‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 140 sur 417 · L'ORDRE DE BATAILLE · texte numérisé non relu

L'ORDRE DE BATAILLE

en avant, puis les transfuges italiens et les cohortes armées à la romaine, en dernier lieu les troupes légères, archers, frondeurs et gens de trait. La cavalerie, très nombreuse, fut répartie sur les deux ailes, qu'on tacha d'étendre autant que possible afin d'envelopper l'ennemi; l'aile droite, où commandait Taxile, fut renforcée par un corps d'élite, les Chalcaspides. Quant aux chariots armés de faux, on les massa tout à fait en première ligne, en avant du front de bataille. Les dispositions de Sylla étaient à peu près semblables, mais son ordonnance moins serrée : le gros de l'infanterie légionnaire se forma au centre sur trois lignes, laissant entre les légions de larges intervalles par où pouvaient circuler les troupes légères et les cavaliers, relégués provisoirement à la queue. Muréna se plaça à l'aile gauche avec une légion entière et deux cohortes supplémentaires; Sylla, à l'aile droite avec la légion ramenée de Chéronée et sa garde prétorienne. Sept cohortes, sous les légats Galba et Hortensius, prirent position aux extrémités de la ligne de combat, avec la consigne de s'opposer au mouvement tournant de la cavalerie royale (1).

La bataille s'engagea au centre. Les Romains, peu éloignés de la phalange macédonienne, franchirent rapidement l'intervalle qui les en séparait, culbutant quelques escadrons qui cherchèrent à les arrêter. A ce moment Archélaos n'avait pas encore achevé sa mise en bataille; pour gagner du temps, il fit charger ses soixante chars à faux. Mais, depuis la guerre d'Antiochus, les Romains savaient paralyser l'action de ces engins, plus redoutables en apparence qu'en réalité. Les soldats de la deuxième ligne s'étaient munis de tribuli, gros pieux à quatre pointes (2), qu'ils fichèrent en terre à l'approche de la charge; la première ligne se réfugia derrière cette palissade improvisée, et les chars, d'ailleurs gênés par le manque d'espace, vinrent s'y échouer misérablement. En un clin d'œil, les troupes légères de Sylla, poussant une clameur étourdissante, s'élancent à travers les intervalles des légions, accablent chevaux, chars et archers sous une grêle de projectiles : à peine quelques véhicules parviennent à se dépêtrer et refluent vers le corps de bataille, poursuivis par les huées des Romains qui en demandent « d'autres » comme au cirque. Le ter-

(1) Pour l'ordre de bataille, Frontin II, 3, 17; quelques indications d'après Plutarque Sur le légat Galba, cf. Eorghesi, Œuvres , IV, 57. (•2) Végèce III, 24.

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