PREMIÈRE PÉRIODE DU SIÈGE
abordable que par Je nord, entre la chaussée d'Athènes et la plaine d'Halipédon , ancien fond de mer dont la nature marécageuse dut gêner singulièrement les travaux d'approche. La pièce de résistance de ces travaux , autour de laquelle gravitèrent l'attaque et la défense de la place, fut, comme d'ordinaire, une levée de terre, consolidée par des poutres et revêtue de pierres; on la commençait à grande distance pour la mener jusqu'au pied des remparts, dont elle devait atteindre la hauteur. Ei| avançant, on se couvrait par des tortues, abris à roulettes garnis de machines de jet; la levée terminée, on y installait, pour écarter les assiégés, des batteries de catapultes, — véritables mitrailleuses, dont quelques-unes lançaient parfois jusqu'à 20 projectiles d'une seule volée , — et les béliers destinés à faire brèche dans la muraille ; les tours en bois, fixes ou mobiles, figuraient les ouvrages détachés du parapet de siège. Tous ces moyens classiques de la poliorcétique grecque furent mis en œuvre par Sylla, mais il trouva dans Archélaos un adversaire d'une rare ténacité et d'une merveilleuse fécondité de ressources; le général grec épuisa tous les moyens de défense connus et sut même créer des artifices inédits : c'est ainsi que, pour protéger ses tours en bois contre les brandons et les projectiles incendiaires des Romains, il imagina de les revêtir d'un enduit d'alun incombustible (1). Comme les Turcs d'aujourd'hui, les Cappadociens de Mithridate se battaient beaucoup mieux derrière les murailles qu'en rase campagne; soutenus par l'ardeur entraînante de leur général, ils défièrent pendant plus de six mois tous les efforts de l'armée romaine , certainement supérieure en nombre : pour égaliser les chances, Archélaos avait dû rappeler ses garnisons de l'Eubée et des îles, armer jusqu'aux rameurs de la flotte (2).
L'année 87 fut occupée tout entière par des combats acharnés autour du Pirée. Archélaos mit d'abord tout en œuvre pour retar-
semble, des aurci et des deniers aux types suivants : L. SVLLA. TêU diadémée de Vénus à droite; devant^ Cupidon debout tenant une longue palme. Rev. :IMPER. TERVM. Praefericu- Imn et lituus entre deux tro2)hées. (^Iterum, parce que Sylla avait sans doute été déjà proclamé Imperator en 92 lors de sa campagne de Cappadoce.) Voir sur ces monnaies Mommsen, Histoire de la monnaie romaine (tr. fr.), II, 440, note; Babelon, Monnaies de la république romaine, I, 406, n^s 28 et 29.
(1) Quadrigarius, fr. 81, Peter (= Aulu-G-elle, XV, 1, 5).
(2) Appien, Mith. 31. Aussi n'est-il pas admissible, comme Appien le dit dans ce même passage, que Tarmée d' Archélaos fût plus nombreuse que celle de Sylla.