‹ Missions des Jésuites en Russie et dans l'Archipel GrecChapitre 6 sur 30 · LE PÈRE X..., AU PÈRE ADAM BECKERS, A AMSTERDAM · texte numérisé non relu

LE PÈRE X..., AU PÈRE ADAM BECKERS, A AMSTERDAM

Polocz, le 30 juillet 1805.

Mon Révérend Père,

Des dix candidats qui sont heureusement arrivés du Brabant à Riga avant le 1er juillet, trois ont été envovés à Polocz , savoir : les Pères Guillemaint, Gothot, Cornet, tous les trois prêtres, afin d'y commencer leur noviciat. Les sept autres sont au noviciat à Dunabourg. Apprenez aussi, pour votre consolation, que le P. Motte, Brabançon, et le P. Venturi, Italien, du consentement de Sa Sainteté le Pape, sont partis le 25 juillet pour Tinos, île de l'Archipel, afin d'y prendre part aux travaux apostoliques du bon vieillard, le P. Montillaro, qui, après avoir cultivé cette vigne avec grand succès depuis plus de quarante ans, épuisé par l'âge et par ses travaux excessifs, demandait instamment des aides depuis plus de quatre ans. Les deux missionnaires susdits sont partis d'ici pour leur destination, en habits de Jésuites, par Constantinople.

L'autorisation de Sa Majesté l'empereur de Russie est déjà donnée depuis quelque temps, pour faire

la Congrégation générale, dans le but de choisir un nouveau Général de notre Compagnie. Mais, comme nous n'avons pas encore reçu des nouvelles du R. P. Gaétan Angiolini, Procureur Général de la Sicile, qui doivent nous renseigner si les Pères du royaume de Naples et de Sicile (qui ont droit d'assister à la Congrégation générale) viendront personnellement à Polocz , ou bien s'ils nous enverront leur procuration (ce qui, dans ces temps de troubles, parait le plus expédient), nous ne saurions fixer le jour pour commencer cette Congrégation, qu'après avoir reçu ces renseignements.

Nota. — A ces deux fragments de la lettre du P. X..., nous en ajoutons un troisième, de la même année, extrait d'une lettre attribuée au P. Malevé :

Polocz, juillet 1805.

Les mœurs des chrétiens qui sont sous la direction de nos Pères en diverses localités de la Russie et ailleurs , sont tout autres que celles des chrétiens de notre pays. En bien des endroits, surtout parmi les habitants de la campagne et les gens simples, leur piété est si grande qu'ils offrent l'image des premiers siècles du christianisme.

Les supérieurs de la Compagnie se trouvent obli-

ces de modérer le zèle des Pères , et de déterminer les heures qu'ils peuvent donner au confessionnal. Les dimanches et les fêtes, en plusieurs localités, les confessions ainsi que les communions durent jusqu'à trois ou quatre heures de l'après-dînée. Dans leurs églises, rien qui ne soit édifiant. On n'y voit que les larmes que répandent ceux qui approchent des saints Sacrements; on n'y entend que de profonds soupirs, surtout pendant le sermon... Ne doit-on pas croire que Dieu a choisi ces gens simples (que le monde traite d'insensés), pour réparer les injures et les outrages que lui font les prétendus sages et éclairés ?

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