‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 116 sur 417 · SIÈGE DE RHODES · texte numérisé non relu

SIÈGE DE RHODES

dans les eaux de Myndos (1). C'est là que le choc eut lieu, dans la passe difficile qui sépare la presqu'île d'Halicarnasse des îles de Cos et de Calymna. Les Rhodiens, inférieurs en nombre, remportaient par l'expérience de la mer, la science de la tactique, l'entraînement des équipages (2). Mais les marins improvisés de Mithridate se montrèrent pleins de bonne volonté et d'ardeur; le roi lui-même, parcourant les rangs sur sa quinquérème amirale, stimulait tous les courages. La flotte rhodienne, débordée sur ses deux ailes, faillit être enveloppée et s'enfuit dans son île. Mithridate ne tarda pas à l'y poursuivre, mais il trouva la ville en parfait état de défense.

La capitale de Rhodes était bâtie à la pointe nord-est de l'île, sur une côte rocheuse où la mer creuse deux ports naturels. A l'ouest s'élevait la citadelle, sur un rocher d'accès difficile. Un mur d'enceinte continu enveloppait la ville et les ports; ceux-ci étaient protégés en outre par deux longs môles et par une chaîne derrière lesquels la flotte vaincue trouva un abri. Une puissante artillerie hérissait les remparts, qui avaient défié les efforts du plus grand ingénieur de l'antiquité, Démétrius Poliorcète; la garnison, grossie de quelques contingents de Telmissos et des villes lyciennes , était nombreuse et pleine d'élan ; enfin , pour diminuer les ressources de l'assiégeant, on n'avait pas hésité à détruire le faubourg, situé hors des murs.

Tous les efforts de Mithridate se brisèrent contre une forteresse si bien défendue. Tout d'abord, un coup de main qu'il tenta sur les forts fut repoussé; il dut se contenter de jeter à terre les quelques troupes qu'il avait amenées et de 'croiser avec sa flotte devant le port, en attendant l'arrivée de son parc de siège et du corps d'infanterie. Mais les vents contraires retinrent longtemps ces renforts sur le continent, et pendant ce temps la garnison et l'escadre rhodiennes s'aguerrissaient par des escarmouches quotidiennes. Un jour, c'était l'un des favoris du roi, Léonicos, qui tombait aux mains de l'ennemi (3); dans un autre combat, le roi lui-même faillit être pris par suite de la fausse manœuvre d'une galère de Chios qui brisa son vaisseau amiral. Lorsque enfin le

(1) Sur le lieu de la bataille, Appien, B. civ. IV, 71.

(2) Diodore, fr. XXXVII, 28.

(B) Valère Maxime V, 2, ext. 2. Il paraît que le roi rendit tons les prisonniers rhodiens pour ravoir Léonicos.

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