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CHAPITRE HUITIEME

le signe de Mireille et le signe de Calen-

dal, et s'il fallait, pour placer Sainte Estelle, choisir entre eux, c’est sur Calendal qu’on devrait mettre le point d’or, l’étoile. Voyez dans Calendal le poéme du mistralisme en tant que force d’institution. Mistral appartient au type des Méridionaux instituteurs, fondateurs, législateurs, un Napo- Iéon, un Cambacérés, un Bonald, un Auguste Comte, un Gambetta, un Maurras. (Ajoutez-y, si vous voulez, Tartarin a Port- Tarascon, Ciceron. Franquebalme et ses aqueducs romains.) Il pourrait faire sienne cette parole de l’Empereur en route vers Sainte-Héléne: «J’avais le godt de la fonda-

T ya deux grands signes sur Mistral :

tion et non celui de la propriété. » Toute sa

fortune a passé a des fondations. Sa maison elle-méme doit devenir, aprés la mort de sa veuve, la bibliothéque de Maillane. Quand,

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- en mai 1859, il débarque de Paris couvert

de gloire, il ne se met pas seulement a écrire Calendal, mais a le vivre : le Félibrige a une tache, et les félibres ont un chef.

Les premiers statuts du Félibrige sont établis aux Jeux Floraux d’Apt en 1862 :

sept sections de sept membres, sauf la section avignonnaise, qui est de deux fois sept membres, un chef qui s’appelle le Capoulié, et qui est Mistral, un chanceliér qui est Roumieux. En 1864; Roumanille peut écrire 4 Gaut : « Ce n’est pas pour rien

qu il (Mistral) est président des félibres et

qu'il a le sceptre en main. N’oublie pas, mon cher ami, qu’il n’est pas un roi a la facon de ceux qui régnent et ne gouvernent pas. Il régne et il gouverne. Quant a moi, je ne suis plus qu’un vieux général efi retraite.» Une délicieuse retraite d’ailleurs: Roumanille, qui s’était.. cru long temps la vocation du célibat, avait reconnu en Sainte Estelle, aux Jeux Floraux d’Apt, qu'il s’était trompé. La lauréate du concours de poésie était la félibresse Rose- Anais Gras, qui devint Mme Roumanille et tint avec son mari la librairie de la rue Saint-Agricol. Le bon Rouma et Ana furent

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le couple populaire du Félibrige. Et Rouma, fort occupé maintenant de ses naissances et de son commerce, laisse & Mistral tout im pertum félibréen : « Nous avons tous, tant que nous soinmes, des concessions a faire 4 Mistral, qui a la haute main sur tout cela, et que je laisse faire les yeux ferinés, car il fait et sait admirablement ce qu'il fait. »

Que fait donc Mistral, en dehors de ses poémes? Car ses poémes, un en sept ans, e’est une fleur sur la journée, ce n’est pas la journée. Le soir, de sa promenade, il rapporte deux ou trois strophes, dont il pourrait dire, comme disait du liévre le chasseur de Paul Aréne, non : « Je l’ai tué!» mais: «Je l’ai cueilli! » Toute sa journée, il pense aux deux grandes taches: une langue, un peuple.

Non une langue ou un péuple a créer, La latigue provencale existe, Mistral ne l’a pas, comme on |’a prétendu, fabriquée, Et c’est pour le bon peuple du Midi que parait chaque année |’Armana. Mais cette langue, ce peuple, il faut les défendre et les illustrer, leur apporter conscience et fierté.

La langue d’abord. Le triomphe de

. Mireille n’a pas désarmé les patoisants,

ont MISTRAL

consiste toujours 4 imposer, ou plutot a faire accepter l’orthographe commune, rationnelle, phonétique, qui exercera sur A tous les dialectes d’oc une influence fédératrice: «La langue provencale, disait Roumanille, n’est pas plus a Aix qu’elle n’est 4 Avignon, a Arles ou a Saint-Rémy !

Elle est en Provence, et l’écrivain pro-.

-vencal doit renoncer aux formes de son pays, de soun nis, si elles sont vicieuses. » Ceux qui, cherchant a établir le bilan du Félibrige, le trouvent fort léger dans la main, ne doivent pas oublier qwil a au | moins réussi dans cette tache modeste, — nécessaire, et que l’imperium dévolu a Mistral n’y a pas nui.

En 1861, en pleine création calendale, Mistral écrit 4 Bonaparte-Wyse : « Dieum’a fait naitre aux champs et me tient la pour que je ne m’occupe que de la chose qui est mon role en cette vie, je veux dire laréhabilitation de notre langue rustique et sa restauration (poésie, dictionnaire, publications diverses). Je m’en donne a coeur joie, je tire ma charrue comme un enragé taureau sauvage. Il faudra que je créve de bonne heure, ou que la terres’entr ouvre,

Au contraire. Le gros du travail félibréen

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et que la nationalité de mon pays en sorte, jeune et fiére. » Il écrit Calendal, il a mis sur le chantier l’énorme tache du Trésor du Félibrige. Il entretient une vaste correspondance, Cette charrue, qu’il tire comme un enragé taureau, c’est la vie active de Vinstituteur, du fondateur, qu’il va mener

sans défaillir pendant un demi-siécle encore, |

comme son pére s'est donné, le méme laps de temps et sur cette méme terre, a la chose agricole, son role 4 lui en cette vie.

Mais la défense et l’illustration de la langue provencale est-elle un tout qui se suffise, comme celle de la langue francaise pour la Pléiade, ou bien fait-elle sa partie dans le grand ceuvre de la restauration provencale par le fédéralisme?

Que Mistral, a cette époque, soit devenu fédéraliste, on n’en saurait douter. Alors il lance la Comtesse, hymne violent du fédéralisme provencal, et ot il y a jusqu’au-coup de corne de l’enragé taureau sauvage — li biou/ — D’ailleurs, dés 1863, il écrivait 4 Bonaparte-Wyse : « Si le coeur de nog: vaillants amis avait battu A l’unisson du mien sur la question provencale, nous aurions accompli peut-étre quelque chose. Nous aurions préparé, accéléré le

- gent chez lui, le fédéralisme du oui.

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E = ; . = = mouvement fédératif qui est dans l'avenir: con

Non pas que jaie lidée niaise de réver une séparation de la France. Les temps — futurs sont a union et non 4 la sépara= tion. Mais aussi et surtout ils sont a4 la liberté, a la liberté des races. des individus dans lharmonie. »

Nous sommes loin, évidemment, de la thése de droit administratif de 1851. Mais cest quautour de Mistral le temps @ marché depuis 1851. En dix ou douze ans, le mot fédéralisme s‘est mis a signifier quelque chose, un courant didées sest — grossi, une école s'est formée, 4 laquélle Mistral apporte son alliance.

Lé terme de fédéralisme a deux sens : — Tun of Mistral est un peu géné, le fédéralisme du mon: l'autre of Mistral est vrai-

J’entends par fédéralisme du non le fédéralisme qui est contre quelqu’un, ottquelque chose : en France, contre la cen= tralisation. Nous avons vu combien cé fédéralisme était indifférent 4 létudiant — en droit de 1851. Quand Mistral nous a —

dit que le coup d'Etat détruisit ses espoirs de jeune homme dans les fédérations futures, nous n’en avons pas cru un mot, et nous avons bien fait. Si un gouvernement, au xrx® siécle, fut centralisateur, cest bien, n’est-ce pas? celui de la Constitution de 1852, de la nomination des maires par le gouyernement, et des préfets satrapes. Or ce gouvernement, né du coup d’Etat, est le seul, avee la République de 1848, auquel Mistral ait témoigné un loyalisme patent, et en faveur de qui il ait mobilisé son lyrisme. En 1860, il rédige, a la demande du sous-préfet, le compliment en vers dit a l'Impératrice 4 Arles, au moment du voyage des souverains en Provence : «A ton beau Prince impérial — Notre embrassade. Et 'Empereur — Qui dans le tonnerre et les éclairs — chemine si fler et si tranquille — Que longtemps

il conduise la charrue!» Et dans lArmana

~ de l'année suivante, sous le nom de Felibre

de Bello-Visto, il écrit pour raconter cette

Visite neuf pages sur ce ton: « C’est beau, un empereur qui vient, de temps en temps,

voir sen peuple, qui se laisse aborder par

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le pauvre monde, qui léve le chapeau aux paysans et aux ouvriers. » La République,

pour honorer Mistral, ne lui en demandera jamais autant.

Quand le fédéralisme anti-centraliste apparait-il chez Mistral? Seule la connaissance de sa correspondance permettra un jour de répondre avec streté. En attendant que s’ouvrent les cartons d’Avignon, nous pouvons supposer avec vraisemblance une date trés proche de 1860. Il faudrait attribuer ici de l’importance au livre del’ érudit aixois Charles de Ribbe sur le patriote

provencal Pascalis. Il est de 1861, et fit:

sur Mistral une impression profonde, une impression dont on sent encore le mouvement un demi-siécle aprés, quand, en 1913,

a Aix, recu solennellement dans la grande

salle du Parlement de Provence, il tient a ce que son premier mot soit consacré a la gloire de Pascalis. Le Non ! de Pascalis devant le sacrifice des libertés provencales, Mistral le tient désormais pour un mot d’ordre, qu’il mettra en valeur chaque fois quil le pourra, et qui fait explosion lyrique dans le poéme de la Comiesse.

Quoi qu'il en soit des idées qu’il professait in pelto, Mistral, aux Jeux Floraux d’Apt de 1862, premiére grande manifestation officielle et institutrice du Félibrige,

ne fait pas la moindre allusion, dans son grand discours, a des revendications politiques. Il ne s’agit que de la poésie et de la langue. Et plus ou moins, malgré de vagues déclarations isolées, il en ira toujours de méme. Il ne ménagera pas les As resoun !

aux chevaliers de la Comtesse, a ceux qui s’avanceront, flamboyants de défis inoffensifs, contre le pouvoir central. Mais, pour étre édifiés au sujet de son fédéralisme antidécentralisateur, il nous suffit de comparer la précision et l’efficace de son action linguistique et poétique avec le verbalisme presque tout poétique de ses déclarations politiques. Et, voila pour le fédéralisme du non !

Mais il y a un second sens du mot, positif, le fédéralisme du oui, le vrai fédéralisme mistralien, constructeur, institu- — teur, le fédéralisme qui fédére, et qui consiste non plus a relacher des liens, mais a en créer. Non seulement ce fédéralisme s’accorde mi¢ux que le premier au génie communicatif, sympathique et organisateur de Mistral, mais encore il a des causes et une histoire plus précises.

Il se rattache a ses amitiés irlandaises et catalanes.

a 142 MISTRAL

A partir de 1860, on parle familiérement, parmi les félibres, de « Bonaparte » et

du Preince, comme dans Tartarin. Il s’agit

d’un Irlandais, fils d’un pair d’Irlande, petit-fils de Lucien Bonaparte, qui, un jour de 1859, passant en Avignon, a vu a la devanture de Roumanille un livre écrit dans une langue inconnue, comme |’est, dans la Chasseau Chastre,le marseillais. Il s’est informé, a appris l’existence du proveneal, ignoré, chez Méry, de Mezzofante lui-méme, est parti de Ja librairie avec Mireille sous le bras, a recu le coup de foudre, s’est

précipité a Maillane, a été vu dans les.

brindes et les félibrées, a ouvert largement sa bourse de milord aux ceuvres félibréennes, apprend a écrire la langue, sinon a la parler, et, huit ans aprés en avoir connu l’existence, publiera un volume de vers, Li Parpaioun Blu, ov il y a des piéces charmantes, et qui, si nous avions a classer les quelque deux cents poétes de la Renaissance Proveneale, nous aménerait sans doute a donner a Bonaparte- Wyse quelque chose comme le douziéme ou le quinziéme rang, ce qui est trés beau, Sur la caburle félibréenne, ce Bonaparte du Nord a tenu la place du petit prince

Guilhem. I] descendait par son peére, sir Thomas Wyse, d’une famille irlandaise ot il y avait eu des «rois ». Sir Thomas avait été ministre d’Angleterre A Athénes, et quand, en 1863, le tréne de Gréce devint vacant, Bonaparte-Wyse fut le candidat de Mistral et des félibres. On sait qu’un autre candidat était Villiers de I’Isle- Adam. Les chancelleries ne prirent malheureusement pas au sérieux ces présentations en Sainte Estelle. Le Félibrige ne devait jamais rendre sa visite a la flottante Delos qui, Lamartine dizit, était venue une nuit S’annexer au rivage de la Provence. En 1860, Mistral écrit au prince, de l’ami Fitz- Gerald, qui avait un vaisseau de plaisance et qui faisait parler de lui au Parlement anglais: «Ne vaudrait-il pas mieux qu’il vint avec son beau navire prendre les félibres 4 Marseille, 4 Maguelonne ou bien a Port-de-Bouc, et qu’il les conduisit en rou- - mavagi au Parthénon, ou biena Jérusalem? »

Evidemment ! Le génie fédérateur du Félibrige aurait di étre incarné par un prince . magnifique, qui eit régné a Athénes, et Vexistence de Mistral manqua un peu de féerie réelle. Mais il en est de Calendal comme-de Mireille. « Si j’avais aimé 2 10

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Mireille, je n’aurais pas écrit Mireille. »

Sil avait vécu une geste merveilleuse a la Calendal, il n’etit pas écrit Calendal.

L’événement qui fournit a Mistral son oxygéne et son estrambord fédéralistes, ce fut la révolution d’Espagne, qui amena en Provence, en 1867, le poéte Victor Balaguer et d’autres proscrits catalans. Mistral avait dédié naguére une ode aux trouvéres catalans, en souvenir de la fraternité qui unissait avant la guerre des Albigeois les deux poésies et les deux peuples. Ce Balaguer était un révolutionnaire tout lyrique, dévoué a l’Idée catalane comme Mistral a PIdée provencale, mais 4 qui manquaient évidemment la pondération et la saine malice du Maillanais. Cette’année 1867, tant’ a Paris qu’en Provence, Bonaparte-Wyse, Balaguer et Mistral, Il’ Irlandais, le Catalan, le Provencal burent fréquemment a leurs patries respectives et a la fédération dicelles, comme Tartarin buvait 4 Alger, avec le Preince, au Monténégro et a VYamitié franco-monténégrine. Heureuse époque ot la Révolution permettait aux ~poétes de tailler dans le neuf: « Eh, disait Balaguer a Mistral, vous aurez votre tour ; vous étes destiné a jouer en France un

role politique important, comme Lamartine et Victor Hugo! » Bonaparte-Wyse en pensait autant. Vraiment ce petit-neveu de Napoléon, dont le grand-pére Lucien avait été le poéte de la famille, venait une génération trop tot! Son pays, seul des trois, allait réaliser le réve d’Avignon : devenir un Etat libre et fédéré. Ne l’aurions-nous pas vu faire, ce Bonaparte, un beau président de la République irlandaise, au temps ot Paderewski gouvernait la République de Pologne?

La destinée de Mistral ressemblait a celle de Lamartine au moins en ceci que la campagne catalane pour l’idée fédéraliste était une campagne de banquets : la fédération par les toasts et les brindes. Les

30, 31 mai et 1¢T juin 1867, Bonaparte, a

Font-Segugne, offre aux félibres provencaux et catalans trois jours de féte. Au mois d’aott, nouveau banquet, et celui-la est le bon, tout simplement une grande

date du Félibrige, puisque les félibres y

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recoivent des Catalans la cuupe qui est

devenue le Graal félibréen, et dont les

destinéés, comme symbole et instrument - de fraternité humaine, n’en sont peut-étre

qu’a leur aurore Le jour ou Mistral la

fit remplir par la sainte liqueur de Provence, le Chateauneuf-du-Pape, et la vida, le premier, aprés le Chant nouveau de la Coupe, a l’amitié et ala fédération de deux peuples, deviendra-t-il un jour un des anniversaires symboliques de ’humanité?

En 1868, sous le régne éphémére d’Isabelle, comme les proscrits étaient rentrés dans leur pays, ils conviérent les poétes provencaux en Catalogne. L’affluence félibréenne fut modérée. Ils partirent quatre :

Bonaparte-Wyse, Irlandais ; Paul Meyer, un israélite parisien, romaniste éminent, de premier ordre dans sa spécialité, absolument ignorant du reste, et dont le nom rappelle au moins que, depuis cette époque, la propagande félibréenne en France et a Yétranger ‘trouvera son meilleur appui dans les professeurs de langue romane ; tout de méme deux Provencaux, le galéjaire Roumieux, de Nimes, et celui des trois mousquetaires qui ett suffi, qui éteignait tout, Mistral. Premier voyage catalan de Mistral, odyssée du poéte chez les Hespérides ! A Figueiras,

que Francois Mistral, soldat de la Répu-

blique, avait pris en l’an II, et ot une messe fut dite pour le pére, le fils récita pour

la premiére fois le magnifique Salut aux

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Catalans. Mais les banquets ne s’arrétérent pas la: Wyse, les Catalans et Mistral ressemblaient a ces Lyonnais que j’ai connus et qui, ayant diné ensemble, se raccompagnérent pendant trois jours. On rendit en aott leur hospitalité aux Catalans, a Saint-Rémy, en des journées de frairie ou, pour la premiére fois (c’est une date), fut conviée la presse parisienne, (envoyée par Millaud, qui était du cru), - Monselet, Sarcey, Daudet en téte. A cette féte, il y eut deux surprises : une pluie terrible, bénie des jardiniers, sinon des félibres, la premiére depuis six mois, et un livre que Sarcey apportait dans sa poche, que personne ne connaissait encore, qui venait de paraitre a Paris, et que Mistral tint pour un coup de foudre dans -un ciel serein: un des fondateurs du Félibrige, Eugéne Garcin, le fils ardent du maréchal —d’Alleins, publiait ces Francais du Nord Es et Francais du Midi, ov les poetes provengaux étaient nettement accusés de tra- 2 vailler pour le séparatisme, grief qui allait étre repris des années par la presse pari- - sienne. Ce devait étre une des raisons pour te Mistral hésita toujours a s’enf gager sur la question du fédéralisme fran-

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ata a ralcel ataaneas e

cais. Le Félibrige avait son Costecalde.

Un renégat, dit gravement Roumanille.

La pluie de Saint-Rémy n’était-elle point de bon présage? Mistral se souvint peutétre du dernier mot de son pére: « Quel temps fait-il, Frédéric? — Il pleut, pére. — Eh bien! il fera beau temps pour les semailles!» Quelques semaines aprés le banquet des Catalans et des Provencaux, Isabelle tombait, Balaguer devenait gouverneur de Barcelone, homme de confiance

du maréchal Prim. La Cause allait donc .

triompher? A la fin de 1869, Balaguer est envoyé a Berlin porteur d’une missive confidentielle du gouvernement espagnol. I] s’agit de continuer les pourparlers qui proposaient la couronne d’Espagne — et donc de Catalogne — au prince de Hohenzollern. Le temps était en effet aux semailles: celles des dents du dragon! —

Nong

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