DEUXIÈME PÉRIODE DU SIÈGE
enfants; elle se réfugia dans le camp de son mari, où affluèrent bientôt les sénateurs du parti de la noblesse (1). Sylla ne tenait plus maintenant son titre que de lui-même et du dévouement de ses légions; il était condamné à vaincre ou à périr, et ses chances de vaincre diminuaient chaque jour : si Farmée de secours arrivait en vue d'Athènes avant que Sylla s'en fût emparé, c'en était fait de lui, de son armée, de la cause de Rome en Orient et de l'aristocratie à Rome.
Pénétré de cette situation, qui ne souffrait pas un instant de délai, Sylla reprit brusquement les opérations militaires avant la fm de la mauvaise saison. Cette fois encore ce fut au Pirée qu'il s'attaqua d'abord. Par une nuit noire, les échelles furent appliquées au mur d'enceinte, les sentinelles, surprises dans le sommeil, égorgées; quelques soldats pénétrèrent dans la place. Déjà la panique se répandait, lorsqu'un retour offensif des assiégés rejeta les Romains hors des murs. En même temps Archélaos dirigeait une contre-attaque contre les machines et tentait d'incendier une des tours romaines; eUe ne fut sauvée que par un combat acharné de vingt-quatre heures. Peu de jours après, les Romains prirent leur revanche et réussirent à mettre hors de service une des tours de l'assiégé, qu'il fallut retirer du rempart; alors seulement les batteries purent être installées sur le parapet, qui atteignait enfin la hauteur du terre-plein de l'enceinte. Mais pendant que Sylla travaillait sur terre, Archélaos avait travaillé dessous. Le parapet était miné sur une grande partie de son étendue ; sous le poids des batteries, il s'effondra, les entraînant dans sa chute. Sylla ne se décourage pas; il oppose mine à mine, les pionniers des deux camps se rencontrent, s'entr'égorgent dans les ténèbres. Les Romains l'emportent, et bientôt le parapet relevé, étayé, se hérisse de nouveau de catapultes. Le bélier bat les murailles, il y pratique une brèche. L'heure est décisive : la seconde tour d'Archélaos s'est abîmée dans les flammes, un fourneau de mine, chargé d'étoupe, de soufre et de poix, fait explosion, élargit la fissure; déjà un détachement s'y est logé, et Sylla lui-même conduit à l'assaut les colonnes, sans cesse renouvelées. Mais la défense est digne de l'attaque : Archélaos paye de sa personne , se
(1) Quoique Plutarque raconte {St/Ua, 22) la fuite de Métella après la bataille d'Orchomène, les lazzis d'Aristion {ib. 13) prouvent qu'elle avait rejoint son mari avant la prise d'Athènes.