‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 129 sur 417 · CONQUÊTE DE LA MACÉDOINE · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DE LA MACÉDOINE

lème, qui avait sans doute pour objet de ravitailler Athènes par le nord, ne fut pas plus heureuse. Un légat de Sylla, Munatius, battit le frère d'Archélaos devant Chalcis , lui tua 1,500 hommes et le rejeta en Eubée. Malgré les approvisionnements accumulés par Aristion au début du siège, malgré la sévérité inouïe du rationnement, — un quart de chénice (27 centilitres) d'orge par tête, un vrai « déjeuner de poulet », — la famine allait, à bref délai, sévir dans Athènes. L'abondance ne régnait guère plus dans le camp de Sylla. Le pays était maigre pour nourrir une armée aussi nombreuse, et les Romains n'avaient point de flotte pour se ravitailler au dehors. Quand Sylla demanda des vaisseaux aux Rhodiens, ceux-ci essayèrent vainement de franchir le réseau des escadres pontiques. En désespoir de cause, le proconsul chargea son vaillant questeur, Lucullus , d'entreprendre une tournée chez les rois et les républiques alliés, pour réunir les éléments d'une escadre. Lucullus prit bravement la mer, avec une demidouzaine de bâtiments légers , au cœur de la saison des tempêtes (hiver 87-86); une année entière se passera avant que nous entendions reparler de lui.

La résistance obstinée de la forteresse attique aurait pu rendre à Mithridate un immense service : pendant que l'armée romaine était tenue en échec devant le Pirée, il avait le temps de consolider son pouvoir en Asie et d'achever la conquête de la Thrace et de la Macédoine. Malheureusement cette dernière opération fut menée avec une lenteur extrême par le prince qui en avait été chargé, le jeune roi de Gappadoce, Ariarathe. On lui avait donné une belle armée, — 100,000 fantassins, 10,000 chevaux , 90 chars à faux, — mais composée en majeure partie de recrues toutes fraîches, levées dans les provinces récemment conquises. Le général en chef manquait d'expérience; son mentor, Taxile, d'autorité; le service des vivres fut mal assuré. Le progrès de l'armée se ressentit de ces vices d'organisation : elle souffrit plus de l'impéritie de ses chefs que de l'ennemi. En Thrace elle paraît n'avoir rencontré aucune résistance, si ce n'est de la part de quelques places fortes, comme Abdère, qu'il fallut assiéger; mais en Macédoine les populations restèrent fidèles à la domination de Rome, et la brave petite armée de Sentius et de Bruttius Sura disputa le terrain pied à pied. Écrasée sous le nombre, elle légua aux Pontiques la famine qui faillit dissoudre leur armée. Enfin la prise d'Amphipolis par

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