‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 11 sur 417 · DIFFICULTÉ DES COMMUNICATIONS · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉ DES COMMUNICATIONS

Pont étouffe clans sa ceinture de montagnes, qui ne s'abaissent que vers la frontière méridionale, précisément celle d'où il pouvait le moins attendre. Dans le pays même, la zone fluviale et la zone maritime, séparées par la barrière des Alpes pontiques, se tournent en quelque sorte le dos. Les rivières, qui devraient établir le passage, ne sont navigables que vers leurs emboucliures ; les cols grimpent par des rampes difficiles et restent impraticables pendant une grande partie de Tannée. Le rivage lui-même n'est rien moins qu'accueillant. Point de ces indentations profondes, point de ces golfes ou de ces estuaires qui , dans l'Anatolie antérieure par exemple, abrègent si heureusement les distances, amènent les navires jusqu'au cœur des pays de production. La côte , peu découpée , est ordinairement âpre et rocheuse , bordée de près par la chaîne pontique; vers les extrémités, les contreforts arrivent à ras du flot : la montagne, devenue falaise, supprime l'ourlet cultivable, parfois même le sentier littoral , et projette entre les ondulations rythmiques de la côte de hardis promontoires, redoutés des marins. Les bons ports font défaut : la plupart sont ensablés par les alluvions des torrents; les vents prédominants du nord-ouest infléchissent leurs goulets vers l'orient, les détournant en quelque sorte de l'Europe (1). Quant à la mer, elle mérite bien le nom d'« inhospitalière » que lui donnèrent les premiers navigateurs grecs : partout les bancs de sable, les bas-fonds, les écueils perfides, les brusques tempêtes du nord guettent leur proie flottante ; il ne suffit pas ici que l'homme , marin ou colon, collabore avec la nature : il faut qu'il la dompte.

Voilà pour la terre; voyons les hommes.

Au moment de l'hégire de Mithridate Ctistès, les populations de la région pontique se divisaient en trois groupes, ayant chacun son habitat déterminé, sans compter les colons grecs, établis dans les villes de la côte, et les Perses, nobles ou prêtres, répandus un peu partout. A l'ouest , entre le Parthénios (2) et le Halys (3), demeuraient les Paphlagoniens. Au centre, depuis le

(1) Hamilton, I, 288.

(2) Le Parthénios, limite occidentale des Hénètes (Paphlagoniens) : Strabon XII, 3, 8. Scylax c. 90 la place un peu à l'O., au fleuve Callichoros. Les Syriens du Parthénios (Hérodote II, lO-l) sont ou un lapsus, ou désignent les Mariandynes.

(3) Le Halys limite orientale : Hérodote I, 72 ; Strabon XII, 1, 1 ; 3, 9, etc. Mais cette

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