‹ Mistral: La République Du SoleilChapitre 14 sur 18 · VN, V · texte numérisé non relu

VN, V

A la guerre-du Voltaire et 4 celle de Marius André s’ajoutait, pour émouvoir Avignon, Tarascon et Arles, la guerre de Fortunette. Fortunette s’était introduite dans la vie félibréenne en 1890, a la Sainte- Estelle de Montpellier. Ce jour-la, Mistral, descendant du train, voit arriver une jolie Arlésienne de vingt ans, porteuse d’un gros bouquet, qui lui fait un compliment en provencal et l’embrasse. Excellent début !

Mistral la croit déléguée des félibres, ou des Montpelliérains, lesquels rattachent volontiers le nom de leur ville 4 |’étymologie latine Mons puellarum. Une émanation de la montagne est venue gracieusement

au poéte, voila tout. Pour traverser la

ville derriére la musique, en cortége, Mistral prend la belle fille 4 son bras. Personne ne sait qui c’est. Et les Montpelliérains crient de bon coeur: «Vive madame Mistral! »

Puisque Mistral est la, Mariéton n’est pas loin, Pours’éclairer, il invite l’Arlésienne & diner avec le Maitre. Elle leur raconte son histoire: du plaisir, des larmes, — histoire moins pure que son visage. Mais en Sainte-Estelle? Et puis Madeleine a la Sainte-Baume... Mariéton s’écrie: « Eh e’est Fortunette! », la Fortunette de Calendal. Le nom luireste. Fortunette ne quitte

pas les félibres, ni le soir, a la retraivv aux

flambeaux, ni le matin, 4 V’aubade. Et entre la retraite et l’aubade? Il eft fallu demander a Mariéton.

Le lendemain, c’est le banquet de Sainte- Estelle, deux cents couverts, toutes les personnalités universitaires, et, autour, la société montpelliéraine. Au milieu des toasts,

un billet est passé 4 Mariéton, que Marié-

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