‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 139 sur 417 · BATAILLE DE CHÉRONÉE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE CHÉRONÉE

leur laissait de retraite que par la route difficile, hérissée de défilés, qui contournait le lac Copaïs pour aboutir en face de Chalcis. Ce fut dans cette route que s'engagea Archélaos ; de plus en plus hostile à Tidée d'une bataille rangée, il ne voulait plus que regagner le canal de l'Eubée, où l'attendait sa flotte et où il retrouverait ses magasins (1). Sa première étape fut la vallée d'Assia, un fond encaissé entre les massifs d'Hédylion et d'Acontion, à peu de distance de la rive gauche de Céphise; Archélaos y assit son camp en laissant une forte arrière-garde au sud du fleuve, sur le sommet du mont Thurion, qui commandait la ville de Chéronée. Dès que le général romain vit l'ennemi engagé dans cette impasse, il le suivit à la piste, franchit à son tour TAssos, et, filant entre le Céphise et les pentes sud de THédylion, planta son camp vis-à-vis de celui d'x4rchélaos. Les deux armées restèrent en présence, immobiles, pendant vingt-quatre heures ; Sylla guettait les mouvements des Royaux, attendant qu'ils se décidassent soit à continuer leur retraite sur Chalcis, soit à forcer le passage vers Thèbes. Le surlendemain , Archélaos dessina nettement son mouvement rétrograde vers l'Euripe; alors, sans perdre un instant, Sylla engage la bataille; il charge Muréna de harceler l'ennemi, court chercher la légion détachée à Chéronée et ordonne l'attaque sur toute la ligne.

Dès le début, la journée s'annonça mal pour Mithridate. Un petit détachement romain resté à Chéronée , sous les ordres du tribun Gabinius (2) , gravit les pentes du mont Thurion , conduit par deux guides chéronéens, Homoloïchos et Anaxidamas. Les Royaux qui occupaient les crêtes se virent tout à coup assaillis par une grêle de traits et de pierres, et détalèrent précipitamment le long des rochers en laissant 3,000 morts sur le terrain : beaucoup s'enferrèrent les uns les autres, le reste donna tête baissée dans l'aile gauche de l'armée romaine et fut taillé en pièces. Quelques fugitifs parvinrent à rallier le gros de l'armée royale, mais l'arrivée de ces hommes effarés ne fit que semer le désordre et retarder la mise en bataille. Obligé de combattre à l'improviste, dans un terrain accidenté, Archélaos prit à la hâte les meilleures dispositions possibles. Presque toute l'infanterie fut placée au centre sur trois lignes : la phalange macédonienne

(1) FJorus I, 40 se trompe en disant que Sylla avait reconquis l'Eubée.

(2) Juba, au lieu de Gabinius, nommait ce tribun Ericius (Erucius?).

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