‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 14 sur 417 · LA CAPPADOCE AVANT L'ÉPOQUE ASSYRIENNE · texte numérisé non relu

LA CAPPADOCE AVANT L'ÉPOQUE ASSYRIENNE

Toute la haute antiquité de la région pontique tient pour nous dans son ethnographie; l'histoire proprement dite est enveloppée d'un voile à peu près impénétrable. Si l'on laisse de côté la légende inexpliquée des Amazones, localisée aux bords du Thermodon, voici le peu que nous apprennent à ce sujet les monuments, les inscriptions assyriennes et, plus tard, les sources helléniques.

Jusqu'à la fm du vni^ siècle avant notre ère, les Mosques et les Tibarènes étaient les peuples dominants au sud et à l'est de la Cappadoce, les Colques {Kaski?), les Chalybes, les Caucons et les Mariandynes au bord de l'Euxin. Dans le bassin du Halys et de l'Iris existait un État civilisé, probablement à constitution sacerdotale, qui a laissé dans les merveilleuses ruines de Boghaz Keid^i à'Eyouk, situés vers le foyer de l'ellipse décrite par le Halys, des preuves frappantes de ses relations avec l'Egypte, Babylone et les Hittites de la haute Syrie (I). Quel est le peuple à qui l'on doit ces monuments, espacés sur une durée de plusieurs siècles, depuis les sphinx gigantesques qui gardent l'entrée du palais d'Eyouk, jusqu'au sanctuaire mystérieux de lasili Kala, avec ses Panathénées barbares peuplant un labyrinthe de rochers? J'y verrais volontiers l'œuvre de la nation des Matiènes. Hérodote les connaît encore dans ces parages (2), et l'existence d'une autre branche de cette vieille race entre les lacs de Van et d'Ourmiah (3) atteste simplement son ancienne extension ou une migration forcée.

Les monarques assyriens, particulièrement les Sargonides, eurent fréquemment à combattre les Mosques et les Tibarènes; ils finirent môme par les réduire à une sorte de sujétion, mais rien ne permet d'affirmer que leurs armées aient pénétré au delà du

(1) Sur ces monuments, découverts dans notre siècle par Tkxieh et Hamiltox, voir surtout Pbrrot et Chipiez, Histoire du l'art dans l'antiquité, IV, 483-80 i. Mais la ressemblance avec l'art hittite a été quelque peu exagérée, ainsi que Taffinité de tous les monuments du même style répandus sur l'Asie Mineure (cf. G-. Hirsuhfeld, PapJdagonische Felsengrœher, 1885; Die Felsenrelie/sin Kleinasien und das Volh der Hittiter , 1887).

(2) Hérodote I, 72; cf. VIE, 72. — La Ptérie (Hérodote I, 7(5 ; Etienne de Byzance s. v.) paraît être plus voisine de l'Euxin.

(3) Hérodote I, 202; III, 04; V, 40; 52; Hécatée fr. 188, 180 (où il signale Tidentité du costume matiène et paphlagonien) ; Polybe V, 44 ; Ératosthène, chez Sfcrabon XI, 8, 8. Le lac salé des Matiènes (Xanthus fr. 3, chez Strabon I, 3 , 4) ne peut être que le lac de Van ou d'Ourmiah. La Gazacène, district voisin d'Amasia (Strabon XII, 3, 25) a conservé probablement le nom d'une ancienne ville des Matiènes, homonyme de la future capitale de l' Atropa tène (Strabon XI, 13, 3) qui était située sur le territoire des anciens Matiènes orientaux.

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