‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 107 sur 417 · L'EMPIRE ATHÉNIEN · texte numérisé non relu

L'EMPIRE ATHÉNIEN

Grèce propre, Athènes conserva le droit de monnayer en argent, et jamais ses beaux tétradrachmes, avec leur poids loyal, leurs types constants et leurs indications précises, ne jouirent d'une circulation plus étendue qu'à cette époque : on les imitait jusqu'en Arabie. Aucune troupe romaine ne remplaça les garnisons macédoniennes au Musée, à Munychie ou à Salamine. Une tribune d'honneur fut bien réservée au gouverneur de Macédoine, devant le portique d'Attale, pour haranguer la population, mais les traités ne lui permettaient d'entrer dans la ville de Pallas qu'accompagné d'un seul licteur.

Si la partie intelligente de l'aristocratie romaine respectait dans la Grèce la patrie de la civilisation, elle honorait dans Athènes la Grèce de la Grèce. La gloire de son passé, la beauté durable de ses monuments, l'éclat de ses écoles de philosophie et d'éloquence exerçaient sur tous les esprits cultivés leur séduction invincible : déjà la jeunesse de Rome avait appris le chemin de l'université d'Athènes. Ajoutons que Rome, non contente de respecter la liberté de son alliée, lui avait reconstitué une manière de petit empire {!). Outre le territoire traditionnel de l'Attique, la république athénienne possédait, sur le continent, Oropos, vis-à-vis de l'Eubée, et la ville ruinée d'Haliarte, au bord du lac Copaïs; parmi les îles, outre Salamine, on lui rendit Paros, Scyros, Imbros et Lemnos. Mais la perle de ce nouvel empire colonial d'Athènes fut Délos, l'îlot sacré d'Apollon, jadis la métropole religieuse des Ioniens et le centre de la première confédération athénienne. Délos, promise aux Athéniens dès Tan 196, après la défaite de Philippe, leur fut définitivement remise une trentaine d'années plus tard (2), après celle de Persée; à cette occasion, la population indigène de-l'île avait été entièrement expulsée et remplacée par une clérouquie athénienne, à côté de laquelle s'établirent des marchands de toutes nations, surtout une nombreuse colonie romaine. Grâce à sa position centrale, à ses temples célèbres où

(1) Sur rétendue de ce (( troisième empire athénien », cf. Bœckb:, Kleim Schri/ten , Y, 467 ; Kœhler, dans les Ath. M'dtiu'il. I, 265.

(2) D'après Valérius Antias, fr. 33 Peter (= Tite-Live XXXIII, 30, 1), Lemnos, Imbros, Scyros, Délos auraient été données aux Athéniens en 196, après la défaite de Philippe ; mais on voit par Polybe (fr. XXX, 18 et 18 a) que la remise effective, au moins de Lemnos et de Délos, n'eut lieu qu'en 108, après la défaite de Persée ; les Athéniens eurent même beaucoup de mal à se mettre en possession de Délos. Influence du port franc de Délos sur le rendement des douanes de Rhodes : Polybe XXXI, 7.

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