‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 136 sur 417 · MORT D'ARIARATHE · texte numérisé non relu

MORT D'ARIARATHE

gnésie, lorsqu'il fut pris d'une maladie mystérieuse qui l'emporta au bout de quelques jours; on sut plus tard que Mithridate, informé sans doute de son incapacité, l'avait fait empoisonner (I). Taxile prit à sa place le commandement, occupa les Thermopyles et déboucha en Phocide; mais la forteresse d'Élatée lui barra le passage. Il en avait commencé le siège quand il reçut la nouvelle de la chute d'Athènes (2). La présence du corps d'Archélaos à Munychie était désormais sans objet; Taxile invita son collègue à le joindre et à prendre le commandement en chef de toutes les forces royales. Archélaos hésitait; peu confiant dans la solidité de l'armée de Taxile, il eût préféré traîner la guerre en longueur, couper les vivres à Sylla et tâcher de le réduire par la famine; mais le général romain ne se prêta pas à cette combinaison. Le sol maigre de l'Attique ne parvenait plus à nourrir ses troupes, et il craignait, en s'y immobilisant, de laisser périr Hortensius, auquel l'occupation des Thermopyles par les Pontiques avait coupé la retraite. Cette double considération prévalut sur les objections des légats, qui faisaient valoir la supériorité qu'aurait la cavalerie asiatique dans les plaines découvertes de la Béotie. Sylla, risquant tout pour gagner tout, se mit en marche vers le nord, laissant seulement devant l'Acropole d'Athènes un fort détachement sous les ordres du légat C. Scribonius Curion. A cette nouvelle, Archélaos ne balança plus. Il embarqua ses troupes (3) et rejoignit Taxile au défilé des Thermopyles, où celui-ci s'était posté pour guetter Hortensius.

Sylla, arrivé en Phocide, amusa les généraux pontiques par de feintes négociations (1); pendant ce temps, Hortensius, guidé par le Phocidien Caphys , — qui avait naguère dirigé pour Sylla

(1) Plutarque, romjKx , S7 (d'après les archives secrètes du Château Neuf de Cabiva).

(2) Pausanias I, 20, 6. Les Romains récompensèrent Elatée en lui accordant l'immunité d'impôts (Pausanias X, 34, 2).

(3) C'est évidemment à tort qu'Appien, 3Iith. 41, fait prendre à Archélaos la route de terre.

(4) Frontin, (S^m^a^. I, 5, 18 : Idem (L. Sulla), adversus Archelaum praefectum Mlthridatis in Capimdocia , iniquitate îocorum et multitudine hostium pressus , fecit i^acis mentionem interpositoque tempore etiam indutîarum et per haec avocata intentione adversarium evasit. Malgré les mots m Cappadocia, cet épisode (qui suit un stratagème de Sylla dans la guerre sociale) ne peut se placer qu'à la veille de Chéronée, car dans sa campagne de 92 en Cappadoce, Sylla eut pour adversaire non pas Archélaos, mais Gordios. Probablement les mots i)i Cappadocia viennent d'une bévue de Frontin qui, entendant parler de Cappadociens, c'est-à-dire de Pontiques aura cru qu'on était en Cappadoce. Il se peut aussi que ces mots

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