‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 125 sur 417 · SYLLA EN GRÈCE · texte numérisé non relu

SYLLA EN GRÈCE

Bruttius Sura avait travaillé pour lui, et quand les têtes de colonnes de Tarmée proconsulaire parurent en Béotie, un revirement ne tarda pas à se dessiner en faveur de Rome. Thèbes donna le signal de la résipiscence, les autres villes suivirent son exemple; bientôt des ambassades suppliante^ arrivèrent de toutes les parties du Péloponnèse. Il ne resta aux Pontiques, au sud des Thermopyles, que l'Attique et FEubée. Dès la première rencontre avec les troupes de Sylla (1), Archélaos et Aristion renoncèrent à tenir la campagne. Ils s'enfermèrent, le premier dans le Pirée, le second dans Athènes, résolus de tenir à outrance jusqu'à l'arrivée de la grande armée de secours qui devait s'acheminer par la Thrace et la Macédoine. Sylla, poursuivant son élan, tenta un coup de main sur le Pirée, mais il fut repoussé avec pertes, et se replia sur Éleusis et Mégare; là il commença ses préparatifs en vue d'un siège régulier (été 87) (2).

La capitale de l'Attique n'était plus la forteresse inexpugnable qu'elle avait été au temps de Périclès , alors que les Longs Murs, reliant la ville haute et le port, faisaient de ces deux places réunies un immense camp retranché où tout un peuple pouvait se réfugier, toute une armée évoluer à l'aise, sans crainte de la famine, pourvu que la mer fût libre. Les Longs Murs, détruits par Lysandre, relevés par Conon , n'avaient pu être entretenus sous la domination macédonienne, faute d'argent. Peut-être furent-ils renversés par Antigène Gonatas; en tout cas, dès Fan 200, ils tombaient en ruine et leurs débris servaient à réparer les fortifications d'Athènes et du Pirée (3). Celles-ci, en revanche, présentaient toujours un aspect formidable. La ville haute s'entourait d'une enceinte continue, d'un circuit de onze kilomètres (4); le mur était quelquefois double, flanqué, aux environs des portes principales, de grosses tours quadrangulaires dont on voit encore les puissantes assises ; l'Acropole , presque au centre de la ville , servait de citadelle. Quant au Pirée, ses murailles atteignaient la hauteur colossale de 40 coudées (18 mètres), sur une épaisseur de 15 pieds

(1) Pausanias I, 20, 5, mentionne seul ce combat.

(2) Appien, Mith. 30; Plut., SylL 12.

(3) Tite-Live XXXI, 26. Cf. Pausanias I, 2, 2.

(4) 43 stades d'après Thucydide II, 13, 7, sans compter Tespace compris entre les Long's Murs, que le scoliaste évalue à 17 stades. Cf. 0. Mullek, De munimeniis Athenarnm Gœtt. 183G ; LOLLING, Tojmffraj^hie d'Athènes^ dans le Handhuch d'I. Millier, III, 298 suiv.

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