‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 12 sur 417 · ETHNOGRAPHIE DU PONT AU IV" SIÈCLE AVANT J.-C · texte numérisé non relu

ETHNOGRAPHIE DU PONT AU IV" SIÈCLE AVANT J.-C

Halys jusqu'au Thermodon (1), les Cappadociens , fraction de la grande nationalité qui peuplait, outre le bassin de Flris (Cappadoce pontique), le haut pays au delà du Halys jusqu'au pied du Taurus (Cappadoce taurique ou Grande-Cappadoce) : tout r<( isthme » de la péninsule (2) était le domaine de la langue cappadocienne. Enfin, à Test du Thermodon, jusqu'à l'Acampsis {Tchorouk), fossé de la Colchide (3), venait le groupe des tribus barbares du Paryadrès et du Scydisès. Le Périple du faux Scylax, le document le plus rapproché par l'âge de la fondation du royaume de Pont, énumère le long de cette côte, d'occident en orient, les peuplades suivantes : Chalybes ou Chaldéens, Tibarènes, Mossynèces, Macrons ou Macrocéphales, c'est-à-dire « hommes à grosse tête » (de leur nom indigène : Sannes ou Tzanes) ; plus loin les Béchires, les Ecéchires, sans doute identiques aux Choi d'Hécatée, enfin les Byzères. Les Mosques habitaient aussi à l'extrémité de la chaîne, à cheval sur les bassins de l'Acampsis et du Phase, mais ils ne touchaient pas à la mer. Quant aux Mares d'Hérodote et d'Hécatée (entre les Mossynèces et les Macrons), quant aux Colques et aux Driles de Xénophon (aux environs de Trébizonde), le Périple de Scylax ne les connaît plus : le tassement des tribus, l'absorption des peuplades les plus faibles dans des confédérations nouvelles avait sans doute déjà commencé (4).

Tous les peuples qu'on vient d'énumérer, qui étaient-ils? d'où venaient-ils? quelle était leur langue, leur race, leur place dans la grande famille humaine? autant de questions auxquelles il est toujours difficile, souvent impossible de répondre. Tachons ce-

limite n'était qu'approximative : sur la rive droite du Halys, des éléments paphlagoniens étaient mêlés à la population cappadocienne (Strabon XII, 3, 25). Même le long de la côte, la limite est flottante : Scylax la place à l'ouest du promontoire de Sinope, entre Tétracis et Stéphané ; Marcien et l'Anonyme, à (îO stades à l'est du promontoire, à la rivière Evarchos. Le nom même du promontoire Syrias semble donner raison à Scylax. Au reste, la limite des nationalités ne doit pas être confondue avec celle des dominations politiques, puisqu'à l'époque de Xénophon les Paphlagoniens s'étendent jusqu'au Thermodon; c'est en ce sens que la source de Pline VI, 2 plaçait Amisos en Paphlagonie.

(1) La limite était un peu à l'est du Thermodon : Scylax c. 89.

(2) La Cappadoce, isthme de l'Asie Mineure : Strabon XII, 1, 3; Hérodote I, 72.

(3) L'Acampsis, souvent confondu avec l'Apsaros, limite de la Colchide : Scylax c. 81.

(4) Sur ces peuples du Paryadrès voir, outre les Périples, Strabon et les scolies d'Apollonius de Ehodes (livre II) : Hérodote III, 94; VII, 72; Xénophon, Anahase, IV-V; fragments d'Hécatée, d'Eudoxe et d'Éphore dans les Fragmenta hist. graec. de Didot. Ces textes ont été réunis par R. Hansen, De gentîbus in Ponto orientali habitantibus j diss. Kiel, 187(5.

Page 1