et volé les églises,
arrêté les prêtres , violé les vierges , blasphémé en prose et chansons ; qui ont vu tant d'églises célèbres, rencontré tant de prêtres zélés et sachant leur langue, sans se convertir ; étant arrivés à Mozdok comme des furieux ; après avoir scandalisé, même dans l'église, nos pauvres peuples ; après nous avoir craché au visage en pleine rue et nous avoir comparés à des prêtres apostats et mariés sacrilégement, soient enfin tombés aux genoux d'un prêtre ignorant leur langue, et si pauvre, que tout son vestiaire ne monte pas à vingt roubles, et cela pour changer de vie ! Vraiment le doigt de Dieu est ici.
Il me reste à demander pardon des dépenses que j'ai faites. Mais aussi, quelle règle observer quand un malade meurt faute de pain, sort de l'hôpital sans chemise? Qu'eussiez- vous fait, si vous aviez rencontré le lils de M. le comte Potowski sans bas, sans souliers, sans bottes, sans chemises? Pourrait-on me repprocher d'avoir demandé son mouchoir à la première dame que je rencontrai; ses bottes à un cosaque; sa chemise à un autre? Mille cas semblabes se présentent. Depuis Pâques je suis sans argent, et je dépense, par mois, trois cent roubles. Grâce à la divine Providence, je n'ai pas de dettes. Personne ne serait resté en vie pour porter nos nouvelles en Pologne, si je n'avais fait instance auprès du général ; et quoiqu'il n'y ait ici aucune
troupe pour les remplacer, il vient d'envoyer, par une estafette, ordre de faire partir de suite tous les Polonais de Mozdok; les malades même sur des voitures. Quels douloureux adieux je vais recevoir ! J'en reçois de plus consolants des moribonds, qui, au moment de rendre l'âme, tournent encore les veux vers moi , comme s'ils voulaient me dire : A vous revoir dans le ciel , mon cher Père !
Gilles Heivry.