‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 137 sur 417 · JONCTION DE SYLLA ET D'HORTENSIUS · texte numérisé non relu

JONCTION DE SYLLA ET D'HORTENSIUS

le pillage de Delphes, — trompait la surveillance des Royaux en contournant les massifs de TOEta. Il se glissa par les cols du Parnasse et atteignit les avant-postes ennemis au fort de Tithoréa; il les repoussa , fila de nuit par des sentiers de chèvre et prit le contact avec Sylla à Patronis. Les deux généraux réunis vinrent camper sur la colline de Philobéotos, position célèbre dans Thistoire des anciennes guerres (1). C'est un éperon du Parnasse, qui s'avance à la rencontre des derniers contreforts du mont Hédylion et forme avec ceux-ci un étroit couloir (encore aujourd'hui appelé ta sténo) par lequel se faufile le Céphise. Ce défilé est le seul trait d'union entre la Phocide et la Béotie ; une armée qui en occupe le seuil ou même un des côtés peut facilement y barrer le passage à un adversaire très supérieur en nombre. La colline était d'ailleurs richement pourvue d'eau et de bois; on nageait dans le fourrage.

Cependant la disproportion des forces était énorme. Malgré les pertes subies par Archélaos au Pirée, malgré les détachements et les garnisons que Taxile avait dû laisser derrière lui en Thrace et en Macédoine, les armées royales réunies comptaient encore plus de 60,000 combattants (2). Sylla, après sa jonction avec Hortensius, ne disposait guère que de 15,000 fantassins et 1,500 chevaux (3). Aussi, quand l'armée asiatique redescendit des Thermopyles en Phocide, toute resplendissante, sous ses uniformes bigarrés, ses tuniques chamarrées d'or et d'argent, mêlant leurs fauves lueurs aux étincelles de l'acier et du bronze, quand la plaine du Céphise se remplit des clameurs barbares, du fracas des chars de guerre et du cliquetis des armures, une épouvante envahit le camp romain. Les légionnaires tremblants refusèrent de se laisser mener au combat; ils se tinrent blottis derrière leurs palissades, pendant que cette mer humaine, déchaînée

soient interpolés; c'est iiinsi que dans le même livre de Frontin I, 11, 20, un autre stratagème de Sylla, qui eut lieu à Chéronée, est placé au Pirée {apud Plrœea).

(1) Polyen V, IG, 1; Strabon IX, 3, 16.

(2) Memnon, c. 32. Eutrope V, G, 3 et Appien, ^Ilth. 41 (sans doute d'après Tite-Live), comptent encore 1 20,000 Asiatiques à la bataille, de même Orose VI, 2, 5. L'épitomé de Tite- Live (ep. 82) compte 100,000 morts, ce qui indique le même chiffre de combattants. Mais tous ces calculs paraissent fondés sur l'effectif de l'armée d'Ariarathe, à son entrée en campagne (Plut., S>/Ua, 15), effectif qui devait être fort réduit au moment delà bataille. Le chiffre de Memnon concorde avec l'indication d' Appien; d'après laquelle Sylla avait un peu moins du tiers des forces de ses adversaires.

(3) Plut., Si/Ua, IG.

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